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Du calme, docteur !

Jean-Robert Sansfaçon   28 août 2008  Santé
La sortie du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, réclamant un temps d'arrêt pour revoir le projet du futur CHUM, avait de quoi surprendre. S'il est une chose dont on peut se passer dans ce projet, c'est bien d'une centième remise en cause de l'emplacement du CHUM ou de l'ampleur du projet. Le CHUM sera construit sur les terrains adjacents à l'hôpital Saint-Luc ou ne sera pas, et le nombre de lits atteindra 700 tel que cela a été prévu depuis longtemps.

Pourquoi 700 lits et non 900 comme l'auraient souhaité certains au vu de la situation actuelle? Parce que le CHUM ne sera pas un hôpital de quartier, fonction qui sera dévolue à l'hôpital Notre-Dame, mais d'enseignement et de soins spécialisés. Il n'y aura qu'un lit par chambre et aucun ne devrait être occupé par des malades chroniques, ce qui est souvent le cas présentement.

Là où le Dr Barrette a peut-être raison, c'est au sujet du nombre de salles d'opération, qui devrait diminuer de 42 à une trentaine. Mais là encore, rappelons que Notre-Dame conservera aussi des salles d'opération, comme tout bon hôpital général. De toute façon, souligne la direction du CHUM, c'est moins le nombre de salles qui compte que le temps d'utilisation et l'organisation. On veut bien, mais qu'est-ce qui prouve que ces problèmes seront réglés avec le nouveau CHUM?

En réaction à la sortie de la Fédération des spécialistes, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a heureusement refusé de revenir sur la décision de construire le CHUM au 1000, Saint-Denis. Il s'est toutefois montré ouvert à discuter du programme clinique du projet puisque l'appel de qualification pour la construction ne sera lancé que plus tard cet automne.

Faut-il plus de salles d'opération? Le cri d'alarme de la Fédération des médecins spécialistes est-il représentatif d'un réel problème qui risque d'handicaper le développement futur de cette grande institution universitaire francophone? Ou s'agit-il plutôt d'une autre vague de protestation des mêmes médecins du CHUM qui contestent ce projet depuis le début?

Parlant de fusion, certains craignent aussi que l'explosion des coûts n'amène les autorités à maintenir le statut d'hôpital universitaire pour Notre-Dame et à répartir les spécialités entre les deux établissements. Voilà qui n'aurait aucun sens puisque c'est l'idée même de fusionner les hôpitaux dans le but de rationaliser l'offre de soins aux patients qui a conduit au projet de construction d'un nouvel hôpital, et non l'inverse.

Finalement, n'oublions pas que, si l'avancement du projet est aussi lent, ce n'est pas seulement parce qu'il s'agit d'un monstre de complexité, mais aussi parce que le gouvernement Charest a opté pour le partenariat public-privé (PPP). À elle seule, cette décision exige deux années de plus et ne simplifie rien du tout. Quant à savoir si la formule générera les économies promises par l'Agence des PPP, cela reste la partie la plus douteuse de l'équation.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • Sylvain Beaulieu
    Inscrit
    jeudi 28 août 2008 00h35
    Depuis le temps que les politiciens se trompent, et si les médecins avaient raison ?
    « Si les Québécois sont confortables avec l'idée de payer pour un méga-hôpital universitaire anglophone et un mini-hôpital "pseudo" universitaire francophone sans aucune possibilité de se développer (pour des raisons évidentes sur le site du centre-ville), alors c'est probablement ce qu'on aura dans 20 ans, par manque de vision.

    Pourrait-on imaginer les Ontariens payer pour que l'hôpital de Monfort devienne le Méga Hôpital Universitaire ? Le projet du CHUM va moins bien que celui du CUSM parce que le projet est contrôlé par la politique, pas par des gens soucieux de répondre au besoins de la population, mais des gens soucieux de se faire élire.

    La population francophone québécoise devrait se révolter face au manque de vision de la classe politique pour la médecine universitaire francophone. Rappelons que le CHUM forme bien plus de médecins qui restent au Québec que le CUSM et que les étudiants de l'Université de Montréal se classent premier au Canada lors des examens, ce année après année. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 28 août 2008 07h17
    Une autre des belles histoires...
    « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    C'est la caisse électorale qui devrait en profiter ! »

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