Le CHUM ne plaît pas aux médecins spécialistes
Photo : Jacques Nadeau
Dans un geste théâtral, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, a brandi l’illustration du futur CHUM, qu’il a ensuite déchirée.
La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) réclame un temps d'arrêt dans le dossier du CHUM afin de réfléchir collectivement et de procéder à un «peaufinement des besoins», car le projet tel qu'il est défini «n'est pas approprié» au goût des médecins.
Au terme d'une charge à fond de train d'une heure contre le projet en cours, le président de la FMSQ, Gaétan Barrette, a dit faire appel à la classe politique entière pour se rendre compte que le projet du CHUM au centre-ville ne peut tenir la route. M. Barrette a plaidé en faveur d'un édifice neuf, ce qui implique la démolition complète de l'hôpital Saint-Luc, d'un édifice à proximité de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, ce qui entraînerait un changement d'emplacement et d'un nombre de lits accru.
Conscient que la position de la FMSQ risque d'entraîner de nouveaux coûts et de nouveaux délais, M. Barrette s'est toutefois défendu de faire une «guéguerre de docteurs» pour une adresse. Dans un geste théâtral, il a toutefois brandi l'illustration du futur CHUM qu'il a ensuite déchirée en déclarant: «Ce CHUM n'existe pas et n'existera jamais, jamais, jamais.»
La sortie de M. Barrette s'appuyait sur les résultats d'un sondage commandé à la firme Ipsos Descarie auprès des médecins spécialistes membres de la FMSQ qui travaillent au CHUM. Quelque 45 % des médecins concernés, soit 333, ont répondu au questionnaire. La marge d'erreur est de 3,8 %.
Ce sondage révèle que 54 % des médecins spécialistes du CHUM ne croient plus au projet. Ils sont 95 % à croire que le CHUM ne sera pas opérationnel en 2013, comme promis. Ce coup de sonde fait également remontrer à la surface le débat sur l'emplacement pour le CHUM. En effet, 58 % des médecins spécialistes sont d'avis que le 1000, Saint-Denis n'est pas le bon site. Ils sont 48 % à citer la gare de triage d'Outremont, propriété de l'Université de Montréal, comme le meilleur emplacement pour construire le CHUM.
Depuis son entrée en fonction, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, a réitéré le choix définitif du gouvernement en faveur du centre-ville pour ériger le futur CHUM. Le CHUM a également réaffirmé hier la localisation du futur hôpital.
Par voie de communiqué, la direction du CHUM a rappelé que les principaux intervenants avaient été largement consultés, y compris les médecins spécialistes. À cela, Gaétan Barrette a répliqué que, depuis ce moment, «le projet du CHUM n'arrête pas de maigrir». Il a donné comme exemple le nombre de salles d'opération qui passera de 45, comme actuellement avec trois pavillons, à 28 dans le nouvel hôpital. Or, il s'agit plutôt de 30 salles auxquelles s'ajouteront celles de l'hôpital Notre-Dame dont la vocation d'hôpital complémentaire est prévue depuis quelques années.
Pour la FMSQ, le projet est bien mal amorcé. Selon M. Barrette, il y a un manque flagrant de synchronisme entre ceux qui planifient et ceux qui donnent les soins. En comparaison, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a un avenir plus reluisant, affirme Gaétan Barrette qui ajoute: «La fierté québécoise francophone est en jeu.»
Pour le député adéquiste Éric Caire, critique en matière de santé pour l'opposition officielle, la prise de position des médecins spécialistes est une tuile de plus dans ce dossier controversé. Après les difficultés pour la fondation d'amasser des fonds, après le refus de la Fondation canadienne pour l'innovation de soutenir financièrement le CHUM, c'est au tour des médecins spécialistes «qui disent que leur capacité de pratique va être diminuée».
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Avec la collaboration de Robert Dutrisac
Au terme d'une charge à fond de train d'une heure contre le projet en cours, le président de la FMSQ, Gaétan Barrette, a dit faire appel à la classe politique entière pour se rendre compte que le projet du CHUM au centre-ville ne peut tenir la route. M. Barrette a plaidé en faveur d'un édifice neuf, ce qui implique la démolition complète de l'hôpital Saint-Luc, d'un édifice à proximité de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, ce qui entraînerait un changement d'emplacement et d'un nombre de lits accru.
Conscient que la position de la FMSQ risque d'entraîner de nouveaux coûts et de nouveaux délais, M. Barrette s'est toutefois défendu de faire une «guéguerre de docteurs» pour une adresse. Dans un geste théâtral, il a toutefois brandi l'illustration du futur CHUM qu'il a ensuite déchirée en déclarant: «Ce CHUM n'existe pas et n'existera jamais, jamais, jamais.»
La sortie de M. Barrette s'appuyait sur les résultats d'un sondage commandé à la firme Ipsos Descarie auprès des médecins spécialistes membres de la FMSQ qui travaillent au CHUM. Quelque 45 % des médecins concernés, soit 333, ont répondu au questionnaire. La marge d'erreur est de 3,8 %.
Ce sondage révèle que 54 % des médecins spécialistes du CHUM ne croient plus au projet. Ils sont 95 % à croire que le CHUM ne sera pas opérationnel en 2013, comme promis. Ce coup de sonde fait également remontrer à la surface le débat sur l'emplacement pour le CHUM. En effet, 58 % des médecins spécialistes sont d'avis que le 1000, Saint-Denis n'est pas le bon site. Ils sont 48 % à citer la gare de triage d'Outremont, propriété de l'Université de Montréal, comme le meilleur emplacement pour construire le CHUM.
Depuis son entrée en fonction, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, a réitéré le choix définitif du gouvernement en faveur du centre-ville pour ériger le futur CHUM. Le CHUM a également réaffirmé hier la localisation du futur hôpital.
Par voie de communiqué, la direction du CHUM a rappelé que les principaux intervenants avaient été largement consultés, y compris les médecins spécialistes. À cela, Gaétan Barrette a répliqué que, depuis ce moment, «le projet du CHUM n'arrête pas de maigrir». Il a donné comme exemple le nombre de salles d'opération qui passera de 45, comme actuellement avec trois pavillons, à 28 dans le nouvel hôpital. Or, il s'agit plutôt de 30 salles auxquelles s'ajouteront celles de l'hôpital Notre-Dame dont la vocation d'hôpital complémentaire est prévue depuis quelques années.
Pour la FMSQ, le projet est bien mal amorcé. Selon M. Barrette, il y a un manque flagrant de synchronisme entre ceux qui planifient et ceux qui donnent les soins. En comparaison, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a un avenir plus reluisant, affirme Gaétan Barrette qui ajoute: «La fierté québécoise francophone est en jeu.»
Pour le député adéquiste Éric Caire, critique en matière de santé pour l'opposition officielle, la prise de position des médecins spécialistes est une tuile de plus dans ce dossier controversé. Après les difficultés pour la fondation d'amasser des fonds, après le refus de la Fondation canadienne pour l'innovation de soutenir financièrement le CHUM, c'est au tour des médecins spécialistes «qui disent que leur capacité de pratique va être diminuée».
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Avec la collaboration de Robert Dutrisac
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- Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)
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