VIH: espoir d'un vaccin québécois
Alors qu'on le croyait mort et enterré, le projet d'un vaccin contre le VIH qui soit efficace refait surface. Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Jean-Pierre Routy, hématologue à l'hôpital Royal Victoria, à Montréal, est sur la piste d'un vaccin biologiquement très prometteur, unique en son genre, qui est élaboré à partir de la copie du virus de chacun des patients séropositifs.
«Ce n'est pas du prêt-à-porter, c'est de la haute couture. Le vaccin est dessiné sur mesure, avec le virus du patient comme patron», résume joliment le chercheur, qui présentera les résultats de ses travaux à la XVIIe Conférence mondiale sur le sida, qui aura lieu du 3 au 8 août à Mexico.
«Ce qui est remarquable, c'est que les États-Unis n'ont pas encore utilisé ce type d'approche. L'étude est entièrement canadienne», ajoute-t-il, en se félicitant de faire partie de la seule équipe au monde qui travaille sur un tel prototype à l'heure actuelle.
L'approche en question est pour l'instant très complexe et coûteuse. Le virus doit être d'abord prélevé sur le patient avant que celui-ci ne commence la trithérapie. Ensuite, par leucaphérèse, un processus utilisé pour prélever les cellules souches dans le cas d'une greffe de moelle osseuse, on collecte des monocytes, un type de globules blancs qui circulent dans le sang. Ce «plasma» est ensuite envoyé aux États-Unis où les cellules prélevées sont enrichies, en particulier d'un ligand appelé CD40. Cet agent stimulant de l'immunité favorise le lien entre les cellules dendritiques — des cellules qui ressemblent à de petits troncs d'arbre sertis de racines et dont la fonction principale est de déclencher une réponse immunitaire adaptative — et les cellules T — une catégorie de lymphocytes jouant un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire.
Ensuite, quatre gènes du virus accentuant la réponse immunitaire seront choisis et amalgamés. Puis, le précieux matériel sera réexpédié au Canada dans de petites seringues contenant quelques millilitres du liquide, qui seront administrées au patient une fois par mois durant quatre mois. C'est, en quelque sorte, réinjecter au patient une partie du virus modifié. «On fait franchir deux fois les frontières à du sang contaminé. Mais on a toutes les autorisations», assure le Dr Routy, également professeur à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.
Moins populaire que son petit frère le condom féminin, ce gel microbicide applicable à l'entrée du vagin pour empêcher l'infection par le VIH, le projet de créer un vaccin, faute de résultats concluants obtenus jusqu'à ce jour dans la recherche en viro-immunologie, n'avait pourtant pas eu la cote à la dernière Conférence mondiale, qui avait eu lieu à Toronto à l'été 2006. «Au fond, ce qui ne marchait pas, c'était le fait d'utiliser un virus standard pour tout le monde», constate le chercheur originaire d'Aix-en-Provence. «C'est une technique dérivée de celle des vaccins anticancéreux, où on vaccine les gens contre leur propre cancer», explique-t-il. Dans un tel cas, le vaccin contient des imitateurs d'antigènes tumoraux, présents dans les cellules d'une tumeur donnée, et déclenche l'immunité cellulaire anticancéreuse qui contribue à la destruction totale des diverses tumeurs malignes et bénignes.
Des essais cliniques qui donnent de l'espoir
Déjà, des essais cliniques en phase 1 ont permis de prouver que le vaccin testé était non toxique et qu'il produisait une accentuation de la réponse immunitaire. «Les résultats de la première phase sont très encourageants et c'est ce qui nous permet d'aborder la phase 2», souligne le Dr Routy. La seconde phase, à laquelle participeront 36 patients venant de partout au Canada, visera à vérifier l'efficacité du produit.
«Un mois après avoir vacciné le patient, on va lui faire arrêter sa trithérapie. Ce qu'on aimerait alors constater, c'est une présence de moins de 1000 copies ou de moins de 10 000 copies du virus par millilitre de sang», indique l'hématologue, en précisant qu'un séropositif sans traitement a au moins 45 000 copies du virus par millilitre de sang. «Le patient pourrait ainsi rester plusieurs années sans médication, avance le chercheur. Pour l'instant, l'efficacité de ce vaccin, dont la mise au point est soutenue notamment par l'agence fédérale canadienne de recherche sur le VIH et facilitée par l'entreprise américaine Argos, associée à la fabrication, n'a pas encore été prouvée. L'élaboration demeure très complexe et les coûts en sont élevés. Le coût du vaccin en quatre injections est estimé à environ 60 000 $.
«Il existe un risque thérapeutique, celui de l'auto-immunité. Le patient pourrait développer des maladies comme l'arthrite rhumatoïde ou le lupus, une maladie où le corps s'enflamme lui-même et va attaquer le corps constituant», indique le chercheur. Tout un ensemble d'anticorps ont été testés en phase 1 et rien ne permet d'arriver à cette conclusion pour l'instant, croit-il. «Il y a en général très peu d'effets secondaires», avance le Dr Routy, optimiste.
«Ce n'est pas du prêt-à-porter, c'est de la haute couture. Le vaccin est dessiné sur mesure, avec le virus du patient comme patron», résume joliment le chercheur, qui présentera les résultats de ses travaux à la XVIIe Conférence mondiale sur le sida, qui aura lieu du 3 au 8 août à Mexico.
«Ce qui est remarquable, c'est que les États-Unis n'ont pas encore utilisé ce type d'approche. L'étude est entièrement canadienne», ajoute-t-il, en se félicitant de faire partie de la seule équipe au monde qui travaille sur un tel prototype à l'heure actuelle.
L'approche en question est pour l'instant très complexe et coûteuse. Le virus doit être d'abord prélevé sur le patient avant que celui-ci ne commence la trithérapie. Ensuite, par leucaphérèse, un processus utilisé pour prélever les cellules souches dans le cas d'une greffe de moelle osseuse, on collecte des monocytes, un type de globules blancs qui circulent dans le sang. Ce «plasma» est ensuite envoyé aux États-Unis où les cellules prélevées sont enrichies, en particulier d'un ligand appelé CD40. Cet agent stimulant de l'immunité favorise le lien entre les cellules dendritiques — des cellules qui ressemblent à de petits troncs d'arbre sertis de racines et dont la fonction principale est de déclencher une réponse immunitaire adaptative — et les cellules T — une catégorie de lymphocytes jouant un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire.
Ensuite, quatre gènes du virus accentuant la réponse immunitaire seront choisis et amalgamés. Puis, le précieux matériel sera réexpédié au Canada dans de petites seringues contenant quelques millilitres du liquide, qui seront administrées au patient une fois par mois durant quatre mois. C'est, en quelque sorte, réinjecter au patient une partie du virus modifié. «On fait franchir deux fois les frontières à du sang contaminé. Mais on a toutes les autorisations», assure le Dr Routy, également professeur à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.
Moins populaire que son petit frère le condom féminin, ce gel microbicide applicable à l'entrée du vagin pour empêcher l'infection par le VIH, le projet de créer un vaccin, faute de résultats concluants obtenus jusqu'à ce jour dans la recherche en viro-immunologie, n'avait pourtant pas eu la cote à la dernière Conférence mondiale, qui avait eu lieu à Toronto à l'été 2006. «Au fond, ce qui ne marchait pas, c'était le fait d'utiliser un virus standard pour tout le monde», constate le chercheur originaire d'Aix-en-Provence. «C'est une technique dérivée de celle des vaccins anticancéreux, où on vaccine les gens contre leur propre cancer», explique-t-il. Dans un tel cas, le vaccin contient des imitateurs d'antigènes tumoraux, présents dans les cellules d'une tumeur donnée, et déclenche l'immunité cellulaire anticancéreuse qui contribue à la destruction totale des diverses tumeurs malignes et bénignes.
Des essais cliniques qui donnent de l'espoir
Déjà, des essais cliniques en phase 1 ont permis de prouver que le vaccin testé était non toxique et qu'il produisait une accentuation de la réponse immunitaire. «Les résultats de la première phase sont très encourageants et c'est ce qui nous permet d'aborder la phase 2», souligne le Dr Routy. La seconde phase, à laquelle participeront 36 patients venant de partout au Canada, visera à vérifier l'efficacité du produit.
«Un mois après avoir vacciné le patient, on va lui faire arrêter sa trithérapie. Ce qu'on aimerait alors constater, c'est une présence de moins de 1000 copies ou de moins de 10 000 copies du virus par millilitre de sang», indique l'hématologue, en précisant qu'un séropositif sans traitement a au moins 45 000 copies du virus par millilitre de sang. «Le patient pourrait ainsi rester plusieurs années sans médication, avance le chercheur. Pour l'instant, l'efficacité de ce vaccin, dont la mise au point est soutenue notamment par l'agence fédérale canadienne de recherche sur le VIH et facilitée par l'entreprise américaine Argos, associée à la fabrication, n'a pas encore été prouvée. L'élaboration demeure très complexe et les coûts en sont élevés. Le coût du vaccin en quatre injections est estimé à environ 60 000 $.
«Il existe un risque thérapeutique, celui de l'auto-immunité. Le patient pourrait développer des maladies comme l'arthrite rhumatoïde ou le lupus, une maladie où le corps s'enflamme lui-même et va attaquer le corps constituant», indique le chercheur. Tout un ensemble d'anticorps ont été testés en phase 1 et rien ne permet d'arriver à cette conclusion pour l'instant, croit-il. «Il y a en général très peu d'effets secondaires», avance le Dr Routy, optimiste.
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