Contraceptifs: les ordonnances collectives se font attendre
Depuis janvier 2007, le Québec possède un modèle d'ordonnance collective pour les contraceptifs hormonaux. Pendant que la mesure se concrétise dans quelques régions, plusieurs secteurs du Québec, y compris à Montréal et dans sa couronne, n'ont pas encore accouché d'une seule ordonnance collective.
C'est le désir commun du Collège des médecins, de l'Ordre des pharmaciens (OPQ), de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec et de l'Institut national de santé publique du Québec (INSP) de réduire les grossesses non désirées et le taux d'avortement des Québécoises qui a conduit ces quatre organismes à lancer la première ordonnance collective de médicaments jadis accessibles uniquement sur prescription individuelle d'un médecin. «Cette ordonnance innove aussi parce qu'elle est remise à un pharmacien à partir d'une ordonnance complétée par une infirmière. Cette dernière a de plus la latitude de choisir entre plusieurs molécules différentes de contraceptifs à la suite de sa propre évaluation», explique la Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l'INSP, l'organisme instigateur de cette mesure. Or, 18 mois après ce lancement, les ordonnances ne se sont pas répandues comme une traînée de poudre au Québec. «Selon nos informations, environ 50 % du territoire du Québec n'est actuellement couvert par aucune ordonnance», rapporte-t-elle.
Bien que touchant une des cibles prioritaires des autorités de la santé publique, les ordonnances collectives doivent être adoptées localement, par un Centre de santé et de services sociaux, un établissement scolaire, un groupe de médecine familiale ou une clinique privée. Dans ces deux derniers cas, tous les médecins du collectif doivent signer l'ordonnance pour qu'elle soit conforme aux règles des ordres professionnels. Résultat? «Il existe de grandes disparités entre les régions du Québec et entre les établissements de même région», constate également le Dr Claude Ménard, responsable de ce dossier au Collège des médecins.
Ces disparités sont criantes dans les données transmises au Devoir par l'OPQ, à qui les ordonnances doivent être transmises une fois adoptées. À ce jour, seulement 18 centres de la santé et des services sociaux, deux groupes de médecine familiale, un cégep, un centre jeunesse ainsi que deux centres universitaires de santé, McGill et Québec, y sont inscrits. Ces pionniers sont présents dans 11 des 17 régions administratives du Québec.
Dans les régions qui ont adopté des ordonnances, comme le Bas-Saint-Laurent, «une, sinon la région la plus avancée au Québec», estime la Dre Guilbert, quatre des huit CSSS n'ont pas encore complété le travail.
Montréal et sa couronne
Sur l'île de Montréal, seulement trois CSSS sur 12 ont acheminé des avis d'ordonnance à l'OPQ. Il s'agit des CSSS d'Ahuntsic-Montréal-Nord, de la Montagne et du Sud-Ouest-Verdun. À Laval, rien. En Montérégie, neuf CSSS sur onze manquent à l'appel.
Selon Jean-François Guévin, vice-président de l'Ordre des pharmaciens et propriétaire d'une pharmacie sur le Plateau Mont-Royal, où il n'y a pas d'ordonnance pour les contraceptifs, la pénurie de médecins peut expliquer les difficultés de mise en place des ordonnances. Dans les régions comme le Bas-Saint-Laurent et l'Abitibi, les responsables de la santé publique poussent très fort pour accélérer l'adoption d'ordonnances collectives, justement pour faire face à cette même pénurie.
«Au cours des dernières années, le niveau de compétence de tous les ordres professionnels de la santé a augmenté. Il tombe sous le sens que les responsabilités de chacun doivent suivre la même direction», croit le Dr Claude Ménard, responsable des activités partageables au Collège des médecins. Parmi les produits dans la mire des ordres professionnels comme pouvant faire l'objet de prochaines ordonnances collectives, on retrouve des médicaments contre le diabète, les hypertenseurs, des anticoagulants et des médicaments pour les voyageurs, comme ceux destinés à prévenir la malaria.
C'est le désir commun du Collège des médecins, de l'Ordre des pharmaciens (OPQ), de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec et de l'Institut national de santé publique du Québec (INSP) de réduire les grossesses non désirées et le taux d'avortement des Québécoises qui a conduit ces quatre organismes à lancer la première ordonnance collective de médicaments jadis accessibles uniquement sur prescription individuelle d'un médecin. «Cette ordonnance innove aussi parce qu'elle est remise à un pharmacien à partir d'une ordonnance complétée par une infirmière. Cette dernière a de plus la latitude de choisir entre plusieurs molécules différentes de contraceptifs à la suite de sa propre évaluation», explique la Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l'INSP, l'organisme instigateur de cette mesure. Or, 18 mois après ce lancement, les ordonnances ne se sont pas répandues comme une traînée de poudre au Québec. «Selon nos informations, environ 50 % du territoire du Québec n'est actuellement couvert par aucune ordonnance», rapporte-t-elle.
Bien que touchant une des cibles prioritaires des autorités de la santé publique, les ordonnances collectives doivent être adoptées localement, par un Centre de santé et de services sociaux, un établissement scolaire, un groupe de médecine familiale ou une clinique privée. Dans ces deux derniers cas, tous les médecins du collectif doivent signer l'ordonnance pour qu'elle soit conforme aux règles des ordres professionnels. Résultat? «Il existe de grandes disparités entre les régions du Québec et entre les établissements de même région», constate également le Dr Claude Ménard, responsable de ce dossier au Collège des médecins.
Ces disparités sont criantes dans les données transmises au Devoir par l'OPQ, à qui les ordonnances doivent être transmises une fois adoptées. À ce jour, seulement 18 centres de la santé et des services sociaux, deux groupes de médecine familiale, un cégep, un centre jeunesse ainsi que deux centres universitaires de santé, McGill et Québec, y sont inscrits. Ces pionniers sont présents dans 11 des 17 régions administratives du Québec.
Dans les régions qui ont adopté des ordonnances, comme le Bas-Saint-Laurent, «une, sinon la région la plus avancée au Québec», estime la Dre Guilbert, quatre des huit CSSS n'ont pas encore complété le travail.
Montréal et sa couronne
Sur l'île de Montréal, seulement trois CSSS sur 12 ont acheminé des avis d'ordonnance à l'OPQ. Il s'agit des CSSS d'Ahuntsic-Montréal-Nord, de la Montagne et du Sud-Ouest-Verdun. À Laval, rien. En Montérégie, neuf CSSS sur onze manquent à l'appel.
Selon Jean-François Guévin, vice-président de l'Ordre des pharmaciens et propriétaire d'une pharmacie sur le Plateau Mont-Royal, où il n'y a pas d'ordonnance pour les contraceptifs, la pénurie de médecins peut expliquer les difficultés de mise en place des ordonnances. Dans les régions comme le Bas-Saint-Laurent et l'Abitibi, les responsables de la santé publique poussent très fort pour accélérer l'adoption d'ordonnances collectives, justement pour faire face à cette même pénurie.
«Au cours des dernières années, le niveau de compétence de tous les ordres professionnels de la santé a augmenté. Il tombe sous le sens que les responsabilités de chacun doivent suivre la même direction», croit le Dr Claude Ménard, responsable des activités partageables au Collège des médecins. Parmi les produits dans la mire des ordres professionnels comme pouvant faire l'objet de prochaines ordonnances collectives, on retrouve des médicaments contre le diabète, les hypertenseurs, des anticoagulants et des médicaments pour les voyageurs, comme ceux destinés à prévenir la malaria.
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