Changement de garde au CHUM
Le départ du directeur général du CHUM serait imminent. Après les menaces publiques de le destituer, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est entretenu lundi au téléphone avec le Dr Denis Roy pour lui indiquer que l'heure serait venue d'un changement de garde, a appris Le Devoir.
Le Dr Henri Elbaz, directeur général à la retraite de l'Hôpital général juif et conseiller spécial aux urgences du CHUM depuis quelques mois, serait appelé à prendre la relève de façon intérimaire. Sa nomination pourrait être annoncée aussi rapidement que vendredi. D'ici là, le ministre Bolduc doit se rendre à Montréal pour rencontrer les différentes instances du CHUM et calmer les tensions qui ont surgi.
Hier, aucun commentaire n'a été fait au cabinet du ministre Bolduc. Au CHUM, on s'est borné à confirmer l'entretien téléphonique entre le ministre et le Dr Roy, qui a quitté son bureau tout de suite après.
Selon les informations recueillies auprès de sources proches du dossier, la crise des urgences, combinée au refus de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) d'accorder le soutien financier prévu au centre de recherche du CHUM à cause de la mauvaise gestion de l'établissement, est à l'origine du congédiement du Dr Roy.
Ce dernier est en fonction depuis 2002. Auparavant, il était directeur des services professionnels au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). En plus des nombreux problèmes propres à un grand hôpital, M. Roy a été confronté aux nombreuses péripéties du dossier du futur CHUM, qui sera construit en partenariat public-privé là où s'élève actuellement l'hôpital Saint-Luc.
Il semble que les choses se soient précipitées depuis une semaine. Jeudi dernier, le CHUM a prévenu le ministère de la Santé de son intention de fermer pour tout l'été le service des urgences du pavillon Hôtel-Dieu durant la nuit. La direction du CHUM a invoqué le manque de médecins, a-t-on expliqué au Devoir sous le couvert de l'anonymat.
La situation n'est pas nouvelle, mais elle s'est aggravée de façon telle qu'il serait maintenant impossible d'assurer les soins aux patients. Au cours des derniers mois, des médecins ont démissionné et très peu ont été recrutés. Résultat: les urgentologues font en moyenne 22 quarts de travail par mois.
Devant le problème, la réponse de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal ainsi que du ministère aurait été de conscrire les médecins malgré l'avis du CHUM, qui craint de faire face à une démission en bloc. Jeudi soir, les 52 urgentologues du CHUM se sont réunis pour discuter de la situation.
Le lendemain, Le Devoir révélait que les 112 millions attendus du gouvernement fédéral (par l'entremise de la FCI) pour le projet du futur CHUM ne sont pas au rendez-vous. À l'opposé, le pendant anglophone du CHUM, le Centre universitaire de santé McGill, aura droit à une aide de 100 millions de la FCI, somme à laquelle s'ajoutent une enveloppe de 100 millions du gouvernement du Québec et 50 millions du secteur privé.
La manchette aurait alimenté un brasier déjà actif. Du coup, le cabinet du ministre Bolduc a affirmé que la destitution du Dr Denis Roy était envisagée.
L'arrivée en fonction du Dr Henri Elbaz après 16 ans à la direction générale de l'Hôpital général juif ne semblait étonner personne hier au CHUM. M. Elbaz a été plongé au coeur du problème des urgences puisque son mandat, imposé par Québec, était de conseiller le directeur général sur cette question. Malgré sa présence, la situation n'a pas cessé de se détériorer.
Outre les urgences, il semble que d'autres éléments dans la gestion du Dr Denis Roy puissent constituer des irritants pour le corps médical. Une réunion spéciale du Conseil des médecins, des dentistes et des pharmaciens (CMDP) du CHUM a eu lieu au cours des derniers jours. Une récente décision de la direction générale de mettre en place une structure organisationnelle commune aux trois hôpitaux fusionnés (Saint-Luc, Notre-Dame et Hôtel-Dieu) pour certaines activités médicales (la cardiologie, par exemple) soulèverait bien des critiques.
Tout ce branle-bas survient au lendemain de la démission du ministre de la Santé Philippe Couillard.
Le Dr Henri Elbaz, directeur général à la retraite de l'Hôpital général juif et conseiller spécial aux urgences du CHUM depuis quelques mois, serait appelé à prendre la relève de façon intérimaire. Sa nomination pourrait être annoncée aussi rapidement que vendredi. D'ici là, le ministre Bolduc doit se rendre à Montréal pour rencontrer les différentes instances du CHUM et calmer les tensions qui ont surgi.
Hier, aucun commentaire n'a été fait au cabinet du ministre Bolduc. Au CHUM, on s'est borné à confirmer l'entretien téléphonique entre le ministre et le Dr Roy, qui a quitté son bureau tout de suite après.
Selon les informations recueillies auprès de sources proches du dossier, la crise des urgences, combinée au refus de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) d'accorder le soutien financier prévu au centre de recherche du CHUM à cause de la mauvaise gestion de l'établissement, est à l'origine du congédiement du Dr Roy.
Ce dernier est en fonction depuis 2002. Auparavant, il était directeur des services professionnels au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). En plus des nombreux problèmes propres à un grand hôpital, M. Roy a été confronté aux nombreuses péripéties du dossier du futur CHUM, qui sera construit en partenariat public-privé là où s'élève actuellement l'hôpital Saint-Luc.
Il semble que les choses se soient précipitées depuis une semaine. Jeudi dernier, le CHUM a prévenu le ministère de la Santé de son intention de fermer pour tout l'été le service des urgences du pavillon Hôtel-Dieu durant la nuit. La direction du CHUM a invoqué le manque de médecins, a-t-on expliqué au Devoir sous le couvert de l'anonymat.
La situation n'est pas nouvelle, mais elle s'est aggravée de façon telle qu'il serait maintenant impossible d'assurer les soins aux patients. Au cours des derniers mois, des médecins ont démissionné et très peu ont été recrutés. Résultat: les urgentologues font en moyenne 22 quarts de travail par mois.
Devant le problème, la réponse de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal ainsi que du ministère aurait été de conscrire les médecins malgré l'avis du CHUM, qui craint de faire face à une démission en bloc. Jeudi soir, les 52 urgentologues du CHUM se sont réunis pour discuter de la situation.
Le lendemain, Le Devoir révélait que les 112 millions attendus du gouvernement fédéral (par l'entremise de la FCI) pour le projet du futur CHUM ne sont pas au rendez-vous. À l'opposé, le pendant anglophone du CHUM, le Centre universitaire de santé McGill, aura droit à une aide de 100 millions de la FCI, somme à laquelle s'ajoutent une enveloppe de 100 millions du gouvernement du Québec et 50 millions du secteur privé.
La manchette aurait alimenté un brasier déjà actif. Du coup, le cabinet du ministre Bolduc a affirmé que la destitution du Dr Denis Roy était envisagée.
L'arrivée en fonction du Dr Henri Elbaz après 16 ans à la direction générale de l'Hôpital général juif ne semblait étonner personne hier au CHUM. M. Elbaz a été plongé au coeur du problème des urgences puisque son mandat, imposé par Québec, était de conseiller le directeur général sur cette question. Malgré sa présence, la situation n'a pas cessé de se détériorer.
Outre les urgences, il semble que d'autres éléments dans la gestion du Dr Denis Roy puissent constituer des irritants pour le corps médical. Une réunion spéciale du Conseil des médecins, des dentistes et des pharmaciens (CMDP) du CHUM a eu lieu au cours des derniers jours. Une récente décision de la direction générale de mettre en place une structure organisationnelle commune aux trois hôpitaux fusionnés (Saint-Luc, Notre-Dame et Hôtel-Dieu) pour certaines activités médicales (la cardiologie, par exemple) soulèverait bien des critiques.
Tout ce branle-bas survient au lendemain de la démission du ministre de la Santé Philippe Couillard.
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