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Dormir avec son bébé peut être fatal

Après l'Ontario, le Québec. Deux coroners ont sonné hier l'alarme quant aux risques d'asphyxie que courent les nourrissons qui dorment dans le même lit que leurs parents. Un sommeil qui peut se transformer en cauchemar, disent d'une même voix Catherine Rudel-Tessier et Jacques Robinson.

Ces deux coroners ont eu à étudier récemment les circonstances entourant le décès, au début de 2007, de deux bambins âgés de moins de dix semaines. Dans les deux cas, les corps des enfants ont été trouvé froids et rigides au matin, alors que les petits avaient dormi entre leurs parents. Leur décès a été attribué à une asphyxie positionnelle de type «co-sleeping».

Depuis 2000, neuf enfants sont morts de cette façon au Québec. En Ontario, 41 bébés ont aussi perdu la vie entre leurs parents en 2006 et 2007, ce qui a incité le Bureau du coroner de cette province à lancer un appel à la vigilance, plus tôt cette semaine.

Les coroners québécois recommandent quant à eux que les parents soient mieux informés des risques liés à cette pratique. L'Institut national de la santé publique (INSPQ) devrait donc revoir les conseils contenus dans le guide Mieux vivre avec notre enfant (remis à tous les nouveaux parents) pour indiquer noir sur blanc qu'il y a un risque réel à dormir avec son bébé.

L'édition 2007 du guide n'était pas claire à cet égard, relèvent Mme Rudel-Tessier et M. Robinson. L'INSPQ y reprend, certes, les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, qui indique essentiellement que le lieu de sommeil le plus sécuritaire pour un nourrisson de moins d'un an est sa propre couchette, installée dans la chambre des parents durant les six premiers mois de vie.

Sauf qu'on indique aussi que pendant l'allaitement, «certains parents choisissent de partager leur lit avec leur enfant. Cette pratique n'est pas rare. Il semble que le nourrisson bénéficie des stimuli auditifs, visuels, tactiles, thermiques et olfactifs produits par un parent pendant le sommeil.»

Un message contradictoire qui n'a plus sa place, estime Mme Rudel-Tessier. «La voix, la chaleur du corps, l'odeur des parents, c'est important, dit-elle. Mais ce n'est pas nécessaire pendant le sommeil. Il faut que les parents soient conscients qu'il y a des risques à faire dormir leur enfant avec eux. On ne veut pas faire une société sans risques, mais on veut éviter qu'un parent se dise: "Si j'avais su..."»

Hier, le directeur scientifique de l'INSPQ a confirmé au Devoir que le guide 2009 sera plus clair. «On ne fait déjà plus référence aux stimuli dans l'édition de 2008, dit Réal Morin, mais il reste encore un message à clarifier, parce qu'on reconnaît que c'est une pratique courante dans certaines cultures.»

Dans une situation idéale, les nourrissons devraient dormir sur le dos, dans une couchette réglementaire, indiquent les coroners. Les parents devraient éviter autant que possible les courtepointes, douillettes, coussins ou oreillers. On suggère plutôt de mieux vêtir l'enfant pour le garder au chaud.











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  • Valérie Michaud
    Abonnée
    dimanche 8 juin 2008 20h17
    La question qui tue
    Il est décevant de voir qu'on encourage encore une société de la peur. Et il est dommage que Le Devoir tombe dans le panneau, sans creuser plus loin le dossier.

    La question qui importe pourtant, je crois, est de savoir dans quelles circonstances sont morts les bébés, ou plutôt dans quel état se trouvaient les parents...Car oui, oui oui au cododo, mais pas lorsque les parents ont bu, fumé, ou lorsqu'ils sont exténués. Malheureusement, tout ce qu'on nous rapporte dans les médias, ce sont les chiffres, sans explication, et sans mise en contexte.

    Rappelons au passage qu'une énorme partie de l'humanité ne connaît pas le luxe d'une chambre d'enfant, et encore moins d'un mobilier de bébé.

  • Louis-H. Campagna
    Inscrit
    jeudi 7 janvier 2010 22h18
    Ça va faire
    L'intention du LE DEVOIR est louable. Personne ne souhaite la mort des nourrissons. Tout le monde est pour la vertu. Mais cet article de Bourgault-Côté constitue-t-il seulement du journalisme ? Permettez-moi d'en douter.

    Où se trouve le point de vue alternatif ? En quoi l'enjeu du co-dodo a-t-il ici été creusé ? Fait-on autre chose, dans ce texte, que de colporter l'opinion d'une corporation professionnelle, celle des pédiatres notamment ? Et depuis quand les coroners s'improvisent-ils experts de la petite enfance ?

    Comme dans bien des débats entre école de pensée, le plus intéressant réside dans le non-dit. Combien de cas de "mort subite inexpliquée du nourrisson" (MSIN) sont attribuables à ce qu'un enfant ne dors pas avec ses parents, justement ? Des études sérieuses existent-elles à ce sujet ? Des fonds de recherche sont-ils disponibles pour étudier cette question précise ?

    Et d'après vous, sur la planète, la majorité des bébés dorment-ils auprès de leur parents ou séparés d'eux ? Pensez-y deux secondes et quart. Et les animaux, vous en connaissez beaucoup, vous, des primates qui fabriquent des berceaux pour leurs petits ?

    Le tragique dans tout ça, c'est qu'à force de faire peur aux parents, à force de les placer toujours en porte-à-faux avec leur instinct, on aboutit à des adultes stressés qui dorment moins bien et qui, en bout de ligne, risque précisément d'être davantage exténué. Mais foutez-nous la paix, à la fin !

    Une parentalité saine écoute d'abord son instinct et s'exerce dans la sérénité. C'est là toute la différence entre la consultation avec une sage-femme et la consultation avec un médecin pédiatre : l'empathie, la confiance, la sérénité. Et les sages-femmes coûtent bien moins chers au système de santé, en prime !

    Oui à la science, oui à l'information, oui au principe de précaution, mais non à l'interventionnisme médico-juridique, non à l'aversion au risque démesurée et non à l'ingérence corporative dans la parentalité et sa malhonnêteté intellectuelle implicite.

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