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Santé - Les provinces devront accepter les conditions d'Ottawa, dit Chrétien

28 janvier 2003  Santé
Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien n'en démord pas: les provinces devront accepter qu'Ottawa ait son mot à dire sur la façon dont elles dépenseront l'argent qu'il leur versera pour la santé.

Hier aux Communes, il a écarté les demandes de l'opposition, qui réclamait qu'Ottawa offre l'argent aux provinces sans conditions.

Il n'a pas dit combien d'argent il proposera lorsqu'il rencontrera ses homologues provinciaux la semaine prochaine pour négocier un accord sur les nouveaux transferts fédéraux, mais les montants en jeu devraient être substantiels. «Nous sommes prêts à mettre plus d'argent sur la table mais nous voulons nous assurer que l'argent est vraiment utilisé pour améliorer le système», a répété M. Chrétien.

Réunis à Toronto la semaine dernière, les premiers ministres des provinces ont rejeté toute proposition fédérale qui les obligerait à investir l'argent dans des secteurs précis comme les soins à domicile et l'assurance médicaments.

Des députés du Bloc québécois et de l'Alliance canadienne ont repris le même thème hier, affirmant que les provinces devraient être autorisées à déterminer leurs propres priorités.

Le bloquiste Réal Ménard a notamment demandé à M. Chrétien de respecter la politique du Québec, qui est, a-t-il dit, d'améliorer directement les soins aux patients plutôt que d'engraisser le système de santé. M. Chrétien lui a répliqué que le Québec était la province qui dépensait le moins, par habitant, pour la santé.

De son côté, l'Association médicale canadienne est venue ajouter sa voix à celles des tenants d'une meilleure reddition de comptes et d'une plus grande transparence des provinces dans l'utilisation des fonds fédéraux pour la santé.

Dans un mémoire aux premiers ministres, l'organisme regroupant des médecins soutient que la mise sur pied d'un nouveau conseil canadien de la santé, tel que recommandé dans le rapport de la commission Romanow, remplirait cet objectif. Ce conseil ne serait pas doté de pouvoirs punitifs, mais informerait les citoyens des dépenses et des politiques en santé.

L'association demande à Ottawa d'injecter 31,5 milliards $ de fonds neufs dans la santé en cinq ans — soit nettement plus que ce que recommandait le rapport Romanow. Selon les médecins, cet argent devrait être consacré à l'amélioration des services de base actuels plutôt qu'à la création de nouveaux programmes comme les soins à domicile ou l'assurance médicaments.
 
 
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