Étude canadienne - Des hôpitaux stérilisent eux-mêmes du matériel médical à usage unique
Toronto — Une étude révèle que de nombreux hôpitaux canadiens réutilisent du matériel médical à usage unique après l'avoir eux-mêmes stérilisé, ce qui constitue une pratique à risque.
Une étude publiée en mai dans le journal médical Infection Control and Hospital Epidemiology a passé en revue 398 établissements canadiens. Pas moins de 28 % d'entre eux réutilisent du matériel à usage unique. Certains des hôpitaux en confient la stérilisation à des sociétés spécialisées, mais la plupart le font à l'interne.
Mettre en place une politique nationale afin d'encadrer ces pratiques et de bannir les stérilisations maison semble faire consensus.
En attendant, le vide juridique actuel montre que, en de nombreux endroits du pays, les hôpitaux agissent comme ils l'entendent.
Les instruments recyclés sont, par exemple, les pinces à biopsie utilisées pour les opérations de chirurgie intestinale ou de l'estomac, les racloirs de membranes utilisés en chirurgie oculaire, les ensembles tire-lait ou encore les lames, fraises et trépans qui servent à percer les os.
«Je suis totalement horrifié», a déclaré le Dr Mark Miller, responsable de la prévention des infections à l'Hôpital général juif de Montréal, à propos de l'étude. Le Dr Miller estime qu'il est encore plus alarmant d'apprendre que la moitié des établissements qui stérilisent eux-même le matériel médical reconnaissent le faire hors de toute procédure écrite.
La situation s'est toutefois améliorée depuis 1986. À l'époque, une étude évaluait à 31 % la proportion d'établissements ayant recours à ces pratiques.
Il faut dire qu'entre-temps, il y a eu l'affaire du sang contaminé ou encore, les cas de maladie de Creutzfeld-Jacob — la forme humaine de la maladie de la vache folle — liés à l'utilisation d'instruments recyclés pour des opérations du cerveau.
Ces tragédies ont sensibilisé les hôpitaux sur les risques d'infection et conduit à une amélioration des systèmes de prévention.
Reste que la plupart des experts estiment que le matériel médical jetable peut être réutilisé sans risque, pour peu qu'il subisse un reconditionnement en profondeur.
Si de nombreux fabricants de matériel médical désignent leurs instruments comme jetables, c'est pour des raisons économiques et non de sécurité, avancent-ils.
«Ils les font passer pour jetables [les instruments], parce que cela leur permet d'en vendre beaucoup plus [...], a expliqué le Dr Michael Gardam, l'un des auteurs de l'étude de mai. S'ils veulent que le matériel soit réutilisable, ils doivent [...] prouver qu'ils sont en mesure de le reconditionner. Alors, évidemment, ils préfèrent de loin le matériel jetable puisqu'il suffit de prouver que ce matériel est stérile dans l'emballage.»
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration encadre l'activité des sociétés spécialisées dans le reconditionnement.
Elles doivent notamment démontrer que le matériel peut être complètement stérilisé sans compromettre l'intégrité du matériau dont il est fait.
Certains hôpitaux canadiens exploitent cette filière. Le reconditionnement au Minnesota d'un cathéter cardiaque de 3000 $ coûte par exemple 1000 $.
Au Canada, ces pratiques ne sont pas encadrées. De nombreux experts appellent le ministère fédéral de la Santé à s'attaquer à ce dossier, mais le ministère avance qu'il n'a pas le pouvoir de le faire.
Une étude publiée en mai dans le journal médical Infection Control and Hospital Epidemiology a passé en revue 398 établissements canadiens. Pas moins de 28 % d'entre eux réutilisent du matériel à usage unique. Certains des hôpitaux en confient la stérilisation à des sociétés spécialisées, mais la plupart le font à l'interne.
Mettre en place une politique nationale afin d'encadrer ces pratiques et de bannir les stérilisations maison semble faire consensus.
En attendant, le vide juridique actuel montre que, en de nombreux endroits du pays, les hôpitaux agissent comme ils l'entendent.
Les instruments recyclés sont, par exemple, les pinces à biopsie utilisées pour les opérations de chirurgie intestinale ou de l'estomac, les racloirs de membranes utilisés en chirurgie oculaire, les ensembles tire-lait ou encore les lames, fraises et trépans qui servent à percer les os.
«Je suis totalement horrifié», a déclaré le Dr Mark Miller, responsable de la prévention des infections à l'Hôpital général juif de Montréal, à propos de l'étude. Le Dr Miller estime qu'il est encore plus alarmant d'apprendre que la moitié des établissements qui stérilisent eux-même le matériel médical reconnaissent le faire hors de toute procédure écrite.
La situation s'est toutefois améliorée depuis 1986. À l'époque, une étude évaluait à 31 % la proportion d'établissements ayant recours à ces pratiques.
Il faut dire qu'entre-temps, il y a eu l'affaire du sang contaminé ou encore, les cas de maladie de Creutzfeld-Jacob — la forme humaine de la maladie de la vache folle — liés à l'utilisation d'instruments recyclés pour des opérations du cerveau.
Ces tragédies ont sensibilisé les hôpitaux sur les risques d'infection et conduit à une amélioration des systèmes de prévention.
Reste que la plupart des experts estiment que le matériel médical jetable peut être réutilisé sans risque, pour peu qu'il subisse un reconditionnement en profondeur.
Si de nombreux fabricants de matériel médical désignent leurs instruments comme jetables, c'est pour des raisons économiques et non de sécurité, avancent-ils.
«Ils les font passer pour jetables [les instruments], parce que cela leur permet d'en vendre beaucoup plus [...], a expliqué le Dr Michael Gardam, l'un des auteurs de l'étude de mai. S'ils veulent que le matériel soit réutilisable, ils doivent [...] prouver qu'ils sont en mesure de le reconditionner. Alors, évidemment, ils préfèrent de loin le matériel jetable puisqu'il suffit de prouver que ce matériel est stérile dans l'emballage.»
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration encadre l'activité des sociétés spécialisées dans le reconditionnement.
Elles doivent notamment démontrer que le matériel peut être complètement stérilisé sans compromettre l'intégrité du matériau dont il est fait.
Certains hôpitaux canadiens exploitent cette filière. Le reconditionnement au Minnesota d'un cathéter cardiaque de 3000 $ coûte par exemple 1000 $.
Au Canada, ces pratiques ne sont pas encadrées. De nombreux experts appellent le ministère fédéral de la Santé à s'attaquer à ce dossier, mais le ministère avance qu'il n'a pas le pouvoir de le faire.
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