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Trois petits mots qui en disent long

Lise Payette   9 mai 2008  Santé
Je peux difficilement l'éviter: l'hôpital Saint-Luc est sur ma route. Je sais parfaitement que c'est là qu'on doit construire le fameux CHUM, cette tour de Babel des soins médicaux que le gouvernement du Québec nous promet depuis presque dix ans mais qui tarde à se matérialiser. Il m'arrive même de penser que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a semé de la graine d'hôpital un bon matin quelque part sur le terrain en espérant qu'il allait éventuellement pousser quelque chose.

Chaque jour, je constate qu'il ne s'y passe rien. Après avoir débattu pendant des années à propos du lieu où on devait le construire, Saint-Luc a été choisi. Autour de Saint-Luc, c'est le calme plat. J'ai enfin su pourquoi en lisant un long article signé par Kathleen Lévesque dans Le Devoir de samedi dernier, coiffé du titre «Un projet fiévreux».

Le fameux projet a un directeur exécutif qui s'appelle Clermont Gignac et qui dit haut et fort qu'il faut appuyer sur l'accélérateur et commencer à creuser un immense trou qui servira à la construction de quatre étages de stationnements tout en solidifiant le sol à cause de l'autoroute Ville-Marie et de ce qui va rester de Saint-Luc. Il avoue cependant être incapable de dire ce qu'il y aura au-dessus des stationnements. Ce qu'on sait, c'est qu'il y aura 700 lits. On connaît aussi le nombre de prises de courant par pied carré. Mais de quoi aura l'air le bâtiment? Personne ne le sait.

J'ai finalement compris le sens des mots «son histoire est une épopée» qu'on chante à tue-tête au Centre Bell les soirs de grande fièvre. Depuis le début, l'histoire du CHUM est une épopée elle aussi.

J'en était là dans ma lecture quand Kathleen Lévesque m'a révélé ces fameux trois petits mots magiques — must, should et nice — qui semblaient servir de grille d'analyse au directeur exécutif Clermont Gignac, grand responsable non seulement du CHUM mais également du CUSM et des projets de modernisation de Sainte-Justine avec un budget de 3,6 milliards (pour le moment), qu'on considère comme un budget préliminaire qui pourrait encore augmenter. Je ne savais plus s'il fallait en rire ou s'il fallait en pleurer.

Must, vous l'aurez compris, sert à évaluer les choses absolument nécessaires pour réussir le CHUM. Should permet de sélectionner les choses qui amélioreraient la vie au CHUM. Nice permet d'éliminer ce qui pourrait ajouter des éléments agréables mais qui n'est pas nécessaire. Si on applique cette grille d'analyse à toutes les composantes du CHUM, ça risque de donner de drôles de résultats.

L'impuissance du citoyen

En lisant cet article, j'ai retrouvé ce profond sentiment d'impuissance que je ressens chaque fois que j'ai l'impression d'être devant un immense gâchis auquel je ne peux rien changer. J'ai pensé qu'au lieu d'appuyer sur l'accélérateur comme le directeur exécutif le souhaitait, il fallait peut-être encore une fois appuyer sur les freins, histoire de prendre le temps de savoir où on s'en allait avant de foncer dans le mur.

Je me suis demandé si les politiciens seront un jour capables de vision à long terme parce que leur vie politique n'est garantie que pour quatre ans et qu'il leur est pratiquement impossible de voir au-delà. Leur cri de ralliement ressemble plus à «n'importe quoi, n'importe comment» parce qu'il faut faire vite puisqu'il faut que les retombées positives se fassent sentir avant les prochaines élections.

Je me suis dit qu'on ne devrait jamais leur confier le pouvoir de décider du développement durable d'une société, car ils sont incapables de voir au-delà du prochain scrutin. Et si j'avais besoin d'une preuve, la nouvelle confirmant que le Stade olympique aura un nouveau toit au coût de 75 millions de dollars est arrivée quelques jours plus tard.

Je suis repassée devant l'hôpital Saint-Luc. Le trou n'est pas encore creusé. Je ne sais plus si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Le ministre Couillard, lui, continue d'affirmer que tout va bien. Il a déjà dit, selon Mme Lévesque, que «jamais un dossier n'a été géré de façon aussi rigoureuse, compte tenu de son ampleur»... C'est évident que le mot «rigueur» ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.

En ces temps si perturbés où on se demande si les journalistes ont un rôle à jouer dans notre société, je tiens à souligner que sans cet article fouillé de Kathleen Lévesque, je serais probablement passée devant l'hôpital Saint-Luc sans lever les yeux, insensible, et sans me demander à quoi ce coin de ma ville ressemblera dans quelques années, combien ça nous aura coûté et si le nouvel hôpital répondra aux besoins criants des citoyens, en plus d'être agréable à regarder. Ça sert à ça, les bons journalistes, quand ils font bien leur travail. Ça réveille les citoyens endormis..






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Vos réactions

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  • Benoît Gagnon
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 03h42
    La démesure comme critère d`évaluation
    « La justification d`un méga hôpital d`un point vue théorique semble évident. Mais à regarder de plus près la justification n`est pas aussi évidente.
    La première objection en est celle du (small is beautiful), petit c`est mieux.
    La deuxième est celle de l`imagination. Nous construisons comme il y a cent ans. Je pense que nos connaissances peuvent réunir la concentration des services et diversité des bâtiments. Pour cela il faut donner à nos architectes le pouvoir de penser autrement: c`est à dire de concevoir la communication comme le centre et non pas le lieu physique. »

  • Jasette
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 05h18
    Le CHUM, une montagne qui va accoucher d'une souris?
    « Le CHUM, c'est ce qui permet de cacher les dessous politiques des intentions libérales, à savoir la privatisation à petit pas du milieu de la santé. Les libéraux ne veulent pas privatisé tout le réseau de la santé au complet. La démocratie les en empêcherait et ils le savent d'instinct.

    En bout de ligne, les libéraux, et même tout partis politiques populaires confondus, veulent laisser quelques miettes du réseau public de la santé à ceux qui n'ont pas les moyens de sortir leur cash. L'autre partie, le privé et son standing, c'est pour ceux qui ont les moyens de se le payer ou les autres qui ont envie de se serrer la ceinture pour se faire soigner au besoin.

    Pendant ce temps, tandis que la privatisation se fait tranquillement sous le couvert, le CHUM encore virtuel sert de leurre pour détourner les regards indiscrets. Ici, je me contenterai de dire que les libéraux voudraient bien que le CHUM sorte de sa coquille et apprenne à voler de ses propres ailes.

    Mais, encore et toujours à l'état de projet, le CHUM reste la montagne qui permet de dissimuler le paysage de la privatisation. Pour le moment, le but des libéraux est de gagner les prochaines élections. La stratégie est simple. Il s'agit de donner à la population la fausse impression qu'ils sont de leur bord.

    Comme le dit l'adage populaire, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. C'est un principe fondamental en démocratie .

    Changement de propos, madame Payette, vous avez toujours su rester vous-mêmes au fil des années. Permettez-moi de vous tirer mon chapeau. »

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 06h02
    Pourquoi un seul site ?
    « A ce prix, pourquoi pas d'abord construire un ascenceur horizontalsous-terrain entre les 3 pavillons existants et voir ensuite ce qui manque? Un seul édifice met à la merci d'une catastrophe et crée une congestion dans la circulation difficile à imagner.
    Daniel Beaudry »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 06h26
    15 ans pour construire un...hotel
    « Qu'est-ce qu'un hopital si ce n'est un hotel pour 700 personnes. Des chambres pour les patients, avec des bureaux pour les administrateurs et des salles pour opérer. Une fois terminé on y ajoute le matériel médical pour soigner les patients. On en construit dans le monde entier. Aucune technologie particulière: juste un édifice pour héberger 700 personnes.
    Icite, on est rendu à 200 millions et y'a pas encore eu de pelletés de terre.
    Le CHUM sera au 21e siècle ce que le Stade Olympique au 20e: un monument à l'incompétence du Parti Libéral du Québec. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 07h03
    Les décisions du pouvoir, de quel pouvoir?
    « « Ça sert à ça, les bons journalistes, quand ils font bien leur travail. Ça réveille les citoyens endormis... »

    Ce n'est pas pour rien qu'on surnomme le journalisme: « le quatrième pouvoir ».
    Ils ont un rôle essentiel dans une démocratie.

    * * *
    Contre les abus des pouvoirs, la presse et les médias ont été, pendant de longues décennies, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens. En effet, les trois pouvoirs traditionnels - législatif, exécutif et judiciaire - peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs.
    [...]
    De graves abus peuvent être commis, bien que les lois soient votées démocratiquement, que les gouvernements résultent du suffrage universel, et que la justice - en théorie - soit indépendante de l'exécutif. Les journalistes et les médias ont comme un devoir majeur de dénoncer ces errances.

    Depuis une quinzaine d'années, à mesure que s'accélérait la mondialisation libérale, ce « quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir.

    En cette phase de la mondialisation, nous assistons à un brutal affrontement entre le marché et l'État, le secteur privé et les services publics, l'individu et la société, l'intime et le collectif, l'égoïsme et la solidarité.

    Le pouvoir véritable est désormais détenu par un faisceau de groupes économiques planétaires et d'entreprises globales dont le poids dans les affaires du monde apparaît parfois plus important que celui des gouvernements et des États. Ce sont eux les « nouveaux maîtres du monde » qui se rassemblent chaque année à Davos, dans le cadre du Forum économique mondial, et qui inspirent les politiques de la grande Trinité globalisatrice : Fonds monétaire international, Banque mondiale et Organisation mondiale du commerce.
    Extrait de l'article d'Ignacio Ramonet, "Le cinquième pouvoir" octobre 2003
    http://www.monde-diplomatique.fr/2003/10/RAMONET/10395

    Souvent en ce qui concerne la santé, aussi on se réunit derrière des portes closes. Les missionnaires du privé sont là pour nous (sic) sauver!
    Mme Katleen Lévesque a soulevé la première pelletée de terre (et même quelques autres) concernant le CHUM. Elle a enclenché la réflexion de Mme Payette qui voit dans tout ça, et avec raison, bien plus d'interrogations que de solutions limpides.

    Une tour de Babel!
    Est-ce que la décision de créer cette tour de Babel de la santé a été souhaitée par le milieu médical? Ou, est-ce par le milieu financier?
    Bien difficile à savoir, c'est là qu'entre en jeu tout l'important travail journalistique.

    Il faut creuser plusieurs pelletées pour tenter d'apercevoir le fond de la tour.
    Must: Why?
    Should: Bien sûr, we need something!
    Nice: Pour qui?

    Deux volets importants existent en santé.
    - On vieillit, on est malade et on a besoin de soins de santé.
    - Aussi, ça représente une manne de $$ important.
    Les pilules et les soins, ouf! beaucoup beaucoup de $$.
    Le privé est à l'affût pour empocher le payant et laisser le coûteux aux gouvernements.
    Il y a la tour des millions et il y a les vautours qui veulent profiter de tous ces malades payants-payants.

    Pour le commun des mortels tel que la majorité du monde, c'est bien difficile de juger l'utilité et le bien-fondé d'un tel projet.
    Il nous faudrait l'avis médiatisé des intervenants en santé, médecins, infirmières, intervenants en services sociaux, en gériatrie, etc.
    Un dossier journalistique important que les journalistes pourraient prendre en main.

    On a besoin de comprendre un peu mieux les enjeux et les intérêts.
    La privatisation des soins de santé a-t-elle quelques étages de déjà réservés dans cette tour de Babel?
    Voit-on la chose comme un investissement rentable plutôt qu'un ajout important aux services offerts?
    La concentration de ces millions est-elle souhaitable pour les soins en région?
    Qu'en pensent les médecins de Gaspésie, d'Abitibi, du Lac St-Jean, de Québec et de Sherbrooke?

    À long terme... à long terme...
    Bien des éléments nous manquent pour tenter de juger.
    On se dit que cette décision a été prise par des gens qui ont bien évalué la situation.
    Mais quelles étaient leurs réelles motivations?
    La santé des gens ou la santé de certains portefeuilles?

    Pas facile d'y voir clair.
    Il nous faut des commentaires et des réflexions de personnes du milieu de la santé et des pelletées d'informations débusquées par des journalistes fouilleurs.

    Mais, que peut-on y faire?

    « En lisant cet article, j'ai retrouvé ce profond sentiment d'impuissance que je ressens chaque fois que j'ai l'impression d'être devant un immense gâchis auquel je ne peux rien changer. »
    Moi aussi.

    «J'ai pensé qu'au lieu d'appuyer sur l'accélérateur comme le directeur exécutif le souhaitait, il fallait peut-être encore une fois appuyer sur les freins »
    Mais, avons une pédale de frein à notre disposition?
    Monsieur Ramonet nous dit:
    « Il faut, tout simplement, créer un « cinquième pouvoir ». Un « cinquième pouvoir » qui nous permette d'opposer une force civique citoyenne à la nouvelle coalition des dominants. »


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 07h23
    Ça me fait du bien ...
    « À moi, simple citoyen, lorsque je lis vos états d'âme.
    Je me dis regarde, même elle est découragée et elle a été déjà fait partie du pouvoir! »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 07h26
    Pour les anglais on a choisi
    « enfin Mr le ministre Couillard a choisi de faire du neuf avec du neuf, mais pour les francophones on fait du vieux avec du vieux.

    On fait comme pour les églises qui se bâtissent l'une sur l'autre, en creusant sous la dernière, on peut voir les différente religions...

    La ville francophone de Montréal est si petite qu'on est obligé de construire sur d'ancienne constructions qui sont toujours en opération ...

    Y on pas compris la leçon de l'hôpital de Ste Hyacinthe...

    A la fin, avec tout les imprévus, on s'est rendu compte que de construire un nouvel hôpital aurait couté moins chère que de rénover l'ancien qui était infester de champignons...

    Quand on vote pour des idiots on a un pouvoir idiot... »

  • vincent bussiere
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 08h12
    Naïve madame Payette.
    « Madame Payette, arrêtez de vous faire passer pour la naïve que vous n'êtes pas, vous avez été en politique suffisamment longtemps.

    Moi le citoyen n'y comprends strictement rien et c'est à cause de celà qu'on a un gouvernement qu'on souhaite compétent, malgré tout le bon travail d'une journaliste, ce dossier est fort complexe, car ici on ne part pas d'un terrain vacant ou l'on construit en connaissant tout du sol et du sous sol ce qui serait beaucoup plus facile, mais d'un site dans un secteur hautement habité qui possède déjà des infrastuctures qui doivront êtres modifiées, il est situé au coeur de la circulation, ou se mêlent des résidences, des tours à bureau, des commerces et en boni une autoroute construite en contrebas, tou cela va coûter, c'est normal, beaucoup plus cher que les estimés que l'on nous a fourni, à cause des imprévus, les experts, le gouvernement et leurs vis-à-vis le savent mais comme dans tous les scénarios de ce genre, de peur de l'électeur on préfèrera nous l'apprendre lentement au fur et à mesure des dépassements de coûts d'ici les dix prochaines années.

    La communauté anglophone, a choisi sans se quereller un terrain vacant et construira son propre CHUM en ne dépassant pas de beaucoup leurs estimés.

    Surement que Peter du fameux principe du même nom pourra réécrire son livre en se servant de l'exemple de St-Luc pour confirmer tout comme à l'époque du premier livre, que des gens de pouvoir avaient atteint leur niveau d'incompétence.
    Dite moi que je me trompe.
    Vincent Bussière »

  • Françoise Maertens
    Inscrite
    vendredi 9 mai 2008 09h24
    Une autre excellente réflexion !
    « Chère Mme Payette,
    Vous traduisez à nouveau exactement ce que je ressens : cette impuissance face à des projets aberrants! Nous avons beau manifester notre opposition et le besoin de réfléchir plus longtemps avant d'imposer ce fardeau fiscal à la classe moyenne (car c'est elle qui va payer ... c'est-à-dire nous), nos politiciens continuent d'aller de l'avant comme si tout le monde était d'accord! Et cela, c'est sans parler des deux méga-hôpitaux! Qui pourra un jour me convaincre de la nécessité de deux méga-hôtpitaux? Le CUSM ne désservant que 8% de la population québécoise, c'est assez insensé! Je ne peux pas croire que nous allons payer pendant des dizaines d'années pour cette erreur!
    Quant à la vision des politiciens à courte terme, c'est un autre de nos grands problèmes que vous expliquez très clairement ! Merci! Je suis entièrement d'accord avec vous !
    Françoise Maertens »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 9 mai 2008 09h42
    Exemple à éviter pour un gouvernement responsable
    « Le PLQ et M. Charest vont très bien ce temps-ci à cause de leurs faiseurs d'images efficaces qu'ils viennent d'emgager mais...l'histoire rocabolesque du CHUM peut seule les "caler" si elle continue de se développer croche comme elle est partie, avant la prochaine élection.

    L'histoire de ce CHUM est la pire niaiserie coûteuse des 50 dernières années pour le Québec, même avant de lever la première pelletée de terre. Exemple limpide de ce qu'un gouvernement ne doit pas faire mais fait quand même parce que les fonds ne sortent pas de sa caisse électorale ni des comptes personnels de nos députés gouvernementaux. »

  • Jean-Paul Gosselin
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 10h01
    Sapristi...
    « On a égaré les plans du château de Versailles! »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 10h38
    La culture
    « "must, should et nice"
    Comme vous êtes cultivée!

    Da svidanya »

  • Michel Magnant
    Inscrit
    vendredi 9 mai 2008 10h56
    CHUM: Le but était de copier New York
    « L'origine du CHUM remonte à un voyage fait aux États-Unis par Monsieur Lucien Bouchard et quelques autres leaders du Québec. Ils avaient été impressionnés par l'énormité et la modernité des hopitaux New Yorkais et ont pensé que Montréal aurait l'air moins d'un village de seconde zone s'il pouvait afficher pareil monument urbain. L'objectif en était un de branding, pas de construction d'une tour de Babel médicale aux objectifs plus que confus. »

  • Clément Bernard
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 13h27
    Des Insouciants face à mos problèmes
    « On ne sait pas où on s'en va ! On se pense encore dominé par les Anglais qui vont de l'avant ! C'est plus facile pour nous.

    Les esclaves se sentent plus en sécurité avec un maître. Ils leur laisse les décisions et les risques et les profits... »

  • Jean Laberge
    Abonné
    vendredi 9 mai 2008 14h17
    Nice is a must !
    « Après toute cette saga et avec ses objectifs à courte vue, à la fin, on va se retrouver avec un projet qui n'en profite même pas pour réparer les blessures du quartier dans lequel il s'implante, notamment le dessus de l'autoroute Ville-Marie et l'état lamentable du square Viger et de ses abords, avec un énorme édifice laid au coeur de la ville et une facture astronomique.

    Pendant ce temps, les beaux édifices qui accueillent les hôpitaux de l'Hôtel-Dieu et du Royal Victoria se retrouveront vides et menacés de devenir d'autres ruines urbaines.

    C'est ce qu'on récolte quand on met le "nice" à la fin des critèeres d'évaluation pour un hôpital dont... (qui déjà ?) avait besoin. Allo, le développement durable ! »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    vendredi 9 mai 2008 16h40
    Et vive le 6000 Saint-Denis!
    « C'est le premier site qui avait été choisi. Bien situé entre le nord et le sud, entre l'est et l'ouest de Montréal. À côté de la station Rosemont. Un beau grand champ est là, prêt à recevoir le CHUM.

    C'était un choix trop logique. Pourquoi faire simple? »

  • nicole ouellet
    Inscrite
    vendredi 9 mai 2008 18h15
    Bravo aux lucides
    « Comme le regard de vos lecteurs est lucide. Ils ont sûrement des leçons à donner car chacun d'eux a raison. Le projet de construction de ces Hôtels-Höpitaux sort de la quémande des super médecins qui voient d'un mauvais oeil la concurrence asiatique, cubaine, marocaine.
    De quoi a vraiment besoin un âgiste comme moi? Quand j'ai la diarrhée ou des vomissements ? Une chambre d'hôtel ou une nurse qui tient un bassin réniforme pour ramasser les dégâts? Ou un préposé pour changer ma couche pleine depuis 8 heures.
    La réponse révèle l'énormité de la fraude ! Ce méga hôpital sert-il à dorer le blason de la junte médicale? Ou à nourrir leur mégalomanie?
    Les problèmes qu'a vécu l'hôpital-aérogare Pompidou ont démontré que plus c'est gros, plus c'est énorme, plus les problèmes sont de même!
    Imaginez une épidémie de SARS, de SARM, de Clostridium difficile, de tuberculose, de proteus, de pseudomonas, dans cette immense bateau-hôpital,
    En réalité, le besoin pour ceux qui croient encore à cette médecine officielle est de petits hôpitaux répandus un peu partout pour satisfaire la pauvre population malade, amputée, diabétique, emphysémateuse, cardiaque.
    Pour les autres qui ont les yeux ouverts le vrai besoin est la légalisation des médecines alternatives qui sauront résoudre les épidémies contractées dans ces vastes lieux.
    Bonne santé financière à tous »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 12 mai 2008 12h53
    Sentiments d'impuissance qui n'ont pas les mêmes objets.
    « Parmi nombre de Québécois lucides, oui, nous sommes effectivement très nombreux à éprouver le sentiment d'impuissance et de frustration ainsi que ce ressentiment de révolte et de répugnance dont vous parlez avec tant de désinvolture et de détachement, quand vous attaquez vos cibles ennemies dont le choix autant que les embarras vous pistonnent. Oui, très certainement, nous éprouvons ce malaise que partagent les floués et abusés, au seul regard de l'abusif et tordu NO FAULT pour lequel la recrue péquiste de 1978 a servi d'écran aux cribles d'une opposition farouche qui vous avait obligée à verrouiller à doubles tours, les portes de votre kremlin personnel, à Québec, et à vous placer sous la protection d'une Commission parlementaire surveillée par les «caméras nationalistes» du grand René de l'époque. Ne vous revient-il pas à la mémoire, cette mémoire dont vous semblez avoir confié le contrôle des défaillances ou des retranchements, aux gardes des chiourmes de vos subjectivités, ne vous souvient-il pas que dans ces années de l'effervescence séparatiste qui déchiraient déjà de PQ de René Lévesque, était honni qui ne pensait pas comme vous qui avez défoncé les portes du Club de la Garnison ou comme les purs et durs. Cette époque mémorable où les voies et les bras longs des durs envoyaient à la potence de la déchéance ou clouaient sommairement au pilori de la mise en faillite ou au rancart, tout Québécois méprisable qui osait ne pas lire la bible péquiste et ne pas soumettre ses pratiques quotidiennes ni son discours professionnel ou tout simplement social, aux préceptes de l'intégrisme sécessionniste de ces années 70, votre époque. Cette époque qui, au premier comme au second regard du 21e siècle, a impunément imposé aux Québécois, les pires stagnations et les reculs inchiffrables qu'une nation peine encore à corriger et à rattraper. Vous n'acquiescerez jamais et n'aurez jamais le courage ni la noblesse de l'admettre et tout lucide observateur de la chose politique peut comprendre. Et, que trop!

    Mieux que quiconque, Lise Payette, vous savez ce que jamais vous n'aurez la franchise ni l'honneur d'avouer. En effet, vous savez que le NO FAULT, cette institutionnalisation de l'irresponsabilité, cette pièce législative, tout aussi inique qu'unique en Amérique, n'était que le plus tordu des résultats du puissant lobby «péquistologistique» de l'époque (1978), majoritairement constitué et piloté par les richards capitalistes et opportunistes amis d'occasion du très habile manipulateur de l'opinion publique et cardeur de la conscience fédéraliste, le magnétique et charismatique journaliste René Lévesque. Ces puissants lobbyistes ont effectivement pris René Lévesque à la gorge et ils en ont fait leur poupée chiffon. Et lui, à son tour, a décidé de vous refiler les «virus» de cette empoigne dont la contagion perdure. Il a très astucieusement choisi la très connue «appelez-moi Lise» de l'époque qui devait lui servir d'écran et surtout servir de «beau prétexte», en cette époque du zénith du féminisme de barricade, pour ouvrir les écluses de l'avalanche toute désignée des accusations de sexisme et d'antiféminisme qui allaient inonder et noyer, au besoin, ceux (des avocats particulièrement) qui allaient vous pourfendre.

    Le NO FALT est toujours cet iceberg symbolisant notre impuissance et le sentiment de menace dont les Québécois n'ont que trop souvent et que trop longtemps fait les frais. C'est VOTRE NO FALT qui, SEUL, se vante des 30 ANS d'une autocratie à laquelle on a résolument tourné le dos. C'est ce triste NO FAULT commandé par René Lévesque et commandité par les magnats qui voulaient placer leurs portefeuilles à l'abri des poursuites qui risquaient de ramener, justement et équitablement, leurs comptes bancaires vers le bas, qui a fait en sorte que votre tête a été mise sur le billot et qui a fourni tous les carbures de vos frustrations et de vos sempiternelles rancoeurs et tenaces haines dont «LE POUVOIR? CONNAIS PAS», demeure, notamment et malheureusement pour vous, un bien gênant témoin, fort encombrant et que vous n'avez surtout pas le pouvoir de faire taire ...

    Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera jamais de l'avouer, la futée chroniqueuse sait mieux que quiconque que le coup de pompe, NO FAULT 1978, ne franchirait aucune des rampes de la clairvoyance du peuple québécois sur lequel les gazes ont moins d'emprise, en 2008. Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera de le reconnaître, la malicieuse manipulatrice des mots et maligne écrivaine d'une histoire du Québec politique, une histoire dont le seul mérite tient au fait qu'elle est la sienne et ne sera à tout jamais que la sienne, n'est pas sans savoir que Jean Charest, connaissant les plaidoyers de Marc Bellemare, en faveur des victimes de l'irresponsabilité des incorrigibles chauffards qui surfaient sur les vagues de VOTRE NO FAULT, alors que les victimes jonchaient les plages, au pied des récifs de votre complaisance politique à l'égard de l'impérial potentat des Crésus qui tiennent les manettes de ce pouvoir que vous dites, bien naïvement, n'avoir jamais connu, l'avait convaincu de quitter le cabinet de sa brillante pratique professionnelle et l'avait amené à son cabinet ministériel, en 2003, dans le but de passer le NO FAULT, ce chancre de vos agenouillements devant ces «maudits hommes de pouvoir», au bistouri de ses compétences et de ses engagements professionnels et électoraux.

    Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera de consentir le moindre aveu, à cet égard, vous savez mieux que quiconque que le transfuge fédéral provincial, Jean Charest, ce parachuté d'Ottawa qui est venu au jardin du Parlement, y cultiver le JE (doublement rémunéré) de son ego démesuré tout en y découvrant, tout fasciné qu'il fut, le puissant NOUS du lobby capitaliste qui l'avait peinturé d'un rouge inconnu jusqu'en 2003, lui aussi, en moins de temps que ça prend pour l'écrire, s'est écrasé devant les affamés goujats du PLQ dont certains sont des transfrontaliers forçats bien connus, goujats, donc, qui se sont empressés de faire plier les genoux de son emphatique JE et de son pompeux NOUS d'emprunt, comme l'avait fait le transfuge libéral de l'époque, le bien intentionné et le sympathique idéaliste rêveur et surréaliste René Lévesque, le grand souverain des associations, conspué, ne faudra-t-il jamais l'oublier, par les siens et mis au rancart, se souviennent les matraques des purs et durs, par les ambitieux landrystes de la séparatiste infanterie de campagne. Vous savez, comme tout lucide Québécois le sait, que le Ministre de la Justice et libéral engagé, Marc Bellemare, ne voulant à aucun prix, plier les genoux de son honneur et de sa droiture, ni trahir bassement ses engagements, non plus que ses commettants, a littéralement débarqué du panier des crabes politiques qui semblent toujours d'ailleurs, faire saliver son chef maraudeur, l'actuel minoritaire, l'enfant chéri des commanditaires médias commandités.

    Je comprends donc votre sentiment d'impuissance. Sauf que l'objet du sentiment d'impuissance dont vous faites état aujourd'hui, dans le but de vous en prendre aux libéraux du petit Sir Charest des Médias et ceux du grand Sir Couillard de Rabaska, entre autres et Dieu sait que je vous comprends, n'est pas le même que celui qu'a provoqué VOTRE NO FAULT et dont le plus frustrant des inconforts n'a pris que de l'ampleur, depuis que vous l'avez sacré et fourré dans la gorge de tous les Québécois, à l'encontre de l'intelligence et du droit jugement, en 1978, dans la plus pure tradition du mépris du politique majoritairement écrasant, à l'égard de ceux et de celles qui vont aux urnes et que les élus et élues, dans les heures qui suivent le manifeste de leurs serments et allégeances, traitent comme des cruches dont on s'empresse à bouchonner et à emprisonner l'oxygène de la mémoire.

    En somme, les trois petits mots, empruntés de l'anglais, en raison de la concision, de la puissante imagerie et du large potentiel de leurs contenus respectifs, ces trois petits mots qui traduisent le très québécois sentiment d'impuissance, sont : WE «SHOULD» AND WE «WOULD», IL ONLY WE «COULD». Mais la compréhension que je suggère des trois vocables qui résument si bien notre situation, serait la suivante : «le SHOULD traduit notre détermination et notre volonté «verbales» et toujours conditionnelles, devant l'obligation et la responsabilité d'agir; le WOULD traduit l'attentisme qui nous caractérise et l'étapisme conditionnel qui tuent dans l'oeuf toute forme de mouvance qui risquerait de s'apparenter à une inéluctable marée humaine dont la possible fatalité traumatise et paralyse; le COULD traduit tout le conditionnel avec lequel les Québécois emballent leurs complicités et leurs solidarités, quand vient le temps de passer aux actes concrets et aux lendemains parfois risqués. Cet épisodique écrasement, proche parent de l'écrabouillement qui explique la presque totalité de la désertion que les intéressés ont appelée «fuites des cerveaux», quand venaient et viendront toujours les moments de s'affirmer et de s'impliquer, peut avoir, très certainement, plus d'une cause historique. Je ne tablerai pas sur celles que les séparatistes ont fait leurs. Par contre, je joins tous ceux et toutes celles qui CROIENT TOUJOURS que le catholicisme des siècles derniers, ce grand théâtre des feux de l'enfer et de la rôtisserie chez Lucifer, fut l'enclume démoniaque sur lequel, mis à rouge, nous fûmes tous façonnés. Les «Québécois que nous sommes tous», par formation autant que par déformation, déléguons notre confiance avec un tel aveuglement niais et un tel abandon béat, que nous finissons par ne plus avoir confiance et ne plus croire en nous-mêmes. C'est, à mon avis, ce qui pourrait expliquer, d'ailleurs et en très large partie, le CANNOT, dont, entre autres, QUÉBEC 2008 fait la bien gênante démonstration et dont la presque reine Michaëlle 1ère a cru bon d'aller en faire la promotion, jusqu'en France ...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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