Allergies, allergènes et autres inconforts - Plusieurs sont atteints, mais tous n'en souffrent pas
Photo : Agence France-Presse
L’allergie peut apparaître dès le premier contact avec l’allergène, mais elle peut aussi se développer même si la personne a déjà été exposée à l’allergène sans problème pendant plusieurs années.
Acariens, arachides et noix, poissons, crustacés et fruits de mer, guêpes et frelons, pollens, cosmétiques, latex et produits industriels. Même minou et pitou figurent sur la liste des allergènes. Certaines de ces allergies peuvent être dangereuses, voire fatales. Mais si la mort n'est pas toujours au rendez-vous, l'inconfort et le désagrément le sont toujours.
Le nombre de personnes affligées par une allergie ne cesse d'augmenter. Au début des années 80, on estimait la proportion à 10 % de la population. «Aujourd'hui, c'est 25 % de la population qui souffre d'allergies respiratoires», estime le docteur Michel Petit. Le Dr Petit est le propriétaire d'une clinique médicale spécialisée dans le traitement des allergies. La Clinique Allergie, située à Rosemère, est une clinique privée hors RAMQ (www.cliniqueallergie.com).
Selon le Dr Petit, plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. «En premier lieu, il faut dire que l'on diagnostique mieux et plus tôt les allergies. Avant, les gens attendaient souvent d'avoir une maladie chronique avant de consulter.» Il y a aussi des raisons liées à l'environnement. «Nous sommes de plus en plus exposés à des agents polluants à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur des maisons.» S'ajoutent à cela certaines habitudes de vie. «Tous ces aérosols, chandelles parfumées et autres "pouche-pouche" dont on se sert à la maison pour chasser les odeurs sont autant d'irritants qui n'aident en rien.» En effet, l'exposition à ces agents polluants et irritants peut créer une inflammation de la muqueuse respiratoire. «La muqueuse étant enflammée, elle devient plus fragile et donc moins imperméable aux allergènes.»
On estime qu'environ 3 % de la population souffre d'une allergie alimentaire et on constate ici aussi une hausse du nombre des personnes atteintes. «Cela est dû à un changement dans notre alimentation. Nos grands-parents n'avaient pas d'allergie aux arachides, par exemple, parce qu'ils n'en mangeaient pas. Mais aujourd'hui, surtout avec la transformation des aliments et l'arrivée sur le marché d'aliments plus exotiques, les risques d'exposition sont plus grands.»
Qu'est-ce que l'allergie?
L'allergie est une réaction exagérée et excessive du système immunitaire de l'organisme à la présence de substances qui devraient normalement être tolérées mais qui sont perçues par l'organisme comme dangereuses. On donne le vocable d'allergènes aux substances qui provoquent les réactions allergiques.
Le système immunitaire humain produit plusieurs anticorps. Celui qui est en cause dans le cas d'une réaction allergique se nomme IgE. Lors d'une réaction allergique, l'allergène vient en contact avec des cellules, les mastocytes, que l'on trouve dans les parois du nez, des poumons, de la peau et du système gastro-intestinal. Au contact avec l'allergène, les anticorps IgE qui se trouvent fixés aux cellules mastocytes libèrent plusieurs substances chimiques, dont l'histamine, grande responsable de l'inflammation et des réactions allergiques.
Mises à part certaines allergies particulières, comme celles au latex, aux produits industriels et aux piqûres d'insecte, on divise généralement les allergies en deux groupes: les allergies respiratoires et les allergies alimentaires. Les principales causes d'allergie respiratoire sont les pollens, les acariens, les moisissures et les animaux domestiques à poil. Les principales causes d'allergie alimentaire sont les arachides, le blé, les poissons et fruits de mer, les graines de sésame, le lait, les noix, les oeufs, le soja et les sulfites.
Les réactions allergiques
La réaction allergique diffère selon les allergènes et les individus. Par exemple, deux individus allergiques aux chats pourront avoir deux réactions allergiques différentes: l'un aura une respiration difficile, l'autre éternuera. Autre exemple: la rhinite saisonnière ou, comme on disait autrefois, le rhume des foins. La rhinite durera quelques jours chez certains, tout l'été chez d'autres.
L'allergie peut apparaître dès le premier contact avec l'allergène, mais elle peut aussi se développer même si la personne a déjà été exposée à l'allergène sans problème pendant plusieurs années. Les allergies peuvent se résorber d'elles-mêmes ou durer toute une vie.
La réaction allergique varie aussi en intensité selon l'allergène et l'individu. La réaction allergique la plus violente est l'anaphylaxie, ou choc anaphylactique, qui provoque une chute de la tension artérielle, une tachycardie, des troubles respiratoires et des troubles digestifs. Elle peut rapidement entraîner la mort par arrêt circulatoire, par asphyxie ou oedème pulmonaire, en l'absence d'une intervention médicale urgente.
Choc anaphylactique
Le choc anaphylactique est le plus souvent provoqué par un contact avec certains aliments, dont les principaux sont l'arachide, les noix, les poissons et fruits de mer ainsi que les piqûres de guêpe et de frelon. Le choc anaphylactique ne se produit pas toujours au premier contact avec l'allergène. «Mais il y a toujours un signe précurseur, une première manifestation. Par exemple, une personne, après avoir mangé des fruits de mer, ressent un picotement dans la gorge ou un resserrement de la gorge. Très souvent, elle l'attribuera à autre chose que l'aliment qu'elle vient de manger et ne s'inquiétera pas outre mesure.»
Mais voilà justement ce qu'il ne faut pas faire. «Ce n'est pas parce l'anaphylaxie ne s'est pas produite lors des premiers contacts avec l'allergène qu'elle ne se produira pas. Au contraire, le choc anaphylactique peut survenir à n'importe quel moment.» D'où l'obligation d'être prudent et de consulter le médecin dès qu'on a un doute. Et il faut toujours demeurer à l'affût des signes précurseurs. «C'est particulièrement important avec les jeunes enfants qui ne parlent pas et qui ne peuvent pas communiquer leur malaise. Par exemple, un enfant à qui on donne un biscuit contenant de l'arachide et qui le repousse ou qui le laisse de côté nous dit peut-être qu'il a eu une sensation désagréable au contact avec l'aliment. C'est peut-être un signe qu'il est allergique.»
Heureusement, la plupart des allergies ne sont pas aussi violentes et aussi dangereuses. Mais elles demeurent désagréables et peuvent gâcher la qualité de vie de toute personne qui en est atteinte. Un simple coup d'oeil sur les principaux symptômes suffit pour s'en convaincre. Enflure des lèvres et de la gorge, difficulté à avaler, toux et étourdissement dans le cas des allergies alimentaires; congestion nasale, écoulement du nez, sinusite et rhinite dans le cas des allergies respiratoires. «Non seulement les personnes atteintes souffrent de ces symptômes, mais leur inconfort déteint aussi sur les membres de leur entourage.»
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Collaborateur du Devoir
Le nombre de personnes affligées par une allergie ne cesse d'augmenter. Au début des années 80, on estimait la proportion à 10 % de la population. «Aujourd'hui, c'est 25 % de la population qui souffre d'allergies respiratoires», estime le docteur Michel Petit. Le Dr Petit est le propriétaire d'une clinique médicale spécialisée dans le traitement des allergies. La Clinique Allergie, située à Rosemère, est une clinique privée hors RAMQ (www.cliniqueallergie.com).
Selon le Dr Petit, plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. «En premier lieu, il faut dire que l'on diagnostique mieux et plus tôt les allergies. Avant, les gens attendaient souvent d'avoir une maladie chronique avant de consulter.» Il y a aussi des raisons liées à l'environnement. «Nous sommes de plus en plus exposés à des agents polluants à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur des maisons.» S'ajoutent à cela certaines habitudes de vie. «Tous ces aérosols, chandelles parfumées et autres "pouche-pouche" dont on se sert à la maison pour chasser les odeurs sont autant d'irritants qui n'aident en rien.» En effet, l'exposition à ces agents polluants et irritants peut créer une inflammation de la muqueuse respiratoire. «La muqueuse étant enflammée, elle devient plus fragile et donc moins imperméable aux allergènes.»
On estime qu'environ 3 % de la population souffre d'une allergie alimentaire et on constate ici aussi une hausse du nombre des personnes atteintes. «Cela est dû à un changement dans notre alimentation. Nos grands-parents n'avaient pas d'allergie aux arachides, par exemple, parce qu'ils n'en mangeaient pas. Mais aujourd'hui, surtout avec la transformation des aliments et l'arrivée sur le marché d'aliments plus exotiques, les risques d'exposition sont plus grands.»
Qu'est-ce que l'allergie?
L'allergie est une réaction exagérée et excessive du système immunitaire de l'organisme à la présence de substances qui devraient normalement être tolérées mais qui sont perçues par l'organisme comme dangereuses. On donne le vocable d'allergènes aux substances qui provoquent les réactions allergiques.
Le système immunitaire humain produit plusieurs anticorps. Celui qui est en cause dans le cas d'une réaction allergique se nomme IgE. Lors d'une réaction allergique, l'allergène vient en contact avec des cellules, les mastocytes, que l'on trouve dans les parois du nez, des poumons, de la peau et du système gastro-intestinal. Au contact avec l'allergène, les anticorps IgE qui se trouvent fixés aux cellules mastocytes libèrent plusieurs substances chimiques, dont l'histamine, grande responsable de l'inflammation et des réactions allergiques.
Mises à part certaines allergies particulières, comme celles au latex, aux produits industriels et aux piqûres d'insecte, on divise généralement les allergies en deux groupes: les allergies respiratoires et les allergies alimentaires. Les principales causes d'allergie respiratoire sont les pollens, les acariens, les moisissures et les animaux domestiques à poil. Les principales causes d'allergie alimentaire sont les arachides, le blé, les poissons et fruits de mer, les graines de sésame, le lait, les noix, les oeufs, le soja et les sulfites.
Les réactions allergiques
La réaction allergique diffère selon les allergènes et les individus. Par exemple, deux individus allergiques aux chats pourront avoir deux réactions allergiques différentes: l'un aura une respiration difficile, l'autre éternuera. Autre exemple: la rhinite saisonnière ou, comme on disait autrefois, le rhume des foins. La rhinite durera quelques jours chez certains, tout l'été chez d'autres.
L'allergie peut apparaître dès le premier contact avec l'allergène, mais elle peut aussi se développer même si la personne a déjà été exposée à l'allergène sans problème pendant plusieurs années. Les allergies peuvent se résorber d'elles-mêmes ou durer toute une vie.
La réaction allergique varie aussi en intensité selon l'allergène et l'individu. La réaction allergique la plus violente est l'anaphylaxie, ou choc anaphylactique, qui provoque une chute de la tension artérielle, une tachycardie, des troubles respiratoires et des troubles digestifs. Elle peut rapidement entraîner la mort par arrêt circulatoire, par asphyxie ou oedème pulmonaire, en l'absence d'une intervention médicale urgente.
Choc anaphylactique
Le choc anaphylactique est le plus souvent provoqué par un contact avec certains aliments, dont les principaux sont l'arachide, les noix, les poissons et fruits de mer ainsi que les piqûres de guêpe et de frelon. Le choc anaphylactique ne se produit pas toujours au premier contact avec l'allergène. «Mais il y a toujours un signe précurseur, une première manifestation. Par exemple, une personne, après avoir mangé des fruits de mer, ressent un picotement dans la gorge ou un resserrement de la gorge. Très souvent, elle l'attribuera à autre chose que l'aliment qu'elle vient de manger et ne s'inquiétera pas outre mesure.»
Mais voilà justement ce qu'il ne faut pas faire. «Ce n'est pas parce l'anaphylaxie ne s'est pas produite lors des premiers contacts avec l'allergène qu'elle ne se produira pas. Au contraire, le choc anaphylactique peut survenir à n'importe quel moment.» D'où l'obligation d'être prudent et de consulter le médecin dès qu'on a un doute. Et il faut toujours demeurer à l'affût des signes précurseurs. «C'est particulièrement important avec les jeunes enfants qui ne parlent pas et qui ne peuvent pas communiquer leur malaise. Par exemple, un enfant à qui on donne un biscuit contenant de l'arachide et qui le repousse ou qui le laisse de côté nous dit peut-être qu'il a eu une sensation désagréable au contact avec l'aliment. C'est peut-être un signe qu'il est allergique.»
Heureusement, la plupart des allergies ne sont pas aussi violentes et aussi dangereuses. Mais elles demeurent désagréables et peuvent gâcher la qualité de vie de toute personne qui en est atteinte. Un simple coup d'oeil sur les principaux symptômes suffit pour s'en convaincre. Enflure des lèvres et de la gorge, difficulté à avaler, toux et étourdissement dans le cas des allergies alimentaires; congestion nasale, écoulement du nez, sinusite et rhinite dans le cas des allergies respiratoires. «Non seulement les personnes atteintes souffrent de ces symptômes, mais leur inconfort déteint aussi sur les membres de leur entourage.»
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Collaborateur du Devoir
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