jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h35


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'universalité du régime nuit-elle à son accessibilité?

Normand Thériault   3 mai 2008  Santé
Photo : Jacques Nadeau
Les travailleurs s'insurgent. Les promoteurs proposent. Privé ou public? Le ministre ne s'interdit aucune option. Y a-t-il quelque part d'autres Michael Moore pour faire l'éloge du système de santé qui prévaut au nord du 49e parallèle ?

C'était la semaine dernière. «Il faut maintenant plus que jamais défendre notre système de santé public, gratuit et universel, qui risque maintenant de glisser vers le secteur privé.» Et de un! Louis Arsenault, le nouveau président de la Fédération des travailleurs du Québec, n'y allait pas de main morte pour décrire sa position concernant l'évolution du réseau de la santé du Québec, lors de cette entrevue publiée dans le cahier «Syndicalisme» du Devoir. Et il n'était pas le seul à y aller d'une déclaration de cette nature.

«On s'en va vers un recul de 40 ans. À cette époque, combien de familles se sont retrouvées à la rue parce qu'elles étaient confrontées à la maladie d'un des leurs? Pour mettre fin au glissement vers le privé, il est grand temps de regrouper nos forces et de faire pression auprès du gouvernement.» Et de deux! Claudette Carbonneau, présidente, elle, de la Confédération des syndicats nationaux, témoignait aussi pour une urgence d'agir. En fait, les deux grandes centrales syndicales québécoises font même front commun dans ce dossier de la santé. Et en cet après-midi du samedi 3 mai, dès midi, le grand rassemblement ouvrier se déroulera sous une bannière qui aura pour slogan «Ensemble pour la santé».

Les infirmières, comme les travailleurs des diverses professions ou des corps de métiers ou de services, se joindront aussi à une foule qui voudra manifester sa résistance à des mesures qu'un rapport, le Castonguay, propose en mode majeur. Et, comme si cela ne suffisait pas, les thématiques des prochains congrès des deux grandes centrales — et pour la CSN ce sera pour bientôt, dès le 12 mai prochain — auront pour effet de centrer les débats sur le monde des soins et des réseaux qui les distribuent.

La santé est prioritaire pour le monde syndical: n'est-ce pas là un secteur qui, lorsqu'il est public, affiche un taux de syndicalisation qui atteint un joyeux niveau de 100 % en nombre de possibles cotisants? «Les syndicalistes veulent sauver leurs jobs», diront les cyniques. Ce à quoi une Carbonneau ou un Arsenault répondront en soutenant la nécessité de défendre un système qui offre une qualité égale de services à tous, indépendamment de leurs revenus, de leurs origines ou de leurs capacités de s'offrir des assurances, dont les taux chez nos voisins du Sud semblent s'avérer souvent astronomiques.

Mais on connaît aussi les difficultés qui entachent la pratique ou ralentissent les services. On parle de listes d'attente, d'opérations retardées ou remises, d'un manque de ressources infirmières ou médicales, de grandes zones qui se trouvent sans services réels, comme du débordement de salles ou d'une qualité inégale des prestations.

Certains seraient donc même d'accord si ici un ministre reprenait le slogan utilisé dès 1999 par un Tony Blair qui, à la suite, lançait la réforme de ce système anglais que les uns glorifient pour les résultats obtenus et que les autres vilipendent pour la même raison: «Nous avons 24 heures pour sauver le système de santé britannique!»

En fait, au Québec, la lutte est ouverte et les opposants ou les tenants d'une formule, les uns pour un système volontairement public et les autres pour un système mixte, déposent des informations dont la validité semble être toujours contrée par l'autre partie. Si un Claude Castonguay est séduit par le modèle britannique, une Linda Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, formule son bémol: «Je suis allée faire un stage d'observation dans les hôpitaux de Londres, pour me rendre compte que la cote des PPP [les partenariats public-privé] a beaucoup baissé. On s'aperçoit des problèmes que cela a engendré.»

Mais il y a un arrêt de la Cour suprême du Canada dont il faut, la loi y oblige, tenir compte. Dans l'affaire Chaoulli, le droit à des soins privés a été reconnu: ce qui entraîne en corollaire qu'on peut faire des affaires en santé. Aussi, le paysage dans les grands centres urbains offre maintenant, en bordure des rues ou sur les places d'affaires, des cliniques aux services les plus divers. Et un hôpital, comme le Sacré-Coeur, utilise les services de l'un de ces lieux, la clinique Rockland pour ne pas la nommer.

Le ministre Couillard a fait connaître sa position dans le dossier: si on avait un surplus de médecins, pourquoi pas? De là les leviers de boucliers d'une partie adverse qui craint un possible démantèlement d'un réseau qui, à l'exemple de tous les autres du monde occidental, connaît des ratés. Et les méfaits d'une privatisation totale sont connus: ayez le malheur d'être hospitalisé quelques jours à New York, ou dans une autre ville américaine, et vous vous direz que votre budget de voyage vient d'être mis à sec pour plusieurs années!

En pratique, toutefois, le système privé anglais ne fournit que 5 % des prestations totales, mais il permet de dénoncer les excès d'une médecine «à deux vitesses»: l'équilibre social est détruit quand l'argent permet à certains d'obtenir ce qui demeure inaccessible à d'autres.

Le débat en santé porte donc sur l'accessibilité et l'universalité. Pour un Bill Gates, on déroulera toujours un tapis royal quand, au même moment, pour un usager d'un CLSC, on indiquera où se trouve la zone des chaises moulées en plastique rose ou beige déteint où débutera une attente, parfois fort longue.

Privé ou public? Aussi longtemps que l'actuel gouvernement sera en place, et rien ne dit qu'un changement de régime renversera la vapeur, le débat perdurera en même temps que le privé implantera ses officines et autres lieux de services de soins et de santé. Il y aura bien sûr un Michael Moore pour faire l'éloge du système universel canadien, et donc québécois, mais qui a besoin de subir une opération ou de voir un spécialiste dénoncera toujours la période d'attente que le système impose.

Pendant ce temps, les contributions financières à l'assurance médicaments ne cesseront d'augmenter: il est plus facile de produire des pilules que des médecins. Dans les deux cas, gare toutefois aux effets secondaires!






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • nicole ouellet
    Inscrite
    samedi 3 mai 2008 11h08
    gare sux effets secondaires
    « système qui offre une qualité égale de services à tous, indépendamment de leurs revenus, de leurs origines ou de leurs capacités de s'offrir des assurances »

  • Michaël Lessard
    Inscrit
    samedi 3 mai 2008 11h56
    Le droit à des soins privés n'a pas été reconnu: sur nos droits humains
    « Vous avez écrit: « Dans l'affaire Chaoulli, le droit à des soins privés a été reconnu: ce qui entraîne en corollaire qu'on peut faire des affaires en santé.»

    Malheureusement, le jugement est tellement nuancé, que tout le monde peut l'interpréter à sa manière. C'est toutefois un jugement juridique, qui invoque des droits humains, pas le droit de privatiser en soi le système de santé. C'est un raccourci qui aide un côté, parce que le jugement de la Cour suprême ne veut aucunement dire que la santé privée est un droit.

    C'est une simple question de droit à la santé, en tant que droit humain. Chaque société (État) doit, dans la mesure de ses moyens, offrir les soins à toute personne pour assurer sa santé, point.

    Chaque démocratie ou gouvernance du monde est libre de choisir comment les soins de santé seront offerts.

    Sauf que, la Cour suprême affirme que les individus, s'il n'arrivent pas à assurer leur santé, en des temps normaux, ont le droit de faire ce qu'il faut pour se faire soigner. Si le système public ou national n'offre pas les soins en temps approprié, c'est là que l'État n'a plus le droit d'empêcher les individus d'aller voir ailleurs; et cet ailleurs peut être des soins privés au Québec si le public ne peut assurer le droit à la santé.

    Évidemment, dans ce cas, certains et certaines feront de leur mieux pour que la santé publique fonctionne mal...


    Tout comme la démocratie, un système démocratique de santé demande une participation citoyenne et une vigilance sévère. Dans le privé, c'est le désir d'une bonne carrière qui motive le système, dans le public, notre désir de justice et notre compassion exigent d'être responsable. En fin du compte, nous aurons ce que nous méritons: à nous de voir si on se respecte. »

  • voxclamentis voxclamentis
    Inscrit
    samedi 3 mai 2008 17h25
    La soumission des décideurs à la fatalité de la privatisation est un choix idéologique
    « j'inviterais le ministre à aller voir un peu ce qui se passe ailleurs avant de conclure trop hâtivement à la fatalité inévitable d'une privatisation prétendument nécessaire.L'exemple des pays scandinaves pourrait en l'occurrence être fort instructive.Les systèmes de santé nordiques tels qu'ils apparaissent au Danemark, en Suède et en Finlande sont caractérisés par des principes communs : une couverture et un accès aux soins universels, une offre de soins et un financement essentiellement publics.

    Ce dernier couvre 75 à 82 % des dépenses contre 74 % en moyenne dans l'Union européenne. Les dépenses de santé restent inférieures dans ces pays à la moyenne européenne, avec des taux de croissance relativement modérés.

    Fortement décentralisés pour l'organisation et la gestion des soins, hospitaliers comme ambulatoires, ces systèmes de santé sont essentiellement financés par des impôts régionaux ou locaux.

    Les capacités hospitalières n'y sont pas plus élevées qu'ailleurs, voire notablement plus faibles en Suède et en Finlande.

    Les réformes entreprises au cours des années 90 ont assoupli le rôle de planification de l'État en étendant la responsabilité financière directe des collectivités locales, et en recherchant une meilleure adaptabilité de l'offre de soins.

    De même, l'introduction de formules mixtes de rémunération des médecins (salaire, capitation et actes) et d'une plus grande liberté de choix des patients ont voulu rendre les systèmes plus attractifs et plus efficaces -

    Avec cette organisation très décentralisée, la densité du réseau médical et l'accès aux soins restent, en outre, des préoccupations majeures. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 5 mai 2008 21h59
    Une conspiration qui ne saura durer.
    « Avec l'appui des adéquistes en constante recherche de pointage, l'actuelle brochette des minoritaires libéraux que les commandités sondeurs commanditaires portent aux nues du pouvoir politique imaginé, a réussi a jeter les bases et à consolider systématiquement les fondements SANTÉ PRIVÉE QUÉBEC, en dépit de l'apparente mise au rancart du rapport de leur complice et ami libéral Castonguay, feignant ainsi de ne pas mettre fin aux gratuités résiduelles de la Mission de la Santé et des Services Sociaux du Québec, pourtant bel et bien passées au «bistouri» des pouvoirs du docteur Couillard et dont il a l'intention de nous refiler le verdict d'urgence, dans son habituel langage codé. Sous les apparences du faux tablettage dudit rapport et d'une apparente inaction ministérielle dont le l'inverse aurait pu soulever l'ire du populo barbaro; sous les apparences du maintien des gratuités universelles qui, ajoutées aux incompétences des gestionnaires du très malade système québécois de la Santé, l'ont mis sur les pompes du respirateur artificiel et sur les tas d'un endettement inqualifiable précédant sa faillite; sous les apparences d'une continuité de gratuité et d'une prolongation infinie d'insuffisances et d'incompétences, de ratées et d'échecs, le médecin Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont d'abord accordé aux spécialistes dont la disponibilité fait en sorte que les riches assurés sont reçus sans délai, traités avec empressement et remis sur les voies de la guérison souhaitée, dans les plus brefs délais, la scandaleuse augmentation de 32%, plus toutes les considérations,obligeances et discrets avantages non monétaires, mais qui permettent leur enrichissement personnel, ce faisant dans le but de satisfaire les appétits pécuniaires que les collègues spécialistes requéraient, suivant les diktats du musclé et fort en gueule Gaétan Barrette, leur puissant président négociateur. Après les garanties d'une telle assurance richesse, le docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont autorisé le dégel des prix des médicaments d'ordonnance, permettant aux pauvres pharmaciens de la cousinerie médicale d'avoir accès, eux aussi, aux mêmes garanties et retombées de l'assurance richesse qu'ont les moyens de se procurer, 20% des Québécois.

    En s'associant le lobby des vendeurs d'assurances privées que peuvent se payer les riches, le docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont permis aux bien nantis, via les garanties rassurantes des confortables couvertures privées, d'avoir accès prioritairement et surtout discrètement aux soins immédiats que requièrent leur état de fragilité et l'insupportable privation de leur pleine jouissance de la vie.

    Tu payes et tu as un statut particulier. Tu es quelqu'un ou l'épouse ou l'enfant de quelqu'un. Tu payes et tu es ce quelqu'un et cette quelqu'une traités en premier et bien avant tout quidam ou tout échantillon de la collectivité des bipèdes non assurables, non assurés. Tu payes et tu es traité par les disponibles et très dévoués spécialistes qui se sont désengagés du public et qui ne souffrent d'aucun épuisement professionnel, ceux-là, celles-là. Tu payes et les salles d'opération financées par le public sont mises subito presto à ta disposition. Tu payes et tu as accès aux meilleurs soins, aux attentionnés suivis ainsi qu'aux médicaments les plus efficaces que seuls les riches (r)assurés, bien évidemment, peuvent se payer, sans se priver de manger, de sortir, de prendre des vacances et de voyager à volonté, tout simplement parce qu'ils en ont les moyens, ces moyens qui font fléchir et s'agenouiller les politiciens qui ont trahi leur mission et dissipé leurs promesses électorales, qui ont oublié l'éthique de la pratique politique pour donner libre cours à leurs pratiques professionnelles et aux accointances personnelles et consensuelles que privilégient ces dernières.

    Tu fais partie du 20% des démunis, du 40% des appauvris de la classe moyenne et des retraités désindexés ou du 20% des «victimes de l'âge d'or» qui ont de moins en moins ou qui n'ont plus d'argent (c'est l'âge qui le détermine) et alors, tu attends et, surtout, tu commences à faire tes premiers deuils. Tu apprends à composer avec les courants d'air de l'outrance qui circulent dans tous les corridors des indifférences inhospitalières, avec la crainte d'en sortir avec une C Difficile ou tout simplement avec les mêmes souffrances et les mêmes bobos ajoutés aux humiliations des mises aux grabats et des remisés aux brancards. Tu n'es pas riche et tu n'as pas les moyens de te payer une assurance privée? Tu attends, tu lis les journaux et tu écoutes les nouvelles qui annoncent des pénuries de médecins et d'infirmières souffrant d'épuisement professionnel ou d'insuffisances salariales, qui annoncent des fermetures de salles d'urgence et de nouveaux temps d'attente, sans avouer que la mort figure en bout de liste, ce que les plus éprouvés doivent comprendre et accepter sans maudire. Tu n'es pas riche? Tu acceptes alors de souffrir, de te priver de médicaments pour manger ou de te priver de manger pour acheter les granules de ton soulagement temporaire qui permet aux grabataires et rejets, de graviter autour du système du Bien Être Social des Bien Nantis, jusque fin s'en suive.
    Tu n'es pas riche et tu fais partie d'une des trois catégories précitées, mais tu vas encore VOTER CONTRE le PQ et CONTRE l'ADQ, parce que les commanditaires médias commandités avancent, comme vérité ex cathedra, que les minoritaires libéraux docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, auraient formé un gouvernement majoritaire, si des élections avaient été tenues aujourd'hui. Et, les libéraux du PLQ ainsi que leur commanditaires sondeurs commandités s'imaginent encore que l'électorat a voté POUR le PLQ, en 2003 et en 2007.

    Décidément, il va falloir sortir de l'actuel coma collectif. Dormir au gaze, de la sorte, c'est aussi pire que de vivre dans des chambres à gaze à émission contrôlée. Et ça, les libéraux du «Q» comme du «C» le savent mieux que quiconque. Faire travailler des Commissions bidons, en avant-scène, pour que les citoyens aient l'impression que ça bouge, alors que nos pantins politiques, derrières les portes closes des officines de leurs pouvoirs illimités, tripotent et fricotent, volontiers et à loisir, avec les Rabaska, les Poussahs du palace appelé CHUM et les goujats incompétents de la réingénierie libérale qui vont disposer des milliards voués aux infrastructures qui durent ce que durent les roses, l'espace d'un matin; après avoir consacré d'autres milliards à l'enrichissement de celles qui ont profité de l'opportuniste règlement électoraliste et singulièrement féministe de l'équité salariale «partielle» dont ont profités les protégées de la gang publique de Monique Jérôme-Forget; après avoir graissé les spécialistes de la médecine lucrative, tous les spécialistes de la piastre et toutes les sangsues qui se collent aux belles jambes du pouvoir.

    Bref, en raison des émergences autoritaristes et des tendances dictatoriales du «ferme ta gueule» et celles de la mondialisation plurielle d'une démocratie singulière qui encourage le «parle-parle encore, jase-jase toujours», apparemment, RIEN NE CHANGERA !

    La classe moyenne québécoise va rejoindre la plèbe des démunis québécois et RIEN DE CHANGERA ? Les pauvres et les appauvris, rejoints par les impuissants aînés, continueront à apprivoiser la maladie et à sublimer la souffrance et RIEN NE CHANGERA ? Les aînés québécois, n'en pouvant plus, opteront pour l'exit fatal (rubrique du 4 mai 2008) et RIEN NE CHANGERA ? La majorité succombera aux effets secondaires de l'hypnose médiatique et aux effets immédiats de la catalepsie des commanditaires sondeurs commandités et RIEN NE CHANGERA ? Cette interprétation du biblique et apocalyptique intégrisme politique libéral ou de toute autre tendance religionnaire passera la rampe et RIEN NE CHANGERA ? Ça reste à voir et faites-m'en un dessin, puisque mon opinion sur la stature et la carrure du peuple québécois n'a pas encore changé ...

    Serait-ce l'apparente façon patriarcale du jovialiste BPF Jean Charest et de ses acolytes; serait-ce l'apparente façon matriarcale de l'euphorique BMF Monique Jérôme-Forget et de ses estafettes; serait-ce l'apparente façon qu'ont trouvé les magnats et les pachas, amis tissés serrés des actuels poussahs et popes du Temple national, pour célébrer ce macabre «libera» des gouvernés, à l'occasion des 400 ans de l'histoire d'un peuple qui s'est toujours contenté de petits pains et qui devra composer avec la distribution prochaine des croûtons et des quelques miettes de la condescendance libérale? C'est ce que les tenanciers de l'actualité, fabriquée de toutes pièces, laissent entendre et aimeraient visser à l'imaginaire des accros et toxicos dépendants des spiritueux médiatiques. Mais, reste à voir ce dont la réalité québécoise pourra être faite, le cas échéant et à son heure venue. Il est à espérer que la majorité silencieuse actuellement bafouée, comme jamais dans son histoire, se limitera à mettre le poing sur la table.

    Il faudrait lire entre les lignes et comprendre qu'un apparent pessimisme est momentanément et très certainement le masque protecteur d'un intarissable optimisme beauceron. J'ai cet optimiste et imperturbable espoir que la MAJORITÉ SILENCIEUSE se mettra NON PAS À PARLER, mais À DÉCIDER ET À AGIR de façon telle que RIEN NE LA STOPPERA PLUS JAMAIS et gare à celui ou celle qui osera l'affronter ou qui s'imaginera pouvoir la contourner.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 6 mai 2008 16h03
    Une conspiration qui ne saura durer.
    « Avec l'appui des adéquistes en constante recherche de pointage, l'actuelle brochette des minoritaires libéraux que les commandités sondeurs commanditaires portent aux nues du pouvoir politique imaginé, a réussi a jeter les bases et à consolider systématiquement les fondements SANTÉ PRIVÉE QUÉBEC, en dépit de l'apparente mise au rancart du rapport de leur complice et ami libéral Castonguay, feignant ainsi de ne pas mettre fin aux gratuités résiduelles de la Mission de la Santé et des Services Sociaux du Québec, pourtant bel et bien passées au «bistouri» des pouvoirs du docteur Couillard et dont il a l'intention de nous refiler le verdict d'urgence, dans son habituel langage codé. Sous les apparences du faux tablettage dudit rapport et d'une apparente inaction ministérielle dont le l'inverse aurait pu soulever l'ire du populo barbaro; sous les apparences du maintien des gratuités universelles qui, ajoutées aux incompétences des gestionnaires du très malade système québécois de la Santé, l'ont mis sur les pompes du respirateur artificiel et sur les tas d'un endettement inqualifiable précédant sa faillite; sous les apparences d'une continuité de gratuité et d'une prolongation infinie d'insuffisances et d'incompétences, de ratées et d'échecs, le médecin Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont d'abord accordé aux spécialistes dont la disponibilité fait en sorte que les riches assurés sont reçus sans délai, traités avec empressement et remis sur les voies de la guérison souhaitée, dans les plus brefs délais, la scandaleuse augmentation de 32%, plus toutes les considérations,obligeances et discrets avantages non monétaires, mais qui permettent leur enrichissement personnel, ce faisant dans le but de satisfaire les appétits pécuniaires que les collègues spécialistes requéraient, suivant les diktats du musclé et fort en gueule Gaétan Barrette, leur puissant président négociateur. Après les garanties d'une telle assurance richesse, le docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont autorisé le dégel des prix des médicaments d'ordonnance, permettant aux pauvres pharmaciens de la cousinerie médicale d'avoir accès, eux aussi, aux mêmes garanties et retombées de l'assurance richesse qu'ont les moyens de se procurer, 20% des Québécois.

    En s'associant le lobby des vendeurs d'assurances privées que peuvent se payer les riches, le docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, ont permis aux bien nantis, via les garanties rassurantes des confortables couvertures privées, d'avoir accès prioritairement et surtout discrètement aux soins immédiats que requièrent leur état de fragilité et l'insupportable privation de leur pleine jouissance de la vie.

    Tu payes et tu as un statut particulier. Tu es quelqu'un ou l'épouse ou l'enfant de quelqu'un. Tu payes et tu es ce quelqu'un et cette quelqu'une traités en premier et bien avant tout quidam ou tout échantillon de la collectivité des bipèdes non assurables, non assurés. Tu payes et tu es traité par les disponibles et très dévoués spécialistes qui se sont désengagés du public et qui ne souffrent d'aucun épuisement professionnel, ceux-là, celles-là. Tu payes et les salles d'opération financées par le public sont mises subito presto à ta disposition. Tu payes et tu as accès aux meilleurs soins, aux attentionnés suivis ainsi qu'aux médicaments les plus efficaces que seuls les riches (r)assurés, bien évidemment, peuvent se payer, sans se priver de manger, de sortir, de prendre des vacances et de voyager à volonté, tout simplement parce qu'ils en ont les moyens, ces moyens qui font fléchir et s'agenouiller les politiciens qui ont trahi leur mission et dissipé leurs promesses électorales, qui ont oublié l'éthique de la pratique politique pour donner libre cours à leurs pratiques professionnelles et aux accointances personnelles et consensuelles que privilégient ces dernières.

    Tu fais partie du 20% des démunis, du 40% des appauvris de la classe moyenne et des retraités désindexés ou du 20% des «victimes de l'âge d'or» qui ont de moins en moins ou qui n'ont plus d'argent (c'est l'âge qui le détermine) et alors, tu attends et, surtout, tu commences à faire tes premiers deuils. Tu apprends à composer avec les courants d'air de l'outrance qui circulent dans tous les corridors des indifférences inhospitalières, avec la crainte d'en sortir avec une C Difficile ou tout simplement avec les mêmes souffrances et les mêmes bobos ajoutés aux humiliations des mises aux grabats et des remisés aux brancards. Tu n'es pas riche et tu n'as pas les moyens de te payer une assurance privée? Tu attends, tu lis les journaux et tu écoutes les nouvelles qui annoncent des pénuries de médecins et d'infirmières souffrant d'épuisement professionnel ou d'insuffisances salariales, qui annoncent des fermetures de salles d'urgence et de nouveaux temps d'attente, sans avouer que la mort figure en bout de liste, ce que les plus éprouvés doivent comprendre et accepter sans maudire. Tu n'es pas riche? Tu acceptes alors de souffrir, de te priver de médicaments pour manger ou de te priver de manger pour acheter les granules de ton soulagement temporaire qui permet aux grabataires et rejets, de graviter autour du système du Bien Être Social des Bien Nantis, jusque fin s'en suive.
    Tu n'es pas riche et tu fais partie d'une des trois catégories précitées, mais tu vas encore VOTER CONTRE le PQ et CONTRE l'ADQ, parce que les commanditaires médias commandités avancent, comme vérité ex cathedra, que les minoritaires libéraux docteur Couillard et son avocat Jean Charest, doublement rémunéré, auraient formé un gouvernement majoritaire, si des élections avaient été tenues aujourd'hui. Et, les libéraux du PLQ ainsi que leur commanditaires sondeurs commandités s'imaginent encore que l'électorat a voté POUR le PLQ, en 2003 et en 2007.

    Décidément, il va falloir sortir de l'actuel coma collectif. Dormir au gaze, de la sorte, c'est aussi pire que de vivre dans des chambres à gaze à émission contrôlée. Et ça, les libéraux du «Q» comme du «C» le savent mieux que quiconque. Faire travailler des Commissions bidons, en avant-scène, pour que les citoyens aient l'impression que ça bouge, alors que nos pantins politiques, derrières les portes closes des officines de leurs pouvoirs illimités, tripotent et fricotent, volontiers et à loisir, avec les Rabaska, les Poussahs du palace appelé CHUM et les goujats incompétents de la réingénierie libérale qui vont disposer des milliards voués aux infrastructures qui durent ce que durent les roses, l'espace d'un matin; après avoir consacré d'autres milliards à l'enrichissement de celles qui ont profité de l'opportuniste règlement électoraliste et singulièrement féministe de l'équité salariale «partielle» dont ont profités les protégées de la gang publique de Monique Jérôme-Forget; après avoir graissé les spécialistes de la médecine lucrative, tous les spécialistes de la piastre et toutes les sangsues qui se collent aux belles jambes du pouvoir.

    Bref, en raison des émergences autoritaristes et des tendances dictatoriales du «ferme ta gueule» et celles de la mondialisation plurielle d'une démocratie singulière qui encourage le «parle-parle encore, jase-jase toujours», apparemment, RIEN NE CHANGERA !

    La classe moyenne québécoise va rejoindre la plèbe des démunis québécois et RIEN DE CHANGERA ? Les pauvres et les appauvris, rejoints par les impuissants aînés, continueront à apprivoiser la maladie et à sublimer la souffrance et RIEN NE CHANGERA ? Les aînés québécois, n'en pouvant plus, opteront pour l'exit fatal (rubrique du 4 mai 2008) et RIEN NE CHANGERA ? La majorité succombera aux effets secondaires de l'hypnose médiatique et aux effets immédiats de la catalepsie des commanditaires sondeurs commandités et RIEN NE CHANGERA ? Cette interprétation du biblique et apocalyptique intégrisme politique libéral ou de toute autre tendance religionnaire passera la rampe et RIEN NE CHANGERA ? Ça reste à voir et faites-m'en un dessin, puisque mon opinion sur la stature et la carrure du peuple québécois n'a pas encore changé ...

    Serait-ce l'apparente façon patriarcale du jovialiste BPF Jean Charest et de ses acolytes; serait-ce l'apparente façon matriarcale de l'euphorique BMF Monique Jérôme-Forget et de ses estafettes; serait-ce l'apparente façon qu'ont trouvé les magnats et les pachas, amis tissés serrés des actuels poussahs et popes du Temple national, pour célébrer ce macabre «libera» des gouvernés, à l'occasion des 400 ans de l'histoire d'un peuple qui s'est toujours contenté de petits pains et qui devra composer avec la distribution prochaine des croûtons et des quelques miettes de la condescendance libérale? C'est ce que les tenanciers de l'actualité, fabriquée de toutes pièces, laissent entendre et aimeraient visser à l'imaginaire des accros et toxicos dépendants des spiritueux médiatiques. Mais, reste à voir ce dont la réalité québécoise pourra être faite, le cas échéant et à son heure venue. Il est à espérer que la majorité silencieuse actuellement bafouée, comme jamais dans son histoire, se limitera à mettre le poing sur la table.

    Il faudrait lire entre les lignes et comprendre qu'un apparent pessimisme est momentanément et très certainement le masque protecteur d'un intarissable optimisme beauceron. J'ai cet optimiste et imperturbable espoir que la MAJORITÉ SILENCIEUSE se mettra NON PAS À PARLER, mais À DÉCIDER ET À AGIR de façon telle que RIEN NE LA STOPPERA PLUS JAMAIS et gare à celui ou celle qui osera l'affronter ou qui s'imaginera pouvoir la contourner.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009