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La lutte contre le cancer encore bien imparfaite

Louise-Maude Rioux Soucy   10 avril 2008  Santé
Toutes les 13 minutes au Québec, une personne apprend qu’elle a un cancer. Plus inquiétant encore, un Québécois en meurt toutes les 30 minutes.
Photo : Agence Reuters
Toutes les 13 minutes au Québec, une personne apprend qu’elle a un cancer. Plus inquiétant encore, un Québécois en meurt toutes les 30 minutes.
Le tueur n° 1 au Québec continue sa progression. Certes, les taux de survie ont bien grimpé un peu, mais la lutte contre le cancer, elle, affiche encore plusieurs faiblesses, ainsi que le montrent les dernières statistiques publiées hier par la Société canadienne du cancer (SCC), division du Québec. Au banc des accusés: des approches souvent désincarnées, une vision encore trop étroite du phénomène et des délais qui vont parfois jusqu'à la déraison. Autant d'éléments désormais chassés des unités pour enfants, qui connaissent quant à elles des avancées spectaculaires.

La Dre Anne-Sophie Carret, hémato-oncologue à l'Hôpital de Montréal pour enfants, est formelle. Les petits survivants du cancer sont plus nombreux que jamais. En 18 ans, leur taux de survie, cinq ans après le diagnostic, aura bondi de 11 % pour atteindre les 82 %, et ce, même si les cancers pédiatriques sont souvent les plus agressifs.

À titre comparatif, à peine un enfant sur cinq survivait à un choc aussi terrible il y a 50 ans. «Nos succès, nous les devons non seulement à nos délais d'attente, qui sont en moyenne de 17 jours, mais aussi à la mise au point de nouveaux traitements ciblés, à la centralisation des soins et des services, à une approche multidisciplinaire novatrice et à nos liens étroits avec les meilleurs établissements canadiens et américains», a résumé la Dre Carret.

Au total, environ 235 enfants reçoivent un diagnostic de cancer au Québec par année, un chiffre demeuré stable au cours des deux dernières décennies. Cette constance n'est toutefois pas au rendez-vous chez les adultes, qui voient plutôt leurs rangs grossir tous les ans. Ainsi, la SCC estime que 42 100 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Québec en 2008, soit 1100 de plus que l'année précédente. Pendant cette même période, le cancer causera la mort de 19 700 personnes, soit 200 de plus qu'en 2007.

Derrière toutes ces statistiques-chocs se cachent des milliers de vies mises entre parenthèses. À titre indicatif, toutes les 13 minutes au Québec, une nouvelle personne apprend qu'elle a un cancer. Plus inquiétant encore, un Québécois en meurt toutes les 30 minutes. Cette maladie, qui se décline sous plus de 200 formes, frappe au hasard et sans nécessairement crier gare. Au rythme où vont les choses, une personne sur deux aura à combattre un cancer au moins une fois dans sa vie d'ici quelques années.

À moins, bien sûr, que les choses ne changent de manière draconienne, ce dont la SCC doute fort. À l'heure actuelle, le taux de survie moyen d'un adulte ne dépasse pas les 62 % au Canada. Même s'il s'agit là d'une mince progression depuis l'année dernière, «il y a certainement encore un équilibre à trouver, spécialement au Québec», a convenu hier le Dr Gilles Pineau, vice-président de la division québécoise de la SCC. Pour cela, il faudrait que les miracles réalisés dans les unités pour enfants réussissent à inspirer un grand chambardement dans nos hôpitaux pour adultes.

C'est aussi le voeu du Dr Pierre Audet-Lapointe, porte-parole de la coalition Priorité cancer au Québec, qui juge notre lutte «inefficace» tant elle est «mal coordonnée». «L'analogie avec ce qui se fait chez les enfants est bonne. Si on avait pris le même virage dans nos hôpitaux pour adultes, nous aurions eu un bien meilleur bulletin cette année.» À son avis, tant et aussi longtemps que le Québec ne donnera pas une véritable impulsion à son programme de lutte contre le cancer, les progrès resteront marginaux.

Sa coalition réclame depuis de nombreuses années déjà la création d'une agence dédiée uniquement au cancer. Celle-ci aurait pour tâche de coordonner toutes les énergies déployées, de la prévention aux soins palliatifs en passant par le dépistage, le traitement et la rémission. «Le cancer mobilise des centaine de combats à la fois et on ne peut plus se permettre de lutter chacun dans son coin. Il faut être présent sur tous les fronts», a rappelé le Dr Pineau.

Dépistage et prévention

En priorité, Québec doit intensifier ses efforts contre le tabagisme, juge la SCC. La province compte en effet 31 % de tous les cas de cancer du poumon au pays alors qu'elle ne représente que 24 % de la population canadienne. «C'est vraiment ce qui noircit notre bulletin encore cette année», a commenté le Dr Pineau, qui se défend bien de faire de ce combat «une simple lubie». «C'est un problème de société réel, et on pourrait enrayer le tiers des cancers s'il était réglé.»

Après le cancer du poumon, qui reste la principale cause de mortalité par cette maladie, vient le cancer colorectal, une maladie qui se guérit pourtant très bien lorsqu'elle est diagnostiquée tôt. Or le ministère de la Santé tarde à se doter d'un programme de dépistage organisé comme l'ont fait plusieurs provinces. Mais cela ne saurait tarder, a fait savoir hier le cabinet du ministre Couillard, qui devrait en faire l'annonce plus tard ce printemps.

Ces deux formes de cancer sont suivies de près par les cancers du sein et de la prostate. À eux quatre, ces grands tueurs sont à l'origine de plus de la moitié des décès par cancer, ce qui fait dire à la SCC que le ministère de la Santé doit mieux tirer parti de son programme de dépistage du cancer du sein, qui ne profite qu'à 52 % des femmes ciblées. «Il faudrait au moins hausser ce ratio à 80 %.»

Même chez les enfants, pourtant à l'avant-garde, il reste encore bien du chemin à faire, a fait valoir la Dre Anne-Sophie Carret. Le plus grand nombre de petits survivants pose en effet de nouveaux défis aux soignants. Ceux-ci sont de plus en plus confrontés à des séquelles complexes qui surgissent parfois des années après la guérison. Pas moins des deux tiers des enfants qui ont survécu à un cancer vont en garder au moins un stigmate permanent. Parmi ceux-là, le tiers aura à vivre avec une complication jugée grave.

Or les scientifiques connaissent mal le phénomène, qui revêt plusieurs visages: troubles métaboliques, troubles hormonaux, difficultés d'apprentissage, dysfonctionnement de certains organes et risque accru de contracter un nouveau cancer. «Nous ne visons pas qu'une guérison médicale mais bien sociale et familiale, et ce, à long terme. Pour cela, il va falloir intensifier la recherche et assurer un suivi encore plus étroit», a insisté hier la Dre Carret.






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  • marcel vinet
    Inscrit
    jeudi 10 avril 2008 08h26
    la viande
    « c est peut etre ca qu ils ont voulu dire en parlant de l age de la bete,on en arriverait a une époque ou les gens mangeraient des betes chaque jour....peut etre que la viande est la principale cause du cancer et qu on ose pas se l avouer car on bouleverserait l économie mondiale....je crois que la prochaine tres grande révolution se faira en alimentation ...l économie c est vraiment secondaire,quoi que l on fasse les gens s ajustent et ca va tjrs continuer... »

  • Denis Letendre
    Inscrit
    jeudi 10 avril 2008 09h06
    Taxe sur la malbouffe
    « A quand la taxe sur la malbouffe, l'une des causes du cancer ? On pourrait avec cet argent aider ceux qui produisent de la "vraie" nourriture et les aider à compétitionner le junk food avec ses prix souvent plus bas en apparence... »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 10 avril 2008 12h05
    Des mesures réalistes d'abord
    « Au lieu de charger à fond de train le moulin à vent des accords de Kyoto, l'attitude réaliste consisterait à assainir d'abord notre environnement immédiat, terre, air, eau, nourriture, et, dans un second temps, à policer l'écosystème global, s'il le faut, en socialisant l'Économie planétaire, rien de moins, ce qui veut dire : stopper net le chantage à l'argent des richards à l'encontre des États. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 10 avril 2008 12h52
    Le cancer et toutes les autres maladies ne sont....
    « Si on comparaient les statistiques d'apparition de cas de CANCER avec tous les RELÂCHEMENTS qui ont sévis dans les COMPORTEMENTS SOCIAUX, les RELATIONS SOCIALES, l'HYPOCRISIE qui prévaut souvent entre les partenaires soient-disants amoureux d'une couple hétérosexuel et le comportement "involutif/dégénératif" qui rassemble deux partenaires de même sexe, en fonction des GRANDES LOIS de la VIE que NOUS devons OBSERVER pour GRANDIR en GRÂCES et en SAGESSE alors, NOUS verrions que ces MALADIES sont les "RÉPONSES CÉLESTES" pour ne pas avoir voulus(es) se COMPORTER selon le CODE de VIE qui NOUS est transmis par les INSTITUTIONS RELIGIEUSES.

    Ainsi, on pourraient bien chercher de "midi à quatorze heures" des remèdes et / ou thérapies médicales et / ou toutes sortes de moyens mécaniques pour contrer ces "CONSÉQUENCES CÉLESTES" à des FAUTES COMPORTEMENTALES des esprits / âmes qui sont INCARNÉS(ES) dans ces véhicules charnels(les) DÉFICIANTS(ES), JAMAIS personne ne trouvera de solution MÉCANIQUE ou si oui, ÇA n'est jamais pour longtemps. SEULS des CHANGEMENTS de COMPORTEMENTS SOCIAUX pourraient apporter de VÉRITABLES GUÉRISONS. Souvenez-VOUS de "l'ADAGE" qui dit: "on est punis par où on a péché" et ainsi, on comprendra pourquoi ces MALADIES DÉGÉNÉRATIVES apparaissent, à un moment donné, plutôt qu'à un autre ou pas du tout... Pour ce qui est des enfants qui sont affligés par de telles DÉGÉNÉRESCENCES en NAISSANT ou au cours des premières années de leur APPRENTISSAGE de l'UTILISATION de leur "LIBRE-ARBITRE", c'est que lors de PASSAGES INCARNÉS(ES) antérieures, ils / elles avaient agi pour se mériter de telle ÉPREUVES d'EXPIATION.

    Mais, pour COMPRENDRE cette VÉRITÉ des INCARNATIONS SUCCESSIVES de l'esprit / âme, il faut avoir franchie avec HUMILITÉ une série d'ÉTAPES vers l'ILLUMINATION que PEU de gens sont prêts(es) à surmonter... Par contre, certains(es) ÉLUS(ES) qui ont eue la CHANCE d'avoir à transcender de telles ÉPREUVES, peuvent essayer de transmettre leurs CONNAISSANCES mais, encore LÀ, TOUT dépend de la disposition des DISCIPLES de cette VOIE ÉVOLUTIVE.

    De plus, pour éviter le plus possible d'être soumis(e) à de telles ÉPREUVES HUMILIANTES, VIVRE dans une AMBIANCE d'AMOUR FRATERNEL de ses PROCHES & moins proches est la FAÇON ne pas y être confrontés(es)... Mais, possiblement que parmi ceux & celles qui liront ces RÉVÉLATIONS, plusieurs(es) ne verront pas le LIEN avec la "soit-disante" LUTTE CONTRE le CANCER alors, il ne serait pas bienvenue actuellement d'aller plus avant dans ces INFORMATIONS pourtant très utiles pour ne pas être affectés(es) par de telles MALADIES ou ÉPREUVES d'HUMILIATIONS donc... c'est asez pour l'INSTANT !

    Merci de votre INTÉRÊT & AINSI va la VIE...!

    MAURICE MONETTE
    BIOLOGISTE #939 »

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