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Soins dentaires: un conflit sur le dos des enfants et des démunis

25 mars 2008  Santé
Actuellement, au Québec, près de 800 000 enfants de moins de 10 ans et 400 000 personnes assistées sociales peuvent compter sur un programme public de soins dentaires dans le cadre du Régime d'assurance-maladie du Québec. Ce régime est la concrétisation d'un contrat social entre la Corporation des chirurgiens dentistes et la société québécoise afin d'assurer les services essentiels requis pour la santé dentaire tant des enfants que des personnes assistées sociales.

Or, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec s'inquiète grandement du fait que, le 27 mars prochain, l'Association des chirurgiens dentistes du Québec mettra à exécution sa menace de ne plus fournir de services dentaires à ces personnes si elle n'arrive pas à s'entendre avec le gouvernement.

Nous tenons à rappeler que le Québec s'est doté d'un cadre garantissant la protection des services essentiels lors de conflits de travail entre les employés du secteur public en santé et le gouvernement. Nous pouvons comprendre que les chirurgiens dentistes deviennent impatients suite à des négociations qui durent depuis cinq ans. Mais pour nous, il est inacceptable que les enfants et les personnes assistées sociales servent de monnaie de chantage dans ces négociations.

Deux parties pour négocier

Dans l'état actuel de leurs revenus, les personnes assistées sociales sont dans l'impossibilité totale de couvrir des soins dentaires pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Et elles ne sont pas les seules dans cette situation. Toutes les personnes qui travaillent au salaire minimum ou qui reçoivent des revenus à peine plus élevés ne peuvent faire face à ces nouvelles dépenses pour leurs enfants à bas âge.

Au Front commun des personnes assistées sociales, nous croyons que, dans une négociation, il y a deux parties. Nous demandons aux deux parties de prendre les moyens pour que les droits des enfants et ceux des personnes assistées sociales soient respectés. La façon choisie pour négocier crée une insécurité énorme chez les personnes et familles concernées. Si le 28 mars prochain, la négociation a échoué, quel message leur adresserez-vous? En tant que professionnels de la santé et que ministre de la Santé, êtes-vous conscients de votre responsabilité d'assurer les services qui garantissent la santé publique?

Gouvernement responsable

Nous demandons aux chirurgiens dentistes de résister à la tentation de faire porter par les enfants et les personnes assistées sociales les conséquences de leur négociation. Cela nous semble une question d'éthique. Nous reconnaissons qu'ils gagnent loyalement et dignement leur vie. Mais nous leur rappelons qu'en tant que professionnels de la santé, ils ont des revenus bien au-delà de ceux des personnes assistées sociales.

Quant au gouvernement, nous lui rappelons sa responsabilité de faire respecter les droits de l'ensemble de la population et de répartir équitablement la richesse. Nous avons là un exemple des conséquences d'un gouvernement qui a choisi de diminuer les impôts et qui, par conséquent, réduit sa capacité de fournir des services de santé auxquels la population a droit.

Question de droits

S'il fallait que la conclusion de cette négociation se concrétise par le désengagement du régime public de l'Association des chirurgiens dentistes du Québec, le gouvernement aura failli à sa responsabilité d'offrir les mêmes droits à l'ensemble de la population. Et, plutôt que de contribuer à une meilleure répartition des richesses, il aura rajouté un fardeau supplémentaire aux personnes qui vivent déjà dans des conditions précaires.

Au nom de tous les enfants de moins de 10 ans qui n'ont pas voix au chapitre politiquement; au nom de toutes les personnes assistées sociales du Québec qui ont le droit aux mêmes services que l'ensemble de la population, nous demandons aux deux parties d'assumer leurs responsabilités et d'en arriver à une entente qui satisfasse les deux parties et qui répond à leur devoir d'assurer les services de santé dentaire, qui, rappelons-le, découle d'un contrat social qui transcende des intérêts particuliers.






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