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Qui a (encore) peur de la grippe aviaire ?

Photo : Jacques Nadeau
Il y a trois ans, le vocable H5N1 faisait trembler le monde entier. Aujourd'hui, la population sourit à l'évocation de cette souche de la grippe aviaire condamnée, pour l'heure, à faire du surplace. Pourtant, les autorités de la Santé publique s'entendent pour dire qu'une pandémie est imminente. Une onde de choc qui appelle à une préparation sans précédent, plaident Ottawa et Québec. Catastrophisme ou simple bon sens?

Les parents du centre de la petite enfance Origami, à Montréal, ne sont pas du genre à s'énerver pour un rien. N'empêche que le mois dernier, plusieurs ont relu par deux fois le journal interne qui leur est destiné. La cause de leur émoi? Les expressions «pandémie de grippe» et «maintien de services» qui, juxtaposés, n'avaient rien pour les rassurer. Suivait une longue liste de mesures alliant tout à la fois l'achat de masques protecteurs, l'arrivée de cargaisons de mouchoirs et de gels désinfectants ainsi qu'une pléthore de nouveaux interdits en perspective. L'artillerie lourde, quoi.

Ainsi donc, la menace est toujours d'actualité? Parfaitement, répond tout de go le directeur de la Santé publique du Québec, pour qui chaque minute compte. «Nul ne peut prédire le moment exact ou la force de la pandémie, mais je vous assure qu'elle va venir, et probablement plus tôt que tard. Et on ne peut pas ne pas être prêts à ce moment», fait valoir le Dr Horacio Arruda. En effet, la pandémie de grippe n'a jamais quitté l'écran radar de l'Organisation mondiale de la santé (OSM) ni ceux des ministères de la Santé de la planète.

La raison en est simple: l'histoire nous enseigne que les pandémies de grippe répondent à un cycle qui veut qu'à tous les 25 ou 35 ans, un nouveau virus réussit à prendre les humains au dépourvu. Or la dernière remonte à 1976, rappellent les experts. «La pandémie pourrait poindre cette année, mais elle pourrait tout aussi bien se produire dans cinq, dix, voire quinze ans», précise Pierre Talbot, virologue à l'INRS-Institut Armand-Frappier, qui fait l'analogie avec les tremblements de terre qui doivent frapper la Californie. «On sait qu'ils surviendront, mais on ne sait pas quand.»

Jouant de prudence, le ministère de la Santé du Québec a demandé à son réseau de créer des plans d'urgence sur mesure pour chacun de ses établissements. Toute la société québécoise a été priée de faire de même. Ainsi, le ministère de la Famille a demandé aux garderies de rédiger leur plan local. Le ministère de l'Éducation a fait de même pour tous les établissements scolaires, qui devront rendre les leurs d'ici la fin de l'année scolaire. Le ministère de l'Industrie s'est chargé des entreprises, et ainsi de suite. Le tout a été chapeauté par le ministère de la Santé, qui donne le la de cette mobilisation sans précédent dans l'histoire.

Toutefois, le déploiement d'autant d'énergie en laisse plusieurs songeurs, sinon carrément sceptiques. À tort, croit le Dr Arruda. «Il est difficile pour nous d'accepter l'idée qu'une pandémie de grippe vienne de pair avec la mort d'individus dans une société aussi avancée que la nôtre sur le plan des soins de santé, de l'alimentation et de la salubrité. [...] Mais il faut se rappeler qu'il s'agit d'une crise au cours de laquelle personne ne sera à l'abri.»

En effet, si la grippe saisonnière qui bat actuellement son plein au Québec touche chaque année entre 5 et 10 % de la population, un virus pandémique est beaucoup plus gourmand. Entre 30 et 50 % de la population pourrait y goûter, prédisent les experts. Ottawa anticipe pour sa part un scénario modéré selon lequel 35 % de la population serait affectée. Au Québec seulement, on prévoit qu'environ 2,6 millions de personnes tomberont malades. Parmi celles-là, 1,4 million devront consulter un médecin sur une période aussi courte que huit semaines. De ce nombre, 34 000 personnes devront être hospitalisées et 8500 ne pourront pas être sauvées.

Cette affluence va mobiliser d'énormes ressources additionnelles. Le ministère a donc entrepris une opération de charme auprès des jeunes retraités de la santé. Paul, jadis technicien en laboratoire, a accepté de s'inscrire à la liste des conscrits. «Si je peux aider, je vais le faire. Ma femme n'était pas très chaude à l'idée, mais nous avons convenu qu'en temps de crise, chacun devait contribuer.» Des bénévoles ont aussi été recrutés pour alimenter les points de service qu'on devra ouvrir pour traiter tous les patients infectés.

Des masques, des antiviraux et du bon sens

Cela étant, le réseau de la santé ne pourra pas supporter toute cette pression à lui seul. «Les gens s'en remettent beaucoup à l'État. Mais ils doivent comprendre qu'en temps de pandémie, seuls les plus vulnérables pourront être pris en charge», fait remarquer le Dr Arruda. D'où la publication, ces jours-ci, de plans d'urgence aux tons divers, des plus alarmistes aux plus conservateurs.

Au CPE Origami, le directeur Simon Piotte a fait le pari de la transparence. Mais il a aussi pris soin de souligner à gros traits le fait qu'il «n'y a présentement aucune pandémie dans le monde». Beaucoup d'institutions ont plutôt opté pour une approche en deux temps. Au Mouvement Desjardins, par exemple, le plan de crise est fin prêt, mais il n'a pas été publié. «On ne veut pas crier au loup, on préfère le publier en temps opportun», a expliqué la porte-parole Nathalie Genest.

Plusieurs scénarios sont développés dans ce document qui vise à permettre au Mouvement Desjardins de poursuivre ses activités le plus normalement possible tout en assurant la protection de ses employés. Aux grands maux les grands moyens: Desjardins a tout prévu, même l'abandon de certaines activités. «Une pandémie est une crise hors norme qui exige beaucoup de souplesse. Il faudra peut-être fermer certains secteurs. Nous pourrons alors nous rabattre sur le télétravail ou regrouper nos points de service», a affirmé Mme Genest.

On a aussi prévu des mesures de sécurité pour limiter la circulation dans les installations de Desjardins. Des masques et des antiviraux attendent également les travailleurs. Quant aux mouchoirs et aux gels désinfectants, ils ont déjà fait leur apparition dans les aires communes. «Il s'agit de mesures simples et efficaces qui doivent entrer dès maintenant dans les habitudes des gens», a fait valoir Mme Genest. Tout ce qu'on bâtit sur le plan de la prise de conscience en matière d'hygiène est en effet capital, et pas seulement en temps de crise, a confirmé le Dr Arruda.

Le jour où la pandémie éclatera, les gens auront le réflexe naturel de s'emmurer, et la surenchère risque de s'instaurer très rapidement, prédit-il. Mais ceux-là ne seront pas à l'abri pour autant. «Ils auront beau arriver avec un scaphandre, leurs efforts resteront vains s'ils n'arrivent pas à l'utiliser de manière adéquate. Le principe est le même pour tout ce qui a trait à la prévention de base, qu'il faut prendre le temps d'enseigner.»

Au CPE Origami, il aura suffi d'un petit test pour remettre les pendules à l'heure. Là-bas, le lavage des mains est déjà une habitude bien ancrée mais pas nécessairement maîtrisée. Les éducateurs et les enfants ont donc appliqué sur leurs mains un gel spécial simulant la présence de vilains virus. Ils se sont ensuite lavé les mains, puis les ont exposées devant une lampe à rayons ultraviolets qui a mis en évidence toutes les zones mal lavées: entre les doigts, sous les ongles, sur les poignets... Autant de refuges qui font le bonheur des microbes.

Un citoyen averti en vaut deux

Le Québécois moyen ne fait pas mieux: il rechigne encore à se laver les mains, il ne sait pas tousser de façon sécuritaire, bref, il ne maîtrise pas l'«étiquette respiratoire la plus élémentaire», estime la Direction de la santé publique. Une campagne de sensibilisation sera donc lancée sous peu pour combler cette sérieuse lacune. Des affichettes expliquant la distance sécuritaire à maintenir entre les personnes ou l'importance de tousser dans sa manche plutôt que dans ses mains sont aussi distribuées à toutes les personnes intéressées.

Le Dr Arruda croit fermement que de telles mesures, en apparence fort simples, voire simplistes, peuvent faire toute la différence. «À la maison, je n'ai pas de masques ni d'antiviraux. Mais j'enseigne à mes enfants à bien se laver les mains et à adopter une bonne étiquette respiratoire.» Ces bonnes habitudes ne serviront pas qu'en temps de crise pandémique. On en récolte déjà les fruits lors des pics grippaux saisonniers ou des pics de gastro-entérite. «Quand on a de bons comportements préventifs, on part avec une longueur d'avance. À cet égard, les leçons du Clostridium difficile et du SRAS à Toronto auront été très profitables.»

La communication jouera également un rôle capital. «Si untel dit blanc et que l'autre dit noir, ce sera la panique. C'est pourquoi il est important de déterminer les rôles de chacun maintenant et non pas au premier jour de la pandémie, où nous aurons bien d'autres chats à fouetter.» Mais même avec toutes ces précautions, ce sera ardu, prédit le Dr Arruda. «Des gens vont mourir, d'autres vont avoir à composer avec de graves complications. Tous les scénarios, même les plus optimistes, indiquent que ce ne sera pas un jardin de roses!»

Dans cette tourmente, le citoyen risque de se retrouver bien seul s'il ne fait pas partie des groupes prioritaires. D'où l'intérêt de le mobiliser maintenant. «Je ne dis pas aux gens de se construire un abri nucléaire, mais j'estime que chacun devrait avoir sa trousse d'urgence et se tenir informé», croit fermement le Dr Arruda. Mais encore faudra-t-il que les gens puissent eux aussi se faire entendre, fait remarquer le chercheur Hubert Doucet, qui dirige le Groupe de recherche en bioéthique (GREB) de l'Université de Montréal.

La gestion de la pandémie est en effet pensée par les experts alors que ce sont les citoyens qui seront sur la ligne de front, souligne M. Doucet. «On sait que les plus pauvres, les moins instruits et les plus âgés sont les moins efficaces sur le plan de l'obéissance en situation de crise. Ils se tiennent moins informés, ont du mal à saisir ce qu'on attend d'eux. Or ce sont eux qui risquent d'être les plus affectés par la pandémie.»

Souhaitant donner une voix aux citoyens, le GREB organise un atelier de dialogue qui aura lieu à Montréal les 11, 12 et 13 avril prochains. Quiconque s'intéresse aux plans de pandémie de grippe pourra s'y faire entendre, question de crever l'abcès une fois pour toutes. Voilà un travail de terrain qui risque fort de donner un avant-goût de ce qui nous attend à plus ou moins brève échéance...






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 22 mars 2008 03h38
    Catastrophisme, pour vendre des pilules et des vaccins.
    « Vous vous souvenez du Tamiflu, ce supposé anti-grippe? Les gouvernements de partout dans le monde en ont acheter, il y a eu pénurie, surenchère.....

    Des millions de dépensés par nos gouvernements.... Et il est maintenant périmé, de plus, il a été démontré que le Tamiflu de la compagnie est inneficace.

    On peut aussi dire que ça a mousser la promotion des vaccins contre l'influenza(le virus de la grippe) vaccin qui contient des sels de mercure comme agent de conservation dont l'efficacité est douteuse.

    On peut dire que nombreux groupes d'experts en gestion de crise ont aussi surfé sur la vague.

    Ce vent de panique à débuté dans le journal Foreign Affairs du Concil on Foreign Relation (CFR) des États-Unis dans l'édition de juillet/aout 2005 http://www.foreignaffairs.org/20050701faessay84401/laurie-garrett/the-next-pandemic.html

    Comme dit Marc Siegel Professeur à la faculté de médecine de l'Université de New York, la seule pandémie, c'est la pandémie de la peur, quand un scientifique sort de son laboratoire nous parler de ces bebittes, c'est évident qu'il va nous faire peur, mais dans les faits, on a pas tant à craindre de la grippe aviaire.

    Pour l'écouter en anglais lors d'une entrevue à l'émission The Hour à CBC ici

    http://fr.youtube.com/watch?v=SIOofY2l2vo

    Ou directement sur son site, internet :

    http://www.doctorsiegel.com/

    Les prophètes de malheur, c'est pas une espèce en voie d'extinction. C'est dans le même régistre que le réchauffement climatique causé par l'homme. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 22 mars 2008 11h18
    Bienvenue au pays de la peur...
    « Au Québec il y a

    la peur des Anglais
    la peur des Indiens
    la peur des Ethnies
    la peur des viaducs
    la peur du verglas
    la peur des algues bleues
    la peur des piscines publiques
    la peur des gras transes
    la peur du sida
    la peur du sang contaminé
    la peur des MTS
    la peur du cellulaire au volant
    la peur du sans casque en vélo
    la peur du tasergun
    la peur de la maladie de Lyme
    la peur de la C-difficil
    la peur du SARS
    la peur de la drogue du viol
    la peur du siège pour bébé dans les autos
    la peur des lits pour bébé (peuvent s'étouffer entre les barreaux)
    la peur des pittbulls
    la peur des rats (en ville)
    la peur des ours (en forêt quand même!)
    la peur des pédophiles autour des parcs et des écoles
    la peur des toits enneigés

    et la peur des peurs: les changements climatiques


    Après ça on se demande pourquoi les Québécois ont eu peur de voter oui au référendum! (y'ont voté NON aux 5 référendums qu'on leur a proposés!) »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 23 mars 2008 07h25
    Un citoyen informé, en vaut 4!
    « Sur un sujet d'une telle importance, pour ne pas dire si brûlant, à l'effet qu'une pandémie de grippe potentiellement ravageuse, pouvant théoriquement et pratiquement emporter plus de 8 500 Québécois, vous avez réussi à donner à votre chronique un ton juste, un ton modéré, très pertinemment informatif et intelligemment préventionniste. Vous auriez pu tomber assez facilement dans l'alarmisme, dans le catastrophisme et le sensationnalisme qui sont, trop souvent, les péchés mignons des scribes de l'actualité qui, à propos de tout et de rien, actionnent gyrophares et alarmes, parce qu'ils ne vivent que pour la cote et le rang qu'occupe leur Papier, au palmarès des médias mixeurs et tapageurs, ravisseurs et ravageurs.

    Tout compte fait, au regard de l'information juste qui met des «barres» sur les T et des «points» sur les I, votre chronique est fort probablement la plus importante et la plus utile que le lectorat du Devoir.com ait eu l'occasion de s'approprier, dans les 12 derniers mois. En évitant de broder et en vous concentrant sur l'essentiel du phénomène, les lecteurs assumeront la responsabilité qui leur incombe et qui est la leur, au tout premier chef et dans des situations de cette gravité, de rechercher plus d'information, de ne négliger aucun des symptômes et de prendre tous les moyens mis à leur portée, pour se prémunir, pour éviter de surcharger le système public, pour lutter efficacement et éviter le pire.

    C'est à souhaiter que la judicieuse initiative du GREB, les 11, 12 et 13 avril prochains, à Montréal, soit reprise et multipliée dans les onze régions de la Santé, au Québec. C'est vrai qu'un citoyen AVERTI en vaut 2. Mais, un citoyen précisément et très PERTINEMMENT INFORMÉ, en vaut au moins 4. Et, si les «pertinemment informés» deviennent des agents multiplicateurs, dans leurs milieux, c'est autant de gagné.

    Par contre, avec l'actuel ministre du Système de Santé, Système dont les robots sont dans un cul-de-sac historique; avec ce ministre spécialiste de la boutade et la glorification nombriliste de sa personne, lors des très médiatisées périodes de questions, à l'Assemblée nationale; avec l'actuel ministre de la Santé qui a persisté et qui a signé Rabaska dont les retombées environnementales et dont les effets morbides sur la santé des citoyens habitant les zones contiguës, ont été et sont encore dénoncés et vertement décriés par nombre d'Organismes, nombre de Personnalités dont la Direction de la Santé Régionale (Chaudière-Appalaches); avec un ministre dont la préoccupation première fut de soigner démesurément et scandaleusement les portefeuilles de ses collègues spécialistes; avec un ministre de la méga santé industrielle, avec ses visions fantasmagoriques des éléphantesques et somptuaires sanctuaires d'une recherche médicale ostentatoirement lucrative et dont l'avalanche des contrats irréguliers et surtout irrespectueux des règles d'attributions, ce qui n'en finira plus de plonger le Québec dans un endettement débridé sans précédent; avec l'actuel ministre de la Santé Publique corridorisée pour la plèbe qui doit attendre et souffrir, ce même ministre de la Santé Privée au service des riches qui ont leurs corridors d'accès assurés aux immédiates anesthésies de leurs souffrances, aux meilleurs soins, dans les meilleurs délais; avec l'actuel ministre dont la santé des siens passe avant le maladie des autres, il ne faudra pas s'attendre à ce que «les démunis, les moins instruits et les personnes âgées», entre autres, soient des cibles prioritaires. Alors que ces citoyens à part entière, constituant les trois groupes qui précèdent, sont à la veille de constituer une majorité dont se foutent éperdument les «actuels minoritaires», où en sont donc les fonctionnaires penseurs, rédacteurs et producteurs du MSSS ou de l'EXÉCUTIF, au chapitre de l'information minimale que justifie l'imminence d'une telle pandémie grippale (feuillets, site Internet, dossiers dans les quotidiens, émission de télé et de radio)? Cette imminence ne devrait-elle pas constituer l'objet principal d'une bonne partie des «BLEUS» qui circulent dans les «corridors verticaux», au MSSS?

    En conclusion, Mesdames Rioux-Soucy et Gravel, soyez félicitées et remerciées pour la pertinence et le bon ton de votre chronique de ce samedi 22 mars 2008. Vous avez fait preuve de prévoyance et de compétence. Vous avez fait oeuvre de prévention intelligente et mesurée, à la portée de tous les lecteurs. Il serait extraordinaire que ça puisse continuer dans le même sens.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Jamal Kazi
    Inscrit
    lundi 24 mars 2008 09h20
    Réplique à M. Noël
    « M. Noël, votre confusion entre les concepts de crainte, de prudence, de prévoyance, de constats de problèmes réels et d'intelligence... me fait peur! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 24 mars 2008 09h22
    @ M. Jacques Noel
    « La peur peut aussi être le commencement de la sagesse comme on l'apprenait à l'école M. Noel.

    Le Canada vient juste de signer une entente avec Israël pour la sécurité. Le Canada approuve ce que fait Israël à la Palestine et ce qu'il a fait au Liban. Est-ce qu'il se serait donné le droit de faire quelque chose de semblable au Québec s'il avait voté OUI par la peau des dents maintenant qu'on connait sa "moralité" ? Est-ce que vous avez vs aussi que M. Chrétien, "écrit dans ses mémoires" n'aurait pas accepté un trop léger majoritaire OUI au référendum de 1995 ?

    Il faut ajouter que l'Ouest de Montréal, Westmount et l'Outaouais, qui ont voté NON assez fortement, auraient demandé la partition de leur territoire du Québec pour le réunir au ROC plus les indiens anglophones, qui aiment mieux le ROC que le Québec, auraient réclamé tout le nord québécois à partir de la toundra pour le conserver dans le ROC, ce qui aurait laissé le Québec assez charcuté. Il faut ajouter le boycott probable du ROC et des États-Unis son ami qui lui achète son pétrole plus que notre électricité.

    Peurs ou probabilités M. Noel ? Si les Québécois trouvaient une solution qui aurait l'aval de plus de 60 % de OUI, là, ça pourrait être moins dangereux pour la suite des choses.

    Traverser la voie ferrée, oui mais pas quand le train arrive à toute vapeur.

    Si le ROC pouvait commencer à nous martyriser un peu, ça aiderait plus de Québécois moyens à voter OUI à l'indépendance du Québec mais ils ne sont pas fous, ils ne font que nous serrer la vis pour ne pas que ça fasse mal et juste engourdir le Québécois qui va s'angliciser doucement comme le reste de la planète devant la montée de la langue anglaise dans le monde. On est loin des souffrances de la Palestine, de l'Irak, de l'Afghanistan et du Tibet, quand même. »

  • Yvon Bureau
    Abonné
    lundi 24 mars 2008 19h50
    Les aînées et une pandémie
    « Mourir lors d'une pandémie : une réflexion à entreprendre.

    Nous, les aînés et parfois les très avancés en âge, que ferons-nous si les ressources sont limitées?

    Quelles valeurs devront nous guider ?

    Selon moi, nous devrions privilégier la continuité... »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 25 mars 2008 03h11
    C'est une campagne de peur tout à fait inutile qui est pris naissance au council of foreign relation des USA
    « L'histoire débute pendant l'été 2005, le très puissant CFR publie dans son journal quelques articles sur la catastrophe apréhendée de la grippe aviaire.

    Puis, la machine médiatique mondiale s'ébranle, tous les journaux de la planète y vont à coeur joie.

    On vend la peur et ça marche, les gens crédules se ruent dans les pharmacies pour les dévalisés de leurs antiviraux, principalement le Tamiflu, qui tombent en rupture de stock rapidement.

    Ça aussi mousser les ventes de vaccins contre la grippe ordinaire, tout d'un coup, l'influenza, virus qui n'est certes pas toujours facile, refait peur à nouveau. La grippe n'est plus la maladie banale qui parfois nous cloue quelques jours au lit, elle redevient la maladie qui tue. Pourtant, elle a toujours été la maladie qui tue, la grippe ordinaire emporte plusieurs milliers, voire même un million de personnes par année, au Québec, c'est entre 1000 et 1500 personnes. Les personnes qui décèdent sont principalement les personnes agées et les jeunes enfants. Les personnes en santé ont très peu de chance d'en déceder, mais, ce virus tue quand même beaucoup plus que la plupart des virus répandus, de plus, il a un potentiel de contagion élevé, parce qu'il peut se propager dans l'air. La grippe la plus ordinaire est plus contagieuse et infectieuse que le SRAS qui a fait tant de bruit. Quand on y pense, 800 morts dans le monde, c'est rien, moins que rien même et pourtant, nos médias et les scientifiques de service ont fait très peur au monde avec ça. 800 morts quand la maladie prend racine dans un pays où plus d'un milliard de gens habitent, c'est rien du tout.

    C'est la même méthode de propagande médiatique qui est utilisée pour la grippe aviaire, on nous parle de son taux de morbidité très élevé. Supposément, le H5N1 tuerait quoi, plus de 50% des personnes atteintes. Mais bon, il faut savoir que ces chiffres reposent sur du vent. Pour la simple et bonne raison qu'on ne parle des cas connus et déclarés, pourtant, la plupart des gens qui ont la grippe n'iront pas à l'hopital, les cas extrêmes sont déclarés, donc, il est tout à fait normal que parmi les cas extrêmes infectés par le H5N1, plus de 50% des gens vont en mourir. Les autres, vont couver leur grippe chez eux et personne ne va en entendre parler, donc, ils ne feront pas les statistiques.

    Il est possible, voire probable qu'une souche d'influenza plus virulente sorte de nulle part pour s'en prendre à l'homme, mais faire peur au monde n'aide en rien. On ignore absolument quand ça va arriver et aussi sa virulence et son potentiel infectieux, par contre, avec la médecine moderne, les mesures d'urgence actuelles, la santé générale des populations modernes et les mesures d'hygiènes actuelles, l'impact que pourrait avoir de pareille souche est fortement exagéré. Par contre, les antiviraux eux sont inneficace, pire que ça, les réserves de Tamiflu faites par notre gouvernement sont désormais périmé...... Il va falloir en acheter d'autre, n'est-ce pas pratique pour les pharmaceutiques....... Elles sont en train de passer le message que le gouvernement doit s'en procurer à nouveau, au cas où...... On sait jamais! »

  • Lyne Robichaud
    Inscrite
    jeudi 27 mars 2008 20h59
    Les préparatifs pandémiques sont tout à fait légitimes
    « Nous avons beau être en 2008, et penser que la science, nos beaux hôpitaux modernes et nos très nombreuses connaissances scientifiques viendront à bout de n'importe quelle menace pandémique, le fait est que nous sommes terriblement vulnérables à n'importe quel nouveau virus émergeant, et malheureusement moins bien équipés pour traverser une pandémie que ne le furent nos grands-parents, du temps par exemple de la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919. À cette époque, la majorité de la population était encore agraire, donc autosuffisante. Une pandémie aura des répercussions considérables sur toutes les sphères de notre société, y compris sur l'approvisionnement en denrées alimentaires, le transport, et l'économie mondiale.

    Planifier en conséquence est donc tout à fait approprié, et nous pouvons être reconnaissants d'être la première génération de l'humanité à avoir la chance de pouvoir nous préparer à une future pandémie, d'avoir cette possibilité de la voir venir, plutôt que d'avoir à tout subir sans même prendre le temps nécessaire pour mettre en place certains dispositifs et mesures d'urgence. Utilisons donc ce temps précieux de façon à ne pas avoir à le regretter lorsque nous aurons les deux pieds dans le bain d'une pandémie. Et elle arrivera, cette pandémie. Elle se déclenchera...

    Il y a de nombreuses problématiques mondiales associées à la question d'une pandémie, et bien entendu, on peut s'attendre à ce que des enjeux de pouvoir et de gains personnel, de corruption et de lutte entre nations, viennent brouiller les cartes et nous confondre. C'est ainsi que vont les choses depuis que le monde est monde. Comment en serait-il autrement pour l'un des plus grands défis qui pourrait nous terrasser? Certains ont certainement trouvé leur compte dans la course à la fabrication d'antiviraux et de vaccins pandémiques. Mais là n'est pas la question. Il faut bien que l'humanité se munisse d'une quelconque et éventuelle arme contre ces virus superpuissants qui emporteront des millions de vies. Certains cherchent donc de ce côté, et espérons que de ces travaux d'émérites scientifiques émergeront des outils qui permettront soit de retarder la marche destructrice de la prochaine souche pandémique, ou mieux encore, d'immuniser la population mondiale. Le danger est de déposer tous nos oeufs dans le même panier, et de penser que la pandémie ne se déclenchera pas tant que nous ne serons pas prêts. Nous pourrions être pris de court par le virus H5N1, qui essaie actuellement toutes les combinaisons possibles afin de découvrir la bonne, celle qui lui permettra de mettre la main sur l'humanité.

    Ne perdons surtout pas de vue que la fabrication d'un vaccin pandémique prendra des mois, peut être même l'équivalent d'une année à être produit, en contexte de pandémie, en raison de l'absentéisme de la main-d'oeuvre dû à la maladie. Il y a aussi une autre problématique associée aux vaccins, celle de la capacité mondiale de production, qui n'est actuellement que de quelque 565 millions de doses annuelles, pour une population mondiale de plus de 6 milliards d'humains, qui auront probablement besoin de 2 doses pour être immunisés contre un virus tel que le H5N1. Qui nous dit que nous serons capables de fabriquer un vaccin, avec un virus qui s'est développé en plus de 10 sous-clades différentes au cours des dernières années? Prenez le VIH par exemple. Après toutes ces années, nous n'avons toujours pas encore réussi à produire un vaccin efficace contre cette PANDÉMIE. Alors que feront les populations humaines pendant tous ces mois, complètement désarmées sous la menace d'un virus mortel?

    Il existe d'autres armes beaucoup moins coûteuses que les antiviraux, qui pourraient être plus efficaces si elles étaient déployées contre une pandémie: les interventions non pharmaceutiques. Je parle ici de distanciation sociale, du lavage fréquent des mains, de se couvrir la bouche en toussant et en éternuant, de la fermeture des écoles et des garderies, des masques, gants et autres barrières, de l'isolement des personnes infectées, et de la quarantaine volontaire des personnes exposées.

    Les plans de lutte ne portent pas suffisamment attention à ces seules choses qui pourront être contrôlées par les gens pendant une pandémie, ces chose-là qui nous ont été enseignées par nos mères. Alors, se préparer à une pandémie n'a rien à voir avec la peur. Il faudra énormément de courage et de combativité pour traverser une pandémie. Le problème, dans tout cela, est que les citoyens n'ont pas encore été suffisamment impliqués dans le processus des préparatifs pandémiques. Mais tout peut encore changer. Heureusement, il existe des individus, qui par leur implication dans la sphère du flublogia, ont constitué un réseau d'entraide, comme par exemple les membres de sites d'observateurs de grippe aviaire tels que Zonegrippeaviaire.com, FluWiki.com et FluTrackers.com. Ces gens de partout dans le monde nous informent sur ce qui se passe d'heure en heure sur la planète à propos de la grippe aviaire et d'autres virus candidats potentiels à une pandémie. Ces sites invitent les citoyens à se prendre en main et à réfléchir collectivement aux problématiques entourant une pandémie. Et elles sont nombreuses, complexes, mondiales, urgentes, ces problématiques. Joignons-nous à eux dans ce processus de «sagesse des foules», et renfonçons ainsi l'autonomie des citoyens face à une pandémie. »

  • Gaby Gélinas
    Abonnée
    vendredi 28 mars 2008 18h44
    Bienvenue dans le club des interrogations "pandémiques"!
    « Dans l'article «Qui a (encore) peur de la grippe aviaire?», l'ensemble des intervenants de la société québécoise a été prié de se créer des plans d'urgence sur mesure, en vue d'une pandémie de grippe aviaire. Avant d'en arriver aux préparatifs, il faut bien se rendre à l'évidence que beaucoup de gens sont réticents à aborder le sujet, alors que d'autres se murent derrière un déni qui les place à l'abri de la PEUR ou d'une prise de conscience pas du tout rassurante.

    Dans un article sur l'interruption des services essentiels en temps de pandémie, le Dr Grattan Woodson déclare: "Plus notre civilisation s'est développée, plus elle est devenue vulnérable, en raison de sa plus grande complexité." Chacun aurait intérêt à être le mieux renseigné possible sur l'évolution de la grippe aviaire, pour ensuite être en mesure de prendre des décisions éclairées.

    Une des problématiques majeures du Plan de lutte québécois (pour la grippe aviaire) est qu'il est basé sur un scénario de pandémie correspondant à l'équivalent de celle survenue en 1957, soit un taux de mortalité de 0,33%, alors que nous jonglons avec un virus H5N1 dont le taux de mortalité actuel tourne autour de 80%. Le danger est que la future pandémie pourrait ne pas correspondre au scénario (léger) envisagé par le Québec. Plusieurs scénarios devraient être considérés, car ils se rapportent à divers types de pandémie. Il y a le scénario de 1957 que le Québec privilégie. Il y a aussi le scénario de la pandémie de grippe espagnole de 1918 correspondant à un taux de mortalité de 2,5%. Il y a le scénario de l'épidémie de SRAS de 2003 qui correspond à environ 10%. Finalement, il y a le scénario (tabou) de pandémie grave, concordant au virus H5N1 tel qu'il est connu actuellement, soit 50% et plus de mortalité. Alors, comment se fait-il que notre gouvernement déploie toutes ces mesures en fonction du scénario le plus léger seulement?

    Depuis le temps que le Plan de lutte a été conçu, l'hypothèse que le virus perdrait de sa vigueur en devenant transmissible aux humains a été ébranlée par de récents développements, et rien ne suggère plus que ce postulat est encore probable. Par conséquent, on peut supposer que le Plan de lutte est devenu désuet, et qu'il devrait être ajusté en fonction des nouvelles données scientifiques sur le H5N1.
    Par ailleurs, il devrait s'inspirer du modèle développé par d'autres nations qui intègre désormais un éventail de scénarios dans leur planification de lutte. C'est tout de même une bonne chose que notre gouvernement se soit doté d'un Plan de lutte, mais l'heure est venue de consolider ces fondations.

    Si la future pandémie s'avérait un scénario grave, combien de temps tiendraient les mesures actuelles du Plan de lutte du gouvernement? Imaginons un instant que les quelque 8,500 morts prévus dans ce Plan, pour toute la durée de la pandémie (toutes les vagues), pourraient - dans un scénario grave - surviennent au cours de la première semaine et fasse ensuite boule de neige pour la durée de la pandémie. Cette éventualité n'est pas exagérée, elle correspond à un scénario de pandémie grave. Je sens déjà monter de véhémentes protestations; c'est le droit de chacun. Qui d'entre nous peut prédire le taux exact des mortalités futures? Qui peut prétendre détenir «la» vérité, alors que le virus H5N1 est en constante mutation? Il a déjà un nombre inquiétant de sous-clades à son actif - l'évidence que le virus ne dort pas. Loin de là...

    En cherchant des informations sur la grippe aviaire, par un heureux hasard, j'ai fait la connaissance du site ZoneGrippeAviaire.com. Auparavant, je ne percevais pas la menace de la grippe aviaire, et à présent, je ne la considère plus du tout à la légère.

    Si nous devons envisager un absentéisme, lors d'une pandémie, de l'ordre de 30% minimum de la main-d'oeuvre, on peut s'attendre à des interruptions de services, sans parler de l'approvisionnement. Même Mme Nathalie Genest, du Mouvement Desjardins, en fait allusion dans l'article du Devoir mentionné ci-dessus. J'ai l'impression qu'actuellement, nous nous accrochons à croire qu'avec une hygiène irréprochable et une attitude optimiste, nous pourrions être épargnés ou presque de ce fléau. Mais il n'en est rien.

    Aux dernières nouvelles, "l'ultime" antiviral - le Tamiflu - celui que nous considérions comme notre assurance-vie, pourrait s'avérer d'efficacité contestable, étant donné que dans plusieurs pays (dont les États-Unis) ont été constatées des résistances à cet antiviral, même pour la grippe saisonnière (H1N1). Au cours des décennies passées, nous avons pu constater que les virus sont devenus plus virulents et déjouent les barrières des antiviraux et des vaccins.

    Dr Michael T. Osterholm, du CIDRAP (aux États-Unis), a déclaré en novembre 2007, "Je crois que la prochaine pandémie de grippe, même de nature la plus modérée, serait l'un des événements les plus catastrophiques de santé publique de notre histoire. J'arrive à cette conclusion en raison de: l'envergure de la population mondiale actuelle approximativement 6,5 milliards, comparée à 1,2 milliards en 1918), la probabilité d'un manque de réserve de vaccins efficaces au début de la pandémie, et l'existence de l'économie "juste-à-temps" (just-in-time), qui signifie que nous épuiserons la plupart des produits et services essentiels, comme les médicaments et les vaccins, d'autres fournitures médicales, et même la nourriture, dès les premiers jours de la pandémie".

    Ces propos du Dr Osterholm contredisent la déclaration du Dr Arruda dans l'article mentionné ci-haut, concernant les gens qui auront le réflexe naturel de s'emmurer et que la surenchère risquerait de s'instaurer très rapidement. La surenchère n'est pas directement proportionnelle à la peur et la claustration, elle est directement proportionnelle au démantèlement de notre système d'approvisionnement «juste à temps». En temps de pandémie, nous continuerons de nous alimenter! Afin de contourner les failles de notre système d'approvisionnement, il vaudrait mieux se constituer une réserve de produits essentiels, parce que si l'approvisionnement fait défaut, nous trouverons la première vague de pandémie très longue. De plus, il y en aura plus d'une, selon les experts, si cette pandémie se déroule comme prévue sur une période d'un an ou plus.

    La qualité de vie, dont nous jouissons actuellement, ne nous donne pas l'assurance d'un dépannage de tous les problèmes, en cas de pandémie. C'est là le point névralgique du déni de la grippe aviaire: nier toute possibilité que s'effondre notre environnement sécuritaire. En temps de pandémie, nous serons livrés à nous-mêmes. C'est bien joli le concept des antiviraux, mais qui dit que nous en aurons? De combien de doses disposons-nous en réserve? Quand le temps sera venu, ces doses seront distribuées à des groupes prioritaires. De qui s'agira-t-il? Qui dit que les antiviraux seront encore efficaces? Pour remédier aux défaillances actuelles de la problématique entourant le Tamiflu, les experts devront trouver un ou plusieurs autres antiviraux efficaces, et c'est loin d'être fait.

    Bienvenue dans le club des interrogations "pandémiques"! »

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