La pandémie pour les nuls
- Comment saura-t-on qu'un nouveau virus a le pouvoir de déclencher une pandémie? On tirera la sonnette d'alarme lorsque poindra un virus à la fois très contagieux, qui se transmettra facilement et rapidement d'un humain à l'autre, et très virulent, car il causera une maladie grave provoquant une forte mortalité.
- En quoi le virus de la prochaine pandémie sera-t-il différent d'un virus responsable d'une épidémie saisonnière de grippe?
Les virus grippaux évoluent constamment sous l'influence de deux phénomènes. D'une part, les enzymes qui effectuent la réplication de l'ARN — dont est constitué le génome des virus de la grippe — font de nombreuses erreurs lors de la reproduction des virus. Lorsque certaines de ces erreurs ou mutations donnent un avantage au virus, comme celui de pouvoir infecter des cellules humaines, elles sont conservées, explique Pierre Talbot, de l'INRS-Institut Armand-Frappier. Lorsque ces mutations sont subtiles, elles sont appelées «glissements antigéniques» (drifts) et entraînent peu de modifications dans la structure du virus, de sorte que notre système immunitaire arrive à les reconnaître assez rapidement et se défend assez facilement. Les glissements sont donc responsables des épidémies de grippe saisonnières.
De temps à autre survient un changement majeur dans l'ARN du virus. Un tout nouveau fragment auquel l'humain n'a jamais été exposé apparaît au sein du génome viral. On parle alors de cassures antigéniques (shifts), qui résultent souvent d'un métissage génétique entre deux virus grippaux différents présents au sein d'une même cellule. Les cassures sont souvent susceptibles de provoquer une pandémie, car la population humaine ne possédera aucune immunité contre la nouvelle souche ainsi créée.
- La souche aviaire H5N1 sera-t-elle à l'origine de la prochaine pandémie?
Nul ne le sait, mais il est fort possible que le virus de la prochaine pandémie émerge de la fameuse souche aviaire H5N1. La seule caractéristique qui manque à la souche H5N1 pour devenir pandémique est la capacité de se transmettre facilement d'un humain à l'autre. Autrement, ce virus est très semblable à la souche H1N1 qui a provoqué la pandémie de grippe espagnole en 1918-19.
Trois cent soixante-treize humains ont contracté la souche H5N1 auprès d'oiseaux d'élevage avec lesquels ils avaient des contacts étroits. À ce jour, 236 de ces personnes sont décédées des suites de leur infection. «À l'heure actuelle, cette famille de virus ne possède pas encore la capacité de se reproduire dans les voies respiratoires supérieures, explique le Dr Brian Ward, de McGill. Ils ne se reproduisent que très profondément dans les poumons», ce qui explique l'absence de transmission entre humains, sachant que celle-ci se fait le plus souvent par la projection de gouttelettes infectées. «Chez les personnes qui ont quand même été infectées, les particules virales ont trouvé le moyen d'échapper à toutes les défenses des voies respiratoires supérieures, comme le mucus et l'action des cils qui repoussent les corps étrangers», poursuit le Dr Ward.
Pour l'instant, H5N1 n'a pas acquis le bagage génétique nécessaire à une transmission interhumaine. Mais il suffirait qu'une seule cellule respiratoire humaine soit infectée à la fois par l'influenza humain et par l'influenza aviaire pour qu'un réarrangement génétique ait lieu. La nouvelle souche ainsi créée pourrait alors allier la virulence du virus aviaire et la possibilité d'entrer dans les cellules des voies respiratoires supérieures humaines et de s'y reproduire, ce qui permettrait une transmission entre humains. Nous aurions alors un candidat parfait pour provoquer une pandémie.
Québec vient d'accorder plus de liberté aux oiseaux d'élevage compte tenu du fait que la science nous a appris que le confinement à l'intérieur était inutile pour prévenir les contaminations avec les oiseaux sauvages porteurs du virus H5N1. Les enclos extérieurs devront toutefois être clôturés et les volatiles devront continuer à boire et à manger à l'intérieur.
- Une pandémie est-elle vraiment imminente?
Une pandémie de grippe surviendra à la suite d'une mutation au sein du génome d'un virus porcin ou aviaire, qui deviendra alors capable d'infecter les humains et de se transmettre de l'un à l'autre. «Il s'agit d'un phénomène aléatoire», rappelle le Dr Gaston De Serres, du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et de l'Unité de santé publique de Québec. «Or ce phénomène s'est produit à une certaine fréquence au cours de l'histoire. Nous avons connu trois pandémies au cours du XXe siècle»: la grippe espagnole de 1918-19, qui a fauché entre 30 et 50 millions de personnes, la grippe asiatique en 1957-58, qui a fait près d'un million et demi de victimes, et la grippe de Hong Kong en 1968-69, qui a fait près d'un million de morts. C'est pourquoi l'OMS prévoit statistiquement l'apparition d'une nouvelle pandémie d'ici 2010 à 2015.
- En quoi le virus de la prochaine pandémie sera-t-il différent d'un virus responsable d'une épidémie saisonnière de grippe?
Les virus grippaux évoluent constamment sous l'influence de deux phénomènes. D'une part, les enzymes qui effectuent la réplication de l'ARN — dont est constitué le génome des virus de la grippe — font de nombreuses erreurs lors de la reproduction des virus. Lorsque certaines de ces erreurs ou mutations donnent un avantage au virus, comme celui de pouvoir infecter des cellules humaines, elles sont conservées, explique Pierre Talbot, de l'INRS-Institut Armand-Frappier. Lorsque ces mutations sont subtiles, elles sont appelées «glissements antigéniques» (drifts) et entraînent peu de modifications dans la structure du virus, de sorte que notre système immunitaire arrive à les reconnaître assez rapidement et se défend assez facilement. Les glissements sont donc responsables des épidémies de grippe saisonnières.
De temps à autre survient un changement majeur dans l'ARN du virus. Un tout nouveau fragment auquel l'humain n'a jamais été exposé apparaît au sein du génome viral. On parle alors de cassures antigéniques (shifts), qui résultent souvent d'un métissage génétique entre deux virus grippaux différents présents au sein d'une même cellule. Les cassures sont souvent susceptibles de provoquer une pandémie, car la population humaine ne possédera aucune immunité contre la nouvelle souche ainsi créée.
- La souche aviaire H5N1 sera-t-elle à l'origine de la prochaine pandémie?
Nul ne le sait, mais il est fort possible que le virus de la prochaine pandémie émerge de la fameuse souche aviaire H5N1. La seule caractéristique qui manque à la souche H5N1 pour devenir pandémique est la capacité de se transmettre facilement d'un humain à l'autre. Autrement, ce virus est très semblable à la souche H1N1 qui a provoqué la pandémie de grippe espagnole en 1918-19.
Trois cent soixante-treize humains ont contracté la souche H5N1 auprès d'oiseaux d'élevage avec lesquels ils avaient des contacts étroits. À ce jour, 236 de ces personnes sont décédées des suites de leur infection. «À l'heure actuelle, cette famille de virus ne possède pas encore la capacité de se reproduire dans les voies respiratoires supérieures, explique le Dr Brian Ward, de McGill. Ils ne se reproduisent que très profondément dans les poumons», ce qui explique l'absence de transmission entre humains, sachant que celle-ci se fait le plus souvent par la projection de gouttelettes infectées. «Chez les personnes qui ont quand même été infectées, les particules virales ont trouvé le moyen d'échapper à toutes les défenses des voies respiratoires supérieures, comme le mucus et l'action des cils qui repoussent les corps étrangers», poursuit le Dr Ward.
Pour l'instant, H5N1 n'a pas acquis le bagage génétique nécessaire à une transmission interhumaine. Mais il suffirait qu'une seule cellule respiratoire humaine soit infectée à la fois par l'influenza humain et par l'influenza aviaire pour qu'un réarrangement génétique ait lieu. La nouvelle souche ainsi créée pourrait alors allier la virulence du virus aviaire et la possibilité d'entrer dans les cellules des voies respiratoires supérieures humaines et de s'y reproduire, ce qui permettrait une transmission entre humains. Nous aurions alors un candidat parfait pour provoquer une pandémie.
Québec vient d'accorder plus de liberté aux oiseaux d'élevage compte tenu du fait que la science nous a appris que le confinement à l'intérieur était inutile pour prévenir les contaminations avec les oiseaux sauvages porteurs du virus H5N1. Les enclos extérieurs devront toutefois être clôturés et les volatiles devront continuer à boire et à manger à l'intérieur.
- Une pandémie est-elle vraiment imminente?
Une pandémie de grippe surviendra à la suite d'une mutation au sein du génome d'un virus porcin ou aviaire, qui deviendra alors capable d'infecter les humains et de se transmettre de l'un à l'autre. «Il s'agit d'un phénomène aléatoire», rappelle le Dr Gaston De Serres, du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et de l'Unité de santé publique de Québec. «Or ce phénomène s'est produit à une certaine fréquence au cours de l'histoire. Nous avons connu trois pandémies au cours du XXe siècle»: la grippe espagnole de 1918-19, qui a fauché entre 30 et 50 millions de personnes, la grippe asiatique en 1957-58, qui a fait près d'un million et demi de victimes, et la grippe de Hong Kong en 1968-69, qui a fait près d'un million de morts. C'est pourquoi l'OMS prévoit statistiquement l'apparition d'une nouvelle pandémie d'ici 2010 à 2015.
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