Fonds de solidarité FTQ - La priorité est accordée à la consolidation des entreprises
La consolidation des entreprises et la planification de la relève sont deux défis importants pour le secteur agroalimentaire, estime Hubert Carrier, directeur des investissements, secteur agroalimentaire, au Fonds de solidarité FTQ. Le Fonds vient en aide à des entrepreneurs qui ont un projet d'expansion ou d'acquisition, qui désirent développer de nouveaux marchés ou qui souhaitent exporter leurs produits.
Tandis que le secteur de la distribution des produits alimentaires est concentré principalement entre les mains de trois grands joueurs, celui de la transformation des aliments compte quelque 1500 entreprises au Québec, en majorité des PME, souligne Hubert Carrier. «Il faut les soutenir dans leur consolidation, qui va leur permettre, à terme, d'approvisionner ces grands distributeurs-là.» M. Carrier précise que ce n'est pas forcément à la portée de toutes les entreprises de transformation, mais que plusieurs en ont le potentiel.
Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et son réseau de Fonds régionaux de solidarité et de Sociétés locales d'investissement dans le développement de l'emploi (SOLIDE) ont à leur actif des investissements de 230 millions de dollars dans le secteur agroalimentaire.
Le Fonds a notamment investi quatre millions de dollars dans la société Investissements IKE pour le démarrage de la marque de commerce Kooll Desserts. Il a participé, à hauteur de 75 millions, au rachat de la compagnie Van Houtte, favorisant «le maintien du siège social au Québec». Il a également investi dans la Maison des futailles et contribué au refinancement de Laura Secord.
«Le Fonds de solidarité, c'est un fonds de capital patient. On parle d'un investissement sans garantie, qui peut prendre la forme d'une "debenture" [obligation] non garantie ou de capital-actions», explique M. Carrier.
Le Fonds a fait des investissements non seulement dans le secteur de la transformation alimentaire, mais aussi dans celui de la distribution. Il a ainsi fourni du capital aux épiceries Metro.
Investissements en région
Le réseau du Fonds a également soutenu plusieurs compagnies en région. La SOLIDE de la MRC des Îles-de-la-Madeleine a par exemple fourni du financement pour le démarrage d'une société spécialisée dans la transformation artisanale du porc en charcuterie et saucissons. Celle de la MRC de Maria-Chapdelaine, au Lac-Saint-Jean, a investi dans une entreprise qui cultive des bleuets, contribuant à son expansion.
Le Fonds régional de solidarité Centre-du-Québec a offert du financement à une compagnie de transformation de canneberges et de bleuets, qui a ainsi pu doubler sa production et exporte maintenant ses produits dans 25 pays. Le Fonds régional de solidarité Laurentides a fait quant à lui un investissement de 1,3 million de dollars dans une boulangerie de Blainville pour ses projets d'expansion et pour la modernisation de ses équipements.
Les 87 SOLIDE offrent des sommes allant de 5000 $ à 100 000 $ à de petites entreprises dans les différentes régions du Québec. Les 16 Fonds régionaux de solidarité FTQ investissent entre 100 000 $ et deux millions de dollars dans des petites et moyennes entreprises (PME).
Le Fonds de solidarité FTQ fait pour sa part des investissements de plus de deux millions de dollars dans des compagnies de plus grande taille. Il propose en outre des prêts à des entreprises qui souhaitent acheter de l'équipement pour accroître leur productivité ou qui cherchent des fonds pour promouvoir leur marque de commerce et faire connaître davantage leurs produits. Il offre par ailleurs un programme de formation économique.
Développement plutôt
que redressement
M. Carrier indique que l'objectif du Fonds n'est pas de faire du redressement, mais du développement d'entreprises. «Il faut qu'on constate qu'il y a du potentiel, qu'on peut faire croître l'entreprise, soutenir l'économie, créer ou maintenir des emplois à long terme.»
Le Fonds a dressé une liste de marchés et de créneaux en croissance dans le secteur agroalimentaire, dont les plats préparés, les aliments biologiques, les collations santé, le thé, les boissons de première qualité ainsi que les aliments fonctionnels et les nutraceutiques, procurant un effet bénéfique pour la santé. Il est particulièrement à l'affût d'occasions d'investissement dans des entreprises oeuvrant dans ces créneaux.
Au moment de prendre une décision, le Fonds tient compte tant du rendement de l'investissement que du maintien d'emplois, indique M. Carrier. «Il faut un équilibre. Il faut que les entreprises restent en vie et qu'on maintienne le plus possible des emplois permanents. Il faut qu'on demeure concurrentiel et qu'on travaille dans des cadres viables et rentables.»
Hubert Carrier mentionne que le rendement des investissements dans le secteur agroalimentaire diffère de celui de secteurs comme les hautes technologies, indiquant toutefois qu'il peut être avantageux. «Dans un secteur comme l'agroalimentaire, c'est sûr que les rendements sont moins élevés, mais ils sont moins cycliques aussi, normalement.»
Les résultats peuvent évidemment varier d'une entreprise à l'autre. Certaines se portent très bien, alors que d'autres ont plus de difficulté. En 2006, les livraisons manufacturières de l'industrie bioalimentaire québécoise se sont élevées à 17,9 milliards de dollars, indique le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). Les secteurs des produits laitiers et de la viande arrivent en tête de liste. L'industrie de la transformation alimentaire fournit du travail à plus de 54 000 Québécois.
M. Carrier affirme que le secteur de l'agroalimentaire au Québec est innovateur. En dépit de la valeur élevée du dollar canadien, il existe encore des occasions à saisir en matière d'exportation, estime-t-il.
Outre la consolidation des entreprises, la planification de la relève est un autre défi important. D'ici 2015, plus de 70 % des dirigeants d'entreprise prendront leur retraite, mentionne-t-il. Le Fonds vient ainsi en aide aux compagnies qui ont un projet de relève ou de rachat par les dirigeants. S'il est important d'offrir un bon produit, d'avoir suffisamment de fonds et d'être productif, la qualité du «management» l'est tout autant, sinon plus, dit-il. «Il va falloir s'occuper de la relève si on ne veut pas que nos entreprises soient toutes vendues ailleurs.»
Collaboratrice du Devoir
Tandis que le secteur de la distribution des produits alimentaires est concentré principalement entre les mains de trois grands joueurs, celui de la transformation des aliments compte quelque 1500 entreprises au Québec, en majorité des PME, souligne Hubert Carrier. «Il faut les soutenir dans leur consolidation, qui va leur permettre, à terme, d'approvisionner ces grands distributeurs-là.» M. Carrier précise que ce n'est pas forcément à la portée de toutes les entreprises de transformation, mais que plusieurs en ont le potentiel.
Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et son réseau de Fonds régionaux de solidarité et de Sociétés locales d'investissement dans le développement de l'emploi (SOLIDE) ont à leur actif des investissements de 230 millions de dollars dans le secteur agroalimentaire.
Le Fonds a notamment investi quatre millions de dollars dans la société Investissements IKE pour le démarrage de la marque de commerce Kooll Desserts. Il a participé, à hauteur de 75 millions, au rachat de la compagnie Van Houtte, favorisant «le maintien du siège social au Québec». Il a également investi dans la Maison des futailles et contribué au refinancement de Laura Secord.
«Le Fonds de solidarité, c'est un fonds de capital patient. On parle d'un investissement sans garantie, qui peut prendre la forme d'une "debenture" [obligation] non garantie ou de capital-actions», explique M. Carrier.
Le Fonds a fait des investissements non seulement dans le secteur de la transformation alimentaire, mais aussi dans celui de la distribution. Il a ainsi fourni du capital aux épiceries Metro.
Investissements en région
Le réseau du Fonds a également soutenu plusieurs compagnies en région. La SOLIDE de la MRC des Îles-de-la-Madeleine a par exemple fourni du financement pour le démarrage d'une société spécialisée dans la transformation artisanale du porc en charcuterie et saucissons. Celle de la MRC de Maria-Chapdelaine, au Lac-Saint-Jean, a investi dans une entreprise qui cultive des bleuets, contribuant à son expansion.
Le Fonds régional de solidarité Centre-du-Québec a offert du financement à une compagnie de transformation de canneberges et de bleuets, qui a ainsi pu doubler sa production et exporte maintenant ses produits dans 25 pays. Le Fonds régional de solidarité Laurentides a fait quant à lui un investissement de 1,3 million de dollars dans une boulangerie de Blainville pour ses projets d'expansion et pour la modernisation de ses équipements.
Les 87 SOLIDE offrent des sommes allant de 5000 $ à 100 000 $ à de petites entreprises dans les différentes régions du Québec. Les 16 Fonds régionaux de solidarité FTQ investissent entre 100 000 $ et deux millions de dollars dans des petites et moyennes entreprises (PME).
Le Fonds de solidarité FTQ fait pour sa part des investissements de plus de deux millions de dollars dans des compagnies de plus grande taille. Il propose en outre des prêts à des entreprises qui souhaitent acheter de l'équipement pour accroître leur productivité ou qui cherchent des fonds pour promouvoir leur marque de commerce et faire connaître davantage leurs produits. Il offre par ailleurs un programme de formation économique.
Développement plutôt
que redressement
M. Carrier indique que l'objectif du Fonds n'est pas de faire du redressement, mais du développement d'entreprises. «Il faut qu'on constate qu'il y a du potentiel, qu'on peut faire croître l'entreprise, soutenir l'économie, créer ou maintenir des emplois à long terme.»
Le Fonds a dressé une liste de marchés et de créneaux en croissance dans le secteur agroalimentaire, dont les plats préparés, les aliments biologiques, les collations santé, le thé, les boissons de première qualité ainsi que les aliments fonctionnels et les nutraceutiques, procurant un effet bénéfique pour la santé. Il est particulièrement à l'affût d'occasions d'investissement dans des entreprises oeuvrant dans ces créneaux.
Au moment de prendre une décision, le Fonds tient compte tant du rendement de l'investissement que du maintien d'emplois, indique M. Carrier. «Il faut un équilibre. Il faut que les entreprises restent en vie et qu'on maintienne le plus possible des emplois permanents. Il faut qu'on demeure concurrentiel et qu'on travaille dans des cadres viables et rentables.»
Hubert Carrier mentionne que le rendement des investissements dans le secteur agroalimentaire diffère de celui de secteurs comme les hautes technologies, indiquant toutefois qu'il peut être avantageux. «Dans un secteur comme l'agroalimentaire, c'est sûr que les rendements sont moins élevés, mais ils sont moins cycliques aussi, normalement.»
Les résultats peuvent évidemment varier d'une entreprise à l'autre. Certaines se portent très bien, alors que d'autres ont plus de difficulté. En 2006, les livraisons manufacturières de l'industrie bioalimentaire québécoise se sont élevées à 17,9 milliards de dollars, indique le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). Les secteurs des produits laitiers et de la viande arrivent en tête de liste. L'industrie de la transformation alimentaire fournit du travail à plus de 54 000 Québécois.
M. Carrier affirme que le secteur de l'agroalimentaire au Québec est innovateur. En dépit de la valeur élevée du dollar canadien, il existe encore des occasions à saisir en matière d'exportation, estime-t-il.
Outre la consolidation des entreprises, la planification de la relève est un autre défi important. D'ici 2015, plus de 70 % des dirigeants d'entreprise prendront leur retraite, mentionne-t-il. Le Fonds vient ainsi en aide aux compagnies qui ont un projet de relève ou de rachat par les dirigeants. S'il est important d'offrir un bon produit, d'avoir suffisamment de fonds et d'être productif, la qualité du «management» l'est tout autant, sinon plus, dit-il. «Il va falloir s'occuper de la relève si on ne veut pas que nos entreprises soient toutes vendues ailleurs.»
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