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Les médecins spécialistes envisagent de tenir une autre journée de grève

7 janvier 2003  Santé
Québec — C'est toujours l'impasse dans le conflit entre le gouvernement du Québec et les médecins spécialistes, qui refusent de revenir à la table de négociations et songent à faire une autre «journée d'étude» le 16 janvier.

Les médecins spécialistes estiment que la balle est dans le camp du ministre de la Santé, François Legault, qui devra présenter de nouvelles offres «sérieuses», particulièrement en ce qui concerne leur rémunération, avant de retourner s'asseoir à la table.

C'est ce qu'a indiqué hier, au cours d'un entretien téléphonique, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Yves Dugré.

Les spécialistes entendent maintenir leur position même si les médecins omnipraticiens se sont entendus avec le gouvernement sur un nouveau contrat de travail et que le ministre Legault se montre inflexible, .

Il n'est donc pas question d'accepter l'offre du ministre de s'en remettre à un médiateur pour régler le conflit entre les deux parties. Et il n'est pas non plus question de renoncer aux moyens de pression exercés dans les hôpitaux depuis décembre. Les spécialistes estiment que leurs moyens de pression sont uniquement d'ordre administratif: ne plus donner de cours aux étudiants en médecine, ne plus siéger à des comités administratifs et ne plus remplir des formulaires de la CSST et de la SAAQ, par exemple.

Pour amener le ministre Legault à revoir sa position, les médecins spécialistes ont aussi prévu des «journées d'étude» qui ont eu pour effet de reporter ou d'annuler des rendez-vous, des examens et des chirurgies. La fédération doit décider dans les prochains jours s'il est opportun de planifier une nouvelle «journée d'étude» le 16 janvier, a précisé le Dr Dugré.

Avant le congé des fêtes, les médecins spécialistes avaient par ailleurs refusé d'observer une trêve durant cette période de l'année reconnue pour son accroissement marqué de l'activité dans les salles d'urgence.

Pendant ce temps, le spectre d'une loi spéciale — brandi par le ministre Legault à la veille du congé des Fêtes si les choses tournaient mal dans les salles d'urgence — semble se résorber. Le ministre avait demandé aux régies régionales de lui faire rapport quotidiennement sur l'affluence dans les urgences, et n'écartait pas la possibilité de rappeler les députés en Chambre pour adopter une loi spéciale en vue de forcer les médecins spécialistes à cesser leurs moyens de pression, si la situation l'exigeait.

La loi spéciale soumettrait les 7500 médecins spécialistes aux règles du Conseil des services essentiels et prévoirait le retour au volume d'opérations en vigueur avant le début des moyens de pression. Si cette loi spéciale était adoptée, ce serait la seconde du genre depuis la loi 114, en juin.

Les médecins spécialistes cherchent notamment à combler l'écart salarial d'environ 30 % qui existe entre eux et leurs collègues qui pratiquent ailleurs au Canada. Mais Québec estime que cette demande est démesurée et qu'il n'a tout simplement pas les moyens d'y donner suite. Il leur a offert 140 millions de dollars.

De son côté, Québec refuse de négocier avec les médecins spécialistes s'ils ne renoncent pas à leurs moyens de pression.
 
 
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