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Couillard manque de courage, accuse le président des médecins spécialistes

Louise-Maude Rioux Soucy   20 février 2008  Santé
Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, a donné le ton en saluant un rapport «modéré et réaliste» qui «voit juste». Sa grande déception est plutôt venue du côté du ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui a manqué de courage, tranche-t-il. «D'un côté, il admet que ça va coûter cher. De l'autre, il refuse les moyens mis de l'avant pour y parvenir. Améliorer la productivité et la performance ne suffira pas. Tout le monde s'entend sur ça. Pourtant, le ministre ferme la porte à la taxe, comme à la franchise. Je trouve ça tout à fait déplorable.»

Le Collège des médecins du Québec a lui aussi salué «des solutions réalistes, pragmatiques et applicables à court et moyen terme». Le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert, s'est notamment dit rassuré par les verrous prévus par le comité, si jamais Québec décidait de donner le feu vert à la mixité. Quant à la franchise, il s'agit d'un instrument de responsabilisation fort intéressant qui existe déjà dans les coopératives de santé. «Il faut le voir comme un ticket non pas modérateur, mais motivateur. Cela crée un sentiment d'appartenance et de mutualité qui est très intéressant.»

La FMSQ juge elle aussi que les points les plus controversés comme la mixité ou la franchise sont «bien balisés». La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) est plus mitigée. «En fait, on se demande jusqu'à quel point la franchise pourrait constituer un frein à l'accessibilité, il faudra voir», a précisé son président, le Dr Louis Godin. Des réticences sont aussi à prévoir quant à la possibilité d'introduire des contrats liant les cliniques à des établissements. «La profession est déjà tellement encadrée, tout ça nous paraît parfaitement inutile, voire carrément nuisible.»

Cette crainte est largement partagée par la FMSQ qui refuse de voir l'autonomie de ses membres être réduite de quelque manière que ce soit. À cet égard, la venue de sociétés privées à la tête des hôpitaux est très mal reçue par les médecins spécialistes.

Cela n'empêchera pas la productivité de demeurer un élément majeur de ce rapport, a pour sa part estimé le président de l'Association médicale du Québec (AMQ), le Dr Jean-François Trudeau, qui se félicite de voir l'évaluation de la performance apparaître enfin sur l'écran-radar. «Je crois que les lois du marché peuvent générer une saine compétition qui rendra son agilité au système public, car il ne faut pas l'oublier, c'est là son principal défi.»

Le Dr Trudeau accueille d'ailleurs «d'un bon oeil» les ouvertures au privé qui nécessiteront une révision de la Loi sur la santé et les services sociaux. «Je préfère toutefois parler de modernisation que d'une véritable ouverture.»

Bémols, inconforts et dissidences

Plus réservée, la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Gyslaine Desrosiers, a déploré la polarisation qui d'ores et déjà s'est installée au Québec. Elle endosse d'ailleurs pleinement la dissidence de Michel Venne, tant sur la mixité que sur une ouverture plus grande aux assurances privées et sur l'idée de confier la gestion des hôpitaux à des sociétés privées. «Ce sont là des irritants inutiles qui viennent jeter un doute sur ce rapport qui mérite pourtant qu'on l'examine de plus près.»

L'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) partage son inconfort en ce qui a trait à la mixité, mais aussi à une plus grande ouverture aux assurances duplicatives. Elle dit aussi préférer l'idée d'augmenter la TVQ à celle d'introduire une franchise dont les mécanismes ne lui paraissent pas très clairs, mais méritent d'être étudiés.

Sa directrice générale, Lise Denis, juge toutefois que tous ces bémols ne doivent pas occulter la nécessité de donner des suites à ce rapport, qu'elle juge par ailleurs «pertinent». «Si nous sommes devant des décisions difficiles, c'est que les gouvernements successifs ont déjà trop tardé. Il y a urgence d'agir!»

L'enjeu de ce rapport, soit le financement du réseau pour le rendre accessible à tous, doit impérativement être discuté, a renchéri la présidente de l'OIIQ. «On ne peut pas se permettre de jouer une fois de plus à l'autruche, revenons à l'essentiel et ayons le courage d'en débattre ouvertement», a réclamé Mme Desrosiers. Cette dernière invite toutefois le ministre à s'en tenir à sa loi 33 pour se concentrer plutôt sur la stricte question du financement.

Médecins pour l'accès à la santé va plus loin encore en demandant au ministre de carrément jeter le rapport Castonguay au panier. «Ce rapport contient plusieurs fausses prémisses qui sont hautement questionnables et qui ne régleront en rien les problèmes d'accessibilité», a commenté la Dre Saideh Khadir, qui rejette la vision catastrophique des coûts de santé présentée dans ce rapport. «Toutes les études sérieuses le démontrent, les coûts en santé sont très bien contrôlés, c'est la part privée qui tire les chiffres vers le haut.»

Les moyens mis de l'avant sont d'autant plus mal venus qu'ils font peser tout le poids du financement sur le citoyen. La franchise paraît à cette égard dangereuse, en ce sens qu'elle limitera le recours aux services de santé, tout comme le ferait un ticket modérateur. «On taxe le malade qui va certainement espacer ses visites, croit la Dre Khadir. Le cas échéant, on va se retrouver avec des cas plus lourds qui vont nécessiter plus de moyens, c'est un cercle vicieux.»






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  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 06h48
    Les coûts excessifs reliés aux soins d santé
    « Si on pouvait mieux contrôler les visites aux médecins et aux urgences des hôpitaux les hypocondriaques ainsi que les personnes qui cherchent une oreille bienveillante, en ayant en mains le dossier complet des patients, on règlerait par le fait même une bonne partie des coûts excessifs reliés aux soins de santé
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Micheline Bonneau
    Abonnée
    mercredi 20 février 2008 08h07
    La coopération à toutes ;es sauces
    « Une chose m'agace au plus haut point dans tout ce nouveau débat qu'ouvre le dépôt du rapport Castonguay, c'est l'utilisation détournée que l'on propose de la dite voie coopérative.

    On aborde strictement cette voie de solution sur le plan financier en faisant miroiter les nouveaux revenus que cette franchise permettrait aux cliniques privées; or, une coopérative, c'est beaucoup plus que cela! C'est aussi la participation des membres aux décisions et orientations, c'est leur participation démocratique à la gestion de l'entreprise.

    Si je ne m'abuse, dans la foulée de ce débat, la notion de coopération n'est qu'une métaphore boiteuse et trompeuse; je dirais presque un concept-marketing!

    Micheline Bonneau, Montréal »

  • Marie Fontaine
    Inscrite
    mercredi 20 février 2008 09h20
    Incohérence?
    « Position du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette le 16 février 2008 concernant la question des frais associés à l'obtention d'un permis de CMS :

    Ces frais étalés sur cinq ans s'apparentent à une taxe déguisée, croit le Dr. Barrette. « On crée des emplois au ministère et on les paie sur le dos des médecins. Je vous le prédis, mes membres vont retourner à l'hôpital plutôt que de payer ça et ce sont les patients qui vont perdre au change. »

    Position du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette le 20 février 2008 :
    «Améliorer la productivité et la performance ne suffira pas. Tout le monde s'entend sur ça. Pourtant, le ministre ferme la porte à la taxe, comme à la franchise. Je trouve ça tout à fait déplorable.» »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 14h52
    «L'urgentologue du vide»!
    « Assurances, tickets, franchises, verrous et quoi d'autre encore. On joue dans les accessoires pour éviter de mettre l'essentiel du problème sur la table. L'essentiel se résume aux ncompétences crasses, systémique et systématique, des praticiens, des administrateurs d'hôpitaux, des fonctionnaires du MSSS et principalement celles des gouvernants. S'ajoutent à cela l'envahissement quotidien des services de la Santé, par les toxicos des pilules, les réquisitionnaires des pansements, les nécessiteux de bons mots d'encouragement et les accros des becquées bobo qui comblent l'esseulement et tempèrent les manies et déviances des isolés souffreteux et des malingres plaignards, mis au rancart d'une société de méga consommation. Les «salles du système» sont envahies par ces itinérants en situations de manque, de souffrance et de panique quasi hystérique.

    Dans un tel contexte, alléguer que Philippe Couillard manque de courage et en faire un plat, c'est un bla-bla-bla qui ne cible que la diversion. Tout le monde se souvient que hier encore, le malin ministre, écrasé sous des menaces dignes des fiers à bras de l'époque des gros motards, a bel et bien eu le «courage opportuniste» d'accorder au président des spécialistes, Gaétan Barrette, et à tous ses richissimes acolytes, tous confrères dudit ministre, tout ce que ces pachas revendiquaient effrontément (+ de 33%) et davantage (abris et autres gratifications).

    Hier encore, alors que les listes d'attente s'allongent jusqu'aux frontières de l'absurdité, de l'Ontario et des États-Unis; alors que les salles de chirurgie ssont nettement sous-utilisées; alors que l'espace lit est en régression majeure; alors que le temps chirurgie publique diminue et que le temps chirurgie privée augmente dans les institutions historiquement publiques, le rusé ministre a eu le «courage opportuniste» de prôner l'urgence de la construction de mégas centres d'études et de recherches médicales dont les magnats tartuffes de la médecine bourgeoise ont soigneusement dessiné tous les conforts et les plus grands luxes technologiques.

    Hier encore, le futé ministre a eu le «courage opportuniste» d'avaliser et de bruyamment appuyer les goujats de Rabaska, alors que ses estafettes avaient reçu ordre d'estampiller des sceaux de la tricherie et de la fourberie que l'on espérait secrètes, des parties d'études, des pans complets d'études, des études et des avis défavorables à cette méga porcherie des plus polluante, mais tellement payante pour ces participants à la mondialisation de la cochonnerie.

    Puisqu'un chat est un chat et qu'il faut appeler les choses par leurs noms, ceux qui les définissent et les distinguent entre elles, il faut reconnaître que le libéral Philippe Couillard a le «courage opportuniste» de placer ses collègues, ses amis et les richards du Québec aux premiers rangs de ses urgences. Pour le peuple, cette plèbe achalante et ayant la bravoure d'être emmerdeuse, qu'il honnit et qu'il discrédite sans vergogne, en raison du négativisme et de la morosité dont son incompétence est la cause majeure, LA SEULE URGENCE DE CE DON QUICHOTTE DE TOUTES LES JACTANCES ARTIFICIEUSES ET DE TOUTES LES ENTOURLOUPETTES DE LA PARLURE, EST CELLE DE NE RIEN FAIRE ET DE LE BIEN FAIRE.

    C'est réellement dommage qu'il n'y ait plus de miracles ni de basiliques ou stades religionnaires aux murs desquelles on pourrait accrocher toutes les «BÉQUILLES DU SYSTÈME DE SANTÉ DU QUBEC», témoignant du débarras de tares insupportables. Le débarras de tous ces encombrants personnages dont la disparition serait un si grand soulagement.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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