Biberon chimique
Il y en aurait dans les disques compacts, les lunettes de soleil et même les prothèses dentaires. On en retrouverait aussi dans certaines bouteilles d'eau, mais, surtout, et voilà ce qui a violemment heurté l'imaginaire la semaine dernière, dans la majorité des biberons.
Considéré par certains aujourd'hui comme une matière maudite, le bisphénol A (BPA) est un composé chimique dont la création, au début du XXe siècle, fut sans doute célébrée comme une de ces grandes avancées scientifiques de l'homme, qui venait là de concocter une matière utile dans la fabrication de plastique et de résine époxy. Que de bienfaits! Pouvait-on se douter qu'un siècle plus tard, la controverse éclaterait autour des effets néfastes possibles de la substance?
Dans son titre de vendredi, Le Devoir posait la question de manière tout à fait éloquente: Tétée toxique? Une nouvelle analyse, présentée par un groupe environnemental, s'ajoute à quelques autres mises en garde déjà dirigées contre le BPA, présent dans la composition de certains biberons. Chauffées au moment d'apprêter le lait du nourrisson à la bonne température, les bouteilles pourraient libérer le produit chimique dans la boisson et, par ricochet, directement chez le bébé.
Ce n'est pas la première fois que le BPA est sous la loupe. Pas la première fois non plus que l'on s'impatiente autour des effets nocifs probables du matériau, qui a la particularité d'agir à la manière d'une hormone, l'oestrogène, étant ainsi susceptible de causer des déséquilibres hormonaux responsables de l'obésité, de troubles de comportement, de puberté précoce ou de problème d'ordre sexuel. Un joli tableau!
Les mystères du mode d'action du bisphénol A sont élucidés depuis longtemps et ne sont la cause d'aucun affrontement idéologique. C'est plutôt autour des risques possibles de ce modus operandi que la zizanie règne. Effets nuisibles ou matière inoffensive?
Depuis que les premières alarmes ont été sonnées, l'industrie du plastique minimise ou réfute les études scientifiques qui diabolisent le BPA. La semaine dernière encore, les fabricants des biberons incriminés ont voulu rassurer les troupes. Signe de l'incertitude qui règne, l'entreprise Mountain Equipment Co-op a en revanche retiré ses bouteilles d'eau des magasins en attendant l'examen indépendant promis par Santé Canada.
Les scientifiques, s'inspirant parfois de tests effectués en laboratoire sur des rats, multiplient les analyses inquiétantes. Contrairement à d'autres produits chimiques, le BPA pourrait être dangereux même absorbé à toutes petites doses.
Pour le consommateur-citoyen, et pour les parents qui tous les jours préparent l'indispensable biberon de leurs enfants, de quel côté pencher? Santé Canada, qui a déjà évalué les risques du bisphénol A sans conclure à son interdiction, a jugé bon de réévaluer le dossier. En attendant son verdict, le bon sens commande, dirait-on, de penser que dans le doute, on s'abstient...
machouinard@ledevoir.com
Considéré par certains aujourd'hui comme une matière maudite, le bisphénol A (BPA) est un composé chimique dont la création, au début du XXe siècle, fut sans doute célébrée comme une de ces grandes avancées scientifiques de l'homme, qui venait là de concocter une matière utile dans la fabrication de plastique et de résine époxy. Que de bienfaits! Pouvait-on se douter qu'un siècle plus tard, la controverse éclaterait autour des effets néfastes possibles de la substance?
Dans son titre de vendredi, Le Devoir posait la question de manière tout à fait éloquente: Tétée toxique? Une nouvelle analyse, présentée par un groupe environnemental, s'ajoute à quelques autres mises en garde déjà dirigées contre le BPA, présent dans la composition de certains biberons. Chauffées au moment d'apprêter le lait du nourrisson à la bonne température, les bouteilles pourraient libérer le produit chimique dans la boisson et, par ricochet, directement chez le bébé.
Ce n'est pas la première fois que le BPA est sous la loupe. Pas la première fois non plus que l'on s'impatiente autour des effets nocifs probables du matériau, qui a la particularité d'agir à la manière d'une hormone, l'oestrogène, étant ainsi susceptible de causer des déséquilibres hormonaux responsables de l'obésité, de troubles de comportement, de puberté précoce ou de problème d'ordre sexuel. Un joli tableau!
Les mystères du mode d'action du bisphénol A sont élucidés depuis longtemps et ne sont la cause d'aucun affrontement idéologique. C'est plutôt autour des risques possibles de ce modus operandi que la zizanie règne. Effets nuisibles ou matière inoffensive?
Depuis que les premières alarmes ont été sonnées, l'industrie du plastique minimise ou réfute les études scientifiques qui diabolisent le BPA. La semaine dernière encore, les fabricants des biberons incriminés ont voulu rassurer les troupes. Signe de l'incertitude qui règne, l'entreprise Mountain Equipment Co-op a en revanche retiré ses bouteilles d'eau des magasins en attendant l'examen indépendant promis par Santé Canada.
Les scientifiques, s'inspirant parfois de tests effectués en laboratoire sur des rats, multiplient les analyses inquiétantes. Contrairement à d'autres produits chimiques, le BPA pourrait être dangereux même absorbé à toutes petites doses.
Pour le consommateur-citoyen, et pour les parents qui tous les jours préparent l'indispensable biberon de leurs enfants, de quel côté pencher? Santé Canada, qui a déjà évalué les risques du bisphénol A sans conclure à son interdiction, a jugé bon de réévaluer le dossier. En attendant son verdict, le bon sens commande, dirait-on, de penser que dans le doute, on s'abstient...
machouinard@ledevoir.com
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