Avertissement de la Fondation des maladies du coeur - Air pollué, coeur malade
La mauvaise qualité de l'air n'essouffle pas que les asthmatiques. Pareilles à du venin, ces petites particules ont aussi le pouvoir d'encrasser le coeur, une mécanique mal connue qui doit impérativement faire l'objet d'une attention soutenue, estime la Fondation des maladies du coeur.
Le coeur s'accommode mal de la pollution atmosphérique. Et pas seulement les jours où le smog obscurcit le ciel. Dans son tout dernier bulletin de santé, la Fondation des maladies du coeur lève le voile sur une «menace» qui pèse toute l'année sur la santé cardiaque des Canadiens. Or cette épée de Damoclès serait encore largement méconnue du public comme des professionnels, a estimé hier la fondation, qui réclame une sensibilisation tous azimuts.
Le porte-parole de la fondation, le cardiologue George Honos, croit qu'il est grand temps pour lui et ses collègues de renouveler leur discours. «Comme cardiologue, j'encourage bien sûr l'activité physique, mais je n'ai jamais spécifié à mes patients à quels moments il était le plus sécuritaire de le faire ni dans quelles conditions. Pourtant, il est clair que lorsque la qualité de l'air est mauvaise, à l'heure de pointe par exemple, cela peut s'avérer plus néfaste que bénéfique.»
Entre la théorie et la pratique, il faudra toutefois encore beaucoup de recherches pour mieux moduler les interventions, croit le Dr Honos. «Même les professionnels ignorent quel est un indice de qualité de l'air acceptable ou non. Il va falloir mener des recherches plus soutenues, d'autant que c'est un phénomène multifactoriel.» Certains individus sont en effet plus sensibles aux particules polluantes que d'autres, notamment les plus jeunes, les plus vieux, les asthmatiques et les diabétiques.
La plupart des chercheurs s'entendent toutefois pour dire que le lien entre maladies cardiaques et polluants atmosphériques est bien réel. Des études canadiennes, américaines et européennes montrent qu'une exposition courte ou prolongée à la pollution atmosphérique augmente le nombre de crises cardiaques de même que la fréquence des hospitalisation attribuées à des problèmes cardiaques. Ces maux se taillent d'ailleurs la place du lion lorsque l'on compile les décès attribués aux polluants atmosphériques au Canada, précise le Dr Honos. «Sur 6000 décès, 69 % se présentent sous la forme d'une maladie du coeur ou d'un accident vasculaire cérébral.»
Selon la fondation, une exposition à ce type de particules peut s'avérer aussi dommageable que de fumer la cigarette. À long terme, le risque de succomber à une maladie du coeur ou à un AVC augmenterait à chaque 10 microgrammes par mètre cube de particules en suspension pour atteindre les 94 % chez certains individus. À court terme, cet effet est à peine moins spectaculaire, précise le Dr Honos. «Une augmentation de 20 microgrammes peut augmenter de 69 % les risques de faire une crise cardiaque dans les 24 heures suivant l'exposition.»
Le Québec en queue de peloton
Les particules en suspension mises en cause ici sont principalement émises par l'industrie, les centrales électriques, les véhicules de même que les poêles à bois et les foyers. En général, Environnement Canada calcule que la norme acceptable de particules fines dans l'air devrait se situer à moins de 30 microgrammes par mètre cube, sur une période de trois ans, ce qui ne tient pas compte des différentes conditions médicales qui commandent des taux plus faibles.
Or le tiers des Canadiens respirent des taux supérieurs à la norme fixée par Environnement Canada. En 2005, le Québec arrivait en queue de peloton avec un indice de 42, derrière l'Ontario (40) et la Colombie-Britannique (34). Dans l'avenir, ces taux sont susceptibles de grimper encore dans toutes les régions du pays, estime Environnement Canada.
Hier, la fondation a invité les gouvernements fédéral et provinciaux à tout mettre en oeuvre pour inverser la tendance. Selon le Dr Honos, l'heure est venue de se doter d'un indice de qualité de l'air régional diffusé quotidiennement dans la population. «Il faut également penser à renforcer le transport en commun, à développer des infrastructures qui mettent le vélo et la marche au premier plan et à revoir nos standards en matière d'urbanisation.»
Le coeur s'accommode mal de la pollution atmosphérique. Et pas seulement les jours où le smog obscurcit le ciel. Dans son tout dernier bulletin de santé, la Fondation des maladies du coeur lève le voile sur une «menace» qui pèse toute l'année sur la santé cardiaque des Canadiens. Or cette épée de Damoclès serait encore largement méconnue du public comme des professionnels, a estimé hier la fondation, qui réclame une sensibilisation tous azimuts.
Le porte-parole de la fondation, le cardiologue George Honos, croit qu'il est grand temps pour lui et ses collègues de renouveler leur discours. «Comme cardiologue, j'encourage bien sûr l'activité physique, mais je n'ai jamais spécifié à mes patients à quels moments il était le plus sécuritaire de le faire ni dans quelles conditions. Pourtant, il est clair que lorsque la qualité de l'air est mauvaise, à l'heure de pointe par exemple, cela peut s'avérer plus néfaste que bénéfique.»
Entre la théorie et la pratique, il faudra toutefois encore beaucoup de recherches pour mieux moduler les interventions, croit le Dr Honos. «Même les professionnels ignorent quel est un indice de qualité de l'air acceptable ou non. Il va falloir mener des recherches plus soutenues, d'autant que c'est un phénomène multifactoriel.» Certains individus sont en effet plus sensibles aux particules polluantes que d'autres, notamment les plus jeunes, les plus vieux, les asthmatiques et les diabétiques.
La plupart des chercheurs s'entendent toutefois pour dire que le lien entre maladies cardiaques et polluants atmosphériques est bien réel. Des études canadiennes, américaines et européennes montrent qu'une exposition courte ou prolongée à la pollution atmosphérique augmente le nombre de crises cardiaques de même que la fréquence des hospitalisation attribuées à des problèmes cardiaques. Ces maux se taillent d'ailleurs la place du lion lorsque l'on compile les décès attribués aux polluants atmosphériques au Canada, précise le Dr Honos. «Sur 6000 décès, 69 % se présentent sous la forme d'une maladie du coeur ou d'un accident vasculaire cérébral.»
Selon la fondation, une exposition à ce type de particules peut s'avérer aussi dommageable que de fumer la cigarette. À long terme, le risque de succomber à une maladie du coeur ou à un AVC augmenterait à chaque 10 microgrammes par mètre cube de particules en suspension pour atteindre les 94 % chez certains individus. À court terme, cet effet est à peine moins spectaculaire, précise le Dr Honos. «Une augmentation de 20 microgrammes peut augmenter de 69 % les risques de faire une crise cardiaque dans les 24 heures suivant l'exposition.»
Le Québec en queue de peloton
Les particules en suspension mises en cause ici sont principalement émises par l'industrie, les centrales électriques, les véhicules de même que les poêles à bois et les foyers. En général, Environnement Canada calcule que la norme acceptable de particules fines dans l'air devrait se situer à moins de 30 microgrammes par mètre cube, sur une période de trois ans, ce qui ne tient pas compte des différentes conditions médicales qui commandent des taux plus faibles.
Or le tiers des Canadiens respirent des taux supérieurs à la norme fixée par Environnement Canada. En 2005, le Québec arrivait en queue de peloton avec un indice de 42, derrière l'Ontario (40) et la Colombie-Britannique (34). Dans l'avenir, ces taux sont susceptibles de grimper encore dans toutes les régions du pays, estime Environnement Canada.
Hier, la fondation a invité les gouvernements fédéral et provinciaux à tout mettre en oeuvre pour inverser la tendance. Selon le Dr Honos, l'heure est venue de se doter d'un indice de qualité de l'air régional diffusé quotidiennement dans la population. «Il faut également penser à renforcer le transport en commun, à développer des infrastructures qui mettent le vélo et la marche au premier plan et à revoir nos standards en matière d'urbanisation.»
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