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Où est la cohérence ?

Jean-Robert Sansfaçon   24 janvier 2008  Santé
Faut-il appeler cela de l'incohérence ou de l'hypocrisie? Dans son plus récent rapport, la Direction de la santé publique de Montréal (DSP) recommande l'adoption de mesures structurantes afin de réduire le nombre de voitures qui circulent chaque jour sur l'île de Montréal: transports en commun, voies réservées, nouvelle configuration aux intersections et, surtout, arrêt des grands projets d'autoroutes. Pendant ce temps, les autorités politiques vont de l'avant avec leur projet de réseau autoroutier pourtant conçu selon des plans et des priorités à la mode au siècle dernier.

Selon l'évaluation des chercheurs de la DSP, la vie à proximité d'une voie rapide accroît de beaucoup le risque de maladies cardiorespiratoires, de mortalité et de naissances prématurées, sans parler des accidents avec blessés, dont le nombre dépasse les 12 000 par année à Montréal.

Alors que la plupart des villes européennes et plusieurs villes nord-américaines ont entrepris de remplacer les voies rapides par des rues à circulation réduite, des navettes gratuites, des tramways et autres moyens efficaces et confortables, à Montréal on s'apprête à compléter un réseau d'autoroutes qui fera grimper le nombre potentiel de véhicules.

Depuis une semaine, la Ville de Montréal et le ministère des Transports ont commencé des consultations qui n'en sont pas vraiment en prévision de la transformation de la rue Notre-Dame en voie rapide. Lorsque les travaux seront terminés, un automobiliste habitant Lanaudière ou la Montérégie sur l'autre rive pourra rouler sans s'arrêter de chez lui jusqu'au centre-ville via le futur pont de l'autoroute 25 et le nouveau boulevard Notre-Dame. En théorie du moins, parce qu'à la moindre tempête, au moindre accident, le bouchon s'étendra lui aussi sans discontinuer des deux rives jusqu'au centre-ville, avec les conséquences qu'on devine sur la qualité de l'air, déjà inférieure aux normes un jour sur cinq au cours de l'année. Quant à savoir où il garera sa bagnole, la question reste ouverte puisque la Ville entend entre-temps réduire de beaucoup le nombre de places disponibles...

Il fut un temps où Montréal défendait l'idée d'un vrai boulevard urbain sur la rue Notre-Dame afin de réduire la vitesse et le débit de voitures aux abords du centre-ville. Mais comme c'est Québec qui paie, les feux de ce futur «boulevard» de huit voies resteront au vert six heures par jour pour accroître la fluidité, dit-on. Quant à la vitesse autorisée, elle sera limitée légalement à 60 km/h, mais il est plus réaliste de parler de 100 à 120 km/h comme sur les autres voies rapides de Montréal (boulevards Décarie et Métropolitain).

Alors que Montréal et le gouvernement du Québec se sont engagés à injecter 3,5 milliards de dollars d'ici dix ans pour rajeunir le métro et améliorer le transport collectif, voilà qu'on s'apprête à dépenser un milliard et demi uniquement sur le boulevard Notre-Dame et l'autoroute 25. Les fonctionnaires du ministère de la Santé peuvent toujours s'amuser à rédiger des programmes de prévention, on a d'autres priorités au ministère des Transports et au bureau du premier ministre.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • Yv Bonnier Viger
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 04h10
    C'est de l'hypocrisie
    Si on veut vraiment améliorer la qualité de vie, la snaté et le bien-être de la moitiés de la population du Québec qui habite dans la région métropolitaine, il faut investir massivement dans le transport en commun confortable et rapide des personnes, pénaliser sérieusement lacirculation automobile et la réserver à toute fin pratique au transport des marchandises et aux véhicules d'urgence. Pour être en santé il faut vivre dans un jardin...

    Yv

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 07h36
    La reine.
    On nous dit que c'est la cigarette avec sa fumée secondaire qui est la cause des troubles graves de la santé pas les voitures. Les voitures sont tellement reine qu'elles font ce qu'elles veulent même avec les lumières au rouge. La police respecte beaucoup cette reine qui n'est pas petite comme la bicyclette.

  • Lamonta
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 08h33
    Bien dit !
    En effet, où est la cohérence ? Mardi dernier, avec une toute petite chute de neige, cela m'a pris 1h30, avec le métro et l'autobus, pour me rendre du métro Square Victoria à l'angle Papineau/Henri-Bourassa. La congestion était énorme sur Henri-Bourassa et l'autobus a pris 25 minutes avant de se présenter, même si nous étions à l'heure de pointe (18:00) et qu'Henri-Bourassa a une voie réservée aux autobus et taxis à cette heure. Et la STM nous dit qu'elle a augmenté le service de 17%. Nos dirigeants politiques ont un singulier manque de courage et de vision. Quand nous en sommes rendus à voir l'industrie réclamer des normes environnementales plus sévères, il y a vraiment quelque chose qui clocle.

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 08h57
    La compétence
    Le ministère des transports est plein de bas et de hauts fonctionnaires qui pensent savoir ce qui est bon pour eux.

    Nous ne les intéressons pas du tout. Leurs chars mènent leurs grands talents serviles. Leurs nombrils sont déposés sur des piles de dossiers qu'ils ont à loisir de régler quand bon leur semble. Ils peuvent même choisir le " l'épuisement professionnel" comme excuse.


    Le grand problème avec ces gens, c'est qu'ils sont super protégés par leurs petits amis et syndicat et surtout, que leurs noms n'apparaissent jamais au bas de quelque document que ce soit. Ce sont des professionnels du viaduc ! Ils ont tellement bien fait leur travail, n'est-ce-pas.

    Ni la sécurité et encore moins nos santés ne les préoccupent.


    Rien, non rien, n'est fait pour le bien des hommes sur cette planète. Gazés,gavés,manipulés,trahis, de nos naissances jusqu'à nos morts.

    Notre-Dame-de-la-Mort, épargnez-nous jusqu'à nos retraites.

    Okay, Man ! C'é com...


    Valdor Lagacé-Gallant

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 09h01
    Pourtant ils ont raison
    Le métro vers Laval en est un bon exemple. Pour le coût d"un pont, l'ile de Montréal a REDUIT le nombre de voitures en provenance de Laval. Cet exemple devrait encourager à développer le métro vers le nord-ouest de Montréal comme prévu à l'origine. Une voie de métro, qui pourrait être de surface, devrait aussi rabattre la clientèle de la rive-sud vers le métro à Longueuil.

    De toute façon, des sommes énormes devront être investies dans les prochaines années pour rénover les ponts autor de Montréal. Une voie de métro construite avant ces travaux offrira une alternative intéressante aux automobilistes pris dans les embouteillages. Une parrtie de cette somme pourrait facilement être investies dans le transport en commun ou alternatif. Les investissements dans les infrastructures routières pourraient ainsi être réduits.

    Les trains de banlieue accroissent leur clientèle d'année en année. La marche vers le changement est déjà commencée.

    Eric Barnabé

  • David Sanschagrin
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 11h44
    Conférence de presse de M. Charest.
    -Oui, comme je le disais, la priorité de ce gouvernement est l'environnement, c'est pourquoi nous adopterons des mesures concrètes...
    -Euh, M. Charest, qu'entendons-nous au loin?
    -Mais c'est le bruit causé par les travaux de la 25!
    -N'est-ce pas une contradiction?
    -Désolé, je ne peux répondre à cette question, je ne suis pas formé à débattre de problèmes philosophiques, je suis là pour être responsable, responsable pour l'environnement, les conducteurs, la santé, l'industrie forestière... Bref, je dois être responsable pour beaucoup de choses différentes en même temps.

  • l poisson
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 14h30
    un message d'intérêt public d'Elvis Gratton
    Notre coeur d'électeur sourit s'il entend susurrer "baisses d'impôt". Et sursaute si on remet en cause notre liaison avec l'auto. Le prix du gaz c'est ben écoeurant mais que voulez-vous ?

    Depuis maintenant 100 ans, le Nord-Américain est intoxiqué par le slogan post-marxiste: "A chacun (une Ford) selon ses besoins". J'en parlais justement avec mon char en revenant de travailler hier sur le pont.

    Duplessis gagnait ses élections en plantant des petits piquets le long des chemins de campagne. "Pas d'avancement, pas de progrès. Pas de progrès pas d'avancement". Et les vieilles huiles usées servaient à rabattre la poussière uniquement devant les fermes dont les proprios avaient voté du bon bord. C'était le bon temps. Ne reste plus que les tournois de golf pour graisser les politiciens, surtout au 19ième...

    La citoyenneté ne devrait-elle pas être réservée aux automobilistes ? Ce sont eux qui (se) font littéralement rouler (par) l'économie.

    "Avancez en arrière" voilà le message à transmettre aux autres (que nos chartes m'empêchent de nommer). Mais on les voit au BS (Bus stop)

    Pendant ce temps,ici on reste esclaves du 9 à 5. Et gare à vous si vous êtes en retard. L'Allemagne qui domine malgré tout encore les échelles de productivité est à l'origine des horaires variables. La discipline peut aussi être personnelle.

    On ignore l'impact de l'autoroute de l'information et du télé-travail sur nos besoins futurs d'autoroutes et de viaducs. Et on ne fait rien pour le savoir. Il semble qu'en Hollande, la majorité des entreprises favorise le travail à domicile au moins une journée par semaine ( selon la presse française de ce jour).

    Quand vous verrez un politicien dans l'autobus c'est qu'il y a un photographe pas loin

  • Etienne Coutu
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 15h56
    Quand le politique ne sert que son agenda
    Aux consultations publiques sur ce projet, il y a avait des hauts fonctionnaires de la ville qui exprimaient, à titre de simples citoyens, leur réserves.

    La Direction de la Santé Publique, des fonctionnaires du gouvernement ont toujours gardé la même position depuis 2002, ils sont contre ce projet.

    C'est donc dire que la volonté est uniquement politique, et on fait ce projet malgré les avis des professionnels qui sont au service de l'état et de la Ville.

    Grâce au Décret, les politiciens n'ont pas à répondre de ce projet à la population. Quel bel exemple de la santé démocratique au Québec.

    Aucun partis présent à l'Assemblée Nationale n'exprime d'opposition au projet. On sait trop bien que la balance du pouvoir n'est pas sur l'île de Montréal, mais bien dans la banlieue.

    Triste constat, de manque de vision, et de copinage politique. C'est le retour à la grande noirceur.

  • François Beaulé
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 17h23
    Où sont les urbanistes?
    Depuis longtemps déjà, il faudrait avoir développé un plan de développement de l'habitat et du transport qui soit cohérent.

    L'étalement urbain favorise l'auto depuis des décennies (au moins 50 ans). Les conséquences d'un développement du type «auto-bungalow» à l'américaine aurait dû être prévues par les urbanistes pour ce qui est du bruit et de la pollution de l'air.

    Je ne me souviens pas que les urbanistes regroupés au sein d'une association ou par l'intervention des facultés universitaires d'urbanistes aient jamais cherché à promouvoir un débat public sur la question.

    Les politiciens via l'État et les villes sont intervenus pour fournir des infrastuctures routières et autres et ainsi soutenir ce type d'habitat inefficace et polluant.

    Les urbanistes se sont soumis au marché sans vision à long terme. Ils se sont comportés de façon irresponsable.

  • Renée Frappier
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 18h04
    La bonne voie
    Je trouve leur décision très cohérente avec la perception de leurs responsabilités. Nos élus sont responsables de leur réélection et du contentement des grandes entreprises. Le bien commum et l'avenir ne sont pas leur tasse de thé. Vitement des élus réellement responsables. Où êtes-vous ? Cela reviendra encore aux citoyens de ramener les élus du jour dans la bonne voie...

  • Chryst
    Abonné
    dimanche 3 février 2008 16h28
    Hypocrisie de politicien !
    Au moment où 4 villes allemandes instaurent un système de vignettes colorées pour réduire les épisodes de smog dans leur centre-ville, la ville de Montréal avec la complicité d'un gouvernement qui se dit pour le développement durable favorise la circulation automobile par la construction de l'autoroute 25 plutôt que développer davantage le transport en commun.

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