vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 17h14


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'entrevue - Le sens du soi

Pauline Gravel   7 janvier 2008  Santé
Margaret Somerville
Photo : Jacques Grenier
Margaret Somerville
Il y a quelques années à Vancouver, de jeunes adultes qui venaient d'apprendre qu'ils avaient été conçus grâce à un don de sperme ou d'ovules ont frappé à la porte de la clinique de fertilité où avait été effectuée la procédure pour savoir s'ils avaient des demi-frères ou des demi-soeurs, raconte l'éthicienne Margaret Somerville, fondatrice du Centre de médecine, éthique et droit à l'université McGill. «Ces gens qui cherchaient à savoir d'où ils viennent voulaient qu'on passe au crible leur ADN pour connaître l'identité de leurs parents biologiques.»

Mais, au Canada, la Loi sur la procréation assistée adoptée en 2004 interdit de révéler de telles informations sans le consentement du donneur. La divulgation de données personnelles sur celui-ci constitue une infraction passible de 250 000 $ d'amende et de cinq ans de prison. Margaret Somerville s'insurge contre un tel règlement qui prive «les enfants conçus à l'aide de donneurs» du droit de connaître leurs origines biologiques. «Savoir à travers qui la vie leur a été transmise donne de solides bases, un sentiment de connexion avec la vie, dit-elle. Ne pas offrir à une personne la possibilité de connaître son ascendance est dommageable. Pour cette raison, notre société ne doit pas cautionner les procédures qui peuvent conduire à une telle situation. Même si ce ne sont pas tous les enfants qui ressentiront ce besoin, ils ont le droit d'avoir ce choix.»

En tenant de telles affirmations, Margaret Somerville s'est fait accuser de tout réduire à la génétique, voire d'être carrément raciste comme Hitler, pour qui la race — autrement dit le patrimoine génétique — d'un individu comptait plus que tout. «Je ne dis pas que les gènes sont la chose la plus importante, mais je crois que le lien génétique est le seul que personne ne peut ignorer. Tous les autres [liens] prennent la forme d'un contrat qui peut être violé», réplique celle qui affirme s'opposer à toute forme de racisme et de discrimination. «La génétique est importante pour le sens du soi.»

«Nous parlons des droits de l'homme en faisant toujours allusion à ceux des adultes, mais jamais à ceux des enfants. Les enfants sont des citoyens sans voix. Or nous devons les considérer comme des individus à part entière qui ont leurs propres droits», proclame cette Australienne qui vit au Canada depuis 32 ans et dont les points de vue sont surtout connus au Canada anglais et dans son pays natal. Après avoir obtenu des diplômes en pharmacie et en droit en Australie, Margaret Somerville a obtenu un doctorat en droit civil à l'université McGill avant de se spécialiser en éthique médicale et droit en recherche médicale, un secteur de recherche qu'elle a développé au sein de cette université.

«L'éthique nous enseigne à donner aux enfants la préférence sur les adultes, car ils sont les plus vulnérables. Qui plus est, ils ne peuvent jamais donner leur consentement», poursuit Mme Somerville, qui croit que les enfants ont le droit «humain» de connaître l'identité de leurs parents biologiques, et ce, même si ces derniers ne le désirent pas. «Le droit de l'enfant doit primer celui de l'adulte qui voudrait qu'on respecte sa vie privée.»

Encore plus loin

Les pays sont de plus en plus nombreux à revoir leur politique sur cette délicate question, fait remarquer l'éthicienne. La Grande-Bretagne a adopté en 2005 une loi qui interdit désormais les dons anonymes de sperme et d'ovules en se fondant sur la prémisse que l'enfant a le droit de savoir qui sont ses parents biologiques. À l'âge de 18 ans, les jeunes peuvent aussi entrer en contact avec leurs géniteurs non seulement en Grande-Bretagne mais aussi en Allemagne, en Suède, en Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande et dans certains États de l'Australie. Dans d'autres pays, comme la France, on réfléchit de plus en plus sérieusement à l'idée de lever l'anonymat des donneurs.

Dans la même veine, on a récemment décidé, en Nouvelle-Zélande, que les couples qui désirent donner leurs embryons surnuméraires — dormant dans l'azote liquide d'une clinique de fertilité — à des couples adoptifs doivent rencontrer ces derniers et s'entendre avec eux pour que les enfants qui naîtront aient le droit de connaître leurs parents et leur fratrie génétiques. L'État de Victoria, en Australie, s'apprête à leur emboîter le pas.

Margaret Somerville va encore plus loin dans sa prise de positon. Elle s'oppose à ce que des ovules prélevés sur un foetus avorté soient fécondés in vitro dans le but de donner naissance à un enfant, dont la mère n'aurait été qu'un foetus. Elle s'objecte aussi à ce qu'on utilise le sperme ou les ovules congelés de personnes décédées, sachant que les enfants qui en découleront n'auront jamais la possibilité de rencontrer leurs parents biologiques puisqu'ils étaient déjà morts au moment de leur conception. Elle refuse également qu'on produise des spermatozoïdes chez un homme infertile à partir de ses cellules souches, lesquels spermatozoïdes serviraient ensuite à féconder l'ovule de sa conjointe.

Un enchâssement dans la loi

L'éthicienne appréhende en outre le «moment pas si lointain» où l'on parviendra à créer des bébés à partir de deux ovules ou de deux spermatozoïdes pour satisfaire le désir d'enfant des couples homosexuels. «Des scientifiques japonais ont déjà réussi à donner naissance à une souris à l'aide de deux gamètes femelles. De telles possibilités ne doivent pas être permises, tranche-t-elle. Nous avons tous droit à une origine humaine naturelle. Nous sommes le produit d'environ quatre milliards d'années d'évolution, nous devons donc réfléchir très sérieusement à ce qu'il serait fondamentalement mauvais de faire pour les enfants à naître avec ces incroyables nouvelles technologies [de reproduction], qui nous permettent de transformer complètement la conception d'un être vivant pour la première fois dans l'histoire de l'humanité.»

Loin d'être contre les techniques de fécondation in vitro, Margaret Somerville fait une distinction entre l'utilisation de ces technologies pour réparer la nature quand elle fait défaut et leur emploi pour faire des choses qui seraient impossibles dans la nature, comme de produire du sperme chez un homme infertile à partir de l'une de ses cellules souches ou concevoir un enfant à partir des ovules de deux femmes.

Margaret Somerville se prononce carrément en faveur de l'enchâssement dans la loi d'un droit fondamental de l'enfant à concevoir à partir d'un héritage biologique naturel (c'est-à-dire d'une origine biologique non modifiée), soit «d'un sperme naturellement formé appartenant à un homme adulte vivant dont l'identité est connue et d'un ovule naturellement formé provenant d'une femme adulte vivante et dont l'identité est connue».

Mme Somerville s'inquiète de la croissance fulgurante des dons de sperme accordés à des femmes célibataires ou lesbiennes au Royaume-Uni. «Si cela continue, dans un futur proche, plus de 50 % des bébés conçus à l'aide du sperme d'un donneur seront orphelins de père. Que certaines femmes veuillent faire cette expérience en privé, c'est une chose, et leur intimité doit être respectée. Mais devons-nous, en tant que société, soutenir de telles démarches? Nous parlons ici de notre éthique en tant que société et non de l'éthique de ce que ces individus choisissent de faire moralement. Le père dont un enfant a besoin doit être pris en considération», déclare l'éthicienne, qui affirme néanmoins défendre le droit des gais, mais aussi une définition traditionnelle de la famille.

Une bataille scientifique

«Il y a dix ans, mes propos à ce sujet n'auraient suscité aucune controverse. Mais aujourd'hui, affirmer qu'un enfant a besoin d'un père et d'une mère, préférablement ses parents biologiques, a l'effet d'une bombe, souligne-t-elle. Bien sûr, on ne doit pas faire de discrimination contre des adultes sur la base de leur orientation sexuelle, mais nous devons nous demander quelles sont nos obligations face à l'enfant. Celui-ci est au centre de la démarche, et il est le seul qui ne donne pas son consentement. De plus, dans un certain sens, il s'agit d'une expérience sociale puisqu'il y a un renversement complet de la constitution de la famille.» Selon elle, il n'est pas éthique que les enfants fassent l'objet d'une telle expérience.

Mais l'amour dont on entoure l'enfant n'est-il pas l'élément essentiel à son épanouissement? Sur cette question, une bataille scientifique fait rage, deux théories s'affrontent. Margaret Somerville prête plutôt attention à celle affirmant que l'homme et la femme jouent des rôles complémentaires dans l'éducation des enfants. «Les femmes tendent à développer l'empathie, la compassion et la patience chez l'enfant tandis que les hommes transmettent le courage, le goût du risque et la persistance.»

À ce propos, elle souligne aussi ce que nous révélera peut-être l'épigénétique, un nouveau champ de recherche qui s'intéresse à l'impact de l'environnement sur l'activation des gènes. «Des recherches récentes nous ont appris par exemple qu'en léchant ses ratons, la rate stimule certains gènes chez ces derniers. Je prédis que nous découvrirons dans le futur que certains comportements parentaux sont également nécessaires chez l'humain pour activer des gènes particuliers», affirme Mme Somerville.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michel Lebel
    Inscrit
    lundi 7 janvier 2008 08h09
    Le bon sens
    « Le sujet est complexe mais aussi fondamental. L'approche et l'opinion de Mme Somerville nous montrent que le bon sens a encore sa place dans notre société. Je dirais plus que jamais! »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 7 janvier 2008 08h32
    Intéressant.
    « Nous ne pouvons que suivre cette idée d'une dignité humaine à renforcer et elle commence par les enfants. Les consommateurs unis de tous les pays ne vont pas être contents pour cause d'égoïsme. Il est vrai que l'enfant ne donne pas son consentement et il est vrai que ce n'est pas éthique de décider à l'encontre de leur histoire possible. Éduquer, oui; manipuler, non. Dans les laboratoires nous manipulons et il ne faut pas que cet acte scientifique devienne une « métaphore » pour les adultes de toutes tendances dans le but d'assouvir leurs égoïsmes décentrés. Une véritable éthique humaine serait-elle contre les activités de la société contemporaine occidentale actuelle? Ou alors, l'activité occidentale contemporaine est-elle vraiment éthique? Grand débat de société que de définir l'éthique. Très bel article. »

  • Yvan Bélanger
    Abonné
    lundi 7 janvier 2008 11h37
    Se cacher derrière la loi
    « Si on accepte de devenir père, même indirectement, on a une responsablité et on ne peut pas se cacher derrière un faux droit à la vie privée (traduire vie non dérangée pour un égoiste) »

  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    lundi 7 janvier 2008 11h59
    quel droit?
    « On est devant une question qui démontre bien l'hypocrisie de notre supposée société de droit où seul les "puisants" en nombre,en "gueulle", en organisation ou en "sympathie" peuvent faire valoir et défendre leur droit. Ici, ce sont les enfants, les petits humains, qui voient leur droit à la dignité humaine la plus fondamentale bafouée par des adultes qui décident pour eux de leur destin. C'est vrai que les petits humains, de la conception à 18 ans, ne votent pas... Je suis absolument en accord avec Mme Somerville.

    Maurice Gauvreau »

  • Guillaume Girard
    Inscrit
    lundi 7 janvier 2008 13h08
    Et vite que l'on légifère!
    « La connaissance de ses origines devrait être un droit fondamental à tout être humain. Mieux connaître son passé, nous permet de mieux affronter notre présent et notre avenir...

    Ce n'est qu'une question de temps pour que le gros bon sens prenne le dessus!

    Mesdames, Messieurs les députés à vous d'en faire votre cause, la population en générale suivra! »

  • Nathalie Lavallée
    Inscrite
    mardi 8 janvier 2008 19h46
    25 ans...toujours a la recherche du donneur...
    « Ca fait déjà 25 ans que je suis née par insémination d'un donneur inconnu. J'ai également un demi-frère, conçu de la même manière Je dois vous avouer sincèrement, que j'ai toujours voulu connaitre ce fameux donneur...pour simplement, recevoir à mes 18 ans, une lettre le décrivant physiquement et personnellement , ses passions, son métier, ses rêves, son passé médicale, ses origines, etc. .Ses quelques mots m'auraient amplement satisfaite. 25 ans plus tard, je me pose trop de questions qui sont restés sans réponses...il y a un énorme vite en dans ma vie et qui malheureusement, restera à jamais. Je suis pour le fais que l'on dévoile certains renseignements sur le donneur, comme j'ai mentionné plus haut. Par contre, je respecte qu'il désire garder l'anonymat, car je comprends qu'il n'ait pas envi, 25 ans après son don de spermes, de savoir qu'il a un enfant ou même plus. Malgré que je mourrais d'envi de savoir à quoi il ressemble. Étant donné que la loi, lors de ma conception, était de garder l'anonymat, je dois donc vivre chaque jour dans le mystère. Je regarde chaque homme dans la cinquantaine, et je me demande si ca pourrais être lui, mon père. Je souhaite que cette loi change, pour le bien être des futurs enfants, qui seront conçu de la même manière que moi et mon demi-frère! »

  • Caroline Fortin
    Inscrite
    mercredi 9 janvier 2008 21h26
    Le droit aux origines - rêve ou réalité
    « Bravo à Mme Somerville pour cette façon de reconnaître le droit aux origines pour tous. Que l'enfant conçu naturellement ou grâce à un don de sperme ou d'ovules sache d'où il vient est, selon moi, tout à fait naturel et légal. Je pousserai plus loin sa réflexion en ajoutant que l'enfant jadis confié à l'adoption, donc conçu comme la majorité de l'époque hors des liens sacrés du mariage, a également droit de connaître ses origines. Mais, au Québec, la loi empêche cet enfant, devenu adulte, de connaître la vérité sur ses origines biologiques sans le consentement du parent biologique qui a consenti à l'adoption! Qu'en pensez-vous? N'est-ce pas là pousser un peu trop loin? Je suis en accord avec Mme Somerville lorsqu'elle mentionne : «Le droit de l'enfant doit primer celui de l'adulte qui voudrait qu'on respecte sa vie privée.» J'espère que nos politiciens prendront cet article très au sérieux et qu'ils agiront en conséquence dans les prochains mois. À ceux qui ne sont pas au courant, des tonnes de dossiers, rapports, recommandations, dorment sur les tablettes du gouvernement du Québec, et ce, depuis nombre d'années. Qui peut se lever et modifier le tout?

    Parce qu'un enfantpour la plupar »

  • Gilles Ouellet
    Inscrit
    lundi 14 janvier 2008 16h06
    Le droit de l'enfant à la connaissance de ses origines biologiques
    « Le sujet est complexe. Au Québec et les autres endroits où la question n'est pas encore tranchée, le débat porte sur la primauté d'un droit par rapport à l'autre soit: le droit à la confidentialité (engagement pris par l'autorité officielle envers les parents (adultes) par rapport au droit de savoir de l'enfant).
    Je crois que le Québec se distingue. Je soupçonne l'autorité du clergé catholique de faire pression afin que tout reste secret. Il y aurait, dans leur rang, trop de péchés à confesser à ce chapitre. Les excuses de monseigneur Ouellet n'y suffiraient pas. ;-)

    L'argumentation de madame Somerville repose essentiellement sur une argumentation éthique : "Le droit de l'enfant doit primer celui de l'adulte qui voudrait qu'on respecte sa vie privée". Elle explique cela par les faits incontestables que les enfants sont plus vulnérables et qu'ils ne peuvent jamais donner leur consentement.
    Je suis émotivement et positivement influencé par cette argumentation. En tant qu'enfant adopté, je respecte la volonté de ma génitrice de vouloir conserver l'anonymat mais je lui conteste le droit de me priver de la connaissance de ma lignée biologique. J'ai droit de connaître, mon géniteur, ma fratrie, mes ancêtres et leur histoire. J'ai droit de connaître mon nom "biologique". Il a été écrit qu'une personne (ou un peuple) sans histoire n'a pas d'avenir. Mes enfants s'interrogent aussi et je n'ai aucune réponse à leur offrir. Je me console en leur disant que je suis le premier de la lignée qui va suivre.

    Pour la partie concernant la reproduction artificielle d'un foetus, je m'intéresse à cette nouvelle problématique. Je suis évidemment d'accord lorsqu'elle dit que ces techniques doivent servir à corriger des anomalies de la nature (l'infertilité). Je suis sensible à l'argumentation dénonçant l'utilisation abusive des nouvelles technologies (ex: ovule et sperme d'une personne décédée). Par ailleurs, elle soulève la question éthique du droit d'un homme et d'une femme célibataire qui désire un enfant sans conjoint de sexe opposé ou les couples gais.

    Sur ce dernier point, on s'interroge aussi sur l'impact de l'environnement sur l'activation des gènes. Quel est l'impact de l'absence d'un sexe sur le développement intégral de l'enfant? Sur cet aspect , je me range du côté de madame Somerville qui affirme :..."que l'homme et la femme jouent des rôles complémentaires dans l'éducation des enfants. Les femmes tendent à développer l'empathie, la compassion et la patience chez l'enfant tandis que les hommes transmettent le courage, le goût du risque et la persistance". Si on refusait de reconnaître cela, que resterait-il à l'homme? »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mercredi 16 janvier 2008 12h27
    Les droits des enfants d'abord
    « La position de madame Somerville sur le droit des enfants à connaître leurs origines biologiques est celle adoptée par plusieurs pays de l'ouest qui ont promulgué des lois en ce sens

    Souhaitons que le Québec en vienne à une politique similaire. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
9 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009