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Pourquoi le virus de la grippe aviaire est peu contagieux chez l'homme

7 janvier 2008  Santé
Paris — Le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a tué 216 personnes sur 348 infectées en cinq ans, se fixe à des récepteurs situés dans le système respiratoire inférieur et non aux muqueuses situées dans le nez et la gorge, comme les virus responsables des épidémies de grippe humaine, ont découvert des chercheurs.

La transmission d'homme à homme des virus dépend de leur capacité à se fixer sur ces parties du corps, d'où ils sont projetés sur d'autres individus par des quintes de toux ou des éternuements.

L'équipe de chercheurs autour de Ram Sasisekharan, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a montré dans un article paru dimanche dans la revue Nature Biotechnology comment les virus de la famille H5, qui affecte les volatiles beaucoup plus facilement que l'homme, se fixent sur des chaînes de sucre ou glycanes de forme conique, tandis que les virus de des familles H1 ou H3 se fixent sur des chaînes en forme d'ombrelle.

Chez l'homme, les glycanes de forme conique se trouvent dans les voies respiratoires inférieures, où le virus a plus de mal à pénétrer et d'où il peut difficilement se transmettre, alors que les chaînes de sucre en forme d'ombrelle se situent dans le nez et la gorge.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint que l'épizootie de grippe aviaire ne se transforme en pandémie dévastatrice à la suite d'une mutation du virus H5N1 qui rendrait efficace sa transmission d'homme à homme.

Si la grippe tue chaque environ 500 000 personnes à l'échelle de la planète, une épidémie d'une souche très différente des autres pourrait être beaucoup plus mortelle, les systèmes immunitaires et les vaccins existants étant moins préparés pour y répondre.

Ainsi la grippe espagnole à la fin de la Première Guerre mondiale avait-elle fait des dizaines de millions de morts.

La découverte des chercheurs devrait permettre d'identifier plus rapidement les souches de virus capables d'attaquer les voies respiratoires chez l'homme.

«Cela pourrait nous aider à surveiller le virus de la grippe aviaire et potentiellement à améliorer les interventions thérapeutiques à la fois pour la grippe aviaire et la grippe saisonnière», selon M. Sasisekharan.
 
 
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