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Lettres: Un nouveau réacteur

Louis Marchildon - Président de l'Association canadienne des physiciens. Le 16 décembre 2007  19 décembre 2007  Santé
Les médias ont abondamment parlé depuis quelques jours de la pénurie d'isotopes utilisés en médecine nucléaire, conséquence de l'arrêt temporaire du réacteur National Research Universal (NRU) de Chalk River. Tout à coup, on se rend compte que des traitements et des diagnostics dont bénéficient chaque année 20 millions de patients au Canada et à travers le monde dépendent d'un réacteur qui a accumulé 50 ans de service.

Bien que l'impact sur la santé soit certes le plus important, il faut également souligner que toutes les activités scientifiques et technologiques se sont arrêtées au NRU. Ce réacteur produit une très grande quantité de neutrons. Dans les expériences menées à Chalk River, ces neutrons sont dirigés vers toutes sortes de matériaux (céramiques, tissus organiques, métaux, supraconducteurs, etc.) avec lesquels ils entrent en interaction. À l'aide de détecteurs perfectionnés, les chercheurs peuvent alors déterminer la structure microscopique des matériaux par la façon dont ils réfléchissent ou transmettent les neutrons.

Pendant cinq décennies, le NRU a remarquablement répondu aux attentes des milieux scientifiques et industriels, constituant un instrument indispensable à l'industrie nucléaire canadienne, à la production d'isotopes médicaux et à la science des matériaux. Mais il est de plus en plus lourd et coûteux de s'assurer qu'un appareil de cet âge satisfasse à la très sévère réglementation dans le domaine nucléaire. Il devient donc impératif d'envisager son remplacement par un nouveau réacteur moderne.

À l'heure actuelle, il n'y a pas au Canada de politique précise en matière de financement des grandes infrastructures de recherche, qu'il s'agisse de leur construction, de leur entretien ou de leur évaluation. Pour plusieurs organismes scientifiques, il est urgent que le Canada se dote d'une telle politique. Il ne s'agit pas d'une question partisane mais bien de la gestion efficace et visionnaire de ressources dirigées vers la santé, le bien-être et la culture scientifique des Canadiens. Une politique en matière de grandes infrastructures de recherche contribuerait sans doute à mieux prévenir des événements préoccupants comme ceux dont nous sommes actuellement les témoins. Souhaitons qu'on se penche rapidement sur cette question.
 
 
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