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OGM: du riz illégal est toléré

Fabien Deglise   18 décembre 2007  Santé
«Sans Nom» mais avec organisme génétiquement modifié (OGM) illégal. Une analyse en laboratoire commandée par le groupe environnemental Greenpeace vient de révéler la présence d'un riz transgénique, dont la vente est interdite au Canada, dans un produit générique de la chaîne d'épiceries Provigo/Loblaws. Un dépistage «gênant», indiquent les gardiens de la «paix verte», mais que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) tout comme le distributeur ont cherché hier à minimiser.

«Le riz en question ne présente pas de risque pour la santé, la salubrité des aliments ou l'environnement», a indiqué la porte-parole de Provigo, Josée Bédard. «Vous pouvez manger un bol de riz composé à 100 % de ce riz sans danger», a ajouté Marc Richard, de l'ACIA. En novembre dernier, Greenpeace a soumis 10 échantillons de riz achetés dans le commerce un peu partout au pays au laboratoire américain Genetic ID, de Fairfield en Iowa. Les grandes marques étaient toutes représentées. Objectif de l'analyse: déceler la présence possible du LLRICE 601, un riz expérimental génétiquement modifié que la compagnie Bayer CropScience a accidentellement laissé se répandre dans la chaîne alimentaire aux États-Unis en 2006. Ce riz n'est pas homologué dans ce pays ni au Canada d'ailleurs, ce qui interdit de facto sa présence dans les produits de consommation.

Or, les limiers embauchés par le groupe de pression en ont trouvé des traces, indique le rapport de recherche dont Le Devoir a obtenu copie, dans deux produits vendus sur le marché canadien, soit un riz blanc à long grain de marque «Sans nom» vendu dans les chaînes Provigo/Loblaws ainsi que dans un riz blanc de marque Western Familly, populaire dans les régions de l'ouest du Canada. Une dissémination dans l'environnement de ce transgène serait à l'origine de la contamination, précise Greenpeace.

«On pouvait s'en douter, a commenté hier Éric Darier, porte-parole du groupe écologiste en matière d'OGM. Nous avons ici la preuve du laxisme du gouvernement fédéral qui a tout fait pour ne pas déceler ce riz dans les produits importés des États-Unis. Et forcément, on le retrouve sur nos tablettes aujourd'hui.»

Les États-Unis sont en effet, avec près de 220 000 tonnes par an, le premier fournisseur de riz du Canada. Loin devant la Thaïlande et à des années-lumière de l'Inde et de l'Italie, les autres principaux exportateurs de riz au pays.

Ottawa ferme les yeux

Modifiées génétiquement pour tolérer un herbicide, les semences de LLRICE 601 ont été cultivées dans les États du sud des États-Unis, de manière expérimentale, entre 1998 et 2001. En 2006, Bayer CropScience a informé les autorités américaines et canadiennes de la contamination de plusieurs lots de riz par ces semences non homologuées. L'ACIA a toutefois indiqué à l'époque ne pas vouloir renforcer ses contrôles jugeant que cet OGM ne fait peser aucun risque pour la santé humaine et animale.

Plus d'un an plus tard, le ton n'a pas changé. «Selon l'évaluation faite par Santé Canada, ce riz n'a aucun effet sur la santé», a rappelé Marc Richard. «On parle donc ici de la présence de quantités infimes d'une substance jugée sécuritaire. Il n'y a donc pas grand-chose.»

Dans la foulée de l'aveu de Bayer CropScience, l'ACIA a toutefois diffusé à l'automne 2006 une série de recommandations techniques à l'attention de l'industrie pour qu'elle s'assure de l'absence de LLRICE 601 dans les produits mis en marché au Canada. Par ailleurs, de concert avec la Rice Federation des États-Unis, l'Agence a publié un «plan d'action» pour inciter les producteurs américains à ne pas cultiver en 2007 de riz Chenière, une variété porteuse pour le LLRICE 601, et de faire analyser l'ensemble de leurs semences pour s'assurer de l'absence de ce transgène.

Pis, tout en affirmant que la présence de cet OGM «n'a pas été détectée», l'agence a décidé en septembre dernier de lever ses exigences relatives à l'importation de cette souche de riz qui n'a toujours pas été homologuée au pays. Sa présence est donc encore et toujours illégale.

«C'est très préoccupant, a indiqué hier au Devoir Charles Tanguay, porte-parole de l'Union des consommateurs. On se sent encore une fois, face aux OGM, comme des cobayes. Sans un système efficace d'étiquetage obligatoire, tout est en place pour permettre à l'industrie de nous faire passer n'importe quoi.»

Fort de son analyse en laboratoire, commandée «en réaction à l'inefficacité du fédéral», Greenpeace a contacté l'ACIA dans les derniers jours afin de lui demander de revoir rapidement ses programmes de contrôle pour que les OGM non homologués ne se retrouvent plus dans les assiettes des consommateurs. L'organisme demande également à l'Agence de modifier ses critères de détection dont la générosité ne permet pas de détecter correctement la présence d'OGM dans les produits, estime le groupe de pression qui, par la même occasion, exige qu'à l'avenir l'ensemble des tests du fédéral en matière de transgènes soient rendus publics.

***
Rectificatif
Contrairement à ce que nous avons écrit dans notre édition , le riz génétiquement modifié LLRICE 601 de la compagnie Bayer CropScience a été homologué aux États-Unis en novembre 2006, et ce, afin de régulariser la présence de ce transgène expérimental qui s’est répandu de manière accidentelle dans la chaîne alimentaire. Toutefois, comme nous le mentionnions, les autorités sanitaires canadiennes n’ont pas approuvé ce riz issu de la biotechnologie. La présence de cette graminée dans des produits de consommation, dénoncée par Greenpeace cette semaine, demeure donc totalement illégale, mais tolérée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).






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  • Kim Huynh
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 11h29
    Quand on a beaucoup de passe-temps
    « Si vous aviez beaucoup de passe-temps, vous pouvez se joindre a groupe Green Peace. Pour ce sujet ci, il 'y a accune preuve qui prouve que ce produit est dangereux. »

  • Normand Brisson
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 12h56
    Ceci n'est pas du journalisme
    « Votre article ressemble à une pub payée par Greenpeace...! La rigueur, vous connaissez? On dirait que vous prenez vos lecteurs pour des imbéciles. »

  • S Brandon
    Inscrite
    mardi 18 décembre 2007 13h32
    Vive l`étiquette !
    « L`Acia devrait penser à élargir ces champs de compétences. Bravo Greenpeace! »

  • Louis-Philippe Tessier
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 13h57
    mais encore...
    « Il n'y a rien qui prouve que le produit n'est pas dangereux. »

  • Hermil LeBel
    Inscrit
    mardi 18 décembre 2007 14h46
    La démocratie au service des lobbies
    « Ces simples tests sont à la portée de n'importe quel laboratoire spécialisé dans le domaine et seul l'aveuglement volontaire explique un tel laxisme. De nos jours, il semble d'ailleurs qu'il s'agisse d'un pré requis pour avoir le droit de mener les affaires de la cité. Résultats de ces politiques, nos infrastructures sociales s'effondrent plus rapidement que les structures urbaines.

    Le pouvoir accordé aux lobbies est si intense que les groupes de pression parviennent à faire trembler les gouvernements et leur faire adopter des politiques qui contreviennent aux lois de ce pays. L'agro-alimentaire, les pharmaceutiques, les pétrolières, les ordres professionnels et les féministes d'État sont autant de parasites qui parviennent, en soudoyant le politique et en accablant le judiciaire, à tourner en dérision les institutions de ce pays. Dans le cas précis des féministes d'État, la situation est d'autant plus absurde que ce lobby est financé entièrement par le trésor public !

    Mais au profit de qui cette démocratie est-elle administrée? »

  • Louise caroline Bergeron
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 15h39
    Et la prudence ?
    « Je crois avoir le droit, en tant qu'être humain, de me nourrir avec des produits non touchés par de l'ingénierie humaine, je n'ai pas besoin de leurs manipulations, même que j'en suis inquiète car elles sont faites à l'aune du profit...

    J'ai le DROIT de savoir ce que je mange ce qui a évolué avec mon espèse sur cette terre, et de n'êtr pas FORCÉE par des corporations qui ont tout sauf mon bien-être comme intérêt à bouffer leurs produits; j'ai SURTOUT le droit de n'être pas dupée. ALors à quand mon «consentement éclairé», qu'on demande au moisn aux sujets d,études scintifiques, selon toute bonne éthique de recherche ? Pourqoi, quand il en est des corporations de l'agroalimentaire, ce consentement n'est plus obligatoire ?

    Qu'on soit d'accord ou non avec mes réserves, je les trouve sages et je crois que si Monsanto peut gagner une cause contre un fermier anti-OGM qui est victime de contamination de son champs, les consommateurs devraient pouvoir être remboursés pour l'inquiétude que cause l'ignorance dans laquelle nous maintient nos instances gouvernementales et qui font qu'on risque de mettre des OGMs dans sa bouche alors qu'on ne le souhaite pas ! Comment faire confiance à n'importe quoi de gouvernemental quand on nous refuse l'étiquetage puis qu'on apprend qu'il y a de telles fuites ? POurqoi le canabis thérapeutique demande-t-il TANT de recherches et d'études avant que d'être légalisé, mais les OGMs, elles aucunes ? Comme si fumer une plante naturelle était pire que de manger des produits vivants modifiés par l'humain ?

    Je vais faire confiance à Greenpeace mille fois avant de faire confiance à nos gouvernements qui ont prouvé leur incompténces maintes fois (qui se souvient de lla miouf, cet isolant qui était «sécuritaire»), et cent mille fois avant les corporations qui se fouent de moi, de nous, mais se préoccupent de camoufler les scandales (ex. : Vioxx), nous faire avaler n'importe quoi, pourvu qu'elles fassent des profits, car voilà leur seule raisons d'être.

    Et si la population est si ignorante qu'elle n'a pas la moindre idée des précautions et dangers dela manipulations génétique, si la population ne sait pas la différence entre ces manipulations et celle par croisement ou par boutures, qui se font à notre échelles et ne jouent pas avec les fondements du vivant, je crois qu'on doit réaliser que la population n'est peut-être pas abilitée à prendre des décisions éclairées, et je crois donc que la démocratie s'en trouve minée. Une opinion c'est une chose, une réserve scientifique en est une autre. Il ne faut pas confondre les deux. Quoiqu'en disent mes concitoyens qui sont peut-être de bonne foi mais surtout pas mal crédule, je trouve.

    Qui se souvient de la thalédomide qu'on donnait aux femmes enceintes ? C'était pas plus dangereux que ça et je suis certiane que certaines femmes qui ont eu des réserves se sont fait traiter de frileuses ou de «baisées», etc. Pourtant n'est-ce pas ce produit qui a causé tant de malformations ? Et les chantres de ces «améliorations» technologiques, qui tentent d'améliorer la nature, quand est-ce qu'ils feront leurs excuses aux enfants déformés par l«leur» progrès ? Qu'en sera-t-il des cheerleaders du progrès et de l'unocuité des OGMs quand nosu aurons perdu le contrôle et que ces semneces mortifères seront dispersées à tous vents ? On ne prévoyait pas l'effet des espèces envahissantes qui ont détruit des écosystèmes quand on les a apportés avec nous lors des colonisations. On pleure maintenant, masi il suffit de changer le mot, aujourd,Hui c'est OGM, et on recommence, insouciants, les mêmes erreurs !

    Permettez-moi de me dissocier de cette imbécilité dangereuse qui se fait prendre par le miroitement du progrès ! Merci aux gens de Greenpeace qui sont vigilant.e.s à notre place et malgré notre imbécilité qui confond leurs mises en garde avec de la propagande. De la propagande y'en pa plein, ça s,appelle du greenwashing et ce sont les Monsanto et Shell et MerckFrost et GM qui la font, PAS Greenpeace....

    Bonne chance, pauvre planète... »

  • François Rivet
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 15h58
    C'est du journalisme et la situation est inquiétante
    « Cette situation m'inquiète moi. En fait, je comprends que des cultures transgéniques à l'étude ont réussi à "s'échapper" pour aller contaminer des champs voisins. Et nous voici avec ce riz transgénique dans notre alimentation sans le savoir. OK, on nous dit que ces gènes ne sont pas dangeureux, mais qu'est-ce que qui nous dis que d'autres cultures transgéniques ne réussiront pas (ou n'ont pas déjà réussi) à "s'échaper" de leurs enclos?

    Quand on utilise des produits qu'on ne connaît pas, il en résulte souvent des conséquences néfastes. Par exemple, les CFP qui n'avaient aucun effet sur la santé et l'environnement, mais détruisaient la couche d'ozone, voir même le plomb dans l'essence.

    Imaginez un seul instant, on utilise des gènes de noix pour faire du riz, et des gens allergiques aux noix se mettent à mourir après avoir bouffé du riz... »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mardi 18 décembre 2007 17h24
    Réponse à Normand Brisson
    « Monsieur,

    Je ne suis pas d'accord avec votre réaction pour le moins dégradante à l'encontre de Greenpeace dont les limiers ont percé le mystère transgénique du riz Sans Nom vendu par Provigo. On devrait peut-être pousser l'enquête alimentaire encore plus loin. Comment peut-on donner une telle marque "Sans Nom", sans avoir quelque chose à se reprocher?

    Votre commentaire est indigeste...Et à mon tour de vous poser une question plantée: Travaillez-vous pour Monsanto?

    Contrairement à vos propos aussi discornus que les lapements d'un lézard cornu venimeux, je trouve au contraire que l'article de monsieur Deglise est du journalisme vrai et non en amateur comme vous semblez l'être.

    Merci à Fabien Deglise pour cet article éclairant contre les pollueurs patentés que sont toutes les Monsanto de ce monde pour qui le profit est prioritaire sur la vie. Honte sur vous, Normand Brisson! Vous gagneriez à l'avenir à vous taire.

    Et j'en ajouterai à l'article du journaliste du Devoir.

    Non seulement il me plaît de citer Fabien Deglise: «Or, les limiers embauchés par le groupe Greenpeace de pression ont trouvé des traces, indique le rapport de recherche dont Le Devoir a obtenu copie le 18 décembre 2007, dans un produit vendu sur le marché canadien, soit un riz blanc à long grain de marque «Sans nom» vendu dans les chaînes Provigo/Loblaws. Une dissémination dans l'environnement de ce transgène serait à l'origine de la contamination.»

    Mais encore, un petit rappel:

    OGM

    Le beau concert fédéraliste en faveur de l'étiquetage que veut bien nous présenter le PLQ ne risque jamais d'avoir lieu. La Chambre des communes a déjà dit non, en 2001, à l'étiquetage obligatoire des OGM en votant contre un projet de loi privé présenté par un député libéral. Bien sûr, depuis avril 2004, Ottawa a mis en place l'étiquetage «volontaire». Et le volontariat industriel canadien fonctionne tellement bien qu'il n'a produit à ce jour aucune étiquette sur des aliments contenant des OGM! Bref, le gouvernement de Jean Charest attend les provinces et Ottawa... qui a déjà dit non!

    On a injecté des OGM à des rats de laboratoire, pour réaliser ensuite chez eux des anomalies glandulaires.

    Le gouvernement Charest a à son actif une autre promesse non tenue, l'étiquetage des produits tablettés.

    85% des OGM sont du soja ou du canola. Qu'on ne vienne pas me parler maintenant des hamburgers au soya...etc. Si certains granola veulent payer plus cher pour se faire empoisonner, libre à eux! Il n'y a rien comme les produits naturels quand on ne les appelle pas tels s'ils n'en sont pas. Plusieurs naïfs et naïves se font berner à ce sujet par des charlatans.

    Si on ajoute par exemple de la fructose, comme le fait Monsanto, au maïs, il ne faut pas s'étonner qu'il goûte plus sucré, mais chimiquement, non naturellement.

    Les chaînes Loblaws, Provigo, Maxi...gagneraient à écouter les consommateurs. Et vous, Normand Brisson, à vous réveiller.

    http://tribunes.forumslog.com »

  • Frédéric Trempe
    Inscrit
    mardi 18 décembre 2007 21h25
    Mais qui donc est Normand Brisson? Je me suis posé la question...
    « N O R M A N D B R I S S O N E T F L O R I S Y S
    Naissance d'une entreprise
    En1999, le Dr Normand Brisson de l'Université de Montréal, le
    Dr Luc Varin de l'Université Concordia et le Dr Guy Bellemare, récemment retraité de l'Université Laval, fondent Florisys avec l'appui financier de T2C2. L'entreprise visait alors la commercialisation de technologies permettant de moduler la floraison, d'où le nom de Florisys donné à l'entreprise.
    http://www.centreseve.org/infoSEVE/InfoSeve5.pdf

    À son avis, le mouvement de réaction contre les OGM relève de la désinformation, voire de l'inquisition antiscientifique, et il est souvent alimenté par des arguments qui relèvent plus des croyances religieuses que de la science.
    http://www.bcm.umontreal.ca/Rayonnement/PDF/Brisson01.pdf

    T2C2 donne aux universités et aux centres de recherche l'occasion de participer au capital-actions des entreprises nouvellement créées, de recevoir des redevances sur la vente de produits technologiques et d'obtenir des contrats de recherche de ces jeunes sociétés.
    http://www.t2c2capital.com/fra/0_0/0_0.html

    Bravo pour votre admirable sens de l'objectivité, M. Brisson. Pour Noël, je vous souhaite de tout coeur de recevoir d'énormes redevances et plusieurs contrats juteux grâce aux OGM que vous contribuez à nous faire avaler. »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mardi 18 décembre 2007 22h19
    @ Normand Brisson
    « Je crois que vous devriez relire le texte, car il fait part des points de vue des administrateurs de Provigo qui se foutent carrément de la présence de ces substances dans nos aliments. VIVEMENT L'ÉTIQUETTAGE OBLIGATOIRE, LES CITOYENS ONT LE DROIT DE SAVOIR CE QUI RENTRE DANS LEUR ASSIETTE!!! »

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