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Santé: Saleté de vie!

14 décembre 2002  Santé
La qualité de l'air est une préoccupation publique, le smog, la pollution par les odeurs porcines, le CO2 des voitures... On pense à l'environnement, et puis aux effets sournois de la pollution sur la santé. On lance des alertes, occasionnellement. Ou on attrape de la fibre de verre dans l'oeil, si ça se trouve...

Maintenant qu'on a bien gelé et qu'on s'enferme à la chaleur chez soi pour quelques mois, pense-t-on aux polluants qui sont dans les bureaux et les maisons ? On dit : « En cas de smog : restez chez vous si vous êtes fragiles. » Mais si chez vous était un pis-aller ? Une trappe à pollution ? Je ne pense même pas à un autre épisode de MIUF qui sortirait de la boîte de Pandore du bâtiment, ni même au peu coûteux plywood qui peut dégager du formaldéhyde longtemps après avoir été mis en place... On ne parlera pas des colles et des meubles fabriqués avec la très populaire mélamine. Ni du champ magnétique des prises murales, du micro-ondes et tutti quanti.

Non, je pense à ce qui est devenu banal et qui pourtant est une menace... floue, d'accord, mais qui peut dire que sont sans émanations nocives les produits d'entretien, les « parfums » d'intérieur, les insecticides qu'on entrepose négligemment, les produits de cuisson contenant des hydrocarbones polyaromatiques (PAH) — je ne comprends pas que des gens en utilisent : pourquoi ne pas cuisiner à l'huile d'olive ? À moins que, là encore, ce que l'huile dégage... Je pense à la formule du savant français, le professeur Krumer, de l'École de santé publique, qui se plaît à répéter que nos connaissances en ce domaine oscillent entre certitudes et incertitudes. (C'est assez peu compromettant comme formule, non... cependant qu'irréfutable !)

On sait mieux dans quel monde de bibittes nous vivons. Bactéries, moisissures, mites, acariens, squames, poils, et j'en passe de plus jolis... Quand on a annoncé que la télé allait nous les montrer, j'ai fermé les yeux. Horreur. Je ne serai plus capable de vivre si je vois ces bêtes qui montent, qui montent, qui montent... maman ! Je suis mal rien qu'à penser aux acariens avec qui je dors. Et, tiens, savez-vous qu'il se vend plus d'enveloppes à matelas anti-acariens quand les gens recommencent à chauffer ? Moi qui apprends qu'une telle chose existe parce que je vous écris, je pense que je vais l'adopter tellement ça me pique de vous en parler.

La solution à notre pollution intérieure ? La pollution extérieure ! Ouvrir les fenêtres pour aérer (oubliez les « Ferme ça, tu chauffes dehors ! ») et... faire le ménage plus souvent, le lavage à l'eau chaude si possible, le séchage pour culbuter les bibittesÉ l'hygiène, quoi. Et respirez par le nez.

Imaginez si je n'ai pas sauté quand l'une de vous, chers lecteurs, m'a écrit en me disant comme ça, en aparté, qu'on lui avait identifié une allergie à la poussière ! Grand ciel. Comment fait-on pour continuer à vivre quand on est allergique à la poussière ? ! Tiens, je lève le bras un instant, et je vois un fil frisé rouge (rouge ? d'où sort-il, celui-là ?) qui flotte doucement entre ma main et le bureau sur lequel je travaille... Non, je ne veux pas voir la couleur de mes poumons, merci.

J'ai voulu en savoir plus, et voilà l'histoire. Un jour de juin, cette lectrice, que nous appellerons Carmen, a le nez qui coule. Bof. Plusieurs boîtes de mouchoirs plus tard, et l'asthme étant venu se joindre au cortège de symptômes, Carmen se décide à consulter un doc. Elle avait vu son acupuncteur, son homéopathe, sans résultats probants. Avec la gelée, elle a bien réalisé que ce ne pouvait pas être une allergie au pollen. Elle me dit : « On se met dans le lot. Cette année, il y avait davantage d'allergies car l'air était sec, les matières en suspension dans l'air exacerbant la sensibilité allergique des gens. Tu as des symptômes généraux, tu penses que toi aussi, c'est le pollen... »

La voici donc chez un allergologue, pour les fameux tests : elle a réagi aux acariens et à la poussière. « Je suis sortie de là démontée. » Y a de quoi ! Sa prescription de cortisone dans une main et son aspirateur dans l'autre, Carmen a commencé sa nouvelle vie d'allergique bravement. La housse de matelas la moins chère coûtait 129 $ (queen), il fallait se procurer un nouveau matelas, se débarrasser des tapis, et on change de rythme pour le lavage (deux fois par semaine pour les lits). « J'ai développé un troisième oeil pour la poussière », me dit celle qui ne veut pas en faire une obsession.

Carmen pense qu'il y a quelque chose de psychosomatique dans les allergies et se propose d'explorer cette piste, sans trop savoir comment encore. Mais elle me raconte cette histoire très connue. C'est le type qui est allergique aux roses et sa femme qui adore les roses. Un jour, le type aperçoit un bouquet de roses en entrant chez lui. Il a un choc anaphylactique et se retrouve à l'hôpital, où vient le voir sa tendre épouse. Choqué, il demande : « Pourquoi as-tu fait ça ? » Mais, chéri, c'étaient des roses en tissu !

***

- La page des allergologues du Québec ; il y a des photos qui illustrent comment se font les tests d'allergie : http://www.allerg.qc.ca/quest.html.
 
 
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