Tenter de prévenir des cas de leucémie
Le chercheur Daniel Sinnett mène, avec ses collaborateurs, des recherches sur la leucémie, à l'aide d'outils bio-informatiques. L'objectif est de comprendre les causes de la maladie et de mesurer le risque au sein d'une population, dans une optique de médecine préventive.
Daniel Sinnett, généticien moléculaire, cherche, avec ses collaborateurs, à comprendre pourquoi certains enfants risquent plus que d'autres de développer une leucémie. À l'inverse, certains individus semblent protégés contre cette maladie, souligne le chercheur rattaché au service d'hémato-oncologie du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal.
Le chercheur et son équipe ont réussi à démontrer que certains facteurs génétiques rendent des enfants plus susceptibles de développer une leucémie et que d'autres protègent au contraire les individus contre cette maladie.
La démarche consiste à sélectionner, intuitivement, un groupe de gènes qui pourraient être en cause, par exemple des gènes responsables de la façon dont les individus métabolisent certains produits comme des pesticides, la fumée de cigarette ou des aliments. «On va regarder ce qui différencie l'individu atteint de l'individu non atteint», explique Daniel Sinnett, également membre du Centre Robert-Cedergren de l'Université de Montréal.
La recherche d'interactions entre plusieurs gènes nécessite l'usage d'outils bio-informatiques, car les données sont complexes. Le généticien moléculaire donne l'exemple d'une recherche qui prendrait en compte 100 gènes, ayant chacun trois formes, et qui porterait sur 1000 individus.
Il fait appel à des étudiants en informatique, en mathématiques et en statistiques pour contribuer au développement d'outils. Les usagers, pour leur part, définissent leurs besoins.
Daniel Sinnett et ses collaborateurs valident et adaptent en outre des outils mis au point à l'aide de données virtuelles, parfaites. «Dans la vraie vie, on génère des données qui sont imparfaites», souligne-t-il. Si on travaille, par exemple, avec des données génétiques qui proviennent des parents, si le père n'est pas le bon père, c'est évident que les données génétiques ne seront pas correctes.» Si un parent refuse de donner un échantillon de sang, il manquera des données, ajoute-t-il.
Comprendre et évaluer le risque
À l'aide d'outils bio-informatiques, les chercheurs tentent de déterminer si un regroupement de formes de gènes est surreprésenté ou sous-représenté au sein du groupe d'individus atteints de la maladie. Puis, ils essaient de comprendre pourquoi la combinaison de ces formes de gènes fait augmenter ou diminuer le risque de développer la maladie. «Ensuite, on peut penser à des expériences en laboratoire pour valider tout ça», dit Daniel Sinnett, titulaire de la Chaire François-Karl-Viau en oncogénomique pédiatrique. Les chercheurs tenteront ensuite de quantifier le risque au sein d'une population.
«Si on réussit à le quantifier, on a des arguments pour faire de la médecine préventive», mentionne le généticien moléculaire, également professeur au département de pédiatrie de l'Université de Montréal. Le but de la médecine préventive est de comprendre le risque et de l'évaluer, puis de voir dans quelle mesure on peut atteindre un but, ajoute-t-il.
«Si on se rend compte que les pesticides, par exemple, sont un facteur de risque et qu'on peut mesurer le risque, donc l'impact de l'utilisation de pesticides en fonction d'un facteur de risque génétique, on peut décider d'éliminer certains produits ou de contrôler l'utilisation de certains produits dans les pesticides», indique le chercheur.
Pesticides et leucémie
Daniel Sinnett et des collègues ont justement démontré, dans un article publié en 1999, que certains types de pesticides utilisés à des fins domestiques faisaient augmenter le risque de leucémie chez des enfants ayant un certain profil génétique. «On s'est rendu compte, entre autres, que l'utilisation domestique de pesticides contre les rongeurs dans un contexte génétique particulier augmentait jusqu'à 500 fois le risque de leucémie», dit-il.
Les chercheurs n'ont par contre pas trouvé de lien entre l'exposition à des pesticides utilisés à des fins industrielles — pour l'entretien, par exemple, de la pelouse d'un terrain de golf ou pour l'agriculture — et le risque de développer une leucémie.
Les personnes qui utilisent des pesticides à des fins industrielles doivent respecter une réglementation et font généralement attention au type et à la quantité des produits utilisés, indiquent-ils.
Les particuliers, quant à eux, peuvent avoir tendance à utiliser des quantités excessives de pesticides pour régler un problème, estiment-ils. Les enfants, en plein développement, sont susceptibles de se rouler par terre et d'être ainsi en contact avec ces produits, ajoute Daniel Sinnett.
Les chercheurs n'ont toutefois pas pu déterminer quels sont les produits chimiques les plus dangereux parmi ceux qui se trouvent dans les pesticides. On sait peu de choses sur la façon dont l'organisme métabolise ces produits, souligne le généticien moléculaire.
«On s'est rendu compte, après, que les organismes de réglementation sont débordés. Il y a trop de nouvelles molécules chimiques qui arrivent annuellement sur le marché pour être capable de se garder à jour sur l'impact de ces molécules sur la santé.»
Daniel Sinnett, généticien moléculaire, cherche, avec ses collaborateurs, à comprendre pourquoi certains enfants risquent plus que d'autres de développer une leucémie. À l'inverse, certains individus semblent protégés contre cette maladie, souligne le chercheur rattaché au service d'hémato-oncologie du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal.
Le chercheur et son équipe ont réussi à démontrer que certains facteurs génétiques rendent des enfants plus susceptibles de développer une leucémie et que d'autres protègent au contraire les individus contre cette maladie.
La démarche consiste à sélectionner, intuitivement, un groupe de gènes qui pourraient être en cause, par exemple des gènes responsables de la façon dont les individus métabolisent certains produits comme des pesticides, la fumée de cigarette ou des aliments. «On va regarder ce qui différencie l'individu atteint de l'individu non atteint», explique Daniel Sinnett, également membre du Centre Robert-Cedergren de l'Université de Montréal.
La recherche d'interactions entre plusieurs gènes nécessite l'usage d'outils bio-informatiques, car les données sont complexes. Le généticien moléculaire donne l'exemple d'une recherche qui prendrait en compte 100 gènes, ayant chacun trois formes, et qui porterait sur 1000 individus.
Il fait appel à des étudiants en informatique, en mathématiques et en statistiques pour contribuer au développement d'outils. Les usagers, pour leur part, définissent leurs besoins.
Daniel Sinnett et ses collaborateurs valident et adaptent en outre des outils mis au point à l'aide de données virtuelles, parfaites. «Dans la vraie vie, on génère des données qui sont imparfaites», souligne-t-il. Si on travaille, par exemple, avec des données génétiques qui proviennent des parents, si le père n'est pas le bon père, c'est évident que les données génétiques ne seront pas correctes.» Si un parent refuse de donner un échantillon de sang, il manquera des données, ajoute-t-il.
Comprendre et évaluer le risque
À l'aide d'outils bio-informatiques, les chercheurs tentent de déterminer si un regroupement de formes de gènes est surreprésenté ou sous-représenté au sein du groupe d'individus atteints de la maladie. Puis, ils essaient de comprendre pourquoi la combinaison de ces formes de gènes fait augmenter ou diminuer le risque de développer la maladie. «Ensuite, on peut penser à des expériences en laboratoire pour valider tout ça», dit Daniel Sinnett, titulaire de la Chaire François-Karl-Viau en oncogénomique pédiatrique. Les chercheurs tenteront ensuite de quantifier le risque au sein d'une population.
«Si on réussit à le quantifier, on a des arguments pour faire de la médecine préventive», mentionne le généticien moléculaire, également professeur au département de pédiatrie de l'Université de Montréal. Le but de la médecine préventive est de comprendre le risque et de l'évaluer, puis de voir dans quelle mesure on peut atteindre un but, ajoute-t-il.
«Si on se rend compte que les pesticides, par exemple, sont un facteur de risque et qu'on peut mesurer le risque, donc l'impact de l'utilisation de pesticides en fonction d'un facteur de risque génétique, on peut décider d'éliminer certains produits ou de contrôler l'utilisation de certains produits dans les pesticides», indique le chercheur.
Pesticides et leucémie
Daniel Sinnett et des collègues ont justement démontré, dans un article publié en 1999, que certains types de pesticides utilisés à des fins domestiques faisaient augmenter le risque de leucémie chez des enfants ayant un certain profil génétique. «On s'est rendu compte, entre autres, que l'utilisation domestique de pesticides contre les rongeurs dans un contexte génétique particulier augmentait jusqu'à 500 fois le risque de leucémie», dit-il.
Les chercheurs n'ont par contre pas trouvé de lien entre l'exposition à des pesticides utilisés à des fins industrielles — pour l'entretien, par exemple, de la pelouse d'un terrain de golf ou pour l'agriculture — et le risque de développer une leucémie.
Les personnes qui utilisent des pesticides à des fins industrielles doivent respecter une réglementation et font généralement attention au type et à la quantité des produits utilisés, indiquent-ils.
Les particuliers, quant à eux, peuvent avoir tendance à utiliser des quantités excessives de pesticides pour régler un problème, estiment-ils. Les enfants, en plein développement, sont susceptibles de se rouler par terre et d'être ainsi en contact avec ces produits, ajoute Daniel Sinnett.
Les chercheurs n'ont toutefois pas pu déterminer quels sont les produits chimiques les plus dangereux parmi ceux qui se trouvent dans les pesticides. On sait peu de choses sur la façon dont l'organisme métabolise ces produits, souligne le généticien moléculaire.
«On s'est rendu compte, après, que les organismes de réglementation sont débordés. Il y a trop de nouvelles molécules chimiques qui arrivent annuellement sur le marché pour être capable de se garder à jour sur l'impact de ces molécules sur la santé.»
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