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Coûteux, les médecins

Jean-Robert Sansfaçon   20 septembre 2007  Santé
Les médecins spécialistes du Québec ont eu ce qu'ils voulaient. D'ici 2016, leur rémunération grimpera de 25 %, sans compter les primes de nature diverse. S'il est normal de se réjouir qu'une entente soit conclue, on peut aussi constater avec effroi les conséquences inflationnistes d'une telle injection d'argent sur le budget de la santé.

L'entente survenue entre le gouvernement du Québec et les 8000 médecins spécialistes du réseau public met un terme à huit mois d'intense médiation. On se souviendra que cette médiation avait été obtenue par les médecins à la suite des moyens de pression de l'automne 2006, lesquels faisaient suite au non-respect d'une promesse écrite du gouvernement précédent de combler l'écart salarial avec leurs collègues du reste du pays.

Compte tenu des sommes qui s'ajouteront à la rémunération de base dans le but d'améliorer l'accessibilité et d'accroître le nombre d'interventions, le budget consacré à la seule rémunération des spécialistes passera de deux milliards cette année à 3,4 milliards dans huit ans.

Selon les ministres Couillard et Jérôme-Forget, cette entente respecte les paramètres de la dernière ronde de négociation avec les salariés de la fonction publique. Mais quand on y regarde de plus près, on constate qu'en plus des augmentations annuelles uniformes de 2 % d'ici 2010, les spécialistes auront droit à deux tranches de «redressement» de 5 % chacune en 2008 et 2009 (accordées en décembre dernier), suivies de tranches annuelles d'un peu plus de 2 % par la suite. À cela s'ajoutera le résultat de la négociation du contrat de travail, qui arrivera à échéance en 2010...

En somme, si la partie rattrapage des tarifs de base est de 25 %, l'augmentation de la rémunération globale de la plupart des spécialistes dépassera largement ce pourcentage. C'est dire que le budget de la santé connaîtra une hausse vertigineuse d'ici dix ans, non seulement à cause du prix des médicaments et du vieillissement de la population, dont on a beaucoup parlé, mais aussi des coûts de la main-d'oeuvre médicale, dont les médecins sont le fer de lance.

Les spécialistes sont satisfaits, tant mieux pour eux! Tant mieux aussi pour les patients si les mesures contenues dans l'entente donnent les résultats escomptés en matière d'accessibilité accrue, ce qui reste à voir.

La médecine spécialisée étant un secteur de pointe où la concurrence est vive pour attirer les chercheurs les plus réputés, il fallait rattraper une partie du retard pris par le Québec depuis la vague de compressions des années 90. Le prix des maisons a beau être moins élevé à Montréal qu'à Toronto ou à Boston, cela ne suffit pas pour retenir un anesthésiste ou un chirurgien oncologue, et le Québec ne peut pas se permettre d'en perdre chaque année.

Cela étant, les spécialistes ne sont pas les seuls dans la galère et, déjà, on a entendu d'autres groupes réclamer un traitement similaire. Chaque cas est particulier et, compte tenu de la Loi sur l'équité salariale, il n'est pas suffisant d'avoir une bonne cause pour s'écarter du peloton. En revanche, rien n'empêche de reconnaître l'apport particulier de groupes dont l'expertise est rare, tel celui des infirmières en soins intensifs.

C'est en 2010 que doivent reprendre les négociations avec l'ensemble des employés de l'État. Or la pénurie de main-d'oeuvre en milieu hospitalier appelle une intervention immédiate. La marge de manoeuvre du gouvernement du Québec n'est pas grande, et elle l'est d'autant moins qu'il a promis de réduire les impôts en janvier prochain. Malgré cela, il faut mettre en place les conditions qui rendront le travail d'autres professionnels que les médecins plus stimulant qu'il ne l'est devenu au fil des ans.
 
 
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  • Benoît Gagnon - Abonné
    20 septembre 2007 01 h 33
    Quand 25% d`augmentation, égale équité
    Comment peut-on justifier, de la part des médecins spécialistes, l`acharnement à une augmentation de leur rémunération? On peut comprendre la lutte de certains groupes sociaux pour augmenter leur salaire. Pourquoi celui qui possède des connaissances sur la guérison des malades aurait une telle rémunération? IL y a comme un refus de considérer que nous vivons dans un milieu, un environnement concret. Dans l`absolu(c`est-à- dire sans lien avec le milieu ) les médecins spécialistes sont justifiés d`une telle augmentation. Mais dans la vraie vie l`augmentation n`est injustifiable. La valeur de la connaissance en elle-même, est inestimable. Alors s`il faut quantifier le salaire des médecins cela doit se faire dans l`ordre du raisonnable. Quand aux médecins qui veulent quitter le Québec pour cause de rémunération trop faible; en bon gestionnaire, payer votre dette, pour votre formation. La responsabilité sociale est une valeur aussi importante que la vie dans un confort luxueux. L`homme vit d`abord dans une société concrète. Je ne pense pas qu`une meilleur rémunération donne une meilleur médecine, tout au plus un sourire. L`argument économique est l`argument le plus faible pour justifier la richesse des médecins. Il y a un inconfort existentielle à être trop riche.
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  • Gerry Pagé - Inscrit
    20 septembre 2007 01 h 49
    Des coûts faramineux et scandaleux.
    Sous la tutelle bienveillante du mandarin Philippe Couillard et des autres sbires du PLQ, les riches s'enrichissent, les pensionnés non indexés se joignent aux pauvres qui s'appauvrissent et la classe moyenne fond comme neige au soleil, en attendant de finir entassés dans les cages du vieillissement pour s'y faire plumer et s'y faire cuir. Ce constat de la déchéance sociale galopante depuis 2003, donne sens et justification aux paroles de la chanson «Libérez-nous des libéraux» (Loco Locass)! Cette biafraise institutionnalisation de la décrépitude et cette orchestration de la disgrâce qui frappe la majorité des Québécois qui n'ont pas voix au chapitre du partage juste et équitable de la richesse, donnent vertiges et nausées. Le politique donne lettres de créance et son aval à cette forme particulière du terrorisme institutionnel.

    Sous une apparence «d'incompétence politique», se cachent des alliances cousues des fils blancs de la complaisance, consenties subrepticement et conclues furtivement aux limites des frontières des obligeances réciproques où se logent confortablement les acrobates de l'autocratie libérale provinciale. Faisant suite à la sortie de l'éditorialiste Brigitte Breton, n'est-il pas du devoir de transparence de l'Opposition officielle d'exercer son droit d'accès à l'information et d'informer les citoyens payeurs de taxes, de la somme que totalisent, à eux seuls, les frais reliés aux coûteux détours que souligne à très juste titre l'éditorialiste, ajoutés aux frais des délais, des tergiversations et des consultations, ajoutés aux tas des rémunérations tous azimuts et aux paquets de millions versés en prime de rendement et autres facéties, ajoutés aux coûts afférant à la procrastination libérale qui ont jalonné le processus, on ne peut plus ténébreux, de la satisfaction des appétits boulimiques et inassouvissables des pachas de la médecine spécialisée, les mieux-nantis parmi les bien-nantis confrères du richard médecin spécialiste, l'actuel ministre rémunérateur-monnayeur et plaideur d'une cause dont les aboutissements sont une injure sans précédent à l'intelligence, à la raison et au gros bon sens des Québécois ainsi qu'un croc-en-jambe à leur capacité de payer.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec
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  • Jean-G. Lengellé - Inscrit
    20 septembre 2007 06 h 49
    Certes les médecins sont coûteux,
    C'est vrai qu'ils sont coûteux, mais au moins ils servent à quelque chose en sauvant des vies.
    Peut-on en dire autant des juges qui se sont octroyés, et ce par jugement ne l'oublions pas, une augmentation encore plus élevée au montant de 31% avec rétroaction pour plusieurs années?
    Il est où le vrai scandale?
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  • Raymond Vaillancourt - Abonné
    20 septembre 2007 08 h 41
    Deux poids, deux mesures...encore !
    Si nous avions encore besoin d'être convaincus de l'impact des PPP sur notre réseau de soins et non de santé, (les médecins, rappellons-le, sont des entrepreneurs privés) voilà un bel exemple. Lentement mais sûrement, l'argent est confié au secteur privé mais les conséquences seront attribuées au secteur public avec de moins en moins d'argent pour l'ensemble des services de santé. D'autant plus que nous avons le ration de médecins spécialistes par population le plus élevé du Canada !

    Comme quoi, il vaut mieux être médecin spécialiste que "malade" dans notre système !

    Raymond Vaillancourt
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  • Roland Berger - Abonné
    20 septembre 2007 09 h 21
    Médecins et policiers
    Deux groupes de travailleurs tiennent le gouvernement par les couilles, les médecins, notamment les spécialistes, et les policiers de la Sûreté, à la différence que ces derniers ne peuvent pas brandir la menace d'un départ vers d'autres provinces ou vers les États-Unis. Les autres travailleurs se sont tout simplement trompés de carrière, pourrait-on croire.
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    20 septembre 2007 09 h 22
    L'équité pour tous
    Je n'ai rien contre le principe du rattrapage salarial. Par contre, le gouvernement doit être conséquent et traiter les autres employés du secteur public de la même manière. Il n'y a pas que les médecins québécois qui sont sous-payés par rapport à leus collègues des autres provinces canadiennes.
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  • Genevieve Fiset - Abonnée
    20 septembre 2007 10 h 32
    Quand une carrière comence avec 100 000$ de dettes!
    Les médecins d'aujourd'hui doivent se spécialiser et même se surspécialiser.

    Quand un médecin commence sa carrière avec 100 000$ de dettes à 35 ans, je me demande quel est le mal à être bien rénuméré pour un travail souvent extrêmement stressant.

    Ce sont des vies dont nous parlons. Des vies de travailleurs mais également des vies humaines (patients, familles).

    Voulons-nous garder nos bons médecins ou bien souhaitons-nous qu'ils aient ailleurs se rembourser leurs longues années d'études et de sacrifice?

    Si le Québec a agit de la sorte c'est qu'il n'avait pas le choix suite à l'hémoragie des cervaux vers l'extérieur du Québec.
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  • camelot - Inscrit
    20 septembre 2007 12 h 01
    Payés pour rien ?
    Les spécialistes n'ont cessé de proclamer qu'ils étaient payés à ne rien faire, à cause du manque de temps dans les blocs opératoires. Je ne vois pas pourquoi on devrait augmenter leurs salaires.

    Jean-Marie Francoeur
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  • Jean-Yves Bégin - Abonné
    20 septembre 2007 13 h 40
    Ouf
    OUF.

    SOIT DIT SANS PLUS RÉFLÉCHIR VOICI QQ POINTS DE VUE DÉCOUSUS.

    HEUREUX TOUT DE MÊME QUE DES ARGENTS MÉDICAUX AILLENT DANS LE MÉDICAL, QUI EST TOUT DE MÊME LE FER DE LANCE... OUI...

    ALLUSION, QUOI, À TELLE AUGMENTATION DE BUDGET DE LA SANTÉ QUI ÉTAIT ALLÉE À 80% À L'ADMINISTRATION: À LA BUREAUCRATIE.

    AFFIRMATION RELEVÉE EN PASSANT DANS LE DÉBAT DES CHEFS DU PQ.

    SOIT DIT SANS SOUS-ESTIMER LA NÉCESSITÉ D'UNE BONNE... ADMINISTRATION... POUR NE PAS DIRE BUREAUCRATIE...

    UN AUTRE POINT DE VUE SERAIT DE BRIDER LES SALAIRES DE LA PROFESSION MÉDICALE... SANS TENIR COMPTE DU CONTEXTE NORD-AMÉRICAIN... OU OCCIDENTAL... DE LA PART DE RÊVEURS AVEUGLES AUX LENDEMAINS QUI DÉCHANTENT... CERTAIN PETIT PAYS AYANT FAIT ÇA... OÙ L'ON LOUE À L'ENVIE LA QUALITÉ DE LA MÉDECINE... DONT L'INSTINCT DE PROFIT AURAIT ÉTÉ MUSELÉ ET COLLECTIVISÉ JUSQU'À L'ESCLAVAGE... CE QUI PERMET D'ÉCHANGER DU MÉDICAL CONTRE DU PÉTROLE... AUCUN AUTRE PAYS N'ACCORDANT LE MOINDRE CRÉDIT HORS LE COMPTANT SONNANT... À UNE SOCIÉTÉ QUI SE MET AINSI AU BAN DE L'AUTRE...

    ENFIN, JE NE SAIS SI VOUS ME SUIVEZ, JE N'IRAI PAS PLUS LOIN, ET JE VOUS LAISSE RECOUDRE LE TOUT, AVEC HUMOUR.
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  • Pierre Lavallée - Abonné
    20 septembre 2007 13 h 51
    La BM aux deux ans...
    Ce sont les concessionnaires BMW qui vont s'en frotter les mains... Désormais nos chers médecins spécialistes, ces enfants-archi-gâtés de notre douteux système de santé public, vont pouvoir changer leur BMW aux deux ans plutôt qu'à tous les trois ans.

    Gros progrès pour la société québécoise et quelle merveilleuse amélioration de la qualité des soins de santé au Québec...

    On peut dire que le ministre Couillard s'est vraiment souvenu de "ses appartenances".
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  • Claude Archambault - Inscrit
    20 septembre 2007 14 h 03
    Oui de l'équité
    Bravo au Gouvernement du Québec, enfin on pourra garder nos spécialiste éduqyé à cout de million. Aussi pour tous les syndicaleux de ce monde, je demande à mon gouvernemnt l'équité avec toutes les autres provinces aux Canada pour tous mes employés et mes concitoyens. C-à-D......... même niveau salarial, même condition de travail, même avantage et désavantage. Même nombre d'employé par payeur de taxe et même niveau de taxation.

    Je veux la justice pour tous.
    J'entand déjà nos rond de cuir provinciaux ruer dans les brancards......... ils veullent juste les augmentations de salaire sans les augmentation de travail et les diminutions d'effectif et diminution des avantages.

    Et on le sait les Québécois ne veullent rien savoir de payer moins d'impot au sacrilège suprême de faire mention de cela.

    Quel petit peuple..... d'innocent
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  • gilles levert - Inscrit
    20 septembre 2007 15 h 18
    Soyons juste
    Avant de crier à l'exagération, nous serions mieux d'évaluer de plus prêt les gains substantiels obtenus par d'autres professionnels et travailleurs spécialisés.
    Les revenus des avocats expérimentés ont plus que doublé en 5 ans, alors que ceux des technologues de l'information ont augmenté d'au moins 50%, soit 10% par année. Et que dire du 20% de gains annuel des courtiers spécialisés des valeurs mobilières et de l'immobilier.
    Alors, 25% ou 30% sur 15 ans pour des médecins qui ont étudié 2 fois plus longtemps que les autres, c'est très peu!, sois 2% par année, soit moins que l'inflation et ce après avoir supporter le système pendant 3 ans sans aucune augmentation. Ne soyons pas injuste envers ces professionnels de haut niveau qui sont les garants d'une médecine de qualité.
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    20 septembre 2007 16 h 11
    Les envieux ne sont pas ceux que l'on croit !
    Je n'ai aucun problème avec un excellent niveau de rémunération des professionnels de haut niveau dont les médecins. En revanche, je fais une grosse réaction cutanée quand on rouspète du même souffle contre un salaire minimum réaliste ou à des mesures anti-pauvreté vraiment efficaces.
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  •  
  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    20 septembre 2007 16 h 34
    L'explication du barrage contre les médecins étrangers
    Deux plus deux font quatre... peut-être que certains vont enfin commencer à comprendre la raison PREMIÈRE du protectionisme hystérique de l'ordre des médecins et des facultés de médecines à l'encontre des médecins formés à l'étranger: préserver la rareté de l'offre, et donc pousser à la hausse des salaires des médecins "locaux". Économie 101, chapitre "Loi de l'offre et de la demande". 120 permis de pratique délivrés l'année dernière au Québec... dix fois plus en Ontario. Cherchez l'erreur.
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