Coûteux, les médecins
Les médecins spécialistes du Québec ont eu ce qu'ils voulaient. D'ici 2016, leur rémunération grimpera de 25 %, sans compter les primes de nature diverse. S'il est normal de se réjouir qu'une entente soit conclue, on peut aussi constater avec effroi les conséquences inflationnistes d'une telle injection d'argent sur le budget de la santé.
L'entente survenue entre le gouvernement du Québec et les 8000 médecins spécialistes du réseau public met un terme à huit mois d'intense médiation. On se souviendra que cette médiation avait été obtenue par les médecins à la suite des moyens de pression de l'automne 2006, lesquels faisaient suite au non-respect d'une promesse écrite du gouvernement précédent de combler l'écart salarial avec leurs collègues du reste du pays.
Compte tenu des sommes qui s'ajouteront à la rémunération de base dans le but d'améliorer l'accessibilité et d'accroître le nombre d'interventions, le budget consacré à la seule rémunération des spécialistes passera de deux milliards cette année à 3,4 milliards dans huit ans.
Selon les ministres Couillard et Jérôme-Forget, cette entente respecte les paramètres de la dernière ronde de négociation avec les salariés de la fonction publique. Mais quand on y regarde de plus près, on constate qu'en plus des augmentations annuelles uniformes de 2 % d'ici 2010, les spécialistes auront droit à deux tranches de «redressement» de 5 % chacune en 2008 et 2009 (accordées en décembre dernier), suivies de tranches annuelles d'un peu plus de 2 % par la suite. À cela s'ajoutera le résultat de la négociation du contrat de travail, qui arrivera à échéance en 2010...
En somme, si la partie rattrapage des tarifs de base est de 25 %, l'augmentation de la rémunération globale de la plupart des spécialistes dépassera largement ce pourcentage. C'est dire que le budget de la santé connaîtra une hausse vertigineuse d'ici dix ans, non seulement à cause du prix des médicaments et du vieillissement de la population, dont on a beaucoup parlé, mais aussi des coûts de la main-d'oeuvre médicale, dont les médecins sont le fer de lance.
Les spécialistes sont satisfaits, tant mieux pour eux! Tant mieux aussi pour les patients si les mesures contenues dans l'entente donnent les résultats escomptés en matière d'accessibilité accrue, ce qui reste à voir.
La médecine spécialisée étant un secteur de pointe où la concurrence est vive pour attirer les chercheurs les plus réputés, il fallait rattraper une partie du retard pris par le Québec depuis la vague de compressions des années 90. Le prix des maisons a beau être moins élevé à Montréal qu'à Toronto ou à Boston, cela ne suffit pas pour retenir un anesthésiste ou un chirurgien oncologue, et le Québec ne peut pas se permettre d'en perdre chaque année.
Cela étant, les spécialistes ne sont pas les seuls dans la galère et, déjà, on a entendu d'autres groupes réclamer un traitement similaire. Chaque cas est particulier et, compte tenu de la Loi sur l'équité salariale, il n'est pas suffisant d'avoir une bonne cause pour s'écarter du peloton. En revanche, rien n'empêche de reconnaître l'apport particulier de groupes dont l'expertise est rare, tel celui des infirmières en soins intensifs.
C'est en 2010 que doivent reprendre les négociations avec l'ensemble des employés de l'État. Or la pénurie de main-d'oeuvre en milieu hospitalier appelle une intervention immédiate. La marge de manoeuvre du gouvernement du Québec n'est pas grande, et elle l'est d'autant moins qu'il a promis de réduire les impôts en janvier prochain. Malgré cela, il faut mettre en place les conditions qui rendront le travail d'autres professionnels que les médecins plus stimulant qu'il ne l'est devenu au fil des ans.
L'entente survenue entre le gouvernement du Québec et les 8000 médecins spécialistes du réseau public met un terme à huit mois d'intense médiation. On se souviendra que cette médiation avait été obtenue par les médecins à la suite des moyens de pression de l'automne 2006, lesquels faisaient suite au non-respect d'une promesse écrite du gouvernement précédent de combler l'écart salarial avec leurs collègues du reste du pays.
Compte tenu des sommes qui s'ajouteront à la rémunération de base dans le but d'améliorer l'accessibilité et d'accroître le nombre d'interventions, le budget consacré à la seule rémunération des spécialistes passera de deux milliards cette année à 3,4 milliards dans huit ans.
Selon les ministres Couillard et Jérôme-Forget, cette entente respecte les paramètres de la dernière ronde de négociation avec les salariés de la fonction publique. Mais quand on y regarde de plus près, on constate qu'en plus des augmentations annuelles uniformes de 2 % d'ici 2010, les spécialistes auront droit à deux tranches de «redressement» de 5 % chacune en 2008 et 2009 (accordées en décembre dernier), suivies de tranches annuelles d'un peu plus de 2 % par la suite. À cela s'ajoutera le résultat de la négociation du contrat de travail, qui arrivera à échéance en 2010...
En somme, si la partie rattrapage des tarifs de base est de 25 %, l'augmentation de la rémunération globale de la plupart des spécialistes dépassera largement ce pourcentage. C'est dire que le budget de la santé connaîtra une hausse vertigineuse d'ici dix ans, non seulement à cause du prix des médicaments et du vieillissement de la population, dont on a beaucoup parlé, mais aussi des coûts de la main-d'oeuvre médicale, dont les médecins sont le fer de lance.
Les spécialistes sont satisfaits, tant mieux pour eux! Tant mieux aussi pour les patients si les mesures contenues dans l'entente donnent les résultats escomptés en matière d'accessibilité accrue, ce qui reste à voir.
La médecine spécialisée étant un secteur de pointe où la concurrence est vive pour attirer les chercheurs les plus réputés, il fallait rattraper une partie du retard pris par le Québec depuis la vague de compressions des années 90. Le prix des maisons a beau être moins élevé à Montréal qu'à Toronto ou à Boston, cela ne suffit pas pour retenir un anesthésiste ou un chirurgien oncologue, et le Québec ne peut pas se permettre d'en perdre chaque année.
Cela étant, les spécialistes ne sont pas les seuls dans la galère et, déjà, on a entendu d'autres groupes réclamer un traitement similaire. Chaque cas est particulier et, compte tenu de la Loi sur l'équité salariale, il n'est pas suffisant d'avoir une bonne cause pour s'écarter du peloton. En revanche, rien n'empêche de reconnaître l'apport particulier de groupes dont l'expertise est rare, tel celui des infirmières en soins intensifs.
C'est en 2010 que doivent reprendre les négociations avec l'ensemble des employés de l'État. Or la pénurie de main-d'oeuvre en milieu hospitalier appelle une intervention immédiate. La marge de manoeuvre du gouvernement du Québec n'est pas grande, et elle l'est d'autant moins qu'il a promis de réduire les impôts en janvier prochain. Malgré cela, il faut mettre en place les conditions qui rendront le travail d'autres professionnels que les médecins plus stimulant qu'il ne l'est devenu au fil des ans.
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