vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La bonne volonté ne suffit plus, place au marketing social!

Louise-Maude Rioux Soucy   25 août 2007  Santé
En moyenne, les Québécois appuient 17 causes par année, mais ils résistent à s’engager à long terme. Même le cancer, qui touchera bientôt une personne sur deux au cours de sa vie, a encore du mal à s’attirer des donateurs fidèles. Ces femme
En moyenne, les Québécois appuient 17 causes par année, mais ils résistent à s’engager à long terme. Même le cancer, qui touchera bientôt une personne sur deux au cours de sa vie, a encore du mal à s’attirer des donateurs fidèles. Ces femme
Qu'on le veuille ou non, même la meilleure volonté du monde n'est plus de taille à se mesurer à l'artillerie lourde déployée par les poids lourds de la philanthropie, ceux-là mêmes qui ont su adapter leurs techniques à celles des meilleurs vendeurs de la planète. Leur secret? Le marketing social, une discipline largement méconnue au Québec mais qui a récemment fait son entrée officielle à l'université, encouragée par le directeur de la Société de recherche sur le cancer, Gilles Léveillé, qui — solidarité oblige devant un ennemi aussi redoutable! — enseigne maintenant aux plus petits les trucs et astuces des plus grands.

En moyenne, les Québécois appuient 17 causes par année. La plupart du temps, ceux-ci favorisent des événements éclairs, comme les téléthons et les grandes catastrophes humanitaires, La lutte est donc féroce entre les organismes, et les plus petits peinent à marquer des points. Résultat: 1 % des organisations caritatives amassent 59 % des fonds collectés dans une année.

Pour Gilles Léveillé, il est clair que les meilleures intentions ne suffisent plus. «Une collecte de fonds, ça se planifie. Aujourd'hui, la compétition est tellement forte qu'il faut aller chercher les meilleurs vendeurs là où ils sont, dans les grandes compagnies. On ne peut plus se contenter de faire des activités traditionnelles comme avant.» Dans la région d'Ottawa, le tournoi de golf de sa société doit se mesurer à des centaines d'autres événements qui défendent des causes tout aussi valables. «Je suis en compétition avec 752 autres tournois! Mon tournoi doit avoir quelque chose de spécial, et cela passe par le recours à des outils de marketing et au développement d'un "branding" fort.»

À la Société canadienne du cancer, division du Québec, le virage marketing est devenu une réalité quotidienne. «La valeur ajoutée pour chaque organisation de bienfaisance réside principalement dans son "branding", dans la confiance qu'elle inspire, dans sa saine gestion et dans l'étendue des services offerts», résume Marc Drolet, le responsable des communications de cet important bailleur de fonds auprès de plusieurs organismes caritatifs canadiens. Une approche personnalisée est aussi devenue essentielle, ajoute M. Léveillé. «Le marketing social est une science exacte, tout doit être calculé. À la société, nous menons 16 campagnes différentes et toutes adoptent un ton différent.»

Surtout que les petits dons sont moins nombreux que jamais alors que les dons substantiels, eux, continuent de croître. C'est ainsi que 20 % des donateurs sont à l'origine de 80 % de la valeur totale des dons recueillis. Certains sont d'ailleurs bien conscients de ce pouvoir et n'hésitent plus à en user pour réclamer des comptes, voire orienter les campagnes. «Les gens qui donnent à une organisation de bienfaisance veulent avoir des résultats, croit Marc Drolet. C'est sûr que les chiffres importent; ils veulent des bilans transparents, mais ils veulent aussi faire une différence avec des projets qui ont un impact maximum.»

Les organismes consentent volontiers à ce genre de requête, sachant fort bien que rien n'égale la philanthropie pure, côté rendement s'entend. L'organisation d'événements spéciaux est en effet très énergivore et très coûteuse, admet Marc Drolet. «Évidemment, certains événements sont symboliques et donc incontournables, comme le Jour de la jonquille, le Relais pour la vie, etc. Cependant, on sait que les dons majeurs d'individus sont plus rentables. Ça ne coûte pas cher et ça ne mobilise pas beaucoup de monde.»

Sur ce point, le Québec francophone a encore beaucoup de rattrapage à faire. «La philanthropie est mieux implantée dans les moeurs des Saxons que dans celles des Latins, qu'il s'agisse des Français, des Italiens ou des Espagnols, qui jugent que c'est à l'État de prendre la santé en charge», confirme le p.-d.g de la Fondation du CHUM, Ékram Antoine Rabbat. Ce dernier sent toutefois que le vent tourne. «Il y a une prise de conscience. On n'en est pas encore au même rythme que les Canadiens anglais, mais cela va venir, parce que la conscientisation est là.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Maurice Monette
    Abonné
    samedi 25 août 2007 16h19
    Ce n'est pas pour rien que les latins se sentent peu concernés(es)...
    « TOUT ne se résume pas à l'argent et c'est pourquoi que les gens de DESCENDANCE LATINE participent PEU à ce$ levée$ de fond$ !

    De par leur COMPRÉHENSION de la VIE soit, que c'est une suite de PASSAGES INCARNÉS(ES) de l'esprit / l'âme dans des véhicules charnels(les) / corps physiques de sexe et de conditions dépendants selon les LIBRES-CHOIX posés lors d'INCARNATIONS PRÉCÉDANTES, il est compréhensible que ces gens participent peu aux différente$ levée$ de FOND$ qui visent à contrer les CONDITIONS INFERNALES de ces milieux.

    Par cette compréhension, il leurs devient évident que chaque catastrophe dite humanitaire, c'est une ÉPREUVE CÉLESTE qui est envoyée pour que les gens affectés(es) en "tirent une LEÇON" et ne "pèchent" plus comme ç'a été le CAS ANTÉRIEUREMENT. Par cette COMPRÉHENSION de la CHAÎNE de la VIE, il devient évident que, donner de l'argent pour ÉDULCORER les AFFRES de ces PAYS plongés dans une APPARENTE MISÈRE, c'est ni plus ni moins que prolonger ce PASSAGE INFERNAL des esprits / âmes qui se sont MÉRITÉES ces CONDITIONS de RÉDEMPTION DIVINES.

    Voilà pourquoi l'ADAGE qui stipule que "CHARITÉ BIEN ORDONNÉE doit toujours commencer par SOI-MÊME", c'est ce qui devrait être TOUJOURS mis en EXERGUE. Ainsi, soulager les misères chez-NOUS avant de GA$PILLER $e$ $urplu$ à $oulager le$ autre$ pays qui ne sont que l'ENFER que les esprits / âmes qui s'y retrouvent se sont MÉRITÉ.

    Donc, suite à ces EXPLICATIONS, croyez-VOUS que les gens à CROYANCE LATINE ont TORT de ne pas se laisser attendrir par la MISÈRE SPECTACLE qui est continuellement soumise à leur JUGEMENT...? »

  • Mariette Beaudoin
    Inscrite
    samedi 25 août 2007 18h46
    Avoir du coeur
    « Je voudrais répondre à monsieur Monette. Dans la Bible, il est écrit de ne pas laisser les autres souffrir quand on peut lui venir en aide. J'imagine que c'est pareil en ce qui concerne les autres religions. Je suis très croyante, mais je considère que les athées ont aussi un coeur et c'est ce qui compte le plus dans la vie. Par contre, je suis tout à fait d'accord quand vous dites que la souffrance ne partira pas seulement avec de l'argent. Seulement, mettez-vous dans la peau de quelqu'un qui vient d'apprendre qu'il a le cancer, qu'il vient de passer au feu, etc. Il n'a souvent pas les moyens de défrayer tous les coûts reliés à son malheur. Allez-vous le laisser souffrir délibérément si vous pouvez le soulager ? Cela peut arriver à tout moment et PERSONNE n'est à l'abri. Ni vous, ni moi, ni n'importe qui d'autre. Pourquoi ne pas se donner une chance À TOUS de mieux passer au travers quand ça arrive ? »

  • Jean-Pierre Contant
    Abonné
    samedi 25 août 2007 22h01
    Oui, une collecte de fonds se planifie...
    « En applicant les techniques du Marketting social à la campagne Centraide dans mon établissement, nous n'avons cessé de progresser dans nos résultats de campagne depuis les 5 dernières années. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Article
Idées
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009