Les mêmes soins infirmiers partout
La formation continue est en train de prendre un nouveau sens au Québec, alors que l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) est en train de déployer une version en ligne de ses Méthodes de soins infirmiers (MSI), véritable bible de référence dans le milieu de la santé, a appris Le Devoir. À terme, le nouvel outil devrait permettre à tous les patients du Québec de recevoir exactement les mêmes soins de pointe, qu'ils soient hospitalisés dans un grand centre hospitalier universitaire ou simplement suivis à domicile par leur CLSC local.
Le changement de culture n'est pas anodin. La dernière édition papier des MSI ne comptait pas moins de 400 méthodes toutes compilées dans un même document comprenant 4000 pages de notes bien serrées. «On imprimait une première version au début de l'année, et nous apportions les corrections six mois plus tard», explique Ginette Leblanc, directrice de l'organisation des services, des affaires médicales et de la qualité, à l'AQESSS. Le problème, c'est que, pendant cette période, les pratiques continuaient à évoluer. «Il fallait que les infirmières cliniciennes compilent manuellement les mises à jour et fassent circuler l'information.»
Mais avec la pénurie de professionnels qui sévit au Québec, la compilation des nouveaux avis était souvent difficile à soutenir, et l'information variait considérablement d'un établissement à l'autre. En faisant le saut dans le cyberespace, l'AQESSS peut enfin assurer une uniformisation sans précédent des soins, croit Mme Leblanc. «Il y a là quelque chose de très rassurant pour le patient parce qu'il a la certitude de pouvoir obtenir les meilleurs soins possible, où qu'il soit. À long terme, on peut même espérer que les soins seront toujours à jour partout au Québec.»
Pour les établissements, le coup de pouce est très apprécié. «À notre manière, on travaille à diminuer les effets de la pénurie parce que, là où les infirmières cliniciennes devaient assurer la circulation de l'information et sa mise à jour, l'outil en ligne prend carrément la relève», explique Mme Leblanc. Les établissements peuvent aussi compter sur une information de pointe sans avoir à attendre des mois avant d'être mis au courant. Le comité consultatif qui donne son aval à l'introduction d'une nouvelle méthode a en effet vu sa tâche changer du tout au tout.
Auparavant, ce comité se réunissait deux fois l'an pour examiner les propositions faites par l'infirmière conseillère de l'AQESSS qui a la tâche de recenser tous les écrits scientifiques de même que toutes les lignes directrices canadiennes et américaines diffusés dans l'année. Désormais réunis par la magie du cyberespace dans un même forum de discussion, les membres de ce comité sont maintenant appelés à travailler toute l'année. «Cela nous permet d'être plus proactifs, explique Mme Leblanc. On n'attend plus les corrections de mi-année pour réagir.»
Mis en ligne discrètement il y a un an à titre de projet-pilote, le nouvel outil a rapidement fait boule de neige. Aujourd'hui, près de 70 % des établissements en profitent, et les demandes continuent à affluer. Car l'outil répond à un besoin pressant formulé par les infirmières, celui de pouvoir valider toutes les procédures, là, maintenant. Les MSI sont en effet un moyen très efficace pour une professionnelle de se tenir à jour mais aussi de dissiper certains doutes et de valider une procédure plus complexe ou qui fait l'objet d'un débat.
Nul besoin d'attendre, la réponse est là, à un clic de souris, confirme Mme Leblanc. «Avec la pénurie d'infirmières, plusieurs établissements n'ont d'autres choix que de déployer leurs effectifs sur plusieurs étages, dans différents secteurs, ce qui fait que celles-ci ont parfois à renouer avec des actes qu'elles posent moins souvent. Cela suppose des mises à jour et beaucoup de questions auxquelles les MSI en ligne répondent immédiatement, en temps réel.»
L'introduction d'un outil en ligne a aussi permis aux établissements de mettre un peu du leur dans le processus incessant de révision. Un espace leur a en effet été réservé afin qu'ils notent certaines spécificités locales. Chaque ajout est ensuite transmis à l'AQESSS, ce qui lui permet de suivre l'évolution des pratiques sur le terrain.
Si tout va bien, le nouvel outil pourrait même intégrer la vidéo d'ici peu, afin de repousser encore les limites de la formation en continu, raconte celle qui a la responsabilité de ce projet à l'AQESSS, Vanessa Laflamme. «La vidéo nous permettra de détailler des actes nouveaux ou très spécialisés, comme l'usage des cathéters veineux centraux ou l'utilisation des nouvelles aiguilles sécuritaires par exemple.»
Il y aura quand même toujours une place pour la base qui forme l'épine dorsale des soins infirmiers. «On se rend compte que les infirmières sont nombreuses à valider des actes plus complexes, mais on a pu constater, non sans une certaine surprise, que plusieurs ressentent aussi le besoin de revenir à des actes de base, comme le lavage des mains. Cela nous montre à quel point un tel outil est essentiel au quotidien», explique Mme Laflamme.
À plus long terme, l'AQESSS aimerait aussi que les infirmières, préposées et auxiliaires du Québec aient accès aux MSI dès leur entrée sur les bancs d'école. L'association caresse également le projet d'intégrer des méthodes encore plus pointues en faisant appel à l'expertise des établissements universitaires. Autant de projet qui seront l'objet de négociations dès cet automne.
Le changement de culture n'est pas anodin. La dernière édition papier des MSI ne comptait pas moins de 400 méthodes toutes compilées dans un même document comprenant 4000 pages de notes bien serrées. «On imprimait une première version au début de l'année, et nous apportions les corrections six mois plus tard», explique Ginette Leblanc, directrice de l'organisation des services, des affaires médicales et de la qualité, à l'AQESSS. Le problème, c'est que, pendant cette période, les pratiques continuaient à évoluer. «Il fallait que les infirmières cliniciennes compilent manuellement les mises à jour et fassent circuler l'information.»
Mais avec la pénurie de professionnels qui sévit au Québec, la compilation des nouveaux avis était souvent difficile à soutenir, et l'information variait considérablement d'un établissement à l'autre. En faisant le saut dans le cyberespace, l'AQESSS peut enfin assurer une uniformisation sans précédent des soins, croit Mme Leblanc. «Il y a là quelque chose de très rassurant pour le patient parce qu'il a la certitude de pouvoir obtenir les meilleurs soins possible, où qu'il soit. À long terme, on peut même espérer que les soins seront toujours à jour partout au Québec.»
Pour les établissements, le coup de pouce est très apprécié. «À notre manière, on travaille à diminuer les effets de la pénurie parce que, là où les infirmières cliniciennes devaient assurer la circulation de l'information et sa mise à jour, l'outil en ligne prend carrément la relève», explique Mme Leblanc. Les établissements peuvent aussi compter sur une information de pointe sans avoir à attendre des mois avant d'être mis au courant. Le comité consultatif qui donne son aval à l'introduction d'une nouvelle méthode a en effet vu sa tâche changer du tout au tout.
Auparavant, ce comité se réunissait deux fois l'an pour examiner les propositions faites par l'infirmière conseillère de l'AQESSS qui a la tâche de recenser tous les écrits scientifiques de même que toutes les lignes directrices canadiennes et américaines diffusés dans l'année. Désormais réunis par la magie du cyberespace dans un même forum de discussion, les membres de ce comité sont maintenant appelés à travailler toute l'année. «Cela nous permet d'être plus proactifs, explique Mme Leblanc. On n'attend plus les corrections de mi-année pour réagir.»
Mis en ligne discrètement il y a un an à titre de projet-pilote, le nouvel outil a rapidement fait boule de neige. Aujourd'hui, près de 70 % des établissements en profitent, et les demandes continuent à affluer. Car l'outil répond à un besoin pressant formulé par les infirmières, celui de pouvoir valider toutes les procédures, là, maintenant. Les MSI sont en effet un moyen très efficace pour une professionnelle de se tenir à jour mais aussi de dissiper certains doutes et de valider une procédure plus complexe ou qui fait l'objet d'un débat.
Nul besoin d'attendre, la réponse est là, à un clic de souris, confirme Mme Leblanc. «Avec la pénurie d'infirmières, plusieurs établissements n'ont d'autres choix que de déployer leurs effectifs sur plusieurs étages, dans différents secteurs, ce qui fait que celles-ci ont parfois à renouer avec des actes qu'elles posent moins souvent. Cela suppose des mises à jour et beaucoup de questions auxquelles les MSI en ligne répondent immédiatement, en temps réel.»
L'introduction d'un outil en ligne a aussi permis aux établissements de mettre un peu du leur dans le processus incessant de révision. Un espace leur a en effet été réservé afin qu'ils notent certaines spécificités locales. Chaque ajout est ensuite transmis à l'AQESSS, ce qui lui permet de suivre l'évolution des pratiques sur le terrain.
Si tout va bien, le nouvel outil pourrait même intégrer la vidéo d'ici peu, afin de repousser encore les limites de la formation en continu, raconte celle qui a la responsabilité de ce projet à l'AQESSS, Vanessa Laflamme. «La vidéo nous permettra de détailler des actes nouveaux ou très spécialisés, comme l'usage des cathéters veineux centraux ou l'utilisation des nouvelles aiguilles sécuritaires par exemple.»
Il y aura quand même toujours une place pour la base qui forme l'épine dorsale des soins infirmiers. «On se rend compte que les infirmières sont nombreuses à valider des actes plus complexes, mais on a pu constater, non sans une certaine surprise, que plusieurs ressentent aussi le besoin de revenir à des actes de base, comme le lavage des mains. Cela nous montre à quel point un tel outil est essentiel au quotidien», explique Mme Laflamme.
À plus long terme, l'AQESSS aimerait aussi que les infirmières, préposées et auxiliaires du Québec aient accès aux MSI dès leur entrée sur les bancs d'école. L'association caresse également le projet d'intégrer des méthodes encore plus pointues en faisant appel à l'expertise des établissements universitaires. Autant de projet qui seront l'objet de négociations dès cet automne.
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