vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Algues qui dérangent

Jean-Robert Sansfaçon   25 juillet 2007  Santé
Les cyanobactéries, mieux connues sous l'appellation d'algues bleu-vert, sont revenues en force hanter la vie des plaisanciers, cet été. À ce jour, le ministère de l'Environnement a déjà recensé 72 cours d'eau affectés par la présence de ces organismes microscopiques comparativement à un peu plus d'une centaine durant tout l'été 2006.

Il faut rappeler que les cyanobactéries sont présentes dans tous les cours d'eau et que leur existence est connue depuis des siècles. Le problème apparaît lorsqu'elles prolifèrent, dans certaines conditions encore mal connues, au point de former une masse compacte bien visible, et de dégager des toxines dangereuses pour la santé des baigneurs et des gens qui puisent leur eau potable dans ces lacs. Le phénomène n'est pas propre au Québec, au contraire, mais il va en s'aggravant.

Toutes les algues bleu-vert ne sont pas toxiques, mais compte tenu du risque pour la santé, on comprend l'empressement du ministère de l'Environnement à publier une mise en garde avant même de connaître les résultats de l'analyse toxicologique.

Cela dit, le même ministère fait beaucoup trop peu pour prévenir ce phénomène, dont les conséquences sont importantes pour l'industrie touristique des régions et pour la qualité de vie des vacanciers et des résidants.

Il y a quelques années, le gouvernement du Québec a confié la responsabilité du contrôle des rives de nos cours d'eau intérieurs aux municipalités. Malheureusement, la plupart d'entre elles étaient très mal préparées pour assumer cette lourde tâche. Il aura donc fallu cette crise des algues bleues pour que les élus de nos petites municipalités prennent eux-mêmes conscience de l'importance de leur mandat et placent la protection des cours d'eau en tête de leurs priorités d'intervention.

La plupart du temps, les municipalités obtiennent la collaboration des associations de riverains, bien conscients qu'il en va de leur intérêt. Mais bien souvent, l'ampleur du problème dépasse la capacité des uns et des autres à intervenir. On pense notamment à ces sacro-saints droits acquis qui empêchent de faire démolir des abris permanents ou des murs de béton érigés depuis des décennies, ou de forcer la plantation d'arbustes ou la remise à l'état naturel des rives.

Depuis peu, plusieurs municipalités ont adopté une réglementation plus sévère interdisant l'épandage de fertilisants et même la tonte du gazon en bordure des cours d'eau. Encore faudrait-il sévir lorsque ces règles ne sont pas respectées!

De même, contrairement à d'autres provinces, la réglementation québécoise autorise l'installation de fosses septiques spéciales, sans champ d'épuration, lorsque l'espace qui sépare la résidence du cours d'eau est insuffisant. Or, si ces installations sont efficaces dans le contrôle des coliformes, elles laissent échapper les phosphates, qui sont pourtant l'une des sources premières de prolifération des algues. Où est la logique?

Que dire aussi de l'absence totale de protection des cours d'eau qui servent de réserves d'eau pour certaines villes? Qu'est-ce qu'on attend pour interdire les embarcations à moteur, les motomarines et les motoneiges sur ces réservoirs d'eau potable? Plusieurs États américains ont adopté de telles mesures essentielles depuis des lustres, mais au Québec, les groupes de pression du loisir pour adultes-enfants continuent de sévir auprès de tous les grands partis politiques, toujours avec autant de succès. Quelle tristesse!






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jean Dussault
    Inscrit
    mercredi 25 juillet 2007 07h13
    Les fermiers morts de rire
    « On oublie tout cet épandage de purin porcin, et autres défécations méga-agricoles, sur les bords des grandes rivières polluées. Les municipalités ont depuis 3 ou 4 ans le pouvoir d'augmenter la largeur des bandes riveraines où cet épandage est interdit. Mais celles qui tentent de le faire ont des soulèvements de l'opinion des fermiers, qui sont souvent d'ailleurs très présents sur les conseils municipaux pour veillers aux droits de produire.

    Toujours est-il, cet été, la pollution agricole n'est pas dans le point de mire des médias. On n'en a que pour les fosses septiques et les moto-marines, alors que du purin a été étendu par milliers de tonnes au printemps.

    L'UPA se tient tranquille et doit bien rire dans sa barbe. »

  • Jean Baudouin
    Inscrit
    mercredi 25 juillet 2007 08h17
    Notre gouvernement doit réagir
    « Oui, le gouvernement du Québec doit réagir rapidement sinon l'industrie touristique risque de grandes pertes. Le plus ironique est que c'est cette même industrie qui fait pression sur le gouvernement pour continuer de permettre les bateaux moteurs, les motos marines et les motoneiges sur nos lacs.
    Y a il une étude démontrant clairement que les bateaux moteurs, les motomarines et les motoneiges polluent véritablement. On sait que les mauvaises fosses sceptiques et les bords de lacs déboisés sont très dommageables mais qu'en est-il réellement des bateaux moteurs, des motomarines et des motoneiges qui polluent certes par le bruit mais sans doute aussi par l'essence qu'ils dégagent dans nos lacs ? »

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    mercredi 25 juillet 2007 08h41
    Québec doit agir !
    « Ce n'est pas aux municipalités mais au Ministère de l'environnement à agir! La plupart des municipalités concernées n'ont pas les moyens, financiers ou autres, d'intervenir efficacement. À Québec de reprendre ses responsabilitées ! »

  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    mercredi 25 juillet 2007 10h24
    Les doubles manque d'information et de leadership au niveau local peuvent être corrigés!
    « Rimouski, ce 25 juillet 2007,

    À mon avis, les deux éléments qui ont le plus cruellement manqué en termes de protection des rives des lacs dans notre région ont été l'information et le leadership, plus particulièrement le leadership local. Dans ce cas-ci, je pense autant au leadership municipal qu'à un type de leadership dit "de la société civil" issu de leaders techniques et politiques inspirant grandement la confiance. Heureusement, la situation a commencé à changer depuis quelques années. L'histoire qui suit m'apparaît révélatrice à cet égard.

    Je suis le secrétaire-trésorier d'une association incorporée de riverains, l'Association des riverains du lac Plourde Inc. Pendant plus de dix ans, cette association de concertation, de représentation et de gestion s'est uniquement occupée de l'entretien et de la réparation d'un chemin de chalet. Aujourd'hui, elle s'occupe aussi d'environnement et exerce, à mon avis, un leadership régional en cette matière. Ce changement a conïncidé avec la fondation et la mise en place du Conseil de bassin de la rìvière Rimouski Inc.. (C.B.R.R.) Le président de cet organisme est aussi le président du Regroupement des Conseils de bassin du Québec. Depuis sa fondation, cette organisation compte sur le soutien actif et constant de la M.R.C. Rimouski-Neigette et du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Il compte surtout sur le dévouement de son président et d'une équipe de biologistes nouvellement diplômés de l'UQAR. Depuis trois ans, il travaille sur un "plan directeur de l'eau" régional. C'est dans le cadre de ce plan que le C.B.R.R. a étudié la qualité de l'eau de 23 lacs situés dans la M.R.C.. Sans phase I et II, il n'y aurait jamais eu de phase I et sans la présence d'une association de riverains dynamique, il n'y aurait jamais eu de phases I, II et III. Et sans le C.B.R.R., il n'y aurait jamais eu d'association de riverains réellement soucieuse d'environnement. Ceci fait beaucoup de si..., mais c'est ainsi lorsqu'il faut à la fois documenter, opérer et faire partager des changements culturels ou de modes de vie dans un environnement social estival où la réglementation environnementale était soit inexistante ou soit inappliquée. Heureusement, les choses changent.

    Les 9 et 10 août 2007, deux biologistes du C.B.R.R. rencontreront individuellement chaque riverain de trois lacs situés sur le territoire de la M.R.C. Il s'agira de les conseiller et de les outiller en matière de reboisement des rives. Cette rencontre se fera dans le cadre de la Phase III d'une étude de 23 lacs. Notre association assure le C.B.R.R. de la collaboration de ses membres en matière de reboisement des rives.

    Parallèlement, la municipalité agricole et forestière (1000 citoyens et citoyennes) dans laquelle plus de 40 lacs financent environ 50% de ses activités a finalement décidé d'emboiter le pas et de mettre en place un plan de vidage de fosses septiques et de puisards. Ainsi, elle se conforme à une politique obligatoire régionale provenant de la M.R.C.. Cette politique demande à chaque municipalité de s'assurer que toutes les fosses septiques et puisards soient vidés à tous les 4 ans pour les résidences secondaires et à tous les 2 ans pour les résidences principales. Pratiquement, ceci fonctionnera ainsi: la municipalité choisit une entreprise videuse de fosse, identifie les riverains concernés, leur envoi un avis de vidage leur intimant l'ordre de rendre leur fosse ou leur puisard accessible à un moment précis et demande à l'entreprise choisie de se rendre à l'adresse concernée et de faire son ouvrage. La munipalité paie la vidange. En cas de problème, elle impose une amende et facture le riverain. Depuis une année, ce système fonctionne sur la totalité du territoire du Rimouski fusionné.
    La municipalité sur le territoire duquel notre association incorporée de riverains fonctionne avait elle aussi jusqu'en 2008 pour agir comme Rimouski. Sa politique sera progressiment appliquée à partir de l'automne 2007. Il lui faudra cependant quatre ans pour que tous les riverains aient été visités.

    Faudra-t-il une réglementation municipale dite du reboisement? Je l'ignore encore.

    Jean-Pierre Lusignan »

  • Thériault Annie
    Inscrite
    vendredi 10 août 2007 09h23
    Attention M. Dussault
    « J'aimerais seulement faire savoir à M. Dussault que vous mangez aujourd'hui grâce à ces fermiers qui cultivent la terre pour vous. Il est facile de leur frapper sur la tête et c'est ce que tous les citadins font depuis des années. Ils ont une part de responsabilité mais c'est aussi notre cas à tous. Achetez-vous des savons biologiques?...

    P.S. Je ne suis pas fermière et je n'ai aucun fermier dans ma famille. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Article
Article
Article
Idées
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009