Algues qui dérangent
Les cyanobactéries, mieux connues sous l'appellation d'algues bleu-vert, sont revenues en force hanter la vie des plaisanciers, cet été. À ce jour, le ministère de l'Environnement a déjà recensé 72 cours d'eau affectés par la présence de ces organismes microscopiques comparativement à un peu plus d'une centaine durant tout l'été 2006.
Il faut rappeler que les cyanobactéries sont présentes dans tous les cours d'eau et que leur existence est connue depuis des siècles. Le problème apparaît lorsqu'elles prolifèrent, dans certaines conditions encore mal connues, au point de former une masse compacte bien visible, et de dégager des toxines dangereuses pour la santé des baigneurs et des gens qui puisent leur eau potable dans ces lacs. Le phénomène n'est pas propre au Québec, au contraire, mais il va en s'aggravant.
Toutes les algues bleu-vert ne sont pas toxiques, mais compte tenu du risque pour la santé, on comprend l'empressement du ministère de l'Environnement à publier une mise en garde avant même de connaître les résultats de l'analyse toxicologique.
Cela dit, le même ministère fait beaucoup trop peu pour prévenir ce phénomène, dont les conséquences sont importantes pour l'industrie touristique des régions et pour la qualité de vie des vacanciers et des résidants.
Il y a quelques années, le gouvernement du Québec a confié la responsabilité du contrôle des rives de nos cours d'eau intérieurs aux municipalités. Malheureusement, la plupart d'entre elles étaient très mal préparées pour assumer cette lourde tâche. Il aura donc fallu cette crise des algues bleues pour que les élus de nos petites municipalités prennent eux-mêmes conscience de l'importance de leur mandat et placent la protection des cours d'eau en tête de leurs priorités d'intervention.
La plupart du temps, les municipalités obtiennent la collaboration des associations de riverains, bien conscients qu'il en va de leur intérêt. Mais bien souvent, l'ampleur du problème dépasse la capacité des uns et des autres à intervenir. On pense notamment à ces sacro-saints droits acquis qui empêchent de faire démolir des abris permanents ou des murs de béton érigés depuis des décennies, ou de forcer la plantation d'arbustes ou la remise à l'état naturel des rives.
Depuis peu, plusieurs municipalités ont adopté une réglementation plus sévère interdisant l'épandage de fertilisants et même la tonte du gazon en bordure des cours d'eau. Encore faudrait-il sévir lorsque ces règles ne sont pas respectées!
De même, contrairement à d'autres provinces, la réglementation québécoise autorise l'installation de fosses septiques spéciales, sans champ d'épuration, lorsque l'espace qui sépare la résidence du cours d'eau est insuffisant. Or, si ces installations sont efficaces dans le contrôle des coliformes, elles laissent échapper les phosphates, qui sont pourtant l'une des sources premières de prolifération des algues. Où est la logique?
Que dire aussi de l'absence totale de protection des cours d'eau qui servent de réserves d'eau pour certaines villes? Qu'est-ce qu'on attend pour interdire les embarcations à moteur, les motomarines et les motoneiges sur ces réservoirs d'eau potable? Plusieurs États américains ont adopté de telles mesures essentielles depuis des lustres, mais au Québec, les groupes de pression du loisir pour adultes-enfants continuent de sévir auprès de tous les grands partis politiques, toujours avec autant de succès. Quelle tristesse!
Il faut rappeler que les cyanobactéries sont présentes dans tous les cours d'eau et que leur existence est connue depuis des siècles. Le problème apparaît lorsqu'elles prolifèrent, dans certaines conditions encore mal connues, au point de former une masse compacte bien visible, et de dégager des toxines dangereuses pour la santé des baigneurs et des gens qui puisent leur eau potable dans ces lacs. Le phénomène n'est pas propre au Québec, au contraire, mais il va en s'aggravant.
Toutes les algues bleu-vert ne sont pas toxiques, mais compte tenu du risque pour la santé, on comprend l'empressement du ministère de l'Environnement à publier une mise en garde avant même de connaître les résultats de l'analyse toxicologique.
Cela dit, le même ministère fait beaucoup trop peu pour prévenir ce phénomène, dont les conséquences sont importantes pour l'industrie touristique des régions et pour la qualité de vie des vacanciers et des résidants.
Il y a quelques années, le gouvernement du Québec a confié la responsabilité du contrôle des rives de nos cours d'eau intérieurs aux municipalités. Malheureusement, la plupart d'entre elles étaient très mal préparées pour assumer cette lourde tâche. Il aura donc fallu cette crise des algues bleues pour que les élus de nos petites municipalités prennent eux-mêmes conscience de l'importance de leur mandat et placent la protection des cours d'eau en tête de leurs priorités d'intervention.
La plupart du temps, les municipalités obtiennent la collaboration des associations de riverains, bien conscients qu'il en va de leur intérêt. Mais bien souvent, l'ampleur du problème dépasse la capacité des uns et des autres à intervenir. On pense notamment à ces sacro-saints droits acquis qui empêchent de faire démolir des abris permanents ou des murs de béton érigés depuis des décennies, ou de forcer la plantation d'arbustes ou la remise à l'état naturel des rives.
Depuis peu, plusieurs municipalités ont adopté une réglementation plus sévère interdisant l'épandage de fertilisants et même la tonte du gazon en bordure des cours d'eau. Encore faudrait-il sévir lorsque ces règles ne sont pas respectées!
De même, contrairement à d'autres provinces, la réglementation québécoise autorise l'installation de fosses septiques spéciales, sans champ d'épuration, lorsque l'espace qui sépare la résidence du cours d'eau est insuffisant. Or, si ces installations sont efficaces dans le contrôle des coliformes, elles laissent échapper les phosphates, qui sont pourtant l'une des sources premières de prolifération des algues. Où est la logique?
Que dire aussi de l'absence totale de protection des cours d'eau qui servent de réserves d'eau pour certaines villes? Qu'est-ce qu'on attend pour interdire les embarcations à moteur, les motomarines et les motoneiges sur ces réservoirs d'eau potable? Plusieurs États américains ont adopté de telles mesures essentielles depuis des lustres, mais au Québec, les groupes de pression du loisir pour adultes-enfants continuent de sévir auprès de tous les grands partis politiques, toujours avec autant de succès. Quelle tristesse!
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