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La CIA a subventionné le lavage de cerveau de patients à Montréal

16 juillet 2007  Santé
Pendant la Guerre froide, alors que des soldats américains tombaient au combat en Corée, que le sénateur américain Joseph McCarthy voyait des communistes partout et que les États-Unis étaient convaincus que les Russes avaient mis au point des techniques de lavage de cerveau, la psyché est devenue la nouvelle frontière et, grâce à une expérience subventionnée par la CIA, la ville de Montréal s'est retrouvée au coeur des activités de chercheurs.

À l'institut Allan Memorial de l'université McGill, le Dr Ewen Cameron croyait être en mesure de modifier les comportements de patients, une idée qui a coûté au gouvernement fédéral une somme d'argent indéterminée, ce mois-ci, à la suite d'un règlement à l'amiable conclu avec une ancienne patiente, Janine Huard. L'avocat de cette dernière a indiqué que des poursuites impliquant d'autres personnes étaient en voie de préparation.

Le Dr Cameron n'était pas le seul impliqué dans cette expérience. Au cours des prochaines années, Andrea Tome, historienne de l'université McGill, compte documenter l'implication du Canada à ce chapitre.

«Ça se passait partout, a-t-elle affirmé lors d'un récent entretien. C'était une course. Pas une course aux armements, mais une course pour la science, pour le progrès technologique.»

Montréal est devenu une sorte de «Mecque médicale», largement en raison des travaux du Dr Cameron et du programme de recherche qu'il a établi à McGill. Le Dr Cameron a été président de l'Association des psychiatres du Canada et de l'Association mondiale de psychiatrie.

Les patients du médecin étaient placés dans un état de coma dû aux drogues, ils devaient prendre du LSD et ils étaient soumis pendant des jours, voire des semaines, à des messages enregistrés.

Le Dr Cameron pensait qu'il pouvait «programmer» ses patients, une idée qui a suffisamment intrigué la CIA pour qu'elle subventionne ses travaux, de concert avec le gouvernement canadien.
 
 
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