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Victoire d'une fumeuse à la Régie du logement

Louise-Maude Rioux Soucy   11 juillet 2007  Santé
N'en déplaise à sa propriétaire, Sandra-Ann Fowler pourra tranquillement continuer à griller ses cigarettes dans son logement du quartier Ville-Émard, à Montréal. Dans un jugement rendu public hier, la Régie du logement rappelle qu'il est en effet impossible de changer les termes d'un bail une fois que celui-ci a été signé, cela même si des impératifs de santé sont invoqués, comme l'a fait Olesia Koretski en faisant valoir que la fumée secondaire qui passe à travers les murs de son duplex l'incommode en raison de son asthme et nuit à la santé de son enfant à naître.

Pour la principale intéressée, ce jugement a des allures de petite victoire. «J'ai fait ça par principe, pour ceux qui sont dans la même situation, mais aussi pour me sentir chez moi», explique Mme Fowler, qui avait convoqué la presse à venir la rencontrer en matinée devant son logement. Cette dernière estime que ce n'est pas à elle de s'ajuster, mais à sa propriétaire de faire le nécessaire pour empêcher la fumée de circuler dans l'immeuble. «Je leur ai montré les endroits où la fumée voyageait; ils les ont calfeutrés avec du "duct tape" et des sacs de plastique, rien de plus.»

Interrogée sur les effets néfastes que pourrait avoir sa consommation de tabac sur la santé de sa propriétaire comme de celle de son enfant, Mme Fowler s'en est remise au jugement de la Régie. «Je ne me sens pas coupable. Je suis ici chez moi et ce que je fais est légal», a-t-elle martelé. C'est aussi l'opinion du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), qui a accueilli ce jugement avec soulagement hier. Idem du côté du groupe Mon choix.ca, qui défend l'intérêt des fumeurs.

Faisant bande à part, la Corporation des propriétaires immobiliers

du Québec (CORPIQ) a dit voir les choses d'un tout autre oeil. Par la voix de son porte-parole, la corporation s'est notamment étonnée du manque de sensibilité de la Régie à l'endroit de Mme Koretski, laquelle n'a pu être jointe hier. «Il s'agit d'une demande faite par une femme enceinte qui craint les effets de la fumée secondaire chez son enfant. Qu'elle soit propriétaire ne change rien au dossier, demain ce sera une locataire incommodée qui se verra refuser la même demande!», a dénoncé le porte-parole de l'organisme, Hans Brouillette.

Cela dit, la CORPIQ rappelle que la question du tabac n'est pas l'objet direct de la plainte examinée par le tribunal. En effet, la régisseuse Claudine Novello devait plutôt statuer sur la validité de la demande de la propriétaire, qui disait vouloir faire respecter une obligation découlant du bail, soit celle enjoignant à sa locataire de cesser de fumer tel que le précisait le formulaire d'application présenté en premier lieu à la locataire. Mme Fowler a contesté cette obligation, arguant qu'aucune clause dans le bail qu'elle a signé ne lui interdit de fumer chez elle.

Dans son jugement, Me Novello lui a donné raison en précisant que la seule mention de cet interdit «dans un document accessoire ne saurait être génératrice de droit». À la CORPIQ, on comprend parfaitement cet argument, mais on espère qu'il ne privera pas les propriétaires d'exercer ouvertement leurs droits le temps venu. «Ce que l'on comprend, c'est qu'il faut que cela soit écrit sur le bail dès le départ et qu'on ne peut pas changer les règles du jeu en cours de route», confie M. Brouillette, en précisant que l'interdiction de fumer est un droit que peut légitimement exercer le propriétaire lors du renouvellement du bail.

À la Régie du logement, on confirme son interprétation. Rien en effet n'interdit à un propriétaire d'ajouter une clause dans le bail afin de spécifier qu'il ne veut pas que l'on fume dans son logement. Le cas échéant, «le locataire devra respecter les clauses de son bail. S'il ne les respecte pas, le propriétaire pourra intenter un recours devant la Régie», explique Louise Carignan. Mais inscrire une telle restriction pourrait-il constituer une motif de discrimination? «Tout dépend du préjudice causé», précise la technicienne en information en ajoutant que la Régie n'a pas eu l'occasion de se prononcer sur ce point jusqu'à présent.

Au RCLALQ, on ne cache pas que la crainte de voir cet interdit devenir un motif valable pour refuser un bail est bien réelle à l'heure où trop de ménages ont encore du mal à se trouver un logement à Montréal. Selon son porte-parole, André Trépanier, la promotion de la clause anti-fumée dans les logements privés paraît abusive. «Il est déjà difficile de se trouver un logement à Montréal. Si ce genre de clauses se répand, imaginons une mère de famille monoparentale haïtienne, sur l'aide sociale, avec plusieurs enfants... C'est déjà infernal pour elle; si elle fume, ce sera pis encore!»

Mais à la CORPIQ, on doute fort que ce genre d'interdit se mette à fleurir demain matin à la suite de ce jugement. «On serait très surpris qu'une majorité de propriétaires choisissent d'interdire de fumer; les fumeurs sont une clientèle importante, et c'est une minorité d'immeubles où il y a des plaintes», croit M. Brouillette.

Resserrée il y a bientôt un an, la loi québécoise sur le tabac précise qu'il est interdit de fumer dans les aires communes des immeubles de six logements et plus. Toutefois, elle reste muette sur l'usage du tabac à l'intérieur des logements. La nocivité du tabagisme et de l'exposition à la fumée secondaire a été prouvée par des études scientifiques, tout comme la nocivité de la fumée secondaire pour les non-fumeurs vivant dans la même unité d'habitation. Cependant, la petite poignée d'études avançant la nocivité de la fumée secondaire pour les logements voisins est encore très contestée.






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  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 02h07
    Elle a 20...cigarettes
    « Elle a vingt cigarettes
    Elle a vingt fois plus de récepteurs nicotiniques
    Il a vingt taches sur les poumons
    Elle a vingt occasions par jour de décompenser
    Elle a vingt ans de plus que sa moyenne d'âge physiologiquement parlant
    Elle a vaincu, plait-il qu'elle ne souffre jamais de diarrhée.

    Pierre Castonguay »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 11 juillet 2007 08h20
    COMMENT CONTRÔLER LA CHOSE ?
    « Dorénavant, les propriétaires pourront interdire sur leurs baux, à leurs locataires, de fumer dans leurs logis.

    Comment est-ce que le propriétaire va pouvoir contrôler ça ? Est-ce qu'il va pouvoir contrôler les achats des locataires, faire de visites impromptues dans les logis "le jour et la nuit" ? Sentir dans les appartements ? Regarder par les fenêtres peut-être ? Faire passer un détecteur de mensonges au locataire ? Esr-ce que les invités des locataires vont pouvoir fumer un peu ? Et sur le perron aussi ?

    Escouade de polices des cigarettes à mettre sur pied ou niaiserie du juge peut-être ? »

  • Benoit Coté
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 09h54
    Scandale
    « C'est incroyable le message que la Régie envoi à la société. Le principe de la location d'un logement est qu'une personne loue un espace qui ne lui appartient pas, et en prend possession pour son usage. Cependant elle n'en est pas le propriétaire, et elle n'a pas tous les droits dans ce lieu.

    Deplus la santé de toute personne doit passer devant le droit d'une personne à fumer. C'est inconcevable que notre société place le droit de fumer devant la santé.

    Je me questionne également sur le rôle de l'organisation qui a défendu Mme Fowler, et encore plus sur leur financement...

    J'espère que la Régie du Logement saura faire mieux en autorisant les propriétaires d'immeubles d'inclure au choix, l'interdiction de fumer lors de nouvelles locations.

    Quelle société sommes nous... désolant... »

  • Patrice Couture
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 10h03
    Cherchez les faits, chers journalistes
    « Dans votre article intitulé "Victoire d'une fumeuse à la Régie du logement", Louise-Maude Rioux Soucy affirme que "La nocivité du tabagisme et de l'exposition à la fumée secondaire a été prouvée par des études scientifiques, tout comme la nocivité de la fumée secondaire pour les non-fumeurs vivant dans la même unité d'habitation." Si la nocivité du tabagisme ne fait aucun doute tant l'évidence est directe, celle de la fumée secondaire, au contraire, est largement un mythe dont l'évidence scientifique est plus que douteuse. Si un journaliste sérieux investiguait professionnellement cette évidence, il devrait objectivement rapporter que la plupart des évidences de risque de la fumée secondaire sont non fondées scientifiquement et constituent simplement une propagande populiste colportée par des groupes anti-fumeurs agressifs et supportés par les compagnies pharmaceutiques et les politiciens. Le calcul électoral est simple : plus des trois quarts de la population est non-fumeur, et contrairement aux handicapés, minorités visibles ou autres groupes discriminés, les fumeurs ne jouissent d'aucune sympathie populaire en tant que minorité. »

  • Robert Gu
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 13h02
    Les droits des fumeurs vs ceux des non-fumeurs et la régie du logement.
    « Je crois qu'un droit de fumer qui ne peut être assumé responsablement pour la santé publique ne peut être accordé à priori ni à un locataire, ni à un propriétaire habitant dans un immeuble locatif.

    Cette semaine aux nouvelles on annonce que la régie du logement a décidé en faveur d'un locataire fumeur contre une propriétaire femme enceinte et asthmatique qui avait stipulé clairement dans un document qu'on a vu à la télévision, que la fumée des produits du tabac n'était pas permise dans l'immeuble (ce document il faut le noter n'était malheureusement au niveau légal ni le bail duement signé ni le règlement de l'immeuble attenant au bail ). On a ensuite extrapolé euphoriquement chez certains fumeurs et dit que la régie pourrait même favoriser les droits des locataires à fumer dans leur logement malgré des clauses contractuelles non-fumeur dans le bail ou le règlement de l'immeuble.

    Il faut vivre dans un logement ou un immeuble pour comprendre que la fumée de cigarette, comme le bruit, ne respectent pas nécessairement les limites d'un espace locatif alloué à un locataire ou un propriétaire. Un droit de fumer n'est pas un droit absolu s'il empiète le moindrement sur le droit pour un non fumeur de ne pas inhaler de la fumée secondaire ou tertiaire.

    Je connais un locataire qui a pris un bail avec une clause non-fumeur... et qui maintenant dit qu'il croit qu'il va pouvoir fumer en toute impunité dans son logement, il se trompe bien entendu au niveau du code civil car il a une clause contractuelle non fumeur duement signée dans son bail. Cette décision cette semaine de la régie du logement est peut-être juste pour les droits d'un point de vue contractuel des locataires fumeurs n'ayant pas de clause non-fumeur dans leur bail,(cependant la locataire rusée savait fort bien l'intention du propriétaire de Ville Émard puisque l'annonce spécifiait non-fumeur - elle a donc sciemment trompé la propriétaire en profitant qu'une clause non-fumeur n'avait pas été inscrite sur le bail lui-même - elle a eu raison au niveau strict de la technicalité de la loi mais elle n'a pas eu raison au niveau du coeur et du respect des autres, c'est malheureusement évident et elle devrait avoir honte de la victoire de sa déceptivité, sur le respect du désir clair du contractant propriétaire de ne pas avoir de fumeur dans ce logement). Je crois qu'un locataire fumeur devra par ultimement être tenu par toute loi ou règlement ou décision de la régie : d'exercer responsablement son droit strictement dans son espace locatif, mais c'est le noeud du problème puisque sa fumée hautement nocive peut s'infiltrer dans les autres logements, il devra être tenu par la loi, en justice pour droits des autres occupants de l'immeuble de se munir de tous les moyens de filtration et d'interventions pour qu'aucune fumée ne s'infiltre dans les espaces autres que le sien... ceci concerne toute fumée secondaire ou tertiaire. C'est l'instigateur de la fumée qui doit être tenu responsable de ses émanations de fumée, pas les non fumeurs ou les propriétaires...

    Donc la régie du logement et/ou une loi concernant la santé publique devrait aller plus loin dans un tel jugement et dire que les locataires ont leurs droits mais chaque droit engendre des devoirs et que tant qu'ils ne peuvent assumer tous les devoirs résultant d'un de leurs droits, ils ne peuvent exercer ce droit. Un droit qui ne peut être assumé responsablement envers les droits des autres ne peut être accordé à un locataire. Le droit le plus important n'est pas le droit de fumer mais le droit à la santé, et on sait que la fumée de cigarette est un poison nocif pour l'organisme, alors pourquoi accorder de l'importance au droit de fumer s'il atteint à la vie des autres.... il faut que dans ce dossier l'aspect santé publique prime sur l'aspect droit personnel comme dans les lieux publics, car si vous êtes non fumeur vous avez le droit de respirer de l'air pur à toute heure du jour et de la nuit. Les logements ne sont pas concus pour permettre la cohabitation de fumeurs et de non-fumeurs dans un même immeuble, c'est généralement impossible de contenir la fumée de cigarette.... on doit favoriser la santé SVP »

  • Patrice Couture
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 10h00
    Fumée tertiaire et autres grandes questions
    « L'intervention de RG nous démontre bien à quel point le débat sur le tabac colporte un fascinant mélange de faits scientifiques, de demi-vérités, d'inconnus et de mensonges. En effet, RG semble convaincu que la fumée tertiaire s'infiltre d'un logis à l'autre, et qu'elle représente un risque réel pour la santé...
    La vérité est un mensonge qu'on répète assez souvent pour qu'on finisse par y croire.
    Une question maintenant. Je suis allergique aux arachides et ne tolère pas l'odeur du beurre d'arachides, qui se répand on le sait très rapidement lorsque tartiné sur une toast bien chaude. Je suis aussi propriétaire et loue le logement du haut. Ais-je le droit d'interdire à mes locataires de consommer du beurre d'arachides, ou serai-je plutôt obligé de m'assurer que les odeurs du voisin ne s'infiltrent pas chez-moi? »

  • Robert Gu
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 15h57
    Fumée secondaire
    « Il faut comprendre que la fumée secondaire tue et rend malade beaucoup de gens, surtout les personnes plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées.

    Je n'ai rien contre les fumeurs, mais beaucoup de fumeurs ne pensent qu'à leur dose horaire ou + de nicotine et cela jour et nuit. C'est une drogue, et les fumeurs n'arrêteront pas d'avoir l'envie de fumer, donc c'est sans fin... si c'était du bruit dans un logement on dirait utilise un MP3 avec des écouteurs et cela ne nuira pas à tes voisins. Mais la fumée de cigarette est en fait impossible à contenir dans le logement du fumeur... elle voyage partout, même à travers les murs et le plafond par la ventilation naturelle des immeubles.

    La fumée voyage aussi de l'extérieur vers l'intérieur... si vous fumez à l'extérieur sur un balcon et que les fenêtres du voisin sont ouvertes un beau soir chaud d'été, alors le voisin va avoir votre fumée de cigarette partout dans son logement, il ne faut pas se cacher la tête dans le sable.

    Il faut que les fumeurs aussi drogués et victimes eux-même qu'ils soient de la cigarette ... raisonnent se prennent en main et cessent de revendiquer un droit absolu de fumer... et comprenenent et respectent le droit des non fumeurs à dormir tranquilles les fenêtres ouvertes la nuit en été par exemple...

    On ne penserait pas de faire jouer une fanfare sous la fenêtre d'une personne endormie l'été... alors un fumeur doit être réaliste et ne pas s'allumer une cigarette sur un balcon qui est situé à 3 pieds au dessus de la chambre à coucher de son voisin d'en bas à 11 heures le soir ou à 3 heures du matin ou même à 10 heures le matin!

    L'hiver la fumée de cigarette voyage aussi et perdure dans les logements et ca vient qu'à sentir partout le fumée de cigarette, ça pue pour les non fumeurs, c'est irritant ( 4,000 produits toxiques dont 50 cancérigènes) et ça rend les personnes les plus vulnérables malades si cela ne les tue pas à la longue.

    Tu fumes, alors tu es responsable, tu dois contrôler ta fumée et ne jamais la faire subir aux non-fumeurs... c'est impossible ? alors cesse de fumer... car tu ne parviens pas à exercer une activité sans nuire aux autres. C'est comme si tu disais que tu as le droit de conduire une voiture et que tu conduisais sur le trottoir et que tu tuais et blessais des gens... une personne responsable contrôle ce qu'elle fait et les conséquences possibles sur les autres de ses actes.

    On n'a pas le droit de blesser les autres ou de salir leur air ou leur oxygène parce qu'on fume... fumer n'est pas un droit absolu. Comme conduire une automobile, comme écouter de la musique, etc. ce sont tous des droits relatifs conditionnels à ne pas enlever le droit à l'air pur , à la vie, à la sécurité sur les trottoirs, etc. aux autres.

    Une personne irresponsable ou immature revendique des "droits" une personne adulte exerce ses activités relativement au bien être général, pas de façon totalement aveugle ou égoiste comme les fumeurs qui disent avoir le droit de fumer sans égard aux gens qui vivent et respirent là ou peut et va s'envoler leur fumée. »

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