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200 médecins résidents à la rescousse des spécialistes

Louise-Maude Rioux Soucy   29 juin 2007  Santé
Ils sont compétents, enthousiastes et prêts à mettre les bouchées doubles, mais jusqu'à maintenant, ils ne pouvaient le faire qu'en s'expatriant temporairement en Ontario ou au Nouveau-Brunswick. Cet été, toutefois, ils pourront enfin travailler chez eux puisque le Collège des médecins du Québec a décidé d'assouplir ses règles en permettant aux 200 résidents admissibles de se procurer un permis de travail temporaire. Avec ce petit bout de papier, ils pourront aller prêter main-forte à leurs collègues surchargés un peu partout au Québec, une mesure concrète qui entre en vigueur immédiatement.

Dans les autres provinces canadiennes, offrir un permis temporaire à un médecin qui a terminé sa formation générale de spécialiste, le temps qu'il complète sa surspécialité, est une habitude bien ancrée. Ici, on a abandonné cette pratique, forçant les médecins résidents québécois souhaitant faire du dépannage à aller le faire ailleurs au Canada. C'est justement ce à quoi se préparait le président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), le Dr Martin Bernier, avant que le Collège n'attrape la balle au bond et fasse une offre ferme aux résidents et aux médecins spécialistes.

Pour l'instant, le permis temporaire sera offert aux résidents qui auront complété quatre années de formation en médecine interne ou en pédiatrie. Pour s'en prévaloir, ils devront avoir réussi l'examen du Collège royal des médecins et avoir obtenu un permis d'exercice dans une autre province, comme l'exige l'Office des professions du Québec. Ce dernier détail irrite toutefois le Collège ainsi que la FMRQ, qui aimeraient le voir disparaître le plus rapidement possible. «Il revient maintenant au ministre d'emboîter le pas et de modifier la loi médicale pour éviter un non-sens», a prévenu le Dr Bernier hier.

Heureusement, ce point de détail juridique est plus embêtant qu'autre chose et n'empêchera pas le déploiement des résidents dans les hôpitaux du Québec. Ils seront les bienvenus partout, sauf dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), qui profitent déjà de leur expertise par le truchement des stages de formation. Ainsi, ces résidents seront appelés à faire du dépannage en plus de leur travail dans les CHU, a précisé le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du Collège des médecins. «Le résident va continuer sa résidence dans son hôpital universitaire, mais de façon partielle, temporaire et sous supervision, il pourra aussi aller travailler ailleurs pendant ses congés ou ses vacances.»

Bien sûr, ce pas en avant ne suffira pas à enrayer la pénurie qui frappe le Québec. En théorie, le réseau aurait besoin de 800 omnipraticiens supplémentaires et d'autant de spécialistes pour retrouver son souffle. Sur le terrain, toutefois, «la souplesse que [les résidents] donneront au réseau sera très significative», a promis le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette. «La situation est telle au Québec qu'on se retrouve constamment à découvert. Les résidents pourront enfin permettre à nos gens de souffler.»

Pour les jeunes résidents, ce sera l'occasion de gonfler leurs fins de mois (ils seront payés comme n'importe quel spécialiste), de travailler dans un autre milieu que leur milieu d'enseignement et de mieux cerner leurs besoins lorsqu'ils reviendront en classe. «Au Collège, on voit un autre avantage puisque ça va aussi permettre aux jeunes médecins d'apprivoiser la pratique en région, ce qui va certainement aider le recrutement lorsque viendra la fin des études», croit le Dr Lamontagne.

À terme, la FMRQ espère quant à elle que ce genre de permis sera offert à d'autres disciplines. Le cas échéant, il faudra en faire encore plus, croit son président, qui plaide pour l'innovation en santé. Il pense par exemple au dépannage pour les résidents en formation, un outil qu'on utilise ailleurs au Canada avec beaucoup de succès. «S'il le faut, nous suggérerons des projets de loi pour faire avancer les choses. Et si les autres ne bougent pas, nous allons le faire [nous-mêmes], comme nous l'avons fait [avec le permis temporaire]», a promis le Dr Bernier, qui juge la bureaucratie québécoise «lente, démotivante et contre-productive».

Son message a été entendu hier au bureau du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui s'est montré intéressé à mettre en place de nouvelles formes de dépannage comme celle mise en avant hier par le Collège. «On est ouverts à ces idées-là, mais il faudra toutefois voir ce qu'il est possible de faire avec les ordres et les fédérations», a expliqué l'attachée de presse du ministre, Isabelle Merizzi, qui n'écarte pas la possibilité d'élargir ce genre de réflexion à la profession infirmière, qui souffre elle aussi de la pénurie.

Quant à la nouvelle proposition formulée hier par le Collège et les deux fédérations, elle a été reçue comme une bouffée d'air frais par le ministre de la Santé, qui y a vu un pas dans la bonne direction, a affirmé Mme Merizzi. «Pour nous, c'est une bonne nouvelle. Nous avions déjà eu des discussions informelles sur ce point et nous sommes ravis de voir que le Collège et les fédérations ont trouvé une formule qui fonctionne.»






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  • Genevieve Fiset
    Abonnée
    vendredi 29 juin 2007 03h26
    À qui s'adresse cette mesure? À une minorité de résidents...
    « Les résidents n'ont pas de vacances durant l'été comme les étudiants en médecine externes ou les autres étudiants universitaires.

    Les résidents sont salariés à l'année et disposent de 2 semaines payées de vacances par année. Quand beaucoup doivent travailler 100 heures ou plus par semaine, je me demande comment ils peuvent avoir l'énergie d'utiliser ces deux maigres semaines pour aller travailler!

    Je me demande si le journaliste s'est trompé et a mal interprété la nouvelle (mélangeant les niveaux de formation entre un étudiant en médecine, externe, résident et surspécialiste) ou bien cette mesure est pratiquement inutile et s'adresse à une minorité de jeunes médecins.

    Habituellement, les surspécialités débutent le 1er juillet. La résidence se termine le 30 juin... Je ne vois pas comment ils pourraient avoir un temps sans emploi à moins de cas exceptionnels de surspécialité qui débutent en septembre...

    Il faut savoir que ces médecins ayant terminé leur résidence sont des médecins à part entière. La plupart des médecins âgés de plus de 45 ans n'ont jamais fait de surspécialité. La complexité de la médecine d'aujourd'hui et le manque d'ouverture de postes (hé oui!) ont amenés ces surspécialités.

    Sachez également que plusieurs médecins qui ont terminé leur résidence ne font pas de surspécialité. Ce sont plutôt les médecins qui travaillent en milieu universitaire qui sont invité à ajouter cette formation facultative à leur curriculum vitae.

    À mon avis, il y a plusieurs incohérences à cet article. Le journaliste devrais revoir tout cela et mieux expliquer. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 29 juin 2007 08h30
    La tortue n'est pas seulement péquiste
    « Notre ministre de la santé dit : «nous sommes ravis de voir que le Collège et les fédérations ont trouvé une formule qui fonctionne.»

    Nous sommes à court de médecins depuis plusieurs années. Pourquoi ils n'y ont pas pensé avant vu que ça se fait en Ontario et au Nouveau-Brunswick déjà. Est-ce que le Québec est retardataire en médecine en plus ?

    Est-ce le corporatisme qui a joué ici ? »

  • Raymond Vaillancourt
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 08h33
    Pour ceux qui ont encore des doutes !
    « Pour ceux qui ont encore des doutes sur qui, du gouvernement ou du Collège des médecins, décide du fonctionnement du système de soins au Québec, l'évènement rapporté par cet article devrait les instruire ! Quand on dit qu'une partie importante du problème ne relève pas de l'ajout d'argent mais d'un problème d'organisation, on en a ici une brillante illustration.

    Raymond Vaillancourt »

  • Genevieve Fiset
    Abonnée
    vendredi 29 juin 2007 14h14
    L'article est tellement mal écrit allez au www.cmq.org pour comprendre
    « Après avoir lu et relu l'article sans avoir compris, je me suis demandé si c'était moi qui ne savais pas lire ou la journaliste qui ne maîtrise pas bien son sujet.

    J'ai fait lire l'article à mes copains résidents et jeunes médecins qui n'ont guère compris le texte de madame Rioux Soucy.

    Curieux, ceux-ci m'ont demandé de trouver un article plus clair. J'ai trouvé le communiqué de presse qui explique clairement la nouvelle.

    Allez au www.cmq.org dans "toutes les actualités" puis au communiqué de presse du 28 juin 2007.

    La nouvelle écrite par madame Rioux Soucy n'a rien à voir avec la véritable nouvelle (ou très peu).

    Nous ne parlons pas de médecins en cours de résidence ou à la fin de la résidence mais de médecins diplômés qui vont faire leur surspécialité.

    Dans le passé, l'unique façon pour un médecin ayant terminé sa residence de pratiquer au Québec avant une éventuelle surspécialité était de porter le titre de moniteur clinique.

    Ce poste permettait uniquement à ces médecins d'être semi-autonomes. Ils devaient être sous la responsabilité d'un médecin sénior.

    Désormais ils pourrons être considérés comme un médecin spécialiste à part entière et avoir un permis de pratique temporaire avant de partir approfondir leurs connaissances.

    Ce permis de pratique fait seulement changer le statut du médecin ayant terminé sa résidence. Concrètement cela veut dire plus d'argent et plus de liberté pour le jeune médecin.

    Maintenant que j'ai compris la nouvelle une question se pose: Ce permis temporaire sera de combien de temps? Peut-il être comptabilisé comme expérience? Si oui, la surspécialité sera t'elle considérée chez les médecins spécialistes encore comme importante ou choisirons t'ils de ne pas faire cette surspécialité et de se former dans des congrès comme "dans le bon vieux temps"? »

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