Fermeture appréhendée du 388, à Québec - La Protectrice du citoyen dénonce le sort réservé aux psychotiques
11 juin 2007
Santé
Québec — Les personnes psychotiques de la région de Québec crient au secours, craignant faire les frais d'une guerre de pouvoir dont le ministre de la Santé, Philippe Couillard, semble selon eux se laver les mains.
Elles s'inquiètent devant la perspective qu'à court terme un centre de traitement de la psychose, Le 388, dont l'expertise novatrice est reconnue internationalement, ferme ses portes.
En désespoir de cause, de la centaine de jeunes adultes psychotiques qui fréquentent le 388, 13 usagers ont lancé un véritable appel à l'aide à la Protectrice du citoyen, en novembre dernier, pour conserver les services auxquels ils tiennent mordicus. «Notre vie, notre sécurité et notre santé mentale sont en danger», écrivaient-ils dans leur plainte à la Protectrice, dans laquelle ils dénoncent «la gravité et l'urgence de la situation».
Dans un rapport daté du 18 avril dernier, dont la Presse canadienne a obtenu copie hier, la Protectrice du citoyen reconnaît que la situation est effectivement «inadmissible». Elle exhorte le ministre Couillard à intervenir «instamment» pour sortir de l'impasse et assurer la continuité des services, tout en recommandant qu'un conciliateur soit nommé pour rapprocher les deux parties en cause, le 388 et le Centre hospitalier Robert-Giffard, d'ici au 30 juin.
«L'insécurité liée aux rumeurs de fermeture se fait plus présente, l'angoisse devient grandissante alors que les appréhensions sont généralisées», écrit la Protectrice dans son rapport de 25 pages.
Parallèlement, les usagers et leur famille se mobilisent. Une pétition circule pour faire bouger le ministre.
Querelle idéologique
À l'origine de cet imbroglio, on observe une querelle idéologique qui dure depuis cinq ans.
Depuis sa création en 1982, par le Centre interdisciplinaire freudien pour la recherche et l'intervention clinique (GIFRIC), un organisme sans but lucratif, le 388 a développé une approche alternative et multidisciplinaire du traitement de la psychose, basé sur la psychanalyse, en incluant au besoin la médication et les soins psychiatriques.
On vise à responsabiliser l'usager et à préserver son autonomie, en faisant en sorte qu'il conserve la vie la plus normale possible, dans la communauté plutôt que dans un lit d'hôpital.
Or, le Centre hospitalier Robert-Giffard, auquel le 388 est rattaché sur le plan administratif depuis 2002, préconise plutôt une approche traditionnelle, fondée sur les soins psychiatriques pouvant être accompagnés d'une lourde médication aux effets secondaires importants.
Officiellement, Robert-Giffard ne parle pas de fermer les portes du 388, mais certains faits sont troublants. Ainsi, au cours des derniers mois, les professionnels du 388 ont appris que leurs postes avaient fait l'objet d'une «reclassification» vers le bas au statut d'«éducateurs classe 2», une modification se traduisant par une perte de revenu substantielle qui invite presque à chercher un emploi ailleurs.
Conséquence directe de cette reclassification, les professionnels du 388, tous diplômés universitaires et formés pendant plusieurs années à l'approche psychanalytique, ont appris avec stupéfaction que, durant leurs vacances, Robert-Giffard avait décidé de les remplacer par des gens n'ayant pas la formation requise. La décision est loin de faire l'unanimité. Ainsi, la responsable du programme clientèle des troubles psychotiques de Robert-Giffard, la Dre Marie-Josée Poulin, se dit extrêmement inquiète.
Entre-temps, une porte-parole du ministre a indiqué hier qu'il avait donné le feu vert à la nomination d'un conciliateur, conformément à la demande de la Protectrice du citoyen. Déjà, en 2002, un groupe d'experts chargé par le ministère de la Santé d'analyser le litige entre les deux institutions avait conclu que les positions entre elles étaient inconciliables.
Les experts recommandaient donc de maintenir ouvert le 388. Depuis, le rapport accumule la poussière sur une tablette.
Elles s'inquiètent devant la perspective qu'à court terme un centre de traitement de la psychose, Le 388, dont l'expertise novatrice est reconnue internationalement, ferme ses portes.
En désespoir de cause, de la centaine de jeunes adultes psychotiques qui fréquentent le 388, 13 usagers ont lancé un véritable appel à l'aide à la Protectrice du citoyen, en novembre dernier, pour conserver les services auxquels ils tiennent mordicus. «Notre vie, notre sécurité et notre santé mentale sont en danger», écrivaient-ils dans leur plainte à la Protectrice, dans laquelle ils dénoncent «la gravité et l'urgence de la situation».
Dans un rapport daté du 18 avril dernier, dont la Presse canadienne a obtenu copie hier, la Protectrice du citoyen reconnaît que la situation est effectivement «inadmissible». Elle exhorte le ministre Couillard à intervenir «instamment» pour sortir de l'impasse et assurer la continuité des services, tout en recommandant qu'un conciliateur soit nommé pour rapprocher les deux parties en cause, le 388 et le Centre hospitalier Robert-Giffard, d'ici au 30 juin.
«L'insécurité liée aux rumeurs de fermeture se fait plus présente, l'angoisse devient grandissante alors que les appréhensions sont généralisées», écrit la Protectrice dans son rapport de 25 pages.
Parallèlement, les usagers et leur famille se mobilisent. Une pétition circule pour faire bouger le ministre.
Querelle idéologique
À l'origine de cet imbroglio, on observe une querelle idéologique qui dure depuis cinq ans.
Depuis sa création en 1982, par le Centre interdisciplinaire freudien pour la recherche et l'intervention clinique (GIFRIC), un organisme sans but lucratif, le 388 a développé une approche alternative et multidisciplinaire du traitement de la psychose, basé sur la psychanalyse, en incluant au besoin la médication et les soins psychiatriques.
On vise à responsabiliser l'usager et à préserver son autonomie, en faisant en sorte qu'il conserve la vie la plus normale possible, dans la communauté plutôt que dans un lit d'hôpital.
Or, le Centre hospitalier Robert-Giffard, auquel le 388 est rattaché sur le plan administratif depuis 2002, préconise plutôt une approche traditionnelle, fondée sur les soins psychiatriques pouvant être accompagnés d'une lourde médication aux effets secondaires importants.
Officiellement, Robert-Giffard ne parle pas de fermer les portes du 388, mais certains faits sont troublants. Ainsi, au cours des derniers mois, les professionnels du 388 ont appris que leurs postes avaient fait l'objet d'une «reclassification» vers le bas au statut d'«éducateurs classe 2», une modification se traduisant par une perte de revenu substantielle qui invite presque à chercher un emploi ailleurs.
Conséquence directe de cette reclassification, les professionnels du 388, tous diplômés universitaires et formés pendant plusieurs années à l'approche psychanalytique, ont appris avec stupéfaction que, durant leurs vacances, Robert-Giffard avait décidé de les remplacer par des gens n'ayant pas la formation requise. La décision est loin de faire l'unanimité. Ainsi, la responsable du programme clientèle des troubles psychotiques de Robert-Giffard, la Dre Marie-Josée Poulin, se dit extrêmement inquiète.
Entre-temps, une porte-parole du ministre a indiqué hier qu'il avait donné le feu vert à la nomination d'un conciliateur, conformément à la demande de la Protectrice du citoyen. Déjà, en 2002, un groupe d'experts chargé par le ministère de la Santé d'analyser le litige entre les deux institutions avait conclu que les positions entre elles étaient inconciliables.
Les experts recommandaient donc de maintenir ouvert le 388. Depuis, le rapport accumule la poussière sur une tablette.
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