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Accommodements raisonnables - La pénurie de ressources impose aussi ses exigences

Martine Letarte   2 juin 2007  Santé
Diètes spéciales, lieux de prière, médecin de même sexe: s'il y a un endroit où les demandes d'accommodements raisonnables sont fréquentes, c'est bien dans les hôpitaux. Dans la métropole, la plupart des établissements sont habitués à gérer de telles situations et réussissent généralement assez bien à accommoder leurs patients, mais dans les régions, il y a encore souvent du chemin à faire. C'est du moins ce que croit le professeur et chercheur à la faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, Sébastien Lebel-Grenier.

Certains accommodements raisonnables dérangent, d'autres se font plus naturellement. «Lorsque c'est la condition de la personne qui motive la demande, comme un handicap ou une grossesse, c'est beaucoup plus facile de manifester de l'empathie. C'est lorsque la revendication est de nature identitaire, comme dans le cas d'accommodements raisonnables liés à la religion, que c'est plus difficile», remarque d'abord M. Lebel-Grenier.

Le juriste explique cette réalité par le fait que la société québécoise a l'impression d'avoir réussi à rejeter le religieux de sa vie publique, et plusieurs individus se sentent menacés de voir que nos institutions pourraient s'adapter aux contraintes religieuses de certains. C'est une fausse perception, selon Sébastien Lebel-Grenier. «Un accommodement raisonnable existe pour éviter la discrimination indirecte. Une personne ne devrait pas avoir à choisir entre ses convictions religieuses et l'accès à des soins de santé. Utiliser la même recette pour tout le monde n'est pas nécessairement juste puisqu'elle peut avoir des effets différents en fonction de la personne.»

Pour illustrer son propos, le professeur et chercheur cite l'exemple de l'ancienne règle de sélection des futurs policiers qui exigeait une taille minimale de «5 pieds 8 pouces». «Le chiffre est neutre, mais dans les faits, c'est discriminatoire pour les femmes puisqu'elles sont en moyenne plus petites que les hommes.»

Le cas des médecins de même sexe

L'une des demandes d'accommodement raisonnable les plus controversées en ce moment dans les hôpitaux est celle des personnes qui exigent d'être examinées par des médecins de même sexe pour des motifs religieux. «À Montréal, il semble que plusieurs hôpitaux aient déjà bien intégré cette pratique pour accommoder sa clientèle souvent très multiethnique. Généralement, ce n'est plus un problème», remarque M. Lebel-Grenier.

Toutefois, dans les régions, la question est encore souvent très délicate. «À Sherbrooke par exemple, nous avons accueilli dernièrement un nombre important d'immigrants, dont plusieurs sont de religion musulmane. Cette demande de voir un médecin de même sexe commence à devenir de plus en plus fréquente et le personnel ne sait pas quoi faire, puisque c'est la première fois qu'il est confronté à ça», soutient le juriste.

Souvent, le premier réflexe du personnel médical est de s'offusquer, de sentir qu'on remet en question ses compétences, poursuit-il. Ou encore, les gens croient que c'est une attaque au principe d'égalité entre l'homme et la femme.

«Je crois pourtant que ce compromis est acceptable, puisqu'il entraîne plus d'effets positifs que d'effets négatifs. En acceptant d'accommoder ces personnes, nous leur permettons de recevoir des soins, ce qui est très important. De plus, nous permettons à ces gens de prendre part à la vie sociale québécoise de manière large, en bénéficiant des services publics et ainsi, en devenant un peu plus des citoyens à part entière», explique Sébastien Lebel-Grenier.

Toutefois, s'il est préférable d'accommoder ces personnes dont la religion requiert qu'elles se fassent traiter par un médecin de même sexe, est-il nécessaire de le faire? «Non, puisqu'il est toujours question d'accommodement raisonnable. Nous ne devons pas oublier que nous sommes en situation de pénurie de médecins et que ce n'est pas toujours possible. Ce n'est donc pas une obligation, mais nous devons le faire lorsque nous sommes en mesure de le faire pour éviter que des gens soient exclus et ne puissent pas recevoir de soins», précise le juriste.

Certaines réussites

Si les accommodements raisonnables demeurent un sujet chaud pour la population, certaines demandes semblent être maintenant bien gérées par la majorité des établissements de santé.

«Nous n'avons qu'à penser aux lieux de prière. Même si nos hôpitaux étaient au départ des hôpitaux catholiques où une chapelle était aménagée pour que les patients puissent aller prier, la plupart y ont maintenant enlevé les symboles religieux pour permettre aux gens de différentes religions de se sentir à l'aise d'aller s'y recueillir. Ainsi, dans la plupart des hôpitaux, ces salles de prière sont maintenant multiconfessionnelles», affirme M. Lebel-Grenier.

Les demandes d'aménagement des horaires de travail en fonction de certaines règles religieuses, comme les juifs qui ne doivent pas travailler du vendredi soir au samedi soir pour respecter le sabbat, sont également souvent bien acceptées dans le système de santé. «Généralement, ça ne cause pas trop de problèmes puisque les employés se répartissent le fardeau équitablement, même si certaines personnes ont des contraintes. Si quelqu'un ne peut pas travailler le samedi, il travaillera le dimanche pour compenser», poursuit le professeur.

Les diètes spéciales ne causent généralement pas non plus de difficultés, puisque le personnel des hôpitaux est déjà habitué à s'y adapter depuis longtemps. «Certains patients ont une condition médicale qui influence la diète, alors que d'autres ont des allergies, sont végétariens ou sont adeptes d'une religion qui prescrit certains aliments. Généralement, dans ces cas-là, les gens sont de bonne foi et arrivent à trouver un arrangement lorsqu'ils prennent le temps de se parler et de s'écouter», soutient M. Lebel-Garnier, qui a l'habitude de travailler sur des cas beaucoup plus complexes, tels ceux où des règles religieuses entrent en conflit avec les normes juridiques, avec son groupe de recherche multidisciplinaire SoDRUS (Société, droit et religion de l'Université de Sherbrooke).

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  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    samedi 2 juin 2007 10h03
    La folie
    « Bonjour

    À quoi sert de se dire égales, s'il faut toujours faire des exceptions en fonction de la religion de la personne ou de toute autre revendication.

    Moi,personnellement, puis-je choisir le médecin que je veux, l'infirmier que je veux, le préposé que je veux ? Sous le prétexte que la présence d'un homme me convient le mieux, selon ma petite voix intérieure ou les réactions de mon corps.

    Les femmes avec les femmes ! Elles parlent beaucoup moins fort lorsqu'elles n'ont pas des vis-à-vis masculins.


    Le Docteur Mailloux a raison. Toutes ces histoires d'égalité ne sont que de la pure foutaise. De la discrimination positive, mais encore et toujours de la discrimination superposée sur le voile de nos consciences.

    Une infirmière musulmane ne peut pas soigner un homme. Ne vient-elle pas en contradiction flagrante avec le fait que l'on doive porter secours à toute personne en danger. Son voile fait-il cette distinction ? Et qu'en est-il de son salaire ?

    Vous voulez de l'argent pour le milieu de la santé ? Cessons de subventionner toutes ces religions et vous allez voir leurs éminences religieuses mettre fin à leurs exigences.Et le voile retrouvera sa fonction première.

    C'est vraiment l'absurdité qui prime actuellement. Il est temps de se défaire de ces vieilles structures qui ne font que nous diviser les uns des unes.


    Il y a encore trop de croyances. C'est la première raison de la peur de ces femmes. Elles devraient d'abord se prendre en mains et assumer leurs libertés d'esprit. Elles ont choisi cette terre pour se montrer à visage découvert.

    Et pour les tenantes du c'est-plus-difficile-pour-une-femme. Prendre sa place n'est facile pour personne sur cette planète expérimentale.

    L'Amour doit servir les personnes et la haine doit les protéger contre les dieux !

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Andréa Richard
    Abonnée
    samedi 2 juin 2007 11h12
    Au contraire...
    « Les accomodemments raisonnables ne devraient pas avoir lieu pour une cause de "religion"; ces accommodements deviendront à la longue des sources de guerres...
    Pour une paix durable, la seule solution est d'établir (comme ils l'ont fait en France) une charte de la laicité. Celà n'empêche personne de croire ou pas croire ou de vivre sa foi individuellement ou en des lieux comme l'Église et synagogue. N'attendons pas trop tard!
    Andréa Richard, auteure de Au-delà de la religion! »

  • Dany Leblanc
    Abonné
    samedi 2 juin 2007 19h29
    Développons l'esprit critique!
    « Ça ne vaut pas toujours la peine de se chicaner quand on peut s'accommoder autrement. Cependant, ces accommodements religieux sont d'une ridicule inconsommable et ils nous obligent en plus de plier à leurs jeux schizophréniques.

    Nous devrions apprendre aux jeunes à développer leur esprit critique pour éviter de tomber dans les doctrines religieuses de leurs parents. »

  • Claire Gauthier
    Inscrite
    samedi 2 juin 2007 21h53
    Accommodements dénaturés
    « Désormais, quand il s'agira de soi-disant "accommodements" liés à une religion, je suggère de toujours utiliser l'expression "accommodements religieux" ou "concessions religieuses". Pourquoi? Tout simplement, pour ne pas mêler la religion à l'aide apportée aux personnes lourdement handicapées.

    Les vrais accommodements visaient à aider les personnes lourdement handicapées à mieux s'intégrer à la société. Par exemple, une rampe d'accès facilite l'accès à certains édifices pour ceux qui se déplacent en fauteuil roulant.

    Malheureusement, certains intégristes religieux se servent des personnes handicapées en se comparant à elles pour revendiquer des "accommodements" de nature religieuse.

    Je trouve cela dégueulasse, car, en demandant faveurs, passe-droits, et privilèges, ces intégristes ont dénaturé le vrai sens des accommodements.

    L'aide aux personnes lourdement handicapées relève d'une nécessité, pas de caprices religieux. Par contre, demander pour telle religion un congé payé additionnel ou tout autre privilège inéquitable, ça ne relève pas d'une nécessité, mais plutôt d'un traitement de faveur au détriment d'autrui. C'est ce genre de concessions déraisonnables qui dérangent les gens.

    Claire Gauthier, mère d'une fille lourdement handicapée »

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