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Claude Castonguay au Devoir - Penser la santé à deux vitesses

Louise-Maude Rioux Soucy   29 mai 2007  Santé
Claude Castonguay, président du groupe de travail sur le financement de la santé
Photo : Jacques Nadeau
Claude Castonguay, président du groupe de travail sur le financement de la santé
Le Québec est mûr pour une réforme en santé, mais il lui faudra aller encore bien plus loin que ne l'a fait le gouvernement Charest dans sa réponse au jugement Chaoulli, a estimé hier l'ancien ministre libéral Claude Castonguay. Ce dernier juge en effet très décevantes la loi 33 et sa nouvelle créature, la clinique affiliée spécialisée qui permettra le recours au privé pour le remplacement d'une hanche, d'un genou ou pour traiter une cataracte. Selon lui, loin d'avoir permis d'éclaircir les choses, cette loi a plutôt contribué à entretenir un flou qui est maintenant à l'origine de dérapages inacceptables.
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  • Louis Lapointe
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 11h52
    Les chuchotements de CIRANO, les cris d'alarme de Claude Castonguay!
    Bonjour Mme Rioux Soucy,

    On le sait, les Québécois ont fait beaucoup d'enfants entre 1945 et 1960. Nos parents ont créé l'État providence pour soutenir leurs efforts démographiques. Les contrecoups de cette démographie fulgurante sur notre système de santé sont déjà perceptibles et auront l'effet d'une vague dont l'amplitude se fera sentir jusqu'en 2040, les derniers baby-boomers auront alors 80 ans.

    Il s'agit donc d'une situation temporaire qui s'étalera tout de même sur une période de tout au plus 40 ans. Assurer la pérennité du système de santé n'est donc pas l'expression qu'il faudrait utiliser. Est-ce que les générations d'après 2040 auront réellement besoin d'un système mixte public/privé? Probablement pas.

    Alors, comment soutenir temporairement un système qui sera principalement utilisé au cours des 30 prochaines années par les principaux bénéficiaires de l'État providence? En demandant tout simplement à ces personnes de le soutenir.

    Ces personnes se sont d'ailleurs données de nombreux outils pour affronter ce choc démographique qu'elles avaient probablement appréhendé. Ces outils sont leurs généreux fonds de pension, en particulier ceux des employés de l'État, dont aucune autre génération précédente n'a pu bénéficier auparavant ; la Régie des rentes du Québec, dont les sommes sont conservées et gérées par la Caisse de dépôts et de placements ; les REER qui leur ont permis de ne pas payer l'impôt qu'elles auraient dû légitimement verser à l'État pour des services de santé qu'elles recevaient alors. Plutôt que de soutenir le régime de santé qu'elles utilisaient, elles ont préféré le financer par la dette afin de pouvoir étaler leurs revenus et l'impôt à payer sur une plus longue période d'années.

    L'heure des comptes est arrivée. Ce sont les Fonds de pension, la CDP et les institutions financières dépositaires des REER qui doivent être interpellés en premier lieu pour contribuer à une solution collective, car ce sont eux qui, à titre de dépositaires, ont engrangé les sommes qui n'ont pas été versées alors qu'elles étaient requises pour le paiement des services que cette génération a préféré financer par la dette publique. Ces grands gestionnaires de Fonds de pension ont réalisé d'importants profits grâce à cette manne qui leur a été versée avec la bénédiction de l'État par des contribuables alors heureux de ne pas payer leurs dus.

    Il est étonnant que des actuaires au service de CIRANO, comme ce cher Claude Castonguay, cherchent à pérenniser ce qui n'a pas besoin de l'être. Ce ne serait pas plutôt les revenus des compagnies d'assurances que lui et ses amis universitaires de CIRANO cherchent à pérenniser !

    Les universitaires peinent déjà à gérer leurs propres universités et leurs tâches d'enseignement et de recherche. Plusieurs d'entre eux préfèrent agir comme consultants plutôt que comme professeurs et font semblant de chercher un nouveau modèle Québécois, déjà dessiné par leurs clients intéressés, où ce sont les entrepreneurs immobiliers et les compagnies d'assurances qui vont le mieux tirer leurs épingles du jeu.

    Ces chers chercheurs de pacotilles devraient retourner à leurs salles de cours et à leurs chaires de recherche plutôt que de nous proposer le résultat de vaines recherches bidons faussement utiles qui ne sont, bien souvent, que des faux semblants et des stratagèmes pour justifier le volet «service à la collectivité » ou «rayonnement universitaire» quand ce n'est tout simplement pas le volet «recherche» de leurs tâches de professeurs d'université, alors qu'il s'agit, dans les faits, d'occasions en or de s'associer à des firmes de consultants externes déjà au service de l'État pour faire la promotion de PPP en tout genre ou de tout simplement fonder leurs propres petits bureaux de consultants qui grappilleront les sous-contrats des grandes firmes en utilisant les services que l'université met à leurs dispositions pour les supporter.

    Le long nez de Cyrano n'aurait probablement rien à envier aux longs tentacules de ce CIRANO dont l'objectif premier est de charmer nos gestionnaires d'État par l'intermédiaire de nombreux beaux parleurs universitaires qui répètent à qui veut l'entendre le credo néo-libéral que leurs clients et pourvoyeurs privés leur ont soufflé à l'oreille afin de mieux vendre un nouveau modèle Québécois fondé sur l'entreprise privée.

    Louis Lapointe
    Brossard
    Le 29 mai 2007

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 12h54
    L'infaillibilité papale...
    Monsieur Castonguay a certainement joué un rôle majeur dans la mise sur pied du système actuel d'assurance santé québécois. Avec les années, on a pu constater les limites de ce système. Enfin, ce n'est plus un péché capital que de remettre en question certains aspects du fonctionnement de notre système de santé public et de pousser l'audace de jongler avec l'idée qu'un système à vitesse variable pourrait exister au Québec.

    Là où je crois que nous faisons erreur est de confier la tâche de proposer des changements à la personne qui a mis sur pied ce système qui ne fonctionne pas selon nos attentes. N'y aurait-il pas lieu de confier cette tâche à des gens qui auraient plus de recul que monsieur Castonguay pour mener à bien cette entreprise? Des gens tout aussi, sinon plus, qualifiés que lui? Est-il l'Infaillible, unique et incontournable maitre à penser de ce que devrait être le système de santé au Québec? Faudrait peut-être faire place à la nouvelle génération de citoyens dans ce débat, ceux qui vivront avec ce système au cours des prochaines décennies, non?

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 16h51
    Mille bravos à monsieur Lapointe !
    Quel plaisir de lire l'analyse hautement pertinente de Louis Lapointe. Oui, au lieu de confier à Claude Castonguay la tâche de triturer le système d'assurance maladie qu'il a mis sur pied sous le gouvernement Lesage, les trois partis actuellement en chicane à Québec devraient s'entendre pour mettre à contribution ceux et celles qui se sont enrichis en laissant grossir la dette du Québec. Ce faisant, le Québec éviterait de soumettre son système de soins de santé à l'idéologie néolibérale.
    London, Ontario

  • nmousseau
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 17h09
    Claude Catonguay - le porte-parole des grands assurenrs privés.
    S.V.P., laissez tomber le « Père de l'assurance maladie ». Reniant son « erreur » il y a longtemps, M. Castonguay a passé l'essentiel de sa carrière à travailler pour les assureurs privés. Il a depuis longtemps compris que ses employeurs, les compagnies d'assurances, auraient beaucoup à gagner d'un système privé et, se drapant dans son rôle de « Père de l'assurance-maladie », il s'est fait le porte-voix des fossoyeurs du système.

    Il est temps que les journalistes arrêtent de faire des courbettes devant M. Castonguay et révèle plutôt ses conflits d'intérêt lorsqu'il se prononce sur le système de soins de santé au Québec.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 23h54
    Le gaspillage
    la non gouvernance, la non imputabilité, l'ordre des médecins qui défend bec et ongle l'indépendance des médecins dans un système socialiste, la mains mise des laboratoires sur le cout des médicaments, voila bien des raisons qui font que le système périclite.

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