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Un p'tit verre, maman?

Marie-Andrée Chouinard   23 avril 2007  Santé
La politique des extrêmes sert parfois bien mal les causes, pourtant nobles, qu'elle voudrait soutenir. Ainsi en est-il de cette initiative parlementaire qui visait à interdire la moindre gorgée d'alcool à toute maman en devenir, dans le but de protéger son futur enfant.

C'est à la Chambre des communes que le débat a refait surface cette semaine, à Ottawa. Menée par le libéral Paul Szabo, la campagne visait à ajouter un poids politique sur un rapport parlementaire s'attaquant au syndrome de l'alcoolisme foetal (SAF). Pour inciter Santé Canada à agir plus fermement, la motion jonglait avec l'interdiction complète de la moindre goutte d'alcool pour les femmes sur le point de procréer. On y plaidait l'importance d'exercer une «pression sociale» sur celles qui siroteraient une bière ou un verre de vin alors qu'elles sont enceintes ou en voie de l'être. Les conservateurs et les bloquistes s'y étant opposés, l'idée a été rejetée.

Le syndrome d'alcoolisme foetal (SAF) n'est pas à prendre à la légère. Les experts s'entendent pour dire que cette affection, de même que tous les effets de l'alcoolisation foetale (EAF), est l'une des causes sinon LA cause principale de déficience et de troubles cognitifs chez les enfants canadiens. Diagnostiqué au moins trois fois sur mille naissances au pays, le SAF attaque le système nerveux central du petit être, ciblant donc principalement son développement mental, mais aussi sa formation physiologique.

Les EAF, moins visibles mais ainsi peut-être plus sournois, laissent un lourd héritage de problèmes de comportement qui perturbent notamment le parcours scolaire de l'enfant. Certains laissent même entendre qu'une partie des nombreuses difficultés qui affligent de plus en plus d'élèves dans nos écoles primaires pourrait s'expliquer par la consommation d'alcool pendant la grossesse.

Mais de quelle consommation d'alcool parle-t-on? La bière avalée — telle une bienheureuse récompense — après une harassante journée d'été passée à traîner sa carcasse de femme enceinte de huit mois a-t-elle le même effet que le verre de vin rouge quotidien ingurgité du début de la grossesse jusqu'à la fin? La science n'a pas de réponse à cette question. Faute d'études sécurisant le principe, les chercheurs se rallient autour du fait qu'il n'existe pas de degré de consommation sécuritaire d'alcool en cours de grossesse.

Deux certitudes sont ainsi présentées aux femmes: quatre consommations et plus d'alcool par jour pendant la grossesse constituent un laissez-passer assuré pour un bébé atteint du SAF; et l'abstinence complète garantit au contraire un enfant protégé des effets néfastes de l'alcool. Entre les deux, la valse des doutes!

C'est autour de ce flou artistique que le député Szabo a échafaudé sa cabale, attachant toutes les femmes à l'arbitraire défense de plonger le nez dans un verre. Celui que l'on présente comme un militant pro-vie a même déjà rêvé d'un projet de loi qui consacrerait l'avertissement bien en vue sur toutes les bouteilles de vin, à la manière des campagnes antitabac sur les paquets de cigarettes!

La chasse aux sorcières promue cette semaine — et fort heureusement recalée — heurte de plein fouet le libre-arbitre des femmes. Plutôt que d'inviter à une efficace campagne de sensibilisation et à une nécessaire information sur ce sérieux problème de santé publique, elle joue la carte de la moralité et exerce une pression indue sur les femmes qui sont déjà, ventre rond au vent, la cible de lobbys agressifs pro-allaitement ou anti-péridurale.

L'Ontario a récemment franchi un pas vers l'information et la sensibilisation avec une campagne de publicité qu'elle affiche entre autres... dans les bars de la province: l'oeil paternaliste du bon gouvernement veille au grain, mais l'affichage serait sans doute mieux reçu dans les cliniques d'obstétrique!

L'absence d'information et le vide scientifique entourant encore le niveau de consommation d'alcool menant au SAF activent, dirait-on, certains adeptes des extrêmes qui infantilisent les femmes et invitent même à une forme de dénonciation au nom de bébés en santé. L'objectif est noble, mais le moyen d'y arriver, tout à fait inapproprié.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Dominique Dupire - Inscrite
    23 avril 2007 10 h 25
    La pression sociale est un mécanisme parmi d'autres
    Nul ne parle d'emprisonner ou de mettre à l'amende les femmes enceintes. La pression sociale est un outil parmi d'autres qu'on n'hésite pas à mobiliser pour d'autres causes légitimes, comme la violence familiale par exemple. Si l'alcool fait mal au foetus, je suis favorable au fait qu'une pression sociale s'exerce sur les femmes enceintes qui consomment. Personnelement, c'est cette visions féministe égocentrique qui affirme que RIEN n'importe tant que la sacro-sainte liberté des Faaaaames qui me fait peur. Il faut vivre avec les risques ? Que je les endende tenir de tels propos à propos des femmes battues. Le plaisir d'un verre d'alcool n'est tout simplement pas opposable à la santé d'un enfant à naître. Et si les femmes sont sanctifiées de leur statut de grossesse, cela vient aussi avec des responsabilités.
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  • LUCILLE MURRAY - Inscrite
    23 avril 2007 12 h 03
    En France le vin rouge n'a jamais nui aux capacités intellectuelles...
    Je me questionne sérieusement au sujet de l'alcool... du gros gin à 40% est peut-être nuisible...
    En FRANCE, depuis des siècles, hommes et femmes boivent du bon vin rouge avec leurs repas et les Français ne semblent pas avoir d'atteinte au cerveau! Les petits Français depuis toujours semblent plus intelligents que tous les autres de la planète, très éveillés et bien articulés. Même en 2007!

    Les scientifiques devraient commencer par étudier les bons effets du vin rouge! Merci.
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  • Maurice Monette - Abonné
    23 avril 2007 16 h 16
    NOUS sommes ICI-BAS pour ACQUÉRIR de la MATURITÉ alors...
    NOUS NOUS incarnons dans des "corps physiques / véhicules charnels(les) de notre esprit ou âme, dans le BUT ULTIME d'ACQUÉRIR une plus GRANDE MATURITÉ de notre "LIBRE-ARBITRE". Alors, est-ce que LÉGIFÉRER sur la consommation d'alcool par les femmes enceintes serait DIGNE de cette ÉPREUVE de MATURATION des esprits / âmes incarnées dans des corps féminins...?

    Le "LIBRE-CHOIX" d'agir selon leur CONSCIENCE ne regarde que leur "LIBRE-ARBITRE PERSONNEL" donc, qu'on cessent de vouloir infantiliser les femmes, à cause d'une petite quantité d'ALCOLO et/ou JUNKIES qui de toutes façons auront les enfants nantis(es) d'un esprit / âme qui auront déjà des liens avec celles-ci.

    On oublient souvent la MAXIME qui dit:"QUI se ressemblent, s'assemblent" mais, celle-ci est aussi vrai pour des esprits / âmes que pour des gens en chair et en os. Les esprits / âmes s'incarnent par famille ou, par groupes où les LIENS FILIAUX sont déterminants. Donc, on s'inquiètent pour des troubles vécus par un ensemble d'esprits / âmes qui ont les mêmes VICES et qui doivent apprendre ensemble à TRANSCENDER / SURMONTER CEUX-CI, dans les meilleures conditions de vie que leur NIVEAU d'ÉVOLUTION PHYSIQUE et/ou MENTALE-SENTIMENTALE-INTELLECTUELLE et/ou SPIRITUELLE leurs permet d'acquérir.

    Finalement, on se rend responsables de PROBLÈMES COMPORTEMENTAUX qui ne devraient INFLIGER que les PAUVRES HÈRES ACCROS à l'ALCOOL et/ou aux DROGUES. Ces gens doivent trouver la FORCE INTÉRIEURE pour tout d'abord s'en sortir elles/eux-même. Après, s'il semble vraiment y avoir EFFORT PERSONNEL de s'en SORTIR, il peut y avoir de l'encouragement et du soutien mais, PAS AVANT.
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  • Marianne Makhlouf - Inscrite
    24 avril 2007 15 h 39
    Pour une approche ouverte et respectueuse (commentaire de S.O.S. Grossesse)
    La motion libérale visant à encourager Santé Canada à se doter d'une stratégie nationale de lutte contre le syndrome d'alcoolisation foetal a suscité bien des réactions de la part de la population et de groupes de femmes. Plusieurs ont souligné le caractère culpabilisant de cette motion envers les femmes et celle-ci a d'ailleurs été rejetée par une majorité de députés fédéraux à la Chambre des communes.

    Actuellement, l'organisme S.O.S. Grossesse (situé à Québec) travaille à développer des outils visant à informer et sensibiliser les femmes enceintes et en âge de procréer quant à la consommation d'alcool durant la grossesse. Il ne s'agit pas ici de prôner l'interdiction, mais plutôt de mettre en lumière les risques associés à la consommation d'alcool. Considérant que les femmes ont le droit de recevoir de l'information juste sur l'état actuel des connaissances, S.O.S. Grossesse désire les renseigner afin qu'elle soient à même de faire un choix éclairé. À ce propos, puisque les études scientifiques n'ont pas permis d'établir le seuil sans danger de consommation d'alcool durant la grossesse, il est recommandé que les femmes enceintes ou celles qui planifient une grossesse évitent de consommer de l'alcool. S.O.S. Grossesse est d'avis que les risques liés à la consommation d'alcool doivent être clairement rapportés, mais que la consommation d'alcool ne doit pas faire l'objet de sanctions visant les femmes enceintes.

    En somme, l'équipe de S.O.S. Grossesse croit que le recours à la prohibition et au blâme ne sont en aucun cas des moyens efficaces pour rejoindre les femmes et les inciter à ne pas consommer d'alcool lorsqu'elles sont enceintes. Il est souhaitable de faire preuve d'ouverture et de fournir le soutien nécessaire à celles qui vivent une grossesse plutôt que d'adopter une attitude qui encourage la stigmatisation.

    Marianne Makhlouf
    S.O.S. Grossesse
    Québec
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  • Lorraine Fontaine - Inscrite
    27 avril 2007 18 h 53
    Grossesse et lobbys
    Le débat des derniers jours entourant la consommation d'alcool des femmes enceintes nous interpelle à différents niveaux.

    Les données scientifiques actuelles, nous indiquent que la consommation d'alcool par la femme enceinte peut entraîner des dommages au bébé à naître, il est donc important que la société se soucie de cette question. On parle dorénavant de ETCAF - ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale - , qui inclut le syndrome d'alcoolisme foetal (SAF). À la lumière des récentes études, nous ne pouvons dire toutefois quelle quantité d'alcool une femme enceinte peut boire sans risquer de causer des dommages au cerveau de l'enfant. Compte tenu de l'absence d'information complète sur le sujet, le propos doit donc être d'autant plus nuancé et les moyens de sensibilisation adaptés. L'information juste, en fonction des connaissances actuelles, donnée au moment opportun par une personne habilitée, le soutien aux femmes qui vivent une dépendance à l'alcool et toutes mesures de prévention seront plus aptes à donner des résultats que des campagnes de "peur" et de " contrôle social".

    Dans ce contexte, les moyens proposés par le député Szabo sont inquiétants dans le cadre d'une société libre. Les femmes qui sont susceptibles de causer du tort à l'enfant qu'elles portent sont quand même une minorité. Il ne nous semble pas approprié d'imposer des moyens extrêmes à la majorité pour régler les difficultés vécues par une minorité. Bien sûr, nous encourageons fortement les femmes à se renseigner sur le sujet, mais il n'en reste pas moins que les études scientifiques ne répondent pas actuellement à toutes les questions sur le SAF. Quatre consommations et plus par jour durant toute la grossesse exposent l'enfant à un risque élevé de SAF, mais aucune donnée n'existe pour quantifier la consommation « modérée ». Dans le doute, s'abstenir ?

    À la lumière des informations disponibles, il revient aux femmes de prendre la meilleure décision pour elles et leur enfant. Cette information est disponible auprès des médecins, des sages-femmes, des infirmières, des organismes communautaires en périnatalité ainsi que dans les livres et les divers outils d'information destinés aux femmes enceintes.

    Mais comme dans le reste de sa vie, de la conception à la naissance, la femme doit pouvoir continuer de faire valoir « son libre-arbitre », comme le disait Marie-Andrée Chouinard (Un p'tit verre, maman ? Le Devoir, 23 avril 2007). Il n'est pas question de revenir en arrière et d'infantiliser les femmes.

    L'éditorial de Mme Chouinard était d'ailleurs fort éclairant à ce sujet et nous sommes entièrement d'accord avec son analyse globale dénonçant la démarche du député Szabo. Rappelons-le, il est un militant pro-vie déclaré, pour qui les droits du foetus doivent prédominer sur ceux de la femme. Un argument très important du lobby anti-avortement.

    Comme l'écrivait l'éditorialiste, les femmes enceintes font d'ailleurs l'objet de nombreux lobbys. Toutefois, nous voulons nous inscrire en faux avec son propos, quand elle compare le lobby de M. Szabo à celui « pro-allaitement » et « anti-péridurale ». Porte-parole du mouvement pour l'humanisation des naissances depuis plus de 25 ans, le Regroupement Naissance-Renaissance souhaite rectifier les faits.

    Pendant plus de 25 ans, il a fallu en effet utiliser des moyens de pression auprès notamment du système de santé afin qu'il s'adapte et favorise l'allaitement dans ses établissements de santé. Ce « lobby » communautaire et citoyen de femmes a toujours offert bénévolement à d'autres femmes du soutien et de l'information sur l'allaitement. Ces deux activités étaient à peu près inexistantes à une certaine époque dans le réseau de la santé et visaient à faire contrepoids au puissant « lobby » et aux campagnes de marketing agressives des compagnies alimentaires productrices des préparations commerciales pour nourrissons. Ces compagnies ont longtemps eu tout l'espace pour faire valoir leurs produits au détriment du lait maternel et de l'allaitement. C'est sans compter que l'introduction dans l'alimentation infantile des substituts du lait maternel s'est effectuée sans recherche scientifique préalable quant à l'innocuité de ces produits. Ce fut donc une expérience in vivo sans protocole de recherche ni groupe témoin. Ce sont les bébés non allaités eux-mêmes qui ont servi de cobayes. Et c'est ce qui explique que les préparations commerciales pour nourrissons n'ont cessé de se modifier au fur et à mesure qu'on découvrait des problèmes de santé suite à leur utilisation et, parallèlement, qu'on comprenait mieux les qualités des composantes du lait maternel.

    Depuis l'adoption des Lignes directrices en allaitement maternel, en 2002, le système de santé a adopté des pratiques qui favorisent davantage l'allaitement (formation du personnel, abandon de la pratique commerciale des dons d'échantillons de laits artificiels, co-habitation du bébé et de la mère, etc.). Ces conditions sont essentielles pour une femme qui souhaite allaiter. Bien sûr, une femme qui ne souhaite pas allaiter doit être respectée dans sa décision. Actuellement, certaines se sentent jugées parce qu'elles n'allaitent pas leur enfant. C'est dommage! Il demeure qu'elles ont le choix et que le fameux « lobby » ne vise pas à les culpabiliser, mais à leur fournir les outils nécessaires pour vivre un allaitement heureux et épanouissant si c'est ce qu'elles ont choisi. Les groupes d'humanisation des naissances parmi lesquels on retrouve de nombreux groupes d'entraide et de soutien en allaitement respectent le choix des femmes. Leur objectif est davantage de fournir une information complète pour que la femme soit en mesure de faire un choix éclairé. Nous demeurons tout de même vigilantes car lorsqu'on systématise une pratique, il peut arriver malheureusement que l'approche de certaines personnes devienne prescriptive et culpabilisante.

    En ce qui concerne le « lobby anti-péridurale » dont parle Mme Chouinard, nous questionnons aussi la comparaison. Le but du député Szabo visait clairement des mesures de contrôle social afin de réduire de façon brutale la liberté d'action des femmes enceintes, et ce, sans aucune perspective de prévention. Les groupes et les femmes qui sensibilisent d'autres femmes sur les effets potentiellement négatifs de la péridurale s'appuient sur des études scientifiques qui démontrent que la péridurale comporte des risques, à titre d'exemple :
    · Ralentissement du travail durant l'accouchement ;
    · Augmentation des interventions obstétricales (par exemple, l'utilisation de l'ocytocine (pitocin) pour stimuler le travail ralenti par la péridurale).

    Bien sûr, la péridurale apporte un soulagement immédiat de la douleur. Nous comprenons que les femmes qui sont laissées à elles-mêmes, seules, sans soutien et sans accompagnement durant leur accouchement demandent cette intervention. Mais sont-elles clairement informées des effets de la péridurale ? Ont-elles accès à des alternatives ? Ont-elles réellement le choix ? Lorsqu'on constate dans certains hôpitaux que jusqu'à 80% des femmes qui accouchent ont recours à la péridurale pour soulager leur douleur, peut-on réellement parler de « lobby anti-péridurale » ?

    Le Regroupement Naissance-Renaissance est « pro-accompagnement » et pense que les femmes qui accouchent devraient avoir droit à un soutien continu, un ratio de 1 pour 1, offert par quelqu'un qui a été formé avec une vision globale de la personne, et surtout qui comprend l'importance de respecter et de préserver le processus physiologique de la naissance. Au Québec et ailleurs au monde il existe une pratique de l'accompagnement communautaire qui a comme philosophie d'offrir un soutien égalitaire et respectueux du choix des femmes. Cet accompagnement permet aux femmes de reprendre confiance en leur capacité d'accoucher et les aide à donner un sens à cette douleur et à ce passage important dans la vie d'une femme et de sa famille.

    Malgré les 25 ans de travail du mouvement pour l'humanisation des naissances, la culture de la naissance n'a pas tellement changé au Québec. L'augmentation et la systématisation des interventions obstétricales nous démontrent plutôt que nous assistons même à une technocratisation de la naissance. Ce sont 98 % des femmes qui accouchent à l'hôpital. Les gains récents liés à la légalisation de la pratique sage-femme ne sont encore accessibles qu'à une minorité de femmes et de familles (un peu plus de 1300 naissances pour lesquelles des femmes ont été accompagnées par des sages-femmes en 2004-2005). Pourtant, un sondage SOM, commandé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, confirme que 24 % des femmes (une sur quatre) souhaiteraient accoucher hors centres hospitaliers. On est encore loin du compte. À notre avis, il faut repenser le système de santé en ce qui concerne la naissance et en ce qui concerne les choix et les droits des femmes.

    Au-delà des chiffres et des questions de « lobbys », c'est le développement d'une culture de la naissance qui favorise des naissances « heureuses et respectées » que nous souhaitons. Une culture qui favorise le respect et la confiance des femmes en leur capacité d'accoucher et d'allaiter. C'est ce que nous souhaitons pour les femmes qui accoucheront dans les prochaines années.

    Isabelle Gendreau et Lorraine Fontaine
    Travailleuses au Regroupement Naissance-Renaissance (RNR)
    Sylvie Chiasson
    Membre du CA du RNR et co-auteure du livre Biologie de l'allaitement
    info@naissance-renaissance.qc.ca
    (514) 392-0308


    Le Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) est un regroupement provincial d'organismes communautaires qui oeuvrent en périnatalité à travers le Québec. Ces organismes soutiennent et mobilisent les femmes et les familles durant la période périnatale par des activités d'accompagnement à la naissance, d'entraide en allaitement, de rencontres parents-enfants, de répit parental. Depuis 25 ans, le RNR fait la promotion de l'humanisation des naissances et propose des alternatives à la médicalisation de la naissance.

    Le Regroupement Naissance-Renaissance, incorporé en 1980, est né du besoin des femmes de se mobiliser dans un contexte de médicalisation de l'accouchement pour se réapproprier le pouvoir de donner naissance. Ces femmes réclamaient à l'époque l'humanisation de la naissance par la reconnaissance de la pratique sage-femme et le respect du processus naturel de la naissance. En 2007, des femmes réclament toujours le respect du processus naturel de la naissance. Concrètement, elles exigent l'abolition de pratiques médicales abusives comme les épisiotomies pratiquées sans raison, les touchers vaginaux excessifs, les anesthésies générales en cours de travail, les césariennes électives, le refus de laisser les femmes accoucher dans la position de leur choix, etc.
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