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L'ouverture de piqueries supervisées au pays fait tiquer du côté américain

22 novembre 2002  Santé
Il vaudrait mieux aider les toxicomanes à se défaire de leur accoutumance que d'autoriser l'établissement de piqueries supervisées, croit le grand manitou de la lutte contre la drogue aux États-Unis. De passage à Vancouver hier, John Walters, responsable de l'Office of National Drug Control Policy a qualifié le projet de Santé Canada de gaspillage de ressources.

Toute initiative visant à conforter les utilisateurs de drogues va servir à augmenter leur nombre, a-t-il soutenu à l'issue d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce de Vancouver. M. Walters était de passage en Colombie-Britannique pour discuter de la sécurité des frontières et de l'industrie de la marijuana dans cette province.

Son discours a été abondamment ponctué par des huées provenant de la table où se trouvait notamment le leader du Parti de la marijuana, Marc Emery.

«Pourquoi ne pas tirer les gens de leur habitude fatale plutôt que de se limiter à s'assurer qu'ils ne succombent à l'absorption d'une trop grande quantité de drogues?», a demandé M. Walters. «Il faut utiliser les ressources disponibles — elles seront toujours insuffisantes — pour remettre les gens sur pied et les réintégrer dans la société.»

Il y a une dizaine de jours, le ministère canadien de la Santé a annoncé son intention d'autoriser l'ouverture de lieux d'injection supervisés dans certaines villes canadiennes et s'est dit prêt à recevoir des propositions de municipalités d'ici la fin de l'année. Santé Canada effectuera une évaluation rigoureuse des projets qui lui seront soumis et entend donner les autorisations légales qui permettront aux employés et à la clientèle de se mettre à l'abri des interventions de la police. Santé Canada n'a pas encore déterminé si des subventions seront versées aux piqueries supervisées.

Selon le Réseau juridique canadien VIH/sida, le Canada compte pas moins de 125 000 utilisateurs de drogues injectables.
 
 
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