Plan de relance de la santé - Le pari de la franchise
Photo : Agence Reuters
François Legault estime avoir plus à gagner qu’à perdre en jouant la carte de la franchise.
Le plan de la relance de la santé, présenté par François Legault, se veut non seulement un aveu patent de l'ampleur du sous-financement du système de santé québécois mais aussi une attaque en règle contre les promoteurs de la privatisation et de «solutions simplistes».
À quelques mois des élections, le plan présenté hier par le ministre Legault constitue, soit, «un constat troublant de la réalité». Mais il s'avère aussi un précieux outil pour répliquer au discours véhiculé ces derniers mois par les autres partis, a-t-il expliqué en entrevue au Devoir.
«On va leur dire [aux gens] qu'on ne peut pas baisser les impôts, alors que les deux autres partis disent le contraire. Il nous manque des revenus pour financer la santé. Il faut être responsable. Ils nous disent: "On ne met pas d'argent, mais on règle les problèmes en permettant aux riches de payer." Or, ce qu'on dit, c'est que ça rapporterait 42 millions sur 1,8 milliard qu'il nous manque. Où est le reste?», a-t-il martelé.
Celui qui s'était fait le chantre des contrats de performance du temps de son passage à l'Éducation convient aujourd'hui que la bonne gestion ne parviendra pas seule à régler les immenses problèmes du réseau de la santé.
«Il y en a, des problèmes de gestion, mais le gros problème est un problème structurel. Ce n'est pas un problème ponctuel. C'est un problème exponentiel. Ça ne peut pas tenir», a-t-il dit.
Pour l'instant, le ministre Legault fait donc le pari que par cette opération vérité qui met à nu l'état de sous-financement du réseau, il a plus à gagner qu'à perdre. Et cela, même si son gouvernement sera nécessairement accusé d'avoir contribué à ce sous-financement. M. Legault juge qu'en chiffrant l'ampleur des besoins, il convaincra les Québécois que les ressources manquent dans le système. Ensuite, il tentera de vendre l'idée d'aller chercher de nouvelles sources de financement pour sauvegarder le caractère public des services de santé québécois.
«Notre sens des responsabilités nous commande la franchise. On ne peut faire croire à la population que cela ne coûtera rien», a-t-il insisté en entrevue. Il se garde d'en dire plus long sur les solutions possibles tant que la société n'en sera pas arrivée à un consensus sur l'ampleur des besoins.
Pourtant, des solutions précises, comme celles d'un fonds dédié à la santé ou d'une caisse-vieillesse, n'avaient-elles pas été clairement soulignées par la commission Clair, une commission, on s'en souvient, qui avait été chargée par le gouvernement actuel de trouver des solutions durables aux problèmes du système de santé?
«Si le débat ne se fait qu'autour du financement, on va manquer de faire le vrai débat sur la réalité. Pour l'instant, entendons-nous sur les besoins. Les sondages disent que 70 % des Québécois pensent que les problèmes de santé relèvent de la gestion. On a du chemin à faire. Une fois qu'ils seront convaincus, on va parler des solutions», promet-il.
À son avis, ce débat clouera le bec à ceux qui proposent des solutions faciles, dont celle de la privatisation.
«Il n'y a pas de miracle: quelqu'un doit payer. Et je suis convaincu qu'un système privé serait plus coûteux, comme on le voit aux États-Unis, qui font face cette année à une hausse de 15 % des coûts de santé», plaide le ministre. En forçant un débat de fond, les vrais chiffres et les vrais arguments devront être mis sur la table, estime-t-il. Malheureusement, à la veille d'élections, ce débat sera nécessairement teinté par la politique, croit le ministre.
Même si des sommes importantes sont attendues du côté d'Ottawa, le ministre de la Santé juge qu'il ne peut se contenter de compter là-dessus. «On doit prendre une décision au cours des prochains mois pour savoir comment on fait pour faire face aux défis du système de santé. On doit convaincre la population», dit-il.
Les solutions pressent d'autant plus qu'en addition aux besoins de 1,8 milliard de dollars en services directs déterminés dans son plan, le ministre estime que d'autres défis, très coûteux eux aussi, devront être relevés pour assurer l'avenir du système de santé, notamment celui de l'amélioration de la rémunération des employés du réseau de la santé, non prévue dans ce plan.
«On a aussi des questions à se poser, comme société, sur la rémunération des travailleurs de la santé. Dans un contexte de pénurie, si on veut être capables de recruter ces personnes et, dans le cas des médecins, de faire face à la concurrence internationale, il va falloir se poser des questions sur la rémunération», a confié le ministre, qui dit n'avoir, pour l'instant, aucune somme disponible afin de faire face à ces problèmes.
À quelques mois des élections, le plan présenté hier par le ministre Legault constitue, soit, «un constat troublant de la réalité». Mais il s'avère aussi un précieux outil pour répliquer au discours véhiculé ces derniers mois par les autres partis, a-t-il expliqué en entrevue au Devoir.
«On va leur dire [aux gens] qu'on ne peut pas baisser les impôts, alors que les deux autres partis disent le contraire. Il nous manque des revenus pour financer la santé. Il faut être responsable. Ils nous disent: "On ne met pas d'argent, mais on règle les problèmes en permettant aux riches de payer." Or, ce qu'on dit, c'est que ça rapporterait 42 millions sur 1,8 milliard qu'il nous manque. Où est le reste?», a-t-il martelé.
Celui qui s'était fait le chantre des contrats de performance du temps de son passage à l'Éducation convient aujourd'hui que la bonne gestion ne parviendra pas seule à régler les immenses problèmes du réseau de la santé.
«Il y en a, des problèmes de gestion, mais le gros problème est un problème structurel. Ce n'est pas un problème ponctuel. C'est un problème exponentiel. Ça ne peut pas tenir», a-t-il dit.
Pour l'instant, le ministre Legault fait donc le pari que par cette opération vérité qui met à nu l'état de sous-financement du réseau, il a plus à gagner qu'à perdre. Et cela, même si son gouvernement sera nécessairement accusé d'avoir contribué à ce sous-financement. M. Legault juge qu'en chiffrant l'ampleur des besoins, il convaincra les Québécois que les ressources manquent dans le système. Ensuite, il tentera de vendre l'idée d'aller chercher de nouvelles sources de financement pour sauvegarder le caractère public des services de santé québécois.
«Notre sens des responsabilités nous commande la franchise. On ne peut faire croire à la population que cela ne coûtera rien», a-t-il insisté en entrevue. Il se garde d'en dire plus long sur les solutions possibles tant que la société n'en sera pas arrivée à un consensus sur l'ampleur des besoins.
Pourtant, des solutions précises, comme celles d'un fonds dédié à la santé ou d'une caisse-vieillesse, n'avaient-elles pas été clairement soulignées par la commission Clair, une commission, on s'en souvient, qui avait été chargée par le gouvernement actuel de trouver des solutions durables aux problèmes du système de santé?
«Si le débat ne se fait qu'autour du financement, on va manquer de faire le vrai débat sur la réalité. Pour l'instant, entendons-nous sur les besoins. Les sondages disent que 70 % des Québécois pensent que les problèmes de santé relèvent de la gestion. On a du chemin à faire. Une fois qu'ils seront convaincus, on va parler des solutions», promet-il.
À son avis, ce débat clouera le bec à ceux qui proposent des solutions faciles, dont celle de la privatisation.
«Il n'y a pas de miracle: quelqu'un doit payer. Et je suis convaincu qu'un système privé serait plus coûteux, comme on le voit aux États-Unis, qui font face cette année à une hausse de 15 % des coûts de santé», plaide le ministre. En forçant un débat de fond, les vrais chiffres et les vrais arguments devront être mis sur la table, estime-t-il. Malheureusement, à la veille d'élections, ce débat sera nécessairement teinté par la politique, croit le ministre.
Même si des sommes importantes sont attendues du côté d'Ottawa, le ministre de la Santé juge qu'il ne peut se contenter de compter là-dessus. «On doit prendre une décision au cours des prochains mois pour savoir comment on fait pour faire face aux défis du système de santé. On doit convaincre la population», dit-il.
Les solutions pressent d'autant plus qu'en addition aux besoins de 1,8 milliard de dollars en services directs déterminés dans son plan, le ministre estime que d'autres défis, très coûteux eux aussi, devront être relevés pour assurer l'avenir du système de santé, notamment celui de l'amélioration de la rémunération des employés du réseau de la santé, non prévue dans ce plan.
«On a aussi des questions à se poser, comme société, sur la rémunération des travailleurs de la santé. Dans un contexte de pénurie, si on veut être capables de recruter ces personnes et, dans le cas des médecins, de faire face à la concurrence internationale, il va falloir se poser des questions sur la rémunération», a confié le ministre, qui dit n'avoir, pour l'instant, aucune somme disponible afin de faire face à ces problèmes.
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