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Santé - Prévenir plutôt que guérir permet d'économiser, dit Roger Bertrand

Robert Dutrisac   19 novembre 2002  Santé
Le ministre de la Santé, François Legault, doit dévoiler aujourd'hui le plan national de santé publique qui, selon son collègue Roger Bertrand, devrait faire une bonne place à la prévention. Selon le ministre Bertrand, l'État aurait tout intérêt à faire davantage de prévention. Il réalisera d'importantes économies, d'après lui.

Québec — Le gouvernement du Québec dispose maintenant d'un programme national de santé publique qui s'étend sur les dix prochaines années, sans qu'on sache toutefois comment il parviendra à financer cette nouvelle ardoise de quelque 250 millions par année.

En dévoilant le Programme national de santé publique 2003-2012, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, à la Protection de la jeunesse et à la Prévention, Roger Bertrand, a signalé une autre fois l'importance de doubler d'ici à quelques années les dépenses de prévention en matière de santé publique. À l'heure actuelle, le gouvernement y verse 265 millions et il devrait y octroyer un demi-milliard, a-t-il dit.

Chaque dollar investi en prévention correspond à une économie de 4 $ à 7 $ réalisée dans le réseau de la santé, a soutenu le ministre. «Il s'agit donc d'un bon placement, non seulement pour la santé, mais aussi pour les finances publiques», a dit M. Bertrand, qui a reconnu cependant que le conseil des ministres n'avait toujours pas pris d'engagement à cet égard.

En revanche, M. Bertrand a donné l'assurance que la prévention constituerait une priorité du plan d'action en matière de santé dévoilé aujourd'hui par lui et son collègue, le ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, François Legault.

Ce nouvel intérêt survient après des années de compressions dans des mesures liées à la prévention: restrictions dans la gratuité des soins dentaires pour les jeunes, réduction des heures d'éducation physique au cégep, abandon de la fourniture d'aliments gratuits dans les écoles de milieux défavorisés. «Mon collègue Rochon est bien mal tombé», a dit M. Bertrand, rappelant que l'équilibre des finances publiques avait primé sur les efforts en matière de prévention.

Dans son programme, le ministre mise sur Internet pour informer la population, sur les Groupes de médecine familiale (GMF) et les CLSC qui offriront plus de services et sur des partenariats avec le monde de l'éducation et celui du travail, notamment. Le gouvernement s'est fixé une foule d'objectifs concrets à atteindre d'ici à 2012, qui doivent produire un effet sensible sur la santé de la population et son espérance de vie.

Les objectifs

Comme l'état de santé est lié à la condition sociale et à la pauvreté, le programme comprend des objectifs en matière de développement et d'intégration sociaux. À cet égard, on veut réduire de près du quart le nombre de grossesses chez les adolescentes, en le faisant passer d'ici dix ans de 19,5 à 15 pour 1000. On généralisera l'accès, dans toutes les régions du Québec, à des cliniques jeunesse en matière de sexualité, à la pilule du lendemain et à des avortements gratuits. Le directeur national de santé publique, Richard Massé, a donné l'exemple de la région du Bas-Saint-Laurent qui avait appliqué ces mesures et réduit à 9 pour 1000 le nombre de grossesses chez les mineures.

On tentera de convaincre la population d'adopter de saines habitudes de vie. On veut faire passer de 24 % à 18 % la proportion des gens de 15 ans ou plus qui fument. Le ministre a évoqué l'amélioration de la qualité des menus offerts dans les cafétérias scolaires et la pertinence d'un meilleur étiquetage des produits alimentaires.

Pour promouvoir l'activité physique, M. Bertrand a avancé l'idée d'un crédit d'impôt pour activités physiques dont pourraient se prévaloir les individus ou les entreprises.

D'ici à 2012, le ministère vise à diminuer de 25 % la mortalité par cancer du sein des femmes de 50 à 69 ans, de 30 % la mortalité due à des maladies pulmonaires comme l'emphysème, de 40 % le nombre de décès dus à l'asthme et de 30 % l'incidence du diabète. On tentera également de réduire le nombre de Québécois obèses qui a augmenté de 50 % entre 1987 et 1998, passant de 8,3 % à 12,4 % de la population.

Le Programme de santé publique comprend également un volet sur les maladies infectieuses qui mise sur la vaccination. On lancera, notamment, une campagne de vaccination pour les jeunes contre la varicelle et les infections à pneumocoque.






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