Pénurie de médecins spécialistes
«Les médecins spécialistes sont une denrée rare», positionne le Dr Yves Dugré, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. La réduction du nombre des entrées en faculté de médecine au début des années 1990 en est une cause. Aujourd'hui, nous écopons des résultats de cette décision», rappelle-t-il. À cela s'ajoute le vieillissement des troupes, dont l'âge moyen dépasse la cinquantaine, ce qui laisse supposer que, sous peu, plusieurs songeront à la retraite. D'après la table de concertation qui se penche sur la situation, souligne Yves Dugré, et compte tenu des 10 années nécessaires à la formation d'un spécialiste, la présente pénurie sévira jusqu'en 2013.
Plans régionaux d'effectifs médicaux
Présentés par le ministre de la Santé comme un moyen de mieux répartir la présence des médecins sur le territoire de la province, les plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) fixent le nombre maximal de médecins omnipraticiens et spécialistes qui peuvent pratiquer dans chaque région du Québec.
«En médecine spécialisée, exprime le Dr Dugré, il existe des PREM depuis longtemps, contrairement aux omnipraticiens pour qui on commence à en faire. De par sa nature même, un médecin spécialiste pratique à l'hôpital, c'est donc dire qu'il doit être nommé en poste par l'établissement.» Si la Fédération des médecins spécialistes est plutôt en accord avec l'existence de plans régionaux, son président établit cependant des distinctions quant aux chiffres et modalités. Il voit, entre autres, une différence entre plan de besoins et plan de distribution.
«Le premier, explique-t-il, fait la somme des besoins exprimés par les hôpitaux et les régies régionales, de concert avec les 34 associations de spécialistes. Nous évaluons ainsi à 1127 médecins le nombre de spécialistes nécessaires pour répondre à la demande. Lorsque le ministre Legault avance le chiffre de 400, il réduit les besoins pour en faire plutôt un plan de distribution. C'est-à-dire que si l'on veut que les spécialistes se dirigent vers les endroits que l'on juge prioritaires, on restreint les lieux où ils peuvent aller.»
Dans ce contexte de pénurie qui entraîne un resserrement et des législations, les pénalités heurtent, selon Yves Dugré: «Ce n'est pas la faute des médecins s'ils ne sont pas en quantité suffisante. Ce ne sont pas eux qui ont contingenté les admissions à l'université. Mais en bout de ligne ils sont bafoués, on va réduire le nombre de collègues qu'ils pourront recruter dans leur service. Jusqu'où le ministre ira-t-il? Décrétera-t-il un jour que, pour 200 finissants d'université, il n'ouvrira que 200 postes? Dans un tel cas, le dernier médecin serait forcé d'aller pratiquer dans une ville qui ne lui conviendrait peut-être pas, où son conjoint ne pourrait peut-être pas trouver de travail.»
Yves Dugré rappelle que les spécialistes québécois gagnent 40 % de moins que leurs collègues des autres provinces bien qu'ils aient la même formation, qu'ils pratiquent les mêmes actes et qu'ils soient tout aussi spécialisés. Une situation qui doit être analysée, réclame-t-il. Des médecins quittent, souvent dans des secteurs de pointe où les besoins sont les plus criants. «Si nous perdons la valeur d'une promotion, poursuit le
Dr Dugré, nous n'avancerons pas vers une amélioration, même si on augmente les entrées en faculté de médecine.»
«La Fédération des médecins spécialistes n'a pas une tradition de confrontation avec le gouvernement, mais plutôt de participation. Sauf que le climat s'est détérioré», observe Yves Dugré, en désaccord avec le discours du ministre de la Santé au chapitre de la rémunération également.
Le président de la Fédération des médecins spécialistes attire d'ailleurs l'attention sur une tendance au changement: «Près de 3000 médecins sont actuellement rémunérés selon un mode mixte fait à la fois d'une somme forfaitaire et d'un pourcentage du tarif à l'acte, une combinaison plus adéquate dans un contexte de spécialisation poussée.» La rémunération mixte allie l'avantage de stabiliser le revenu, ce qui permet au professionnel de se concentrer sur l'expertise sans l'obliger à ne dépendre que des volumes, et cela tout en maintenant l'incitatif à la productivité de la rétribution à l'acte. «Il ne faut pas trop décrier le mode de rémunération à l'acte, conclut Yves Dugré. Dans une situation de pénurie, tous les outils de motivation sont valables.»
Plans régionaux d'effectifs médicaux
Présentés par le ministre de la Santé comme un moyen de mieux répartir la présence des médecins sur le territoire de la province, les plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) fixent le nombre maximal de médecins omnipraticiens et spécialistes qui peuvent pratiquer dans chaque région du Québec.
«En médecine spécialisée, exprime le Dr Dugré, il existe des PREM depuis longtemps, contrairement aux omnipraticiens pour qui on commence à en faire. De par sa nature même, un médecin spécialiste pratique à l'hôpital, c'est donc dire qu'il doit être nommé en poste par l'établissement.» Si la Fédération des médecins spécialistes est plutôt en accord avec l'existence de plans régionaux, son président établit cependant des distinctions quant aux chiffres et modalités. Il voit, entre autres, une différence entre plan de besoins et plan de distribution.
«Le premier, explique-t-il, fait la somme des besoins exprimés par les hôpitaux et les régies régionales, de concert avec les 34 associations de spécialistes. Nous évaluons ainsi à 1127 médecins le nombre de spécialistes nécessaires pour répondre à la demande. Lorsque le ministre Legault avance le chiffre de 400, il réduit les besoins pour en faire plutôt un plan de distribution. C'est-à-dire que si l'on veut que les spécialistes se dirigent vers les endroits que l'on juge prioritaires, on restreint les lieux où ils peuvent aller.»
Dans ce contexte de pénurie qui entraîne un resserrement et des législations, les pénalités heurtent, selon Yves Dugré: «Ce n'est pas la faute des médecins s'ils ne sont pas en quantité suffisante. Ce ne sont pas eux qui ont contingenté les admissions à l'université. Mais en bout de ligne ils sont bafoués, on va réduire le nombre de collègues qu'ils pourront recruter dans leur service. Jusqu'où le ministre ira-t-il? Décrétera-t-il un jour que, pour 200 finissants d'université, il n'ouvrira que 200 postes? Dans un tel cas, le dernier médecin serait forcé d'aller pratiquer dans une ville qui ne lui conviendrait peut-être pas, où son conjoint ne pourrait peut-être pas trouver de travail.»
Yves Dugré rappelle que les spécialistes québécois gagnent 40 % de moins que leurs collègues des autres provinces bien qu'ils aient la même formation, qu'ils pratiquent les mêmes actes et qu'ils soient tout aussi spécialisés. Une situation qui doit être analysée, réclame-t-il. Des médecins quittent, souvent dans des secteurs de pointe où les besoins sont les plus criants. «Si nous perdons la valeur d'une promotion, poursuit le
Dr Dugré, nous n'avancerons pas vers une amélioration, même si on augmente les entrées en faculté de médecine.»
«La Fédération des médecins spécialistes n'a pas une tradition de confrontation avec le gouvernement, mais plutôt de participation. Sauf que le climat s'est détérioré», observe Yves Dugré, en désaccord avec le discours du ministre de la Santé au chapitre de la rémunération également.
Le président de la Fédération des médecins spécialistes attire d'ailleurs l'attention sur une tendance au changement: «Près de 3000 médecins sont actuellement rémunérés selon un mode mixte fait à la fois d'une somme forfaitaire et d'un pourcentage du tarif à l'acte, une combinaison plus adéquate dans un contexte de spécialisation poussée.» La rémunération mixte allie l'avantage de stabiliser le revenu, ce qui permet au professionnel de se concentrer sur l'expertise sans l'obliger à ne dépendre que des volumes, et cela tout en maintenant l'incitatif à la productivité de la rétribution à l'acte. «Il ne faut pas trop décrier le mode de rémunération à l'acte, conclut Yves Dugré. Dans une situation de pénurie, tous les outils de motivation sont valables.»
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