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    Québec créera 20 maisons des naissances

    Le gouvernement Charest veut multiplier les naissances avec sages-femmes

    22 janvier 2007 |Robert Dutrisac | Santé
    Québec — Le gouvernement Charest entend créer 20 nouvelles maisons des naissances d'ici dix ans afin de faire quintupler le nombre de naissances avec sages-femmes au Québec.

    C'est ce qu'a appris Le Devoir de diverses sources. Cette augmentation substantielle du nombre de maisons des naissances — il en existe huit à l'heure actuelle — est un des éléments importants de la prochaine politique de périnatalité portant sur tout ce qui entoure la santé des femmes enceintes et des poupons. Cette politique, qui a fait l'objet de consultation dans le réseau de la santé, doit être dévoilée à la fin du mois de mars.

    Comme c'est l'habitude au cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, on a refusé de confirmer l'information pour ne livrer que des généralités. Mais vendredi, au cours d'une conférence de presse sur un autre sujet, le ministre, répondant à des questions sur cette politique de périnatalité, a confirmé sa volonté d'accroître l'offre de services des sages-femmes, sans citer de chiffres. «Nous, on est clairement placés dans le développement de la profession de sage-femme au Québec dans tous les lieux d'accouchements selon le choix de la femme» que ce soit à l'hôpital, dans une maison des naissances ou même, dans certains cas, à la maison, a-t-il dit.

    La nouvelle politique de périnatalité vise à faire en sorte que 7 % des femmes enceintes au Québec soient suivies par des sages-femmes. Cela représente quelque 5600 des 80 000 naissances annuelles au Québec. À l'heure actuelle, environ 1200 naissances ont lieu avec des sages-femmes au Québec — ou 1,5 % du total. Quelque 1000 naissances avec sages-femmes surviennent dans les maisons des naissances et le reste, à l'hôpital ou à domicile, selon le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ).

    La pratique des sages-femmes au Québec s'est développée depuis les années 70 et 80, mais la profession n'est reconnue que depuis septembre 1999. Elle est depuis soumise à un ordre professionnel. C'est en 1994 que le gouvernement autorisait le lancement de projets-pilotes qui ont mené à la création des maisons des naissances. Quatre-vingt-deux sages-femmes, toutes associées à des maisons des naissances, pratiquent aujourd'hui. Il s'en forme entre 10 et 15 par année à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

    La première maison des naissances a ouvert ses portes à Gatineau en 1994. Les sept autres sont établies dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal, à Pointe-Claire, à Sherbrooke, à Saint-Romuald (Lévis), à Mont-Joli, à Povungnituk, en territoire inuit, et la dernière créée en 2003 à Nicolet.

    Sise à Blainville, la maison des naissances des Laurentides sera inaugurée à l'automne. C'est un projet qui mijote depuis 14 ans et qui a nécessité la contribution de la municipalité qui a construit la maison à ses frais. Elle est ensuite louée par le Centre de santé et des services sociaux (CSSS). Rien n'est donc simple en la matière. D'autres projets sont en préparation, notamment à Montréal, dans le Plateau, et en Montérégie. Dans la région de Québec, une deuxième maison des naissances aura pignon sur rue à Limoilou l'an prochain.

    Selon la présidente du RSFQ, Céline Lemay, la demande pour les services de sages-femmes excède l'offre dans beaucoup de régions. «À la maison des naissances de Côte-des-Neiges, par exemple, on refuse une femme sur deux. On pourrait ouvrir une deuxième maison des naissances sans problème à Montréal», a-t-elle indiqué.

    Selon les projections citées par l'Office des professions du Québec, on prévoyait en 1998 que le Québec compterait 140 sages-femmes en 2006-2007 au lieu des 82 professionnelles qui offrent ce service à l'heure actuelle. En Ontario, plus de 350 sages-femmes exercent leur profession. Le gouvernement ontarien consacre à ce service quatre fois plus de fonds, soit plus de 44 millions, que le gouvernement du Québec.

    En plus de l'ouverture de 20 nouvelles maisons des naissances, Philippe Couillard voudrait que se multiplient les expériences d'associations entre les sages-femmes et les milieux hospitaliers. La prochaine politique de périnatalité prévoit que 50 % des accouchements pratiqués par des sages-femmes se fassent en milieu hospitalier, alors que c'est plutôt l'exception à l'heure actuelle. La collaboration entre le milieu hospitalier n'est pas toujours facile compte tenu de la différence d'approche. Il ne faut pas voir dans l'accroissement du nombre de sages-femmes une «compétition avec les médecins», a soutenu M. Couillard. «Une grossesse normale, c'est un événement heureux, c'est un événement physiologique, un élément naturel de la vie. Ce qu'il faut, c'est que tout le monde collabore et qu'on soit prêt à intervenir dans les cas heureusement rares où il y a des complications et des difficultés.»

    M. Couillard a cité un sondage qui laisse entendre que les trois quarts des femmes préfèrent accoucher à l'hôpital et que 10 % d'entre elles seulement choisiraient d'accoucher avec une sage-femme. Mais quand on offre aux femmes le choix d'accoucher en milieu hospitalier avec une sage-femme, ce nombre est beaucoup plus important, a signalé le ministre.

    Selon un sondage Léger Marketing commandé en 2003 par le Collège des médecins du Québec, 12 % de la population estime qu'il est plus sécuritaire d'accoucher dans une maison des naissances qu'à l'hôpital.
     
     
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