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Legault veut rendre plus attrayants les postes permanents d'infirmières

Trop d'employées préfèrent rester sur appel, notamment pour choisir des quarts de travail qui leur conviennent mieux

Isabelle Paré   6 novembre 2002  Santé
Alors que la pénurie d'infirmières fait toujours rage, 1800 postes permanents demeurent vacants dans les hôpitaux. Pour mettre fin à ce paradoxe, le ministre de la Santé se prépare à réduire l'attrait du travail occasionnel.

Le ministre de la Santé, François Legault, a réitéré hier son intention de s'attaquer au problème du travail occasionnel chez les infirmières et dit ne pas exclure le recours à des incitatifs financiers pour rendre plus attrayants les milliers de postes permanents laissés vacants dans les hôpitaux.

«Il faudra s'occuper des infirmières qui travaillent à temps partiel. J'ai un problème avec ça. Il n'y a pas une organisation publique qui peut fonctionner avec 23 % de ses ressources qui sont sur appel», a soutenu hier le ministre Legault, invité à prendre la parole devant les milliers d'infirmières réunies cette semaine à Montréal à l'occasion du Congrès annuel de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Le ministre Legault a rappelé hier que, malgré la pénurie de personnel infirmier, il restait toujours 1800 postes permanents non comblés dans les hôpitaux du Québec. Et cela, en raison de la préférence de nombreuses infirmières à demeurer sur appel, pour avoir le choix de bénéficier des quarts de travail qui leur conviennent le mieux.

Or, selon le ministre Legault, cette tendance est un irritant majeur dans le réseau de la santé puisque le travail occasionnel nuit à la saine organisation du travail et des services à la population.

Sans s'étendre davantage sur le sujet, le ministre a indiqué qu'il «n'excluait aucune solution» pour s'attaquer à ce problème de fond et que des négociations sont en cours avec les principaux syndicats sur cette question. Sans donner plus de détails sur ces solutions, François Legault a toutefois précisé lors d'un point de presse qu'il y avait moyen de recourir à des «incitatifs» pour rendre certains postes permanents plus attrayants.

«Pour l'instant, il est presque plus avantageux pour une infirmière de demeurer sur appel», a-t-il déploré.

On se souviendra que, l'été dernier, le ministre de la Santé n'avait pas hésité à offrir 23 millions en primes aux infirmières qui se montraient prêtes à effectuer des quarts de travail supplémentaires le soir, la nuit et les fins de semaine, pour minimiser l'impact de la pénurie pendant la période estivale.

Par ailleurs, le ministre a aussi rappelé aux infirmières que la loi 90, sur la révision des actes professionnels, allait bientôt aider à alléger la tâche des infirmières surchargées. Toutefois, ce dernier estime que les infirmières doivent, elles aussi, poursuivre leur réflexion pour déléguer certains de leurs actes à d'autres professionnels, notamment des techniciens ou des auxiliaires. «Il est important de recentrer le travail des infirmières sur des tâches plus complexes pour lesquelles elles ont été formées», a-t-il dit.

De son côté, la présidente de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) a précisé au ministre qu'il allait devoir «investir» pour assurer la rétention des jeunes infirmières dans le métier. «Il faut prendre les moyens pour rendre ces postes plus attrayants. L'instabilité des équipes soignantes est une menace à la qualité des soins», a-t-elle ajouté en entrevue.

Par ailleurs, des chiffres dévoilés hier dans le cadre de ce congrès démontrent que la pénurie d'infirmières pourrait connaître une petite accalmie. En effet, à la fin de l'année 2002, l'Ordre des infirmières aura émis 2000 nouveaux permis d'exercice à de jeunes infirmières, comparativement à 1400 en 2001 et à peine 1000 en 2000. Le admissions dans les collèges et les universités ont bondi de 65 % depuis 1999, et on comptera cette année près de 5400 étudiantes et étudiants en cours d'étude.

«C'est en plein le temps de prendre les bonnes mesures pour s'assurer que ces jeunes vont être intégrés à la profession comme il le faut», estime Mme Desrosiers.
 
 
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