Il faut négocier!
La réaction du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, à la décision du Conseil des services essentiels est déconcertante. Alors que le Conseil «invite» les parties à négocier, la Fédération maintient son refus de la médiation tant que Québec n'aura pas retiré la loi qui interdit aux médecins le recours à des moyens de pression, et tant qu'il n'acceptera pas l'arbitrage exécutoire en cas d'échec de la médiation.
Voilà qui fait beaucoup pour seulement commencer à discuter! À entendre les représentants des spécialistes, on comprend que ces personnes ne sont pas habituées à se faire dire non. Pour elles, le gouvernement est un donneur d'ouvrage comme les autres qui finira bien par céder sous la pression.
Dimanche et hier matin, le président de la Fédération comparait la situation des spécialistes à celle des autres travailleurs de l'État qui ont eu droit, eux, à un règlement sur l'équité salariale. Rappelons que l'équité dont il est question dans la loi du même nom vise à corriger les écarts dus à la discrimination entre hommes et femmes. Cela n'a rien à voir avec quelque revendication d'égalité salariale entre le Québec et le reste du pays.
Toutes les études reconnaissent qu'il existe un écart entre le traitement des spécialistes du Québec et celui de leurs homologues canadiens. Le problème est de s'entendre sur l'ampleur de cet écart et l'échelonnement du rattrapage, d'une part, et, d'autre part, sur les avantages que tireront les Québécois de cette négociation en matière d'amélioration de la qualité et de la quantité de services fournis par les spécialistes. Il y a toujours deux parties à une négociation, et dieu sait qu'il y a moyen de faire plus et mieux dans les hôpitaux du Québec.
Le Conseil des services essentiels ne s'est prononcé que sur les moyens de pression annoncés par les obstétriciens et la suspension de l'encadrement des stages pour les étudiants de fin de cycle. Dans les deux cas, le conseil a conclu à l'illégalité de ces moyens concertés. Ce matin, malgré cette décision pourtant claire et malgré l'appel à la raison lancé par les universités, les spécialistes refusent toujours d'encadrer les étudiants en stage, promettait M. Barrette en entrevue hier après-midi. Voilà qui constitue une violation évidente de l'esprit et de la lettre de la décision du Conseil des services essentiels.
Les négociations doivent reprendre, et le plus tôt sera le mieux. Hier, lors d'un point de presse, le ministre Philippe Couillard a fait montre d'ouverture, voire d'un optimisme modéré. C'était la meilleure attitude à adopter dans les circonstances, mais cela ne suffit pas pour conclure à un déblocage. Tant que le président Barrette continuera de prétendre que l'augmentation moyenne de 80 000 $ mise sur la table par Québec constitue un recul par rapport à la situation actuelle, on ne voit pas comment il sera possible de sortir de l'impasse. Et si les spécialistes maintiennent les moyens de pression, Québec devra même durcir le ton pour répondre aux préoccupations d'une forte partie de la population qui accepte déjà difficilement que les médecins soient traités différemment des employés de l'État. Sans bonne volonté de part et d'autre, le conflit s'enlisera et personne n'en sortira gagnant.
***
j-rsansfacon@ledevoir.com
Voilà qui fait beaucoup pour seulement commencer à discuter! À entendre les représentants des spécialistes, on comprend que ces personnes ne sont pas habituées à se faire dire non. Pour elles, le gouvernement est un donneur d'ouvrage comme les autres qui finira bien par céder sous la pression.
Dimanche et hier matin, le président de la Fédération comparait la situation des spécialistes à celle des autres travailleurs de l'État qui ont eu droit, eux, à un règlement sur l'équité salariale. Rappelons que l'équité dont il est question dans la loi du même nom vise à corriger les écarts dus à la discrimination entre hommes et femmes. Cela n'a rien à voir avec quelque revendication d'égalité salariale entre le Québec et le reste du pays.
Toutes les études reconnaissent qu'il existe un écart entre le traitement des spécialistes du Québec et celui de leurs homologues canadiens. Le problème est de s'entendre sur l'ampleur de cet écart et l'échelonnement du rattrapage, d'une part, et, d'autre part, sur les avantages que tireront les Québécois de cette négociation en matière d'amélioration de la qualité et de la quantité de services fournis par les spécialistes. Il y a toujours deux parties à une négociation, et dieu sait qu'il y a moyen de faire plus et mieux dans les hôpitaux du Québec.
Le Conseil des services essentiels ne s'est prononcé que sur les moyens de pression annoncés par les obstétriciens et la suspension de l'encadrement des stages pour les étudiants de fin de cycle. Dans les deux cas, le conseil a conclu à l'illégalité de ces moyens concertés. Ce matin, malgré cette décision pourtant claire et malgré l'appel à la raison lancé par les universités, les spécialistes refusent toujours d'encadrer les étudiants en stage, promettait M. Barrette en entrevue hier après-midi. Voilà qui constitue une violation évidente de l'esprit et de la lettre de la décision du Conseil des services essentiels.
Les négociations doivent reprendre, et le plus tôt sera le mieux. Hier, lors d'un point de presse, le ministre Philippe Couillard a fait montre d'ouverture, voire d'un optimisme modéré. C'était la meilleure attitude à adopter dans les circonstances, mais cela ne suffit pas pour conclure à un déblocage. Tant que le président Barrette continuera de prétendre que l'augmentation moyenne de 80 000 $ mise sur la table par Québec constitue un recul par rapport à la situation actuelle, on ne voit pas comment il sera possible de sortir de l'impasse. Et si les spécialistes maintiennent les moyens de pression, Québec devra même durcir le ton pour répondre aux préoccupations d'une forte partie de la population qui accepte déjà difficilement que les médecins soient traités différemment des employés de l'État. Sans bonne volonté de part et d'autre, le conflit s'enlisera et personne n'en sortira gagnant.
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