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Lettres: Et si la malbouffe commençait à l'hôpital?

René Després - Septembre 2006  5 septembre 2006  Santé
Curieux comme, quelquefois, les bottines ne suivent pas toujours ce que les babines disent... comme l'a très justement et très pertinemment souligné Rock Beaudet dans le courrier des lecteurs («La malbouffe à l'hôpital», Le Devoir du jeudi 24 août 2006). Qu'après l'insoutenable effort de l'accouchement on apporte à la maman exténuée comme premier repas notre fameux hamburger froid, avec les inséparables frites toutes aussi froides, ne devrait pas surprendre les gens du milieu, mais peut sembler assez incongru au commun des mortels.

Sainte-Justine, qui a de très grandes qualités institutionnelles, n'en est pas à un paradoxe près concernant la nutrition. Les services de diététique ainsi que leurs employés font généralement des miracles dans le contexte très difficile qui est le leur. C'est à dire le contexte d'un service auxiliaire qui a été saigné à blanc et maintenu sur le respirateur artificiel des coupeurs de budget et autres fins stratèges des priorisations et des équilibres budgétaires.

Mais le lecteur touche là où ça fait mal, et ce, avec doigté et raison, pas de délire; juste une simple et plate constatation sobrement énoncée. Dans un lieu aussi symbolique et pertinent qu'un centre hospitalier universitaire Mères-Enfants de niveau mondial, il est tout à fait inconcevable de ne pas être attentif à ce type de paradoxe. Nous inculquons les saines habitudes alimentaires, n'est ce pas le rôle primordiale voire primal de ce lieu?

Et puis tant qu'à être dans le paradoxe et l'incongru, ce ne sont sûrement pas les employés du SNE qui ont fait installer des machines distributrices de friandises et de Coca-cola dans l'entrée principale de la cathédrale des saines habitudes alimentaires que devrait-être Sainte-Justine. Il y a là dans cette recherche absolue du profit à court terme pour le financement des activités un non-sens à rectifier. Alors le concessionnaire alimentaire vend des barres de chocolat dans l'entrée principale et du Coca-cola pour donner les profits à l'hôpital en vertu de son contrat de location afin de soigner les enfants atteints de trouble alimentaires légers ou grave (comme l'anorexie ou l'obésité, les deux extrêmes du spectre redouté des désordres alimentaires.) Si ça, ce n'est pas se tirer dans le pied, je me demande ce que c'est.

Conclusion, il est plus facile d'avoir des principes et d'entretenir la bonne conscience de leurs applications en niant la réalité qu'on crée et qui est tout à fait contraire au gros bon sens et à la logique minimale qui doit s'appliquer que de les appliquer dans leur froide rigueur et leur cohérence. On n'est pas dans un fast-food, et la dame qui a accouché a tout à fait raison.
 
 
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