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Sida: peu d'espoir de créer un vaccin

Lisa-Marie Gervais   16 août 2006  Santé
Pour prévenir le sida, les femmes ont désormais un espoir qui point à l'horizon 2009: le «condom invisible». Ce gel hydrosoluble, qui attire de plus en plus l'attention de la communauté scientifique depuis quelques années, pourrait s'avérer l'initiative la plus prometteuse dans la lutte contre le sida.

Chaque année à travers le monde, près de la moitié des contaminations par le VIH touchent les femmes. En situation de dépendance économique, elles n'ont souvent pas le choix d'avoir des relations sexuelles, a indiqué Gita Ramjee, médecin au Conseil de recherche médicale de l'Afrique du Sud, à la XVIe Conférence internationale sur le sida. Aussi la nécessité d'une nouvelle forme de prévention contrôlée par les femmes se fait-elle pressante, a ajouté celle qui est responsable d'une clinique d'essais sur les microbicides.

Les progrès dans la connaissance des mécanismes cellulaires et moléculaires jouant un rôle en matière de transmission du VIH auraient réveillé l'intérêt des chercheurs, surtout aux États-Unis, et permis d'en arriver à cette avancée. En 2005, plus de 150 millions de dollars ont été mobilisés pour la recherche sur les microbicides, contre 28 millions en 1997.

Sur une soixantaine de produits microbicides actuellement en cours d'élaboration, cinq en sont à la phase III de la recherche clinique, la dernière étape du protocole de recherche. Un produit nommé Carraguard promet déjà des résultats de ses essais cliniques en décembre 2007. «On y est presque», a souligné Mme Ramjee en se qualifiant néanmoins de chercheuse optimiste.

Au Québec aussi

Le Québec a aussi son rôle à jouer dans cette avancée prometteuse. À la tête d'une équipe de chercheurs affiliés au Centre de recherche en infectiologie de l'Université Laval, le Dr Michel G. Bergeron est fier de son projet de gel microbicide, qu'il a breveté et baptisé du nom de «condom invisible». Cette initiative, financée par l'Institut canadien de recherche en santé, est actuellement en phase II de la recherche clinique, qui s'effectue au Cameroun. «La combinaison qu'on a trouvée est efficace. En tout cas, elle l'est in vitro», s'est réjoui le chercheur en parlant des tests de la phase I, réalisés sur des souris.

«Il y a quelques années, quand on a commencé à faire nos recherches sur le gel microbicide, personne n'en parlait et ne voulait nous financer», a indiqué le chercheur. À l'époque, la phase I, financée par l'ACDI et Santé Canada, visait à établir si la substance était bien tolérée et non toxique. Selon ses explications, le condom pour femmes, une sorte de crème appliquée à l'entrée du vagin, agirait sur deux fronts. D'une part, il empêcherait le VIH, par une barrière physique, d'avoir accès aux récepteurs de la muqueuse vaginale; d'autre part, il enrayerait le virus de façon locale par une inactivation chimique.

«On a fait des tests avec des couples et les hommes nous ont dit qu'ils ne le sentaient même pas», a dit le chercheur en soulignant qu'il s'agit d'un aspect important de cette découverte. «Les femmes n'ont aucune contrôle sur le port du condom mâle et deviennent des victimes», a-t-il ajouté. Selon lui, pendant une relation sexuelle, les femmes sont six fois plus susceptibles de contracter des maladies transmises sexuellement (MTS), y compris le sida.

Devant les problèmes éthiques posés par la vérification de l'innocuité de la substance pour les êtres humains, le Dr Bergeron répond qu'ils sont les mêmes pour tous les tests de médicaments. «D'un point de vue éthique, on est actuellement obligé de demander à l'homme d'utiliser le condom», a-t-il expliqué. Pour que ce «rêve» devienne un jour réalité, il faudra toutefois recruter beaucoup de participants... et surtout de participantes, a-t-il ajouté. À l'heure actuelle, près de

30 000 femmes seraient à l'étude en ce qui a trait aux produits microbicides.

Selon lui, une modélisation mathématique a permis de prédire que sur trois ans, 2,5 millions d'infections pourraient être évitées si un microbicide efficace à 60 % était utilisé par 20 % des femmes dans la moitié de leurs relations sexuelles non protégées. Le chercheur émet toutefois certaines réserves. «Mon rêve, c'est qu'il y ait plusieurs sortes de microbicides sur les tablettes. Mais il n'y a pas de miracle. Même si un produit sort sur le marché, il va falloir trouver l'argent pour se le procurer, a-t-il dit. Et ça va aussi prendre tout un changement de culture.»

Vaccin: mort et enterré?

L'autre «rêve» de la prévention, qui attise la convoitise, réside dans la découverte d'un vaccin contre le sida. «En ce moment même, il y a loin de la coupe aux lèvres», a pour sa part noté Michel J. Tremblay, également chercheur à l'Université Laval.

Selon lui, si la recherche donne peu de résultats pour l'instant, c'est que le système immunitaire humain est mal connu. «On ne connaît pas les composantes de notre corps qui freinent la progression du virus. On ne sait pas pourquoi certaines personnes tardent à développer la maladie, a-t-il souligné. À partir du moment où il nous manque ces informations, on ne peut pas développer un vaccin efficace.»

Le fait que le virus s'intègre au bagage génétique — au même titre que la couleur des yeux ou des cheveux — rend son identification et son comportement difficiles à décrypter. «Comment voulez-vous vous en débarrasser?», a lancé le chercheur. Et même si le décryptage du virus était un jour possible, rien ne laisse prévoir son innocuité éventuelle, a-t-il indiqué.

Invitée à la XVIe Conférence internationale sur le sida, la Dr Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse à l'Institut Pasteur, a abondé dans ce sens. Elle a souligné qu'en dépit d'efforts très soutenus déployés en recherche, avec plus de 30 candidats testés au cours de 85 essais, «on ignore toujours si, oui ou non, un vaccin contre le sida est réalisable».

Et, encore une fois, la faute semble retomber sur l'industrie pharmaceutique. «Convaincre les bailleurs de fonds devient de moins en moins difficile», a noté Michel J. Tremblay. Selon lui, la tâche la plus lourde consiste plutôt à inciter les entreprises à faire des investissements considérables dans la recherche pour produire un vaccin qui fonctionne en une seule fois. «Elles n'en voient souvent pas l'intérêt.»

L'idée du vaccin est-elle morte et enterrée? «C'est la tendance, mais tout peut changer du jour au lendemain», a-t-il reconnu. Selon lui, le vaccin thérapeutique, c'est-à-dire un vaccin qui permettrait de ne pas développer la maladie une fois celle-ci contractée, a plus d'avenir. «Mais ça ne réglerait pas le problème car les gens continueraient à être potentiellement transmetteurs de l'infection.»

Il s'entête néanmoins à voir une lueur d'espoir dans les Gates et les Clinton de ce monde, qui appellent à intensifier la lutte contre le sida. «Et on entend désormais la voix des femmes, ce qui n'arrivait pas avant», s'est-il réjoui.






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  • Marie-France Legault
    Inscrite
    mardi 22 août 2006 09h28
    Le vaccin, une panacée...
    « Dans ce colloque sur le SIDA, on a mis beaucoup d'emphase sur les remèdes à inventer pour dominer, irradier cette maladie mortelle.
    C'est heureux qu'il en soit ainsi.
    Mais on a évacué la CAUSE, et on a banni la morale, le respect, la dignité de la personne.

    Le SIDA ne se jette pas sur l'être humain comme un oiseau de proie...Il faut faire quelque chose pour l'avoir: sodomie, relations non protégées (condom) et le pire c'est le: je m'en foutisme de certaines gens. le Dr R. Thomas en parle dans son livre: "L'amour assassin". Les insouciants, les indifférents sont les pires propagandistes du SIDA...Et de nos jours, on ne peut pas parler d'ABSENCE d'informations. Mais certaines gens se ferment les yeux, se bouchent les oreilles pour ne pas voir et entendre... »

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