Des mesures partielles
Québec accroît le montant des primes qui seront offertes cet été au personnel infirmier pour les quarts de nuit et de fin de semaine. Fort bien. Devant une situation d'urgence, des mesures d'urgence s'imposent. Mais le problème est plus complexe car ce n'est pas seulement en augmentant les primes de nuit qu'on mettra fin à la pénurie de main-d'oeuvre qui affectera bientôt plusieurs professions.
Le problème de rareté du personnel infirmier que l'on observe présentement dans nos hôpitaux donne un avant-goût de ce qui nous attend comme société au cours des prochaines décennies. À cause du vieillissement de la population et de la baisse du nombre de jeunes en formation, plusieurs professions, dans tous les secteurs de l'économie, feront face à la pénurie.
Devant ce phénomène, le risque est grand de succomber à la panique, surtout dans le secteur de la santé où les besoins sont immédiats alors que les vraies solutions sont à inventer pour l'avenir. On peut accroître l'incitation financière, réduire le temps de travail, diminuer la tâche pour attirer plus de jeunes gens, avec des résultats favorables à court terme. C'est pour cela qu'il faut appuyer la plus récente décision du ministre François Legault d'injecter quelques dizaines de millions en primes supplémentaires pour les quarts de travail les plus difficiles à combler dans les hôpitaux pendant l'été.
Devant ce phénomène, le risque est grand de succomber à la panique, surtout dans le secteur de la santé où les besoins sont immédiats alors que les vraies solutions sont à inventer pour l'avenir. On peut accroître l'incitation financière, réduire le temps de travail, diminuer la tâche pour attirer plus de jeunes gens, avec des résultats favorables à court terme. C'est pour cela qu'il faut appuyer la plus récente décision du ministre François Legault d'injecter quelques dizaines de millions en primes supplémentaires pour les quarts de travail les plus difficiles à combler dans les hôpitaux pendant l'été.
À plus long terme, cependant, le problème de la pénurie de main-d'oeuvre doit être envisagé autrement que s'il s'agissait d'un encan où la profession la plus offrante attire le plus grand nombre de candidats. En santé comme ailleurs, c'est à l'organisation du travail qu'il faut s'attaquer afin d'utiliser plus efficacement les aptitudes de tous et de toutes. Mettre à profit les compétences des infirmières en mesure d'accomplir certains actes médicaux jusqu'ici réservés aux médecins; spécialiser davantage le travail infirmier et mieux utiliser le personnel auxiliaire et les autres professionnels de la santé (que médecins et infirmières tentent constamment de tasser de leur route); revoir les conventions collectives; investir dans la technologie de pointe, l'offre de soins à domicile, le développement d'un réseau de première ligne plus efficace; mettre un accent particulier sur les mesures de prévention, notamment en matière d'alimentation. C'est là qu'il faut mettre plus d'argent et non dans la surenchère.
En attendant, souhaitons que les mesures temporaires annoncées par le ministre Legault aient l'effet d'un baume sur la pénurie qui sévit plus dramatiquement chaque été dans nos hôpitaux.
jrsansfacon@ledevoir.ca
Le problème de rareté du personnel infirmier que l'on observe présentement dans nos hôpitaux donne un avant-goût de ce qui nous attend comme société au cours des prochaines décennies. À cause du vieillissement de la population et de la baisse du nombre de jeunes en formation, plusieurs professions, dans tous les secteurs de l'économie, feront face à la pénurie.
Devant ce phénomène, le risque est grand de succomber à la panique, surtout dans le secteur de la santé où les besoins sont immédiats alors que les vraies solutions sont à inventer pour l'avenir. On peut accroître l'incitation financière, réduire le temps de travail, diminuer la tâche pour attirer plus de jeunes gens, avec des résultats favorables à court terme. C'est pour cela qu'il faut appuyer la plus récente décision du ministre François Legault d'injecter quelques dizaines de millions en primes supplémentaires pour les quarts de travail les plus difficiles à combler dans les hôpitaux pendant l'été.
Devant ce phénomène, le risque est grand de succomber à la panique, surtout dans le secteur de la santé où les besoins sont immédiats alors que les vraies solutions sont à inventer pour l'avenir. On peut accroître l'incitation financière, réduire le temps de travail, diminuer la tâche pour attirer plus de jeunes gens, avec des résultats favorables à court terme. C'est pour cela qu'il faut appuyer la plus récente décision du ministre François Legault d'injecter quelques dizaines de millions en primes supplémentaires pour les quarts de travail les plus difficiles à combler dans les hôpitaux pendant l'été.
À plus long terme, cependant, le problème de la pénurie de main-d'oeuvre doit être envisagé autrement que s'il s'agissait d'un encan où la profession la plus offrante attire le plus grand nombre de candidats. En santé comme ailleurs, c'est à l'organisation du travail qu'il faut s'attaquer afin d'utiliser plus efficacement les aptitudes de tous et de toutes. Mettre à profit les compétences des infirmières en mesure d'accomplir certains actes médicaux jusqu'ici réservés aux médecins; spécialiser davantage le travail infirmier et mieux utiliser le personnel auxiliaire et les autres professionnels de la santé (que médecins et infirmières tentent constamment de tasser de leur route); revoir les conventions collectives; investir dans la technologie de pointe, l'offre de soins à domicile, le développement d'un réseau de première ligne plus efficace; mettre un accent particulier sur les mesures de prévention, notamment en matière d'alimentation. C'est là qu'il faut mettre plus d'argent et non dans la surenchère.
En attendant, souhaitons que les mesures temporaires annoncées par le ministre Legault aient l'effet d'un baume sur la pénurie qui sévit plus dramatiquement chaque été dans nos hôpitaux.
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