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Les personnes obèses n'ont pas le coeur à rire

Associated Press   7 juillet 2006  Santé
Chicago — Contrairement à une opinion courante, les obèses ne sont pas plus gais que la moyenne et ils seraient même plus sujets à la dépression et aux troubles de l'humeur, selon une étude américaine réalisée auprès de 9000 adultes. On ne sait toutefois pas si l'obésité en est la cause ou au contraire le résultat. Et cette nouvelle recherche ne permet pas de trancher. Cette étude est publiée dans le numéro de juillet des Archives de psychiatrie générale (Archives of General Psychiatry).

Les gens déprimés ont tendance à renoncer à leurs activités, et certains traitements des troubles mentaux peuvent faire grossir. D'un autre côté, les obèses sont souvent stigmatisés et les personnes trop grosses sont fréquemment raillées, voire brutalisées. L'étude souligne que l'anxiété et les troubles de l'humeur, notamment la dépression, sont 25 % plus fréquents chez les personnes grosses que chez les gens de poids normal. L'addiction à des stupéfiants, alcool compris, est plus rare en revanche.

«Ces résultats laissent supposer que le stéréotype culturel du bon gros jovial est plus le fruit de notre imagination que la réalité», note le Dr Wayne Fenton, de l'Institut national (américain) de santé mentale, qui a financé l'étude. «Le message à retenir pour les médecins, c'est qu'ils doivent être attentifs aux signes de dépression chez leurs patients trop gros», poursuit-il.

Des études précédentes ont abouti à des résultats contradictoires à propos du lien pouvant exister entre l'obésité et les troubles mentaux, notamment la dépression, bien qu'un nombre croissant de recherches scientifiques suggèrent que ce lien existe bien.

Selon Susan McElroy, professeur de psychiatrie (Université du Cincinnati) et éditrice d'un livre sur l'obésité et les troubles mentaux, une des raisons pour lesquelles la consommation excessive de médicaments et d'alcool est moins fréquente chez les obèses pourrait tenir au fait que la bonne chère et les substances addictives agissent sur les mêmes zones de récompense du cerveau. Pourquoi certains choisissent la nourriture et d'autres l'alcool comme régulateur de l'humeur? Cela reste un mystère.

L'étude est basée sur l'analyse d'une étude nationale portant sur 9125 adultes interviewés sur leur état mental. L'obésité était déterminée selon les données communiquées par les personnes elles-mêmes. Environ un quart des participants étaient obèses.
 
 
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