Les gras trans réduits de 55 % d'ici 2010
Après la consultation, l'action. Un groupe de travail a recommandé hier au gouvernement fédéral de passer à la vitesse supérieure dans sa guerre contre les gras trans, ces graisses néfastes pour la santé humaine. Comment? En adoptant d'ici 2008 un cadre réglementaire strict pour forcer les industriels de l'alimentation à réduire la teneur de ces acides gras dans leurs produits transformés et leurs huiles de cuisson.
Ces gestes salvateurs devraient permettre aux Canadiens de diminuer de 55 % leur exposition aux gras trans, mais aussi d'améliorer leur santé cardiaque, estime le Groupe d'étude sur les graisses trans dans son rapport final rendu public hier.
Piloté conjointement par Santé Canada et la Fondation des maladies du coeur, ce groupe croit que les preuves scientifiques sur la nocivité des gras trans imposent désormais une riposte rapide du gouvernement pour diminuer leur présence dans le paysage alimentaire. Il recommande donc à Ottawa d'édicter, d'ici deux ans, un règlement pour imposer certaines balises ainsi qu'une période de transition de deux autres années pour sa mise en application complète, soit en 2010.
Dans les huiles végétales et les margarines, le rapport préconise une limite en gras trans située à 2 % du total des acides gras. Cette teneur dans les autres produits transformés, comme les plats surgelés, les produits de boulangerie ou les barres tendres, pour ne citer qu'eux, serait réglementée à 5 %. Actuellement, l'offre alimentaire expose les consommateurs à des produits dont le contenu en gras trans peut varier de 0 % à... 50 % du total des graisses.
Pratiques mais dangereux
Les gras trans font leur apparition dans les aliments en raison de l'utilisation par l'industrie agroalimentaire d'huile végétale partiellement hydrogénée. Très prisé depuis les années 60, ce procédé, qui consiste à injecter de l'hydrogène dans l'huile pour la solidifier, vise à accroître le temps de conservation des corps gras, à faciliter leur manipulation mais aussi à donner de la texture à certains produits, comme les biscuits, les pâtisseries ou les tartinades, entre autres.
Le hic, c'est qu'en marge de cette révolution technique, des études scientifiques ont, depuis le début des années 80, mis en évidence l'effet délétère des gras trans. Ces acides gras font grimper le taux de mauvais cholestérol — LDL, pour les intimes — dans l'organisme humain tout en diminuant celui du bon (connu sous l'acronyme HDL). Ce jeu d'ascenseur est «étroitement associé à l'augmentation du nombre de maladies cardiovasculaires», rappelle le groupe d'étude dans son rapport.
Avec une consommation moyenne de six grammes de gras trans par jour, le Canada se classe en belle position au palmarès des pays qui abusent de ce type de corps gras. «Nous espérons, avec le cadre réglementaire que nous proposons, la faire chuter à deux grammes environ», a indiqué Hélène Jacques, professeure de nutrition à l'Université Laval et membre du Groupe d'étude sur les graisses trans, qui a rassemblé autour de la même table fonctionnaires, scientifiques, représentants des consommateurs et de l'industrie alimentaire.
Forcer la main
Pour Sally Brown, présidente de la Fondation des maladies du coeur, qui a coprésidé les travaux du groupe, l'approche réglementaire est aujourd'hui incontournable afin de forcer la main aux industriels pour qu'ils mettent au rancart les gras trans. «Nous savons que les préoccupations des consommateurs mais aussi l'étiquetage [obligatoire dans le cas des gras trans depuis décembre 2005] ne peuvent pas faire seuls diminuer les niveaux de gras trans», a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse retransmise par téléphone depuis Ottawa. «Pourquoi? Parce que c'est difficile à faire, ça prend du temps, de l'argent et de l'innovation.»
Or, pour toutes ces raisons, un trop grand nombre de produits, comme les aliments frits ou les pâtisseries industrielles, affichent encore des teneurs en gras trans démesurées, estime-t-elle. «Ces aliments sont ceux qu'il faut le plus changer» en raison de la place qu'ils occupent dans le régime alimentaire des Canadiens.
Si Ottawa accorde une oreille attentive aux recommandations du groupe d'étude, un cadre réglementaire pourrait donc voir le jour d'ici 2008 avec une mise en application progressive planifiée jusqu'en 2010, peut-on lire dans le rapport. Le document précise toutefois que les gras trans naturellement présents dans les produits laitiers et les viandes de boeuf et d'agneau (à des niveaux variant de 2 à 8 % du total des gras) ne sont pas visés par ce règlement.
Hier, par voie de communiqué, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a annoncé «accueillir favorablement» la présentation de ce rapport. Il a indiqué également que Santé Canada va dans les prochains mois collaborer avec «d'autres ministères et organismes fédéraux pour évaluer les recommandations du groupe d'étude et décider comment y donner suite».
Rappelons toutefois que le groupe d'étude sur les graisses trans a été créé au début de 2005 dans la foulée d'une motion adoptée quelques mois plus tôt aux Communes. Présentée par le Nouveau Parti démocratique (NPD), cette motion a reçu un appui massif des parlementaires, sauf des 73 conservateurs, dont Stephen Harper, opposés à cette démarche visant à éradiquer les gras trans du régime alimentaire des Canadiens.
Du côté de l'industrie, les recommandations du groupe ont été saluées hier. Produits alimentaires et de consommation du Canada (PACC) voit d'un bon oeil la période transitoire de quatre ans, qui devrait laisser le temps aux entreprises de s'adapter.
Selon ce groupe de pression qui représente les industriels, ce cadre réglementaire va désormais représenter «une occasion pour les producteurs canadiens de plantes oléagineuses de répondre aux besoins des transformateurs alimentaires en matière d'huiles meilleures pour la santé, a indiqué Gemma Zecchini, vice-président responsable des politiques publiques chez PACC. Mais cela va prendre du temps à développer.»
Ces gestes salvateurs devraient permettre aux Canadiens de diminuer de 55 % leur exposition aux gras trans, mais aussi d'améliorer leur santé cardiaque, estime le Groupe d'étude sur les graisses trans dans son rapport final rendu public hier.
Piloté conjointement par Santé Canada et la Fondation des maladies du coeur, ce groupe croit que les preuves scientifiques sur la nocivité des gras trans imposent désormais une riposte rapide du gouvernement pour diminuer leur présence dans le paysage alimentaire. Il recommande donc à Ottawa d'édicter, d'ici deux ans, un règlement pour imposer certaines balises ainsi qu'une période de transition de deux autres années pour sa mise en application complète, soit en 2010.
Dans les huiles végétales et les margarines, le rapport préconise une limite en gras trans située à 2 % du total des acides gras. Cette teneur dans les autres produits transformés, comme les plats surgelés, les produits de boulangerie ou les barres tendres, pour ne citer qu'eux, serait réglementée à 5 %. Actuellement, l'offre alimentaire expose les consommateurs à des produits dont le contenu en gras trans peut varier de 0 % à... 50 % du total des graisses.
Pratiques mais dangereux
Les gras trans font leur apparition dans les aliments en raison de l'utilisation par l'industrie agroalimentaire d'huile végétale partiellement hydrogénée. Très prisé depuis les années 60, ce procédé, qui consiste à injecter de l'hydrogène dans l'huile pour la solidifier, vise à accroître le temps de conservation des corps gras, à faciliter leur manipulation mais aussi à donner de la texture à certains produits, comme les biscuits, les pâtisseries ou les tartinades, entre autres.
Le hic, c'est qu'en marge de cette révolution technique, des études scientifiques ont, depuis le début des années 80, mis en évidence l'effet délétère des gras trans. Ces acides gras font grimper le taux de mauvais cholestérol — LDL, pour les intimes — dans l'organisme humain tout en diminuant celui du bon (connu sous l'acronyme HDL). Ce jeu d'ascenseur est «étroitement associé à l'augmentation du nombre de maladies cardiovasculaires», rappelle le groupe d'étude dans son rapport.
Avec une consommation moyenne de six grammes de gras trans par jour, le Canada se classe en belle position au palmarès des pays qui abusent de ce type de corps gras. «Nous espérons, avec le cadre réglementaire que nous proposons, la faire chuter à deux grammes environ», a indiqué Hélène Jacques, professeure de nutrition à l'Université Laval et membre du Groupe d'étude sur les graisses trans, qui a rassemblé autour de la même table fonctionnaires, scientifiques, représentants des consommateurs et de l'industrie alimentaire.
Forcer la main
Pour Sally Brown, présidente de la Fondation des maladies du coeur, qui a coprésidé les travaux du groupe, l'approche réglementaire est aujourd'hui incontournable afin de forcer la main aux industriels pour qu'ils mettent au rancart les gras trans. «Nous savons que les préoccupations des consommateurs mais aussi l'étiquetage [obligatoire dans le cas des gras trans depuis décembre 2005] ne peuvent pas faire seuls diminuer les niveaux de gras trans», a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse retransmise par téléphone depuis Ottawa. «Pourquoi? Parce que c'est difficile à faire, ça prend du temps, de l'argent et de l'innovation.»
Or, pour toutes ces raisons, un trop grand nombre de produits, comme les aliments frits ou les pâtisseries industrielles, affichent encore des teneurs en gras trans démesurées, estime-t-elle. «Ces aliments sont ceux qu'il faut le plus changer» en raison de la place qu'ils occupent dans le régime alimentaire des Canadiens.
Si Ottawa accorde une oreille attentive aux recommandations du groupe d'étude, un cadre réglementaire pourrait donc voir le jour d'ici 2008 avec une mise en application progressive planifiée jusqu'en 2010, peut-on lire dans le rapport. Le document précise toutefois que les gras trans naturellement présents dans les produits laitiers et les viandes de boeuf et d'agneau (à des niveaux variant de 2 à 8 % du total des gras) ne sont pas visés par ce règlement.
Hier, par voie de communiqué, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a annoncé «accueillir favorablement» la présentation de ce rapport. Il a indiqué également que Santé Canada va dans les prochains mois collaborer avec «d'autres ministères et organismes fédéraux pour évaluer les recommandations du groupe d'étude et décider comment y donner suite».
Rappelons toutefois que le groupe d'étude sur les graisses trans a été créé au début de 2005 dans la foulée d'une motion adoptée quelques mois plus tôt aux Communes. Présentée par le Nouveau Parti démocratique (NPD), cette motion a reçu un appui massif des parlementaires, sauf des 73 conservateurs, dont Stephen Harper, opposés à cette démarche visant à éradiquer les gras trans du régime alimentaire des Canadiens.
Du côté de l'industrie, les recommandations du groupe ont été saluées hier. Produits alimentaires et de consommation du Canada (PACC) voit d'un bon oeil la période transitoire de quatre ans, qui devrait laisser le temps aux entreprises de s'adapter.
Selon ce groupe de pression qui représente les industriels, ce cadre réglementaire va désormais représenter «une occasion pour les producteurs canadiens de plantes oléagineuses de répondre aux besoins des transformateurs alimentaires en matière d'huiles meilleures pour la santé, a indiqué Gemma Zecchini, vice-président responsable des politiques publiques chez PACC. Mais cela va prendre du temps à développer.»
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